What I am : a m3uf feministÊtuE & qu33r
#my pro target :
Artist Finds Stories in Geography
Ingrid Dabringer transforms normal maps into whimsical people and creatures, using paint to reveal their hidden shapes
Credit: Ingrid Dabringer
Les gens pensent qu’ils me connaissent, mais ils ne me connaissent pas. Pas vraiment. En vérité, je suis l’une des personnes les plus seules au monde. Je pleure parfois parce que ça fait mal. Pour être honnête, je pense que l’on pourrait dire, que ça fait mal d’être moi ” - Michael Jackson
Chips of Paper - 064
Face à la crise, l’innovation !
-Et bien vous n’avez qu’à développer une application dans chacun de vos produits pour réunir vos clients sur un réseau social dédidé !
-Monsieur, je vends des pinces à linge et des ronds de serviette…
-Parfait, le public cible devrait être suffisament large !
C’est pas parce que je mange des Chocapics que j’ai envie d’être ami avec tout les gens qui mangent des chocapics.
Chips of Paper - 060
La Révolution selon Apple
-Le nouvel Ipad aura… 1 port USB supplémentaire !
-Ô grand mâitre
-Je veux, Je veux !
C’est pas grand chose mais ça suffit à rendre l’ancien obsolète, n’est-ce pas ?
Dès ma première enfance, une flèche de douleur s’est plantée dans mon cœur. Tant qu’elle y reste, je suis ironique - si on l’arrache, je meurs.
C’est souvent l’amitié qui fait naître, qui nourrit, et qui entretient les plus beaux sentiments de générosité dont le cœur humain est capable.
Il ne peut y avoir de réelle amitié qu’entre ceux qui ont d’abord foi dans les mêmes valeurs.
À la veille du 8 mars et pour les 2 ans du magazine, voici en images le nouveau numéro : Classé dans:Qlture & ic0n3s
June & Lula : 2 voix incroyables, différentes mais qui s’accordent et s’entremêlent mélodieusement, avec une parfaite maîtrise. Sans être forcément fan de folk ou de country, les histoires épiques contenues dans chaque mélodie nous transportent, sans problème, au début du siècle dernier, dans le sud des Etats-Unis… Un groupe à surveiller de près. PS [...]
The stats helper monkeys at WordPress.com mulled over how this blog did in 2010, and here’s a high level summary of its overall blog health: The Blog-Health-o-Meter™ reads Wow. Crunchy numbers A helper monkey made this abstract painting, inspired by your stats. The average container ship can carry about 4,500 containers. This blog was viewed [...]
Quelques (vieilles) interviews-clés pour connaître et mieux cerner ce personnage rapologique : alter1fo abcdrduson . © hitsohl Classé dans:Qlture & ic0n3s, s0rties
Je vous recommande vivement la splendide synthèse du mémorable concert énergisant de the Gossip, rédigée par YCCallmeJulie. Enfin, voici ma playlist vidéo. Classé dans:Qlture & ic0n3s, s0rties
LUNDI 13 DECEMBRE, SORTIE DE “NE VA PAS CROIRE” COMPOSE PAR MARTIN RAPPENEAU . LE TITRE D’OPHELIE WINTER AU PROFIT DE “AIDES” . DONT ELLE EST LA MARRAINE DEPUIS 2008 L’INTEGRALITE DES BENEFICES SERA REVERSEE A L’ASSOCIATION AIDES . Découvrez le clip tout en élégance d’Ophélie DEJA 20 000 VUES EN 2 JOURS . http://www.wat.tv/video/ophelie-winter-son-single-38h2h_2jypt_.html [...]
Ça faisait un petit moment que je parcourais le magazine Causette, que je soutenais de loin et diffusait des infos sur la Toile concernant certaines combats féministes, mais je ne m’étais – à proprement parler - jamais bougé le cul In Real Life pour m’investir dans le militantisme féministe (attention, 2 fois ce mot dans [...]
http://m.metrofrance.com/c.jsp?cid=25614311&itemId=http%3a%2f%2fwww.metrofran...!i%40GpSM8sa9Fetib5hLlnw%2f
http://m.20minutes.fr/politique/884427-depute-christian-vanneste-va-quitter-p...
// casse-toi p***** c**
#want2run
Je leur souhaite de remporter les Oscars.
Petit post en forme de clin d’oeil pour remercier la boutique en ligne Comme Pieds Nus pour le joli t-shirt (accompagné du catalogue 2012 de Vibram) envoyé aux participant-e-s (dont j’étais) au 1er concours photo “Shoot Tes Shoes”.
Pas de nouvelle balade à mon actif because : WE booké / remue-méninges intensif lié à ma formation / méchant virus. Mes doigts de pieds commencent à crier famine et les virées dépaysantes me manquent drôlement. Refusant obstinément de m’enfermer dans un rythme routinier metro-boulot-dodo, il va donc falloir que je fasse le nécessaire…
Pour compenser sous forme de nourriture intellectuelle, j’ai démarré la lecture d’un bouquin qu’on m’a offert à Noël. Il s’agit de “En avant, route !” écrit par la journaliste Alix de St-André. Elle retrace nombre d’anecdotes truculentes qui ont émaillé ses 3 incursions à Santiago, qui ne sont pas sans rappeler certains souvenirs et coïncider avec plusieurs réflexions intérieures (même si chaque expérience reste unique). Un poil trop spirituel et béni-oui-oui à mon goût, il n’en demeure pas moins que ce livre offre une belle balade existentielle…qui donnerait presque envie de retenter l’aventure !
Aujourd’hui, j’ai atteint un record : celui du temps passé pour réaliser 25 km. Pas le plus court hélas, mais le plus long. Mélasse, gadoue, glaise se sont invitées à ma running party et pas du tout à ma demande. C’était cette rencontre hivernale fatidique que je redoutais plus que tout, depuis que je me suis mise au minimalisme. Ces obstacles sont-ils surpassables, à défaut d’être
contrôlables, voire contournables ? Comment mes chaussons Vibram vont réagir, naviguer en ces eaux troubles et tirer leurépingle du jeu ? En toute honnêteté, j’étais pas pressée de le savoir mais la zone dénommée - à juste titre - “la Croix des Pélerins” va me donner l’occasion de me mesurer à l’un des 4 éléments et pas le moindre : la terre. Clairement ces 5 km étaient l’allégorie de l’Enfer. A tel point que mon avancée durant les 3 premiers kms n’a carrément pas été mesurée par le GPS, car inférieure à 4 km/h ! C’est pour dire le désastre… A dire vrai, ce genre de situation embourbesque est caractéristique de celles qui mettent en péril le mental des troupes et serait susceptible de faire chanceler n’importe quel moral d’acier. Pas facile de s’accrocher quand la boue s’accroche aussi à vos basques. Comme autant de mains qui s’escriment à vous arracher vos Vibram. Le poids de la terre accumulée sous mes fines semelles est tellement lourd que je suis obligée de resserrer les lanières. Remarque, pieds nus ou pas, je ne crois pas que ça changerait grrand chose au résultat. Je jette un coup d’oeil rapide à l’état critique de mes pieds et redoute de ne pas sier au dresscode de la sèncéèf, au point de faire bisquer un agent - même bien luné.
Malgré mon rapport de vitesses plus que calamiteux, j’évite de traînasser ou de m’épuiser à pédaler vainement dans la semoule. La météo n’est pas à la grosse chaleur et ma risible démarche de surplace me fait sentir nettement l’air frais. D’aucuns ont déjà chopé une pneumonie pour moins que ça… Ce ‘turtle pace’ m’angoisse de plus en plus car je ne dispose pas vraiment de marge horaire me permettant de diviser par 2 ma cadence habituelle. Heureusement, plus vite que je ne l’avais espéré, mon acuité visuelle et mes pieds se sont habitués jusqu’à acquérir de menus réflexes yamakaziques. Hésitation et réflexion ont laissé la place à un slalom fluide, quitte à poser le pied sur des parois quasi-verticales et glissantes. Ca ne signifie pas que je réussis à éviter ainsi toutes les zones marécageuses car c’est parfois tout bonnement impossible. Cela suppose aussi d’accepter les griffures causées pas les ronces qui me tendent les bras. Mes mollets, chevilles et bras en porteront irrémédiablement les sévices…
Pour rajouter à mon stress, des balles tirées par les chasseurs semblent siffler très - trop - près de moi. Encore une fois, est-ce que ma survie tiendra à mon buff orange fluo ? Je n’en mène jamais large dans des moments pareils. Du coup, par précaution, je me retiens au maximum d’emprunter les chemins parallèles au GR détrempé, afin de toujours rester hyper-visible… Comble de joie, moi qui pensais avoir au moins gagné la solitude en échange d’un itinéraire pour le moins impraticable, je récolte quand même un groupe de randonneurs, près du pylône. Pas trop mal polis, ils ne peuvent s’empêcher de m’observer bizarrement. Pire encore, 2 marcheurs en queue de groupe réajustent leurs lunettes et me mirent de pied en cap pour tenter de trouver ce qui ne tourne pas rond chez moi. Me voilà presque devenue - à travers leur seul regard culpabilisant - une bête de foire. Sensation assez déplaisante, je dois dire. Pour autant, je lance un “bonjour” retentissant pour couper court à leurs élucubrations mentales sordides et continue à tracer. Hélas, cette rencontre ne signe pas la fin de la chienlit marécageuse, même à proximité de la déchetterie (ou assimilé) où les mouettes semblent faire la fête (et les chasseurs également). Pour signer la fin de mon voyage en zone humide, je croise une file de quads dont les pilotes sont arnachés en cosmonautes. On se regarde mutuellement, sans parvenir à déterminer qui est réellement le moins ovniesque des deux.
Entre Meulan et Mantes by yxelle
A l’approche de Fontenay, je suis une route rectiligne et le terrain se fait subitement plus sec. Les maisons juchées en hauteur semblent, quant à elles, avoir un petit air de provence. Assez dépaysant : pour un peu, je me sentirai téléportée complètement ailleurs. Difficile de croire qu’il y a quelques minutes, j’avais encore les pieds englués dans la glaise. J’arrive enfin sur les diverticules typiques de Mantes la Jolie, avec une vue imprenable sur la Seine, la cathédrale, et les tours. La dernière fois que j’étais passée par là, le ciel était couvert et on ne distinguait pas grand chose. J’aperçois dans les bois un lieu cabanistique dédié à un ado décédé. Formant un cercle, des mots écrits et scotchés sur les troncs d’arbre, par ses potes, en sa mémoire. Ca me fait penser aux bouquets de fleurs et autres croix aux bords des routes ou des chemins. Ca me fait toujours un peu froid dans le dos et j’ose espérer que le fameux Alex ne s’est pas scratché de la falaise en dévalant la pente (pensée égoïste assumée). Je redouble de vigilance en descendant slalomiquement le plateau et me rattrape en accélérant en traversant le pont puis la vieille ville.
En arrivant à Mantes Station, je zyeute vite fait sur mes chevilles : ouf, la terre forme des plaques sèches, ô combien plus présentable - même si cela reste relatif - que le truc huileux de tout à l’heure. Néanmoins, pas assez néanmoins pour les vigiles de la gare qui me suivent de loin et se resserrent autour de moi comme un étau, alors que j’achète un ticket au guichet. J’ai bien l’impression de constituer leur unique distraction de la journée… Bien vite, je suis saisie par l’air glaglacé et j’oublie bien vite leur présence.
Bilan de la journée : avec tout ce que j’ai dégusté, j’espère bien avoir une peau de bébé raffermie au niveau des jambes !
Lu sur le site de la Clinique des coureurs, un classement intéressant et relativement exhaustif des chaussures minimalistes qui mentionne les “spéciales” et “à éviter” (en gros, les fabricants qui ont voulu surfer sur la vague $$$ mais ont encore besoin de cours de biomécanique). Un seul regret : les Vibram Trek Sport ne figurent pas dans la rubrique Trail. Pourtant, c’est bien les 1ères que j’aurais vues tellement elles ont fait leurs preuves, incontestablement pionnères et championnes du monde, au moins dans cette catégorie !
Pour info, la prochaine animation barefoot a lieu le 12 février. Voici le doodle ad hoc.
Profitant joyeusement du redoux hivernal - souvent synonyme de pluie en contrepartie - et des tarifs SNCF moins chers pour les voyages en dehors de l’ïle de France (grâce à ma carte 12-30), je m’envole aujourd’hui direction Compiègne. C’est la 1ère fois que mes pieds effleurent ces lieux riches en Histoire de France. A dire vrai, Compiègne, avec Chantilly, figuraient dans la liste des destinations “lointaines” que je n’ai pas eu le temps de réaliser durant ma trop courte période de chômage estivale (avec la Normandie, la Somme, la Beauce, le Gâtinais, la Bourgogne, la Champagne…).
Très sincèrement, je pensais m’attendre à du track plat et pépère, du style parc de Sceaux ou coulée verte. Ok, le terrain est sec. Ok, les 3-4 km de ligne droite post-château (spéciale dédicace au runner en bleu que je suivais) était fastoche. Mais, ensuite, il s’avèrera qu’au final, mon itinéraire fut loin de s’apparenter à une promenade de santé, épousant parfois l’aspect d’un chemin de croix. Ca tombe justement bien : des croix blanches sont saupoudrées à chaque croisement de cette forêt. Pas surprenant, vu qu’elle est traversée par un chemin jacquaire qui n’est autre que le GR655.
D’abord, alors que je suis censée m’écarter du sentier principal (tout en demeurant sur le GR), je me retrouve gentiment embourbée dans une zone de plantations de jeunes arbustes, remplie d’herbes qui piquent pour constater avec amertume que le chêne remarquable que j’étais censée voir git au sol, recouvert d’une mousse fluo. Je comprends mieux pourquoi le chemin n’a pas été entretenue, moins pourquoi le Coderando de l’Oise n’a pas actualisé les cartes IGN (la mienne date de 2010). Bref, après cette 1ère déconfiture, je réalise assez vite que nombre d’arbres barrent le passage et que ma balade s’apparente à un saut d’obstacles sans fin.
J’arrive au niveau du plateau des Beaux-Monts. En dépit de la magnifique vue, le réveil est brutal : c’est ventilé si fraîchement que je suis obligée de rechausser gants et buff. J’arrive à hauteur des “pins greffés” (les pauvres !) et de l’impressionnante Marie-Louise (= un cèdre). Place aux pistes cavalières qui, je le rappelle, sont tout sauf une sinécure pour mes chevilles mais constituent un entraînement imparable pour apparendre à bien lever les genoux, chose utile dans les descentes en barefoot… Sur le chemin retour, je suis contrainte de contourner les “découpages” d’un bucheron pour pouvoir passer. A mon approche, son visage se décompose, imaginant sûrement qu’il va devoir déplacer son “travail”. Il ne me faut pas 3 secondes pour le rassurer en m’enfonçant à bride abbatue dans la gadoue et les herbes hautes et drues (je ne suis plus à ça près). En guise de récompense, j’ai droit à un grand sourire, accompagné d’encouragements pour la fin de ma sortie.
Me voilà, dans le parc du château. Les allées et la cour sont absolument désertes. Pour couronner le tout, les statues ont revêtu une vilaine cape de pluie, empêchant leur contemplation. Seules les sphinx sont à nu. Soudain, quelques gouttes commencent à tomber, suivies d’une fine pluie qui s’installe dans la durée, me rappellent qu’il est temps de mettre un terme à cette sortie enchanteresque. D’ailleurs, le regard passablement interloqué, pour ne pas dire outré, que me décochent les 2 employées du château en pause-clope ne semblent pas indiquer le contraire.
http://www.youtube.com/watch?v=Z3oItaSTpzE&feature=share
Désormais, il va falloir composer avec : mes jours de repos sont décalés et ne correspondent pas (ou prou) aux week-end traditionnels. Désynchronisation totale avec les loisirs, l’entourage, etc. Dur, dur, mais j’étais évidemment préparée mentalement et prête à ce petit sacrifice organisationnelle en m’orientant vers le secteur de l’hôtellerie.
So, on est vendredi et j’ai décidé de profiter de la moindre fréquentation des espaces naturels en semaine (et d’autant plus en hiver) pour aller me dégourdir les jambes. Il n’est pas spécialement tôt (15h) donc je choisis la proximité, à savoir le bois de Meudon.
Peu de vent, ciel clair, un peu frisquet (uniquement le temps de sortir de la gare). Et c’est parti. Le chemin démarre en ville, près d’une cité, et se faufile au milieu de buissons et arbres en friche. Bizarre de tomber nez à nez avec des jeunes qui se sont accaparés cet espace abandonné, pourtant pas vraiment en retrait par rapport à la bruyante route, située en contre-bas. J’enjambe les arbres couchés qui semblent désigner de fait leur QG.
A fond la caisse, parcelles de forêt, lacs, routes, villes se succèdent sous mes pieds, sans que rien ne m’arrête. Croisant peu d’êtres vivants sur mon trajet, je suis plongée dans mes pensées et rares sont les éléments du décor susceptibles de m’en extraire. A part peut-être les regards ahuris des enfants et ados revenant de l’école ou des maîtres promenant leurs chiens. Quelques jogueurs aussi, mais ils ne sont pas légion.
Je repense à ma 1ère semaine de stage dans un hôtel de petite taille. 4 jours et j’ai déjà l’impression d’avoir vu le décor et l’envers du décor, le meilleur comme le pire. Non, je ne m’étais pas construite d’idée préconçue à l’avance mais m’étais un peu renseignée sur le quotidien du métier. Et on ne peut pas dire que je sois une jeune novice fraîchement débarquée dans le monde du travail. Evidemment, les points de critique sont plus ou moins les mêmes dans tous les secteurs… Suis-je faite pour celui-ci ? En vérité, le doute m’assaille. Etre témoin de choses pas forcément classes (en terme de management, relations professionnelles, objectifs utopiques en comparaison des moyens alloués, etc) et devoir les accepter en courbant l’échine, car n’étant pas en position de force pour les corriger. Je suis assez perplexe. Des fois, je me sens tellement loin de tout ça, de ce climat parfois malsain que l’on ne peut refuser sous prétexte de la crise et d’un marché de l’emploi dégradé, des coups bas, de la délation et des petitesses en tout genre. Difficile de fermer sa gueule. “Ni dieu ni maître”. Pour autant, se sentir utile et donne le meilleur aux clients, tout en étant en liaison permanente avec d’autres services est vraiment un truc qui me botte, la confrontation au terrain et la mise en pratique l’attestent. J’ignore si j’ai actuellement suffisamment d’éléments en ma possession pour évaluer ma capacité et mon aptitude à affronter cet univers [impitoyable]. Fuir ou y croire et s’accrocher jusqu’au bout. Dans l’incertitude, je n’ai d’autres choix que de mettre mes doutes de côté et m’investir à fond dans ma formation et mon stage. Même s’il y a un monde entre ce que j’apprends et ce que je v(o)is. That’s life !
Pendant ce temps-là…lentement, imperceptiblement, la lumière de l’astre solaire décline et le ciel adopte d’époustouflants tons dorés. Un interlude que je sais ô combien furtif, une sorte de parenthèse enchantée. Evidemment, il n’est pas question de se perdre dans la contemplation ou de lambiner : le stress de la nuit qui arrive m’oblige à intensifier la cadence. Non calculée, la dernière partie de ma boucle me fait me diriger vers l’ouest, direction cette lumière couleur or un peu irréaliste. Pour mon plus grand bonheur, c’est en fait elle qui m’oriente dans l’obscurité de la forêt (eh non, je ne bénéficie pas des lumières de la ville). C’est un spectacle incroyable, presque unique chaque fois. Je n’arrive pas à m’en lasser. D’ailleurs, quel beau tableau offert aux 2 amoureux que j’aperçois adossés à un arbre, tapis sous les feuillages.
Ayé, nous y sommes, j’ai dépassé la succession d’étangs de Meudon et la nuit m’a en quelque sorte recouverte de son sombre manteau. Panique ? Non, la nuit est relativement claire et ma vision s’est très rapidement adaptée. Je ne suis pas en mode infra-rouge mais presque. Je parviens parfaitement à discerner les aspérités du terrain, les flaques, les zones marécageuses, etc. Le seul truc que je suis incapable d’anticiper et qui me fout le trouillomètre à zéro à chaque fois, c’est lorsque je croise un passant (est-ce un raccourci pour les gens qui bossent dans le coin de Vélizy ?) ou un jogueur, tout aussi éclairés que moi (c’est-à-dire niet).
Franchement, je me sens bien, noyée dans cette atmosphère envoûtante, cotonneuse et apaisante. Dans le noir, on est libre libre d’incarner qui on le souhaite, une nouvelle personne, de s’anamorphoser. Plus aucune barrière nous retient. L’imagination et la créativité sont sans limite. Tout peut disparaître ou prendre vie. Réalité et rêve se confondent. Sans pour autant chercher à provoquer le danger ou à prôner l’imprudence ou l’inconscience, la nuit demeure et persiste mon moment préféré pour aller courir. Forever.
Soudain rattrapée par l’existence pas du tout onirique de projets planifiés en début de soirée et la possibilité que mes proches puissent s’inquièter, je décide d’obliquer et d’emprunter une allée forestière me faisant déboucher directement sur la gare. Je ne sais pas si la magicité nocturne du “tout est possible” opère encore mais, en apercevant l’heure imminente du passage du transilien, je rentre machinalement (et désespérément) mon ticket aller qui est immédiatement validé ! En arrivant sur le quai, je me fais aborder par un curieux. Invariablement, le dialogue débute par la phrase-type : “mais vous courez avec ça ?”
La conversation prend une tournure assez incongrue. Je mentionne la pratique barefoot et il me demande s’il y a un lien avec les chaussons nautiques (cf 1ère définition de barefoot). Pourquoi pas, hypothèse intéressante, ce n’est pas à exclure. Et les doigts de pied, c’est exprès qu’ils sont maintenus écartés ? Gné ??? Je suis contrainte de baisser la tête pour regarder ce qu’il pointe ostensiblement du doigt. Ah, les Vibram ! Mais non, c’est juste leur design. Pourquoi les orteils seraient-ils privés de ce voyage sensitif et tactile ?
HS : voici les photos de la 9ème animation barefoot (à laquelle je n’ai pu prendre part, jours de repos décalés obligent : la norme dans l’hôtellerie) et la vidéo :
Ça me rongeait de plus en plus. Sentiment de se sentir inutile, telle une coquille vide. En manque d’oxygène, pourtant omniprésent. Courir et me réaliser dans un décor naturel et “sauvage” sont mon minimum vital. Quasi un besoin existentiel obsessionnel. Non pas que la voie rofessionnelle) dans laquelle je me suis pas mal investie, m’ennuie ou ne me plaise pas, loin de là. Pour autant, ce serait mentir que d’affirmer que je ne flippe pas devant ce grand saut dans le vide auquel je me suis contrainte. Parfois, il m’arrive aussi de penser qu’à part geeker, photoshoper, faire ma nerd et runner, je ne suis bonne à rien d’autre : une vraie marginale solitaire en somme (et je cracherai pas sur une proposition de sponsoring de Vibram ou Salomon…c’est beau de rêver lol). Mais je crois que j’avais indéniablement besoin de me prouver le contraire et apprendre enfin un métier pour progresser, acquérir un peu d’assurance et d’estime de ma personne, me réaliser… A part ça, je dirais plutôt qu’il commençait à me manquer du carburant pour avancer. Et convertir ce trop plein d’énergie qui crépite en moi (notamment lorsque je reste assise derrière un bureau ou enfermée entre 4 murs trop longtemps). Panne sèche imminente.
Ne me parlez pas de la salle de sport en guise de (maigre) lot de consolation. Ça arrive à peine à la cheville du sport outdoor. Le décor et les paysages jouent pour moi un rôle prépondérant dans le mental et le fun. Tels des robots zombiques, les yeux rivés sur BFM TV et les pieds faisant du surplace, on en est très loin. C’est juste de la maintenance machine hautement dérisoire. A tel point que ça ne me viendrait pas à l’esprit d’incrémenter les score kilométrique de chaque séance au widget compter de mon tumblr ! Le seul intérêt est que l’immersion dans cet univers de sport indoor pourrait constituer une étude sociologique éloquente et…savoureuse. Ou la conception de l’activité physique selon les classes zézés. Franchement, pas de quoi transpire rà grosses gouttes, juste se donner bonne conscience ! De mon côté, le tapis de course me pemet juste de me focuser sur 2 points essentiels : l’inclinaison et la vitesse (que j’augmente progressivement). Evidemment, exit l’endurance et la distance (je ne dépasse pas les 5 km pour pouvoir alternet avec les autres machines) ou encore les aspérités du terrain. Concernant la rando, je n’ai pour l’instant pas renouvelé ma licence pour 2012, pressentant que mes disponibilités dominicales risquent d’être fortement compromises…
Destination Picardie today, vaille que vaille, en dépit de mes 3h de sommeil en poche. On dirait pas comme ça, mais Orry-Coye se situe réellement dans le 6.0. Et c’est là que je me félicite d’avoir acquis la carte SNCF 12-30, qui permet de goûter à un tarif moins élevé que, par exemple, un trajet via le transilien en zone 4 ou 5 ! Seul hic, le train flambant neuf dans lequel je suis monté n’est pas le bon (destination Beauvais au lieu de Creil). Changement dans l’affichage ou erreur d’inattention de ma part, j’ai peu de chances d’élucider un jour ce mystère. En attendant, je fonce vers le bon quai pour choper le next train qui ne va pas tarder à décoller. Pendant les 18 minutes que durent le trajet, je prie pour ne pas croiser de contrôleur, éventuellement susceptible de me faire payer l’échange de billet afin de “régulariser ma situation” (j’avoue que j’ignore la réglementation qui prévaut sur les lignes Intercités). Vu le tarif initial, ce serait quand même un peu dommage…
En enfilant mes Vibram ce matin, j’ai constaté qu’un trou s’était formé entre le gros orteil et son voisin. Et ce, symétriquement aux 2 chaussons ! Conséquence ? nada, pas de gêne ou d’inconfort constatés, so keep on moving. Il est même possible que ces aérations soient présentes depuis plusieurs mois… Est-ce que mes pieds sont en train de briser leurs chaînes et crier leur soif de s’émanciper ?
Génial, la gare est située de plain-pied en forêt. En ce dimanche de janvier, la température semble supérieure aux normales saisonnières. En tout cas, en l’absence de vent et avec 3 gouttes de pluie, je peux allègrement galoper en t-shirt et mollets/chevilles nus sans craindre de choper la mort. Etrangement, j’ai l’impression de venir d’une autre dimension car ce n’est pas le cas des quelques autres joggeurs croisés, emmitouflés dans une polaire ou arnachés d’un manteau. Pour un peu, à les voir, on se croirait à 2000 mètres d’altitude, en station de ski. On se demanderait presque qui a la maladie de Raynault. Sérieusement, en course à pied, même à faible allure, je ne pourrai pas et je n’ai d’ailleurs jamais pu conserver plus de 5 minutes plusieurs
épaisseurs sur moi. Première gorgée d’eau : oups, j’ai oublié (encore une fois) d’expurger l’air de mon camelback. Etape pourtant incontournable pour ne pas me transformer en bonhomme Michelin(e) avant la fin de la course :)
Assez peu de foule rencontrée dans mes pérégrinations matinales, une évidence s’impose assez vite : 99% des promeneurs/coureurs/cyclistes privilégient les GR propres ou les chemins bitumés. J’ai envie de dire : “quel dommage !”. Effectivement, ayant choisi un parcours constitué de moultes pistes cavalières et sentiers gadouilleux, je suis très souvent seule…au monde. Je ne me plains pas, c’est très appréciable et ça me permet de laisser librement vagabonder mes pensées. Je m’attendais à pire mais l’état du terrain n’a rien de catastrophique. A croire que l’automne constitue en fait la pire des saisons (ou la meilleure pour patiner sur terre grasse, c’est selon). Je manque juste de me viander près du champs de courses, en face du château de Chantilly (la butte étant particulièrement glissante).
Glycémiquement parlant, une mini-pause fruits secs en milieu de parcours me suffit/remplit largement. Depuis peu, je me force à assimiler abricots/raisins/bananes/dattes/prunes séché-e-s. D’ordinaire, j’ai horreur de ça. Mais j’ai fini par me convaincre que c’était plein de bonnes choses. Et, finalement, comme bien souvent, le goût des aliments pendant l’effort diffère largement et mon palais en réclamerait presque encore !
Physiquement, pendant et après cette sortie, pas de douleurs ou de fatigue particulière à noter (mais il est vrai qu’on dit généralement que courbatures et crampes apparaissent au bout de 2 jours). Aucun obstacle à ma route ou à mon souffle. Hors paparazzillages, j’ai quasi tracé non-stop. A aucun moment le manque d’entraînement ne s’est fait sentir. J’ai “pédalé” à fond (sans forcer, je précise) comme si j’étais enfermée en prison ou à l’armée et que c’était ma seule permission de l’année. Ou comme une camée en manque. Au choix :) Si j’avais initialement programmé un itinéraire a minima de 18 km, sous l’effet des endorphines et pour rentabiliser le temps de trajet en train, je me suis offert une petite rallonge post-château, histoire d’aller saluer la Nonette (affluent aquatique local) et le parc de Boitsfort vers Watermael. Cool, le sentier botanique est en fait un sentier sportif, contrairement à celui situé à l’orée du bois côté Coye qui est en réalité un véritable bourbier escarpé, uniquement réservé aux 4x4 et VTT non douillets.
J’arrive à la gare et j’ai juste le temps cavaler dans les escaliers pour sauter dans le RER à quai. Un passager, saisi de stupeur à ma montée-éclair surprise et surtout à ma look, s’exclame - dans sa langue - un truc probablement proche de “22, v’là une extra-terrestre !” 22, ça tombe bien : c’est aussi mon chiffre kilométrique du jour :)
Ma nouvelle vie sédentaire avait presque fini par me faire oublier les incontournables curieux des transports en commun, que l’on distingue généralement par leur manque impressionnant de discrétion. Ainsi, dans le métro, je suis clairement cernée par 2 individus : l’un tente de déchiffrer la marque sur mes Vibram tandis que l’autre vient se placer à ma droite, l’air de rien, pour prendre mes pieds. Habituellement, je feins de jouer les indifférentes absorbée par autre chose et je fais semblant de ne pas relever… Manque de bol - et je me retiens de toutes mes forces d’exploser de rire - le photographe a oublié de désactiver le flash de son réflex, ce qui ne manque pas de faire se retourner la dizaine de passagers présents dans le sas. Et moi qui déteste me retrouver au centre de l’attention… No comment.
En tout cas, ces 2h et des poussières de running m’ont redonnée la pêche et électrisée/revigorée comme jamais.
NB : ne loupez pas la 9e animation barefoot dimanche prochain et choisissez ici le type de sortie qui vous convient.
Rosie Ruiz finit 1ère femme du marathon de Boston en 1979 et attire de suite les suspicions. Non seulement elle fait 25 minutes de mieux que son temps au marathon de New York quelques mois auparavant, mais elle n’est ni essoufflée, ni suante et ne se souvient pas du parcours… Plusieurs témoins l’ont vu s’extirper du public 1km et demi avant la ligne d’arrivée, après qu’elle soit sortie du métro. La médaille lui avait déjà été remise avant que le scandale n’éclate. Jacqueline Gareau a finalement été déclarée véritable vainqueur : pour la récompenser de ses efforts et la différencier de la “tricheuse”, elle a reçu une médaille de dimension plus importante que celle de Ruiz, une médaille équivalente à celle des hommes. Depuis cette course, hommes et femmes reçoivent une médaille identique.
Conclusion : merci Rosie d’avoir triché, les femmes sont enfin reconnues comme sportives du même rang que les hommes…
Ce matin, la météo affiche entre -1°c et 0°c, avec - et c’est ce qu’on retiendra de cette journée - un ciel bleu sans aucune ombre au tableau. Exceptionnellement, mon point de départ pour rejoindre l’animation barefoot est distant de 7km du palais des sports d’Issy, de quoi m(e) (r)échauffer plaisamment avant de démarrer. J’ai un peu d’avance et Christian, 1er arrivé, exhibe - tel le cousin caché de Géo Trouvetou et l’Inspecteur Gadget réunis - ses dernières trouvailles : des chaussons nautiques Speedo (prix : 15€), un pied de caméra avec contre-poids stabilisateur et des lunettes à led clignotantes (portées à la Corrida d’Issy) pour parfaire le tout. Je ne m’attarderai pas sur le bonnet rouge ni sur le sticker de QR codes scotché au dos de l’incontournable t-shirt bleu CourirPiedsNus.com, tant ces détails semblent pour le moins banals en comparaison.
Les autres extra-terrestres participant à cette 8ème animation sont :
- Greg qui vient de réaliser Saintélyon ;
- Guillaume un jeune coureur qui a 4 marathons à son actif et essaye de modifier sa foulée avec des chaussures ;
- Nicolas, barefooteur ET minimaliste dont le terrain de jeu est Meudon (qui court pieds nus en forêt) ;
- Stéphane, alias monsieur Strida en huaraches ;
- Benoît, représentant de Vibram (et sa vingtaine de paires de Bikila).
(désolé pour ma mémoire défectueuse des prénoms - edit : c’est corrigé)
Je suis donc l’unique représentante de la gente féminine, Sandra ayant déclaré forfait et Sylvie participant à la corrida de Thiais.
Christian ayant oublié sa cam, nous démarrons rapidement avec la possibilité de goûter la piste en tartan avec…des chaussettes ! Je suis dubitative mais les conditions climatiques convainquent rapidement mon esprit peureux du bien-fondé de la chose. Erreur, les sensations sont désastreuses et je regrette de ne pas en être restée aux bons vieux basiques. Nous partons ensuite faire quelques tours de parc avant de définitivement quitter Suzanne Lenglen et aller saluer son voisin : le parc de l’Île St-Germain. L’occasion pour Christian de choper au passage sa Kodak puisqu’il réside dans le coin. Nous revenons sur le 1er parc et profitons de la chaleur du soleil pour faire joyeusement des tours de piste pieds nus.
Pour finir, distribution du mini-manuel du barefoot et réhydratation au jus de poire-coing bio made in Alpes. Enfin, vers midi, retour au bercail (donc re-7 km). Difficile de relater tous les échanges mais, encore une fois, les discussions avec des coureurs plus ou moins aguerris sont passionnantes. J’ai toujours un peu cette impression (positive) que le barefoot m’a permis accidentellement d’entrer dans le monde du running par une porte dérobée.
» le résumé de Christian sur cette 8ème séance ;
» l’album photo sur FB
What’s up for me since in month ? 1 mois, c’est un peu la durée depuis laquelle a démarré ma formation. Pas mal de changements dans ma vie de randorunneuse addict, déjà évoqués dans les posts précédents mais dont certains se font plus sentir que d’autres. Par exemple, me levant le matin alors qu’il fait encore nuit noire, arrivant au centre dans la pénombre et le quittant le soir lorsque le soleil commence à se coucher, il est difficile de minimiser l’impact sur mon corps (et mon horloge biologique) d’un taux d’ensoleillement aussi faible. De même que le fait de rester assise 8 heures/jour (ce qui ne sera pas le cas en stage, ouf). Par ailleurs, jugeant insuffisants les 5 km quotidiens en Strida, les sentiers gravilloneux et les terrains terreux ont désormais laissé la place aux tapis roulants de la salle de sport, palliant ainsi le manque d’endorphines (et m’évitant de me transformer en meurtrière pour pouvoir soulager mes redoutables pulsions :)
Guère excitant, ce décor froid et gris est évidemment loin de rivaliser avec Mère Nature, mais je vais devoir faire avec. De même que mon “entraînement” va se trouver modifiée : moins d’endurance et de distance, plus de cardio. Pour autant, je ne considère pas ce changement comme une coupure ou une trêve hivernale. Ni un alibi pour se donner bonne conscience. Loin s’en faut, l’heure et demi passée à “l’usine” comporte : biking, rameur, vélo elliptique, machines pour étirer adducteurs & abducteurs, tapis. Bref, pas de quoi m’ennuyer et je me donne à fond !
Sinon, de ma consultation chez le cardiologue où j’ai eu droit à la totale (ECG, NFS, échographie pulmonaire), j’en ai retiré que j’avais de très petits globules rouges (manque de fer > moins d’endurance et récupération plus difficile) et un coeur un peu trop tonique. Bref, sans surprise et pas de malformation cardiaque. Ce qui m’a donné droit au sésame ultime : un magnifique certificat médical. Le paradoxe, c’est qu’après tout ça, il se pourrait bien que je ne puisse en profiter. En effet, début 2012, je rentre en stage et, dans l’hôtellerie, les jours de repos sont rarement calqués sur les WE traditionnels (en tout cas, lorsqu’on débute)… Christian, quant à lui, va tenter le 30k de l’Eco-trail (d’autant plus depuis qu’on lui a dit que c’était impossible pieds nus) et envisage également un marathon pour 2012.
Prochaine animation barefoot prévue après le 15 janvier !
Aujourd’hui, première vraie course à laquelle je participe de toute ma vie. Je ne mentionnerai pas les cross de l’école primaire ni les marches longues (30-50-100 km) qui rentrent, selon moi, dans un registre bien distinct. Si j’angoissais un peu rien qu’à l’idée d’envisager cela jusqu’à présent, ce n’est finalement pas le cas le jour J et je suis plutôt dans un état d’esprit zen en ce dimanche matin. Evidemment, le choix d’une course “déguisée” n’est pas fortuit et l’objectif est de tâter le terrain (je ne connais pas du tout le milieu de l’athlé) et me situer un peu, en commençant de manière à la fois soft & fun (sans objectif quelconque).
Préparatifs de la veille. Le déguisement de père Noël acheté en même temps que mon inscription me laisse baba. Toujours se méfier des tailles universelles, généralement coupées pour les hommes. Bref, c’est 3x trop, grand hormis le bonnet. Exit donc le pantalon qui m’arrive au-delà du bout des doigts de pied, la ceinture de plastoc qui a cassé en serré et la hotte intransportable. Je conserve la veste (je le regretterai) et la coiffe à pompon. Une solution DIY aurait été sûrement moins pire et moins coûteuse. A revoir pour 2012. En attendant, je ne sais pas si je dois prendre mon sac à dos ou pas, sachant que les ravitos sont peu nombreux (1 seul, en fait). Je commence à faire mon sac à dos habituel de randorunning, quand je réalise que la distance à effectuer est vraiment symbolique et, surtout, le milieu urbanisé. Je songe un instant à ma ceinture de marathon avant d’abandonner également bien vite cette idée en visualisant les images “dénudées” des années précédentes dans le point d’appui qui a été remis aux participants. Tout dans les poches. Et le minimum du minimum : photocopies de papiers, clés, mini-barre, mouchoirs, téléphone. J’hésite un instant à enfiler mes “bas de laine” (découpés dans des chaussettes) mais la température est plutôt douce et pas d’escapade dans la nature fraîche au programme… Enfin, je pensais au départ emporter un sac de bonbons mais le poids et l’encombrement du sac à malices m’y font vite renoncer (j’attendrai l’année prochaine, quand je serai + rôdée). Sans compter que ce serait dommage d’assommer des minots en voulant balancer des poignées de bonbecs.
Résidant dans les environs, j’arrive près de la ligne de départ juste 5 minutes avant le coup de sifflet. Pas envie de me mettre la pression inutilement ni de choper froid en faisant du surplace. Le prix à payer : je me retrouve à l’arrière et je devrai marcher 5 bonnes minutes avant de pouvoir m’extirper des embouteillages enfin m’élancer. Y’a pire… Nous sommes apparemment pas moins de 3000 à s’être inscrits à “Mardi gras” et porter le chapeau… C’est donc l’occasion de découvrir des costumes pour le moins originaux et parfois très créatifs : anges, vaches, crèche, mères noël en collants, cube emballé de papier cadeau, père noël encombré d’une échelle, sapins. Un vrai régal pour les yeux ! Un béné au mégaphone nous prévient de l’arrivée imminente de la côte. J’en ai beaucoup entendu parler (principale difficulté dénivelesque de la course), je connais pas mal Issy mais j’avoue que je n’ai gardé aucun souvenir du mont à gravir. Et pour cause, un peu longue mais pas très forte, elle ne m’a pas marquée. Rien à voir avec les grimpettes du lycée Michelet, de la forêt de Clamart/Meudon ou de la Coulée Verte à hauteur de Fontenay qui m’obligeraient presque à marcher. Sans parler de certains passages en rando, dans les rochers ou en forêt qui frôlent parfois de véritables parties d’escalade… Le truc cool avec cette montée, c’est la descente super roulante qui permet de relancer à fond la caisse.
Même pas terminé le 1er tour qu’on nous demande de nous écarter pour laisser passer la tête de course qui arrive (ils en sont déjà au 2ème). Au ravito, je saisis prestement un gobelet. Brrr, désagréable sensation : l’eau est glacée : ça me donne direct envie d’aller pisser (j’essaye de changer de pensée). Je balance le verre dans l’une des big bennes (contrairement à nombre de mes confrères/-sœurs paresseux/-ses). Devant le Palais des sports, je peux apercevoir un genre d’animation fitness pour réchauffer la foule transie. Au second tour, j’aperçois les fameuses joëllettes des Dunes d’espoir, conduites à un train d’enfer par 2 à 4 équipiers super organisés/motivés qui se relaient régulièrement, encouragés par leur jeune passager. 3ème et dernière boucle : déjà moins de spectateurs et la côte en moins. Mais au ralentissement de certains et à la multiplication des râles/crachats/essoufflements chez les autres, on sent la fatigue poindre. D’autres en profitent pour accélérer et sprinter les derniers 500 mètres. Ayé, Palais des sports en visu et insertion directe dans le “tunnel bleu”. 52 minutes et des poussières de secondes sur le chrono géant.
On retire la puce, on empoigne la bouteille de Bordeaux que je glisse dans le sac géant de Jogging International. Loupé, c’était un poncho. Paf, ma bouteille se brise dans un grand fracas juteux (ce ne sera pas la seule). Un coureur m’offre la sienne. J’attrape un jus d’orange et quelques tracts de courses courtes à venir, j’avale d’un trait une petite bouteille d’eau, une petite visite à l’intérieur du palais Charpentier (boutiques et sponsors), je demande aimablement à un béné de la buvette de me tirer le portrait, j’échange mon ticket gratuit contre une boisson chaude qui n’est autre que…du vin bouillant et corsé ! De quoi assurer le retour qui me paraît durer une éternité (difficile de courir avec la bouteille et pas envie d’en casser une 2nde) d’autant plus que je sens l’air glacial mordre mes doigts… Sans compter qu’il faut patienter un long moment avant de pouvoir traverser la rue car la course n°6 ressemble à un TGV compact (on avait l’air d’un train corail à côté).
Pour revenir sur la course, tout au long du parcours, j’étais fortement affairée à tenter de remettre en place l’immense veste rouge qui ne cessait de glisser/s’ouvrir/descendre. Un vrai calvaire… Aussi et au vu de la faible distance, n’aurai-je même pas le temps de gamberger ou de batailler mentalement pour tenir. Sans compter toute cette foule qui nous acclame, ces mains d’enfants à toper (c’est la tradition de la corrida), ces déguisements qui défilent : pas le temps de s’ennuyer ou de faiblir. Accessoirement, j’ai quand même veillé à me concentrer sur mon rythme et ne jamais me laisser distraire par les allures variées de mes “voisins” : si j’avais UN objectif à tenir, c’était bien celui-ci.
Heureusement que j’avais enclenché Sports-Tracker sur mon téléphone (mais il semble avoir freezé sur la fin) car la puce électronique a bugué. Une fois de plus, vive la technologie (oui, j’ai bien franchi les tapis bleus de départ et d’arrivée). Quoique…en me renseignant, j’apprends que ces curieuses bestioles ne fonctionnent apparemment pas en position verticale ! (je l’avais plaquée contre ma cheville, attachée à un ruban qui faisait le tour). Un peu capricieuses… Ou alors faudra m’expliquer comment il est possible de la faire tenir sur mes VFF.
Mon impression sur cette première course ? Qu’avec mon entraînement estival, c’était largement fingers in the nose (plat, urbain, météo clémente). Ok, 52 minutes pour 10 km, ça me laisse sûrement une marge de progression diront certains. Cependant, refusant effrontément de me fixer un objectif de chrono, ce n’est franchement pas un point que je travaillerai en priorité (peut-être que je changerai d’avis dans quelques années). A l’inverse de l’endurance, qui ne consiste pas seulement à finir la course, mais aussi à conserver une allure régulière et un peu d’énergie pour les derniers kilomètres.
Il faut croire que c’est la tradition mais, à chaque fois que je participe à un challenge, je repars avec une bouteille d’alcool sous le bras (que certains passants lorgnent avec envie alors que d’autres font mine d’être étonnés de ce paradoxe sportif). D’où le choix du titre de cet article, qui n’est pas qu’une simple allusion à la vue du ciel (probablement une grosse tâche rouge) que nous devions offrir aux hélicos qui décollent d’Issy…
Pour Noyel, je me tâtais pour demander au vieux barbu une montre Nike+ Sportwatch GPS jusqu’à ce que le prix s’affiche devant mon regard halluciné. Encore maintenant, je demeure convaincue qu’une erreur de syntaxe s’est glissée. Ou comment faire payer le swoosh au prix fort. Résultat, ça m’en a carrément coupé l’envie !
Quelques photos de la course pour finir.
EDIT : le problème avec la puce n’avait finalement rien à voir avec ma manière de l’attacher mais à mon inscription défectueuse sur internet (quand j’ai voulu retirer mon dossard le samedi, mon numéro était introuvable et un nouveau a dû être créé à la dernière minute) : et moi qui pensais que c’était le moyen le plus sécure pour éviter ce type de plantage…
J’en profite pour linker le récit de Christian pour sa 2e participation à cette Corrida. Un 2ème barefooteur débutant - paraît-il - était présent à cette course festive (Edit : voici l’article de l’ultra-runner Florent).
Arrivée 395 sur 2554
Chrono : 52’20”
25 sur 622 dans la catégorie SEF
Vitesse moyenne : 11,46
Première rando par moins DE 10°C (et non -10°c, ouf). Plus vraiment habituée à l’allure modérée de 4 km/h en moyenne, je redoute d’être soudain pétrifiée de froid lorsque le train nous déposera dans la banlieue, en pleine nature (il faut souvent compter quelques degrés de moins par rapport à la capitale) et de geler sur place à l’heure du pique-nique (because immobile). Par conséquent, je me transforme en une sorte d’une eskimau, voire même d’une exploratrice partie faire une expédition polaire en terre arctique :
- en haut, triple épaisseur (maillot, t-shirt, sweat), sous le manteau d’hiver doublé d’une polaire ;
- en bas, de longues chaussettes en laine découpées (en attendant de pouvoir m’offrir des Injiji), sous un pantalon classique et large de rando ;
- sur la tête, un bandeau convertible en protège-oreilles sous mon bonnet en laine ;
- j’ai même les mitaines au cas où dans mon sac.
Eh bien, résultat des courses, avec tout cet accoutrement qui m’a fait prendre plusieurs centimètres de largeur (c’est pas non plus le bibendum Michelin…), j’avais chaud (mais pas trop) et j’étais bien. Nous étions essentiellement en forêt donc nous avons peu souffert du vent et des petites averses de l’après-midi. Très belle balade et circuit plutôt pertinent.
Côté CAP, what’s up ? Nada porque, depuis que j’ai démarré ma formation, les temps de trajet ne me permettent hélas même pas d’aller runner dans un parc le matin ou le soir (du fait des f*cking horaires d’hiver). Ok, je pourrai aller crapahuter à la nuit tombée dans le bois de Clamart ou sur la Coulée Verte mais, bizarrement, ça ne me tente pas trop (avant de rejoindre les portions les plus captivantes, j’ai pas mal de ville à me taper). Sinon, j’effectue bien une micro-partie du chemin jusqu’au centre de formation en bike mais, ce serait mentir que d’affirmer que je sue la moindre goutte (excepté si je manque vraiment d’arriver en retard). Bref, cette situation est assez frustrante et le manque d’activité physique se fait évidemment sentir. D’autant plus que mes WE sont susceptibles de disparaître très prochainement, pour raisons professionnelles (et je pourrai alors définitivement tirer un trait sur la rando avec mon club et bien d’autres réjouissances). Génial… Ne vous méprenez, j’attends (avec impatience) cette opportunité de reconversion depuis 3 ans et je ne plains nullement. Cependant, tout changement nécessite des adaptations/aménagements et c’est avec enthousiasme que je suis prête à relever le défi pour trouver des solutions.
Pour tenter de pallier au déficit sus-cité, (sur l’idée de plusieurs participantes à l’animation barefoot de Christian) je me suis inscrite à la corrida d’Issy-les-Moul’ qui a lieu dans 2 semaines (j’espère que j’aurai pas choppé froid d’ici là). Pour celles/ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un grand lâcher de coureurs déguisés en père/mère/autre…Noël. A première vue, l’ambiance et la bonne humeur sur ce type d’événement sont susceptibles de me plaire sans me stresser. Il existe plusieurs parcours avec classement mais j’ai évidemment opté pour le fun costumé… Enfin, pour parvenir à résoudre cette situation de transition pratique intensive de la CAP > assise 7h / jour en cours, je songe sérieusement à m’inscrire au club de la colline boisée (pas besoin de citer la marque, vous aurez aisément déchiffré le nom :).
Côté certificat de sport (pour participer aux trails et autres), j’ai eu le plaisir d’apprendre via ma généraliste qu’il est désormais obligatoire de passer un ECG tous les 5 ans (car on a découvert des malformations cardiaques sur de très jeunes sujets…mouè, j’dirai plutôt que l’assurance de la fédé ne veut plus débourser un rond). Comme c’est ma 1ère fois, je ne peux pas y échapper. J’ai réalisé ce 1er examen samedi mais, pour être sûr à 100% avant de livrer ses conclusions, le spécialiste préfère me faire faire des prises de sang et éventuellement une échographie cardiaque (c’est la sécu qui va apprécier !). Super…galère.
En attendant, pour clôre ce week-end sur une note très positive, je voulais mentionner l’exploit de Sylvie sur un cross de 4.5 km en forêt de Chaville (si vous avez été vous promener par là, vous savez déjà que la grimpette y est loin d’être une sinécure…), qui a remporté un podium : arrivée 3ème en 22’46” ! Un grand bravo à elle pour sa persévérance et la régularité de ses entraînements. Côté barefoot, je vous invite à lire le récit de Christian qui a participé (que dis-je, performé !) au semi de Boulogne. Enfin, je mentionne un article de Rue89 dont le sujet me paraît incontournable (et qui rejoint un peu le mental) pour tout coureur, sportif, …
© Fred
© Christian
Seven, pas comme le suffocant thriller - rassurez-vous - mais comme le nombre d’animations BRS atteint jusqu’à présent. 9h, je me risque à sortir le bout du nez dehors. Il est encore tôt et la journée s’annonce ensoleillée. La matinée, quant à elle, sera un poil frisquette.
So, résumé des courses ? Feignasse comme je suis, j’aurais tendance à dire : matez l’album photo de Christian puis la vidéo de Fred et lisez ses impressions ainsi que le compte-rendu très exhaustif de Sylvie et le résumé d’Henry (et maintenant, totalement inédit, le debrief de Christian). Au niveau de mes impressions persos, c’est un rendez-vous que j’affectionne particulièrement car il permet de rencontrer en toute convivialité des profils de coureurs très différents, de tous niveaux, sans jugement aucun et dans une grande ouverture d’esprit. L’objectif est avant tout l’échange ainsi que l’éclairage apporté par l’expérience de “prof” Christian (très pédagogue dans sa façon de nous transmettre des éléments de son vécu plantaire et des conseils pour progresser).
La grande surprise, pour ce n°7, est de constater la foule (l’info a été diffusée dans les médias ?) qui a répondu présente en ce dimanche matin. Minimalistes, coureurs compétiteurs (Pascal Rousseau) ou amateurs, journaliste (ze famous Fred Brossard), curieux, étudiantes (pour un TD sur le “toucher” !) et un représentant de Vibram (Benoît Grangier) qui a amené quelques échantillons (des Sprint, mais nada de la collection 2012, qui n’arrivera en France qu’en…avril, dixit Peter Planken de CommePiedsNus). Bref, beaucoup de monde et du beau monde !
Rituel 1er tour de piste pieds nus. Ouch, aujourd’hui, le tartan n’a pas encore eu le temps de bénéficier de la chaleur émanant des rayons du soleil : il est glacial et humide. Du coup, on constate un paradoxe : la semelle des pieds chauffe à mort et la peau colle un peu trop au revêtement. Sensation exceptionnellement pas super agréable qui demande certainement une temps d’adaptation… Ça calme ! Après cette mise en jambe, l’autorisation nous est donnée d’aller nous “rhabiller” pour ne surtout pas s’enrhuber des pieds. On refait 2-3 tours “tranquillous” (enfin…à 180 foulées/minute mais, quand on a l’habitude, ça semble lent) de piste pour le fun et la caméra, puis apéro “iskiate” concoctée par Sandra (LA boisson des très athlétiques indiens Tarahumaras, à base de graines de chia), avec distribution gratuite d’un pocketbook DIY de barefoot (100% made in Harberts). Very good idea : un truc à garder sur soi quand quelqu’un vient m’interroger sur la nature de ma folie…
Et c’est parti pour quelques rotations à l’intérieur du parc Suzanne Lenglen, ce qui permet de s’éloigner des cris des supportrices (et ainsi protéger nos tympans) qui encouragent les équipes de rugby disputant un match sur le terre-plein central… Mais aussi de bavarder et mieux faire connaissance. Pour info, le prochain rendez-vous BRS est fixé le 18 décembre, don’t miss it !
Au fait, Rue89 a publié un article sur le barefoot et interviewé Christian (lisez les commentaires, ça vaut comme toujours le détour). Coïncidence ou non, ce papier a été rédigé par une étudiante en journalisme qui me follow depuis début 2011 sur twitter (donc bien avant ma reconversion vibraMte). So small world…
Midi. La journée n’est pas finie. Pour la 3ème fois, je vais tenter de rattraper mon club de rando qui a démarré ce matin, vers 9h. Pour l’instant, j’ai 1 échec et une 1 victoire. Bien entendu, ce n’est pas le véritable objectif : il s’agit juste d’un bonus qui donne un peu de piquant. Et, bien entendu, je commence à partir du point de départ. Aujourd’hui, il s’agit de Suresnes Mont-Valérien. Je sens que je n’ai pas fini de bouffer du dénivelé sous le soleil :)) Outre cette dimension un peu physique, c’est pour moi un retour aux sources. Il y a environ 5 ans, sur cette même butte, j’ai couru plus ou moins régulièrement pendant 2 ans la nuit (minuit) ou le matin tôt (6h). Je faisais 2 fois le tour (8 km), avant de retourner me coucher/commencer ma journée au foyer de jeunes de travailleurs où je résidais, sous les yeux effarés du gardien et de mes petits camarades. Un peu comme quand les gens remarquent mes pieds, en somme. Bien évidemment, j’ignorais à l’époque, que ce coin avait constitué la scène de crime d’un viol doublé d’un meurtre, 1 an plus tôt. En toute franchise, je ne crois pas que le savoir aurait changé grand chose à ma naturelle inconscience : la plupart du temps, c’est même plutôt moi qui effrayais les rares passants (amoureux, militaires, skateurs, fumeurs de shit) traînant dans le secteur, ne m’entendant/voyant (no frontale) pas arriver. Pour revenir à nos moutons, je crois que mes 1ères amours pour la pratique du sport by night remontent en particulier à ces années-là.
Après avoir dépassé la cité-jardin, j’ascensionne la forêt de Rueil (dans laquelle j’ai aussi couru la nuit, mais c’était assez effrayant et je me suis paumée plus d’une paire de fois : fausses frayeurs garanties quand vous tombez nez à nez avec un promeneur de chien, en plein cirage) et rejoins l’étang de st-Cucufa. Je redescends pour plonger vers le bois Préau. Manque de bol, les grilles côté château sont fermées. Marche arrière et détour. La pelouse n’a pas encore absorbé l’eau des précipitations de la semaine : chaque foulée produit un “floc floc”. Des personnes, provenant à n’en pas douter de la haute société de la Fouilleuse (un quartier de Rueil), m’observent, totalement ahuries. Un peu comme si j’avais sauté dans une flaque, exprès pour les éclabousser.
Zappons. Je sors du parc et déboule sur la fontaine devant la mairie. Et j’aperçois des visages familiers, tout aussi surpris que moi de les voir (vu mon allure d’escargot liée aux montées du bois, j’avais abandonné l’idée…). La guide a l’intention de repartir vers la gare de Suresnes-MV (par le chemin direct, cette fois-ci) pour achever sa boucle. Etant donné que j’en ai plein les bottes et que la la partie proposée n’est pas époustouflante à mon sens, cette rencontre se résume à des bonjour-au revoir et quelques embrassades et échanges rapides de nouvelles. Et je repars direction Rueil 2000 en longeant la Nationale : pas du tout exaltant et moche, mais je n’ai pas le courage d’emprunter la jolie jonction du Sentier des Impressionnistes (bords de Seine). Je n’ai pas eu le courage non plus de : faire un détour pour apprécier l’architecture du nouveau foyer, m’arrêter à la Déf pour aller saluer les Indignés et chercher les potes qui y sont. Franchement, j’assume totalement mon mode déconnecté. J’ai accumulé 50 bornes en 3 jours. C’est peu en comparaison de mon rythme estival d’enfer, mais c’est pas mal par rapport à mon entraînement peu régulier de ces dernières semaines (pas par choix, mais galères administratives, etc). C’est mon corps, un tantinet vermoulu, qui me le fait savoir très clairement. Donc, je ne force pas plus.
C’est la 1ère fois que j’emprunte la ligne 1 dans ma tenue “chic & élégante” et je ne tarde pas à le comprendre. Les passagers debout à côté de moi paraissent plus qu’intrigués : la tête baissée, les yeux rivés, ils détaillent mes pieds durant de longues minutes. Une dame sort ces lunettes, un jeune son téléphone pour shooter (et twitter/facebooker ?). Bref, je suis devenue un animal qu’on dissèque. No malaise, learn about them.
Et voilà, je suis revenue! Un mois de vacances, sac au dos en solo à travers le Liban, la Jordanie et Israël. Fantastique voyage.
A Petra, la fabuleuse cité des nabatéens, j’ai croisé un drôle de jogger, des chaussures de grenouille aux pieds.
J’ai proposé le sujet à Rue 89, il a été publié à l’instant : “Courir pieds nus, nouvelle mode controversée”
Je décolle assez tard aujourd’hui et j’ai un bout de route (ou train) à faire avant d’arriver à destination…du point de départ :) Ce sera donc une mini-rando pour se dégourdir les jambes. Je suis déjà un peu nostalgique car elle fait partie des dernières avant la “rentrée”. Le compte-à-rebours a déjà commencé : finies les randos cools en semaine, loin de la civilisation qui se lève tôt pour travailler toujours plus. A partir de mercredi, je bascule moi aussi, de nouveau, dans l’impitoyable univers du taf ou presque (formation, pour être précise). C’est clair que je ne suis pas prête d’oublier ces 5 mois formidables - à la fois césure professionnelle et parenthèse enchantée - où j’ai pu (re-)prendre confiance en mes capacités physiques et même repousser mes limites en terme de distance et d’allure. Tout ça, en restant principalement en Ile-de-France. Au départ, je ne m’étais fixée absolument aucun objectif ni programme d’entraînement, juste motivation, envie et plaisir au minimum faire partie du “melting pot”. Un merci tout particulier à l’ensemble de la faune et la flore rencontrées sur mon passage, qui m’ont bien boostée mentalement : you’re magnificent :) Je compte continuer à aller crapahuter et/ou courir et/ou randonner les WE, si la semaine (surtout les trajets) ne me crève pas trop. Et songer sérieusement aux trails en me donnant un bon coup de pied au Q, même si une angoisse (infondée) de pas réussir à finir me hante toujours à ce sujet…
Crécy la Chapelle. Balade en forme de revanche sur moi-même. En effet, la dernière fois que j’étais venue en ces lieux, je m’étais tout bonnement paumée. Je n’avais pas de carte et mon unique support était un guide, ce qui est nettement insuffisant (je le reconnais aujourd’hui). Par conséquent, mon premier objectif est naturellement d’arriver à destination. Le second est de gagner la course contre le coucher de l’astre solaire (programmé dans une petite heure, comme les longs jours d’été sont loin !). Un petit tour en ville pour se mettre en jambes et je découvre une succession de lavoirs qui me fait instantanément songer au chemin éponyme, à Chevreuse : un spectacle de toute beauté avec le soleil qui se reflète dans l’eau (mais plus pour longtemps !).
Peu avant Villiers, on distingue une épaisse fumée blanche posée comme un toit au-dessus de la commune. Est-elle touchée par la grâce divine ? Impossible à dire. En revanche, une forte odeur d’incinération de végétaux se fait rapidement sentiment sentir aux abords de la ville, certainement à l’origine de cet écobuage visuel pas très écolo. Ayé, le soleil a disparu : il fait de moins en moins jour. Plus question de jouer les touristes photographes car je suis consciente que le délai est désormais ultra-court avant la tombée de la nuit. Et, en forêt, à ce que je sache, les feuilles ne sont pas encore équipées de la fonction “fluorescence”. Après avoir affronté les moustiques (la seule fois où j’ai zappé le répulsif, pensant naïvement que ces infects insectes avaient pris leurs quartiers d’hiver), je me retrouve à franchir un chemin visiblement pas très “passant” (ou pratiqué) : ronces, branches et orties enchevêtrées l’ont entièrement re-décoré ! Et après, c’est guère mieux : me voilà dans un champ en franchir. Ça devient assez physique : “monter les genoux !” :)
Dernier kilomètres en forêt. Pas de bol, je loupe un embranchement et pense me récupérer sur un sentier parallèle. Mauvais calcul : une grille (inescaladable) m’attend au bout. Enfermée dehors, j’adore… Please, rewind ! Sans frontale, je re-visite les sensations (I remember l’étape Santiago-Fisterra réalisée d’une traite) de se déplacer en l’absence d’éclairage. C’est un peu comme avancer en étant emprisonné dans un nuage en montagne. Là, c’est quasiment la même chose, étant donné que la vision du sol est floue et sérieusement altérée. Notre sens principal (la vue) ne nous est alors plus d’aucune utilité et il faut faire appel à l’ouïe et au toucher, pour contre-balancer cet handicap et ne pas se gaufrer. Évidemment, c’est moyennement sécure et pas vraiment l’idéal, on est d’accord… Cette sortie peu lumineuse sera également l’occasion de constater la médiocre sensibilité iso de mon Nokia… 10km au final : je suis un peu déçue par ma faible vitesse (7), mais difficile les montées sont nombreuses et incontournables dans ce coin…
[RAV] A la fin du mois, se tiennent les 20h du Téléthon : une marche composée de 4 boucles de 25 km et organisée par le club Audax de Vernon. On choisit évidemment au préalable le nombre que l’on va effectuer, puisque le montant de la participation en dépend. Pour l’instant, je ne sais pas encore si je vais me jeter à l’eau… Bof, je déteste les boucles. Oui, mais ce coin de l’Eure possède de sublimes paysages. Bof, il va faire froid, c’est sûr. Oui, mais t’as déjà fait pire lors des Paris-Mantes et Orléans-Chémery. Bof, le départ est à 21h, le vendredi soir : ça va être hard d’enchaîner une journée de taf avec la marche nocturne+diurne. Oui, mais c’est pas impossible, y a pire. Bof, l’allure est fixée à 6 km/h. Oui, mais si tu te forces à rester constamment devant, tu pourras trotter sans devoir galoper. Bof, j’apprécie pas trop de marcher en Vibram, maintenant que j’ai pris l’habitude de courir. Oui, mais avec, tu as pourtant déjà effectué des randos avec ton club. Bof, si je souffre comme au dernier 100 km Paris-Vernon, ça craint. Raison de plus pour te motiver à faire un petit footing quotidien, en fin de journée. Bof, si ça se trouve, y a un trail sympa le même week-end. Eh ben, fais-toi violence et va checker sur Kikourou [No comment]
PS : voici un bon article de Runners.fr dans lequel je me suis pas mal reconnue, puisqu’inconsciemment, je dois faire face à ce type de difficultés, pratiquement à chaque sortie.
NB : demain, ne loupez sous aucun prétexte l’animation barefoot n°7, à Issy les Moul’ (description + kèktuvefèr)
1 station avant la descente, j’ôte mon sweat. Un passager qui m’observait et à qui je n’avais pas prêté attention interprète ce geste comme un strip-tease gratuit. Il commence à bafouiller son numéro de charme auquel je ne prête guère plus attention. Visiblement, même pas peur. Franchement, combien de fauves ou de mecs en chien imprudents, dans les lieux publics, convaincus que la situation ne peut pas se retourner en leur défaveur ? Ils donneraient presque envie de leur offrir “Baise-moi” en DVD, pour au moins les prévenir…
St-Chéron. A l’instant où mon pied effleure le quai, le froid me saisit et un frisson me parcourt instantanément le corps. On a perdu au moins 5°c par rapport à Paris et c’est clairement pas aujourd’hui que le soleil percera. La fraîcheur est même un peu limite pour mes mains (pas pris de gants). Dans ces conditions, aucun risque de faire du surplace ! Galoper par un temps presqu’hivernal, j’ai déjà fait mais j’avoue que j’en ai perdu l’habitude. Je me souviens des matinées et soirées fraîches à essuyer le vent/la pluie/la neige sur la Coulée Verte ou au Mont Valérien. Je sais que j’en suis capable malgré Raynault. Contrairement à la marche, il me suffit de runner 10 min pour réussir à réchauffer mon corps et les extrémités. Seul obstacle sur mon chemin : le ralentissement lié à l’aspect du terrain des champs et forêts.
Sans parler du souffle coupé ou réduit en raison du vent. Heureusement, on dirait que celui-ci m’a entendue et je vais pouvoir ainsi bénéficier d’une accalmie une bonne partie du parcours (et pas qu’en forêt). Très tôt, je constate qu’on ne distingue pas la cime du massif forestier et qu’un épais brouillard va m’accompagner tout au long de l’après-midi : la visibilité est inférieure à 500m, exit donc les points de repère habituels (châteaux d’eau, lignes basse tension, églises, etc). Cette atmosphère embuée me permet d’imaginer absolument tout et n’importe quoi (mais surtout du délirant) derrière n’importe lequel de ces bâtiments ou éléments de la végétation ainsi déstructurés. A mon avantage, le tracé d’aujourd’hui constitue un grand classique et me ramène au début de l’été, où le terrain était à peine moins gras. D’ailleurs, je me souviens m’être heurtée à 2 arbres couchés dont les troncs avaient un diamètre supérieur à 1m et de nombreux branchages infestés de moustiques : une vraie partie de plaisir pour passer outre ! J’avais fait remonter (plus par curiosité) une fiche incident au CoDeRando de l’Essonne…qui m’a répondu avoir fait le nécessaire quelques semaines plus tard :)
Aujourd’hui, la véritable différence est que j’ai “la chance” de courir sur un tapis moelleux aux teintes chaudes. Attention à rester vigilante car les feuilles cachent bien souvent des pierres ou des bouts de bois… Au début de la forêt, je croise pas mal de marcheurs terminant leur rando puis, arrivée dans les champs, c’est le grand désert (du moins, le peu que je peux en voir). Le parcours, bien qu’un peu glissant, est sympa est assez varié (alternance champs/bois/ville/rochers). Je roule plutôt bien et me retrouve même à me transposer mentalement en métamorphe (bien que pas fan du tout de True Blood). Parce que si le barefoot ou le minimalisme rendent autant addicts, c’est aussi parce qu’ils réveillent notre instinct animal et le wild side enfouis profondément en chacun de nous. Une fois nos pieds libérés, on peut enfin aisément se rêver en loup ou en tigre. Légers, vifs, à l’écoute, l’acuité visuelle accrue, plus rien ne peut nous arrêter…
A propos d’animaux, je rencontre plusieurs espèces au cours de ma balade : des chats, des chiens (dont “Capri qui ne mord pas”), des chevaux (qui hennissent à mon passage), un couple de biches. Et même un coureur qui se fait traîner par son chien (c’est pas du jeu !). 9 min avt le passage du train (il me reste 2km), je joue le tout pour le tout et fonce à fond la caisse pour tenter de le catcher. Malgré une formidable accélération - l’occasion de réaliser que je suis loin d’être à 100% de l’effort jusqu’à présent, perdu : je le loupe à 2 minutes près… Pour l’anecdote, nous sommes jour férié (11.11.11 pour les superstitieux) donc synonyme d’escouades de contrôleurs parachutés everywhere par la SNCF (vus aux trajets aller ET retour). En sortant de la bouche de métro, le choc cold/night est hyper rude, quasi anaphylactique.
Plus que 3 secondes avant l’ouverture des portes du train. Les 3 gusses debout devant moi me lancent un regard en coin empli de dédain tout en me dévisageant d’un air injonctif, qui en dit long sur la place qu’ils m’attribuent. Bye bye !
Automne is back, pour de vrai cette fois. avec sa cohorte de bises et d’ondées à tout va. C’est plus un temps à mater un feuilleton pourri sous la couette, avec un bol de chocolat chaud. Pas vraiment un temps à mettre un chat dehors, j’avoue. Et pourtant, je ne crois pas si bien dire…
Après avoir grimpé un faux plat pavé sans fin, je découvre un terrain absolument dégueulasse. Au stade qui me faire que ce n’est pas aujourd’hui que je vais pouvoir réaliser des performances cinétiques et des pointes de vitesse (ça tombe bien : je suis en mood feignant pré-hémorragique - je me comprends). Voilà pour le bad side, l’ultra-good c’est les senteurs de la nature exhalées par la météo pluvieuse (non, je ne plaisante pas). Les pires gadoues valent bien ce spectacle olfactif inégalable. Du coup, la rando prend des allures d’expédition ou d’aventure de type exploratoire, pour mon plus grand plaisir (à moi l’inconnu et l’adrénaline). Un peu moins pour mes orteils qui n’ont pour s’accrocher que les tiges herbeuses et fourchues, offrant une paroi d’escalade plus que minimaliste.
Soudain, dans les champs, je crois deviner un renard au pelage éclatant. Alors que je tergiverse intérieurement pour savoir comment appâter l’animal, il prend la poudre d’escampette et je découvre une bouille ronde : c’était un chat roux ! Désolé, pour le faux scoop :( Je continue à suivre l’aqueduc de la Dhuis et ses étranges sphères de pierre posées ça et là, comme tombées du ciel. De loin, on pourrait presque confondre avec la croupe d’un éléphant. D’ailleurs, à 2 reprises, je suis confrontée à une situation pour le moins délicate : une sphère trône justement sur un petit pont qui enjambe un cours d’eau et l’occupe, pour ainsi dire, entièrement. Pas le choix, je suis contrainte de faire trempette pour franchir le ru (gros avantage d’avoir les doigts palmés :). A moins de vouloir jouer les équilibristes en empruntant le tronc d’un des 2 arbres tombés, devenant ainsi un passage improvisé pour une Lara Croft…que je ne suis pas.
Après avoir longuement entendu des “ouh ouh”(chasse à l’homme ? recherche d’une kidnappée ?), j’aperçois des chasseurs, identifiables par une chasuble orange. Chacun semble couvrir une zone particulière, confortablement assis, en observation. Avec la mine patibulaire indissociable. En passant, je me fais la réflexion de l’efficacité du procédé. Croient-ils vraiment que le gibier va venir leur sauter dans les bras ? J’ai parlé trop vite : à plusieurs encablures de là, je fais détaler une biche malgré moi. Dans la mauvaise direction. J’aurais presque envie de lui courir après pour lui faire prendre conscience du danger, mais il est fort probable que nous ne nous comprenions, hélas, jamais :(
A peine 50 mètres plus loin, une bestiole - que je dirai être un lapin - est tapie dans les hautes herbes. Check. Toutes mes confuses, il s’agit d’un chat, encore une fois. Toujours sur le plateau, un véhicule de chantier retourne de la terre en quantité pour pouvoir creuser. A mon approche, le conducteur - un grand gaillard plus jeune que moi - m’aperçoit et descend de son engin. Il m’avertit gentiment : “euh désolé mais vous ne pouvez pas passer là”. Du tac au tac : “pas de souci, vous m’autorisez à faire le tour [de la motte de terre] ?” Il acquiesce. Je lui souhaite une bonne journée et j’entends derrière mon dos “vous êtes courageuse !”. C’est effectivement le terme le plus approprié pour décrire mon sens du sacrifice pour accepter de sentir s’agglutiner en moins de 3 secondes une tonne de terre des champs sous mes semelles…
Je squeeze la rallonge prévue dans mon parcours et accélère, exprès pour éviter de louper l’une des rares navettes prévues dans l’aprèm’ et destinée à se substituer aux trains (because travaux SNCF), en reliant Vaires-Torcy en 1h20 (et on n’est pas encore arrivé à Paris !). Ô combien optimiste & naive je suis (ça me perdra) : le car appartient à une société privée à qui la SNCF sous-traite le service. Lequel service n’a jamais été rendu. Enfin…au bout d’1h20 d’attente de retard et devant l’air perplexe des “agents d’information” (pas vraiment en quête d’informations), j’ai fini par opter avec d’autres usagers découragés pour un scénario légèrement différent (et non suggéré par le personnel, à qui ça n’avait même pas traversé l’esprit). Direction Disney (en 40 min) puis Châtelet (en 30 min). J’ai rien contre la Ferté sous Jouarre mais c’était pas vraiment dans mes projets d’y passer la nuit…
Je quitte la ville après avoir laissé un papy s’esclaffer à la vue de mes pieds et emporté par un irrépressible fou rire (j’ai pas réagi, je ne voulais surtout pas lui gâcher ce grand moment de bonheur). Je me retrouve assez rapidement près d’un affluent invisible, masqué par des maisons. Peu avant d’arriver vers la Queue de l’Île, je suis une ruelle plutôt étroite. Malgré le faible écho de mes orteils sur le goudron déformé, assez rapidement un tintamarre d’aboiements et de caquètements se met en place. Pas vraiment fière d’avoir déclenché un tel raffut à moi toute seule, je m’éloigne à grandes enjambées en m’excusant silencieusement auprès des habitants du lotissement [qui ne savent pas dresser leur ménagerie] d’avoir gâché leur grasse mat’. Un peu plus loin, un minot aux yeux ébahis me demande si je cours depuis longtemps. A son air déçu, je comprends que la réponse n’est pas celle escomptée. Désolé, je ne suis pas un Kilian Jornet bis qui galope depuis Paris ou les Alpes… Chaque chose en son temps.
Petit à petit, je prends conscience du caractère exceptionnel de la météo de ce jour. En effet, je ne suis plus du tout à fait habituée aux caresses appuyées du soleil chaleureux sur mon doux visage (à cuire et à transpirer autant, pour être franche). Ni à prendre gratuitement dans la tronche des kilos de tissage de toiles d’araignées. Est-ce que ça va forcément de paire ? Aucune idée mais, si quelqu’un détient la réponse à ce mystère, je suis preneuse.
En approchant du pont de la voie ferrée (ont la hauteur est toujours très impressionnante), les athéniens s’éteignirent. Pour être claire, cette nuit, la pluie est passée par là et a copieusement arrosé l’Île-de-France. Le terrain est ultra-gras et serait même idéal pour faire du patin-sans-patin (nouveau concept, qui sait). Je traverse un coin près duquel je suis déjà passée cette été en sens inverse (celui de la descente, on va pas se plaindre). Je rejoins ensuite le canal de Chalifert qui m’emmène finalement sur les bords de Marne. J’aperçois un poney que je tente de shooter en contre-plongée. Je me retourne et j’aperçois une fille qui me fixe et plus loin une femme (en tenue de ville) qui s’enfuit en courant dans un bâtiment lorsque je la dévisage. Aurai-je gravement enfreint une règle implicite ? ça me ramène à cette scène très brève hier lorsque, me pensant seule avec la nature, j’ai émis un petit renvoi (eh oui, je digère un peu moins bien les barres que les gels mais c’est diablement plus économique) qui a fait sursauter des randonneurs qui pique-niquaient, cachés par des arbre. Leur air faussement scandalisé m’a presque fait sourire. A l’instar de la mine dégoûtée des usagers des transports commun, rebutée par la terre séchée qui décore mes chevilles (l’avantage immédiat, c’est que personne ne se colle à moi dans le métro).
Pour terminer, une longue ligne droite d’environ 5km conclut le parcours. Jamais facile mentalement. Heureusement, je me distrais en me délectant du paysage aquatique et en imaginant une course au coude à coude avec les rameurs d’aviron, sur ma droite. Près de la base nautique, le jardin des sculpures de la Dhuys sonne, lui aussi, une courte récré sympathique. Là où j’aurais aimé enfin ralentir, la berge peuplée de promeneurs (en cause, une fête foraine, un peu plus loin) me met inconsciemment la pression pour que je ne relâche pas la cadence : impossible de ralentir malgré une très forte envie. La traversée (tant attendue) du pont de Lagny juste avant la gare signe la fin du voyage.
Aujourd’hui, en me levant, je n’ai qu’une envie : bouffer du lion. Enfin, je me comprends. Je suis tellement en manque de sport que j’ai l’impression que mon corps s’est transformé en accu et a emmagasiné tous les jours non courus pour les régénérer en une énergie dont la puissance pourrait largement dépasser celle de la fusion nucléaire. Pourquoi avoir attendu pour rechausser mes Vibram ? Parce qu’après avoir dû lutter contre une crève carabinée (probablement venue couronner mon passage à l’an 30), j’ai dû ensuite courir (au sens propre, comme au figuré) après l’administration et ses manquements.
En même temps, sans vouloir se mentir, ça ressemble un peu à la semaine-type quand j’aurai démarré ma formation à plein temps dans une quinzaine de jours. Quand trouverai-je alors le temps de courir ? Matin ? Soir ? Telle est la question qui ne cesse de me trotter dans la tête depuis quelques temps… Certes, je ne connais pas encore mon planning et il est donc difficile d’anticiper pour l’instant. Cependant, si les 2h de trajet quotidien (sans compter les probables retards de la ligne D du RER) me crève, je devrai me rabattre sur le week-end. Cependant, est-ce que mon corps parviendra à tenir de moyennes distances en runnant à une si faible fréquence ? Pas sûr. Autre option : aller au CFA en courant (distance : 15 km). Pas infaisable mais un brin fantaisiste car pas de douches sur place, à ma connaissance et, surtout je me vois mal plier en 90 mon uniforme dans mon micro-sakado. A moins d’aller réveiller mon grand-père qui réside pas très loin, chaque matin :( En vélo ? idem : je ne sais pas ne pas me donner à fond quand j’enfourche ma selle. Arrivée trempée garantie.
En attendant, après une grasse mat’ injustifiée post-passage-à-l-heure-d-hiver, je commence à “pédaler” enfin à 14h. J’ai repris grosso-merdo - une fois de plus - le trajet qu’est censé faire mon club de rando. Je ne fais absolument aucune illusion : je sais que je ne les rattraperai pas. Même si ce n’est donc pas mon objectif, je sais que je peux me permettre d’aller vite car la distance est courte entre les Essarts et st-Rémy (20 km). Je fonce donc à bride abattue : peu de dénivelé, peu de gadoue, peu de marcheurs (en dépit de cette belle journée), peu de vent. Que du bonheur en somme ! Le seul élément qui me freine un peu dans ma progression, c’est ce festival de couleurs chatoyantes de l’automne. En effet, les longs passages boisés traversés revêtent un cadre enchanteresque et je dois me retenir de ne pas m’arrêter tous les 100m pour prendre des photos de ce décor…
Peu après le château de Dampierre (environ 13 km après mon départ), je dépasse un groupe de randonneurs. Je n’identifie pas immédiatement mon club en raison de nouveaux visages. J’ai peine à y croire tellement cela semble miraculeux et surtout tout bonnement impossible, mathématiquement parlant. A tel point que je mets plusieurs secondes avant de les interpeller joyeusement. Idem pour l’accompagnateur qui reste assez longtemps sans voix quand il comprend que je n’ai mis qu’ “1h15”. D’ailleurs, il semble tellement blasé (et passablement écoeuré) qu’il en range sa carte. En échangeant avec les autres randonneurs/ses, je comprends assez vite qu’il y a eu quelques péripéties qui explique leur retard (accident voyageur sur la ligne de Gazeran, détours hors sentier balisé, nombreuses pauses, etc). Nous finissons la journée par une ascension au château de la Madeleine (pas inintéressante puisque je découvrirai que l’entrée et l’expo sont totalement gratuites), au son des clameurs des supporters du match qui se joue dans la vallée de Chevreuse.
Petit choc durant le trajet-retour en train, en découvrant que la nuit tombe “déjà”, à 18h. Eh oui, je suis une fervente opposante à ce changement d’heure que je trouve passablement stupide ET franchement déprimant. Pas le choix, il va falloir s’y habituer…
En cette journée claire, je reconduis le concept “one station”, à savoir parcourir 1 arrêt de train en faisant un loooong détour. Aujourd’hui, aucune difficulté apparente, il s’agit essentiellement d’un mix de champs et de forêts. Donc, sur la carte, c’est théoriquement très roulant. Au final, le trajet s’avérera épouvantablement venteux, copieusement assorti de petits merdeux (chemins terreux souvent dégueus), de petits sablés (sentiers sablonneux, devrais-je dire), de pierriers un poil
périlleux et, sinon, quelques passages goudronneux.
L’expérience aidant, l’un de mes jeux favoris pour me distraire les méninges consiste à repérer les marquages et fléchages (à la bombe) au sol pour tenter de visualiser le circuit de trail en question. Quasiment depuis Maisse, j’ai donc suivi - en sens inverse - le parcours de l’un d’entre eux. En même temps, dans le 7.7., c’est pas ce qu’il doit manquer… J’en étais à peu près à la moitié de ma rando et je tentais justement de me projeter dans l’hypothétique ambiance des trails, la montée de la pression, la foule, la gestion de l’anxiété, etc. J’essayais de faire un parallèle avec mon stress pré-marche-longue-à-allure-libre-ou-pas (style Paris-Mantes, marche de la Bièvre, Audax, etc) quasi-absent (pour ne pas dire “les mains dans les poches”), alors que pourtant mon mental n’avait jamais été soumis à aussi dure épreuve que dans ces challenges-ci (affronter le froid, la nuit, la fatigue musculaire, l’impression de ne pas avancer, etc). En allant courir (ok, en solo, c’est pas exactement pareil), je n’ai eu jamais à me battre psychologiquement à ce point avec moi-même pour aller jusqu’au bout et terminer. Mais, paradoxalement, je sais pertinemment que je serai beaucoup plus tendue et je redoute les conséquences (jambes paralysées/coupées, point de côté, crise de hoquet, départ trop rapide, mauvaise gestion des ressources, incapacité à trouver mon rythme, j’en passe et des meilleurs). C’est donc - je suppose - moins le manque d’ambition que le stress qui me bloque pour l’instant.
Bref, j’étais perdue dans ce type de pensées quand, à ma grande surprise, j’aperçois un groupe de rando au loin qui semble fixer un point derrière moi. En effet, ils ont stoppé leur avancée et se trouvent en bordure de forêt peu après (ou avant, c’est selon) Milly, à proximité de la ferme de Coquibus. Je me rapproche et suis sur le point de les dépasser, quand je les vois applaudir (surtout les femmes, avec ferveur). Je les salue aimablement et, piquée par la curiosité, je me retourne promptement pour mieux comprendre, mais…personne ! Il me démange alors de leur dire qu’ils font erreur et de leur expliquer que je n’ai absolument aucun palmarès ni titre à mon actif, que je ne me suis même jamais tapé la tête contre le 32e km (le célèbre mur du marathon). Pire : que je ne suis guère téméraire et que mon unique objectif - pour l’instant - est le fun, qu’il n’y a qu’une chose que je sais faire : courir comme je respire. Je regrette, ouvrez les yeux : il n’y a strictement rien de glorieux à être une p*tain de junkie, qui ne peut vivre sans sa dose d’endorphines. En même temps, inutile de se déprécier, autant prendre les strokes positifs et les compliments gratuits tels qu’ils viennent…
A présent, le vent est désormais tellement glacial qu’il est devenu difficile d’en faire abstraction (étonnant à quel point ce son parvient à nous faire croire qu’on est très fortement ralenti). Et, en même temps que je me rapproche de la fin, la machine commence à montrer quelques signes de faiblesse. Je sens que mes mollets fatiguent aussi un peu. Une pause de quelques nano-secondes, un Mars [non, une autre marque] et ça repart :) D’ailleurs, mes incisives notent au passage que les barres de céréales, à la texture habituellement fondante en raison de la chaleur, sont soudain croquantes… Peu avant de traverser une départementale, je tombe nez à nez avec la fameuse barrière composée de fil de fer, où il s’agit de gravir puis descendre un genre d’escabot en bois pour la franchir. Tout ça pour ça !
Pour récupérer le GR de Boutigny, j’ai tracé un itinéraire à main levée sur la carte. Pas de bol, la partie symbolisée en vert correspond à une propriété privée. Résultat : je me vois contrainte à la fois de la contourner mais aussi de traverser un champ fraîchement labouré (dénommé pour des raisons que je ne préfère point connaître “le haut de chanvre”). Avec toute la terre amassée, il ne faut pas longtemps à mes Vibram pour devenir aussi lourdes que des sabots. Ouf, GR en vue. J’ai à peine le temps de me plaquer sur le côté du chemin afin de laisser une moto trial passer. En fin de compte, celle-ci cale et sa passagère, visiblement en pleine initiation avec son propriétaire, ne parviendra jamais à me dépasser. Juste à me casser allègrement les oreilles. Encore une fois : tout ça pour ça ?
Gare en vue : une vingtaine de minutes d’attente en perspective, au final beaucoup plus car…le RER D est bien souvent la ligne de tous les possibles (attention, pas dans le sens flatteur).
PS : je viens de tomber sur un article du “prof” Fred Brossard judicieusement intitulé “trail et minimalisme”. A sa lecture, je me rends compte que 1/ pas mal de runners se sont déjà frottés au tout-terrain dans l’hexagone (ça rassure un peu) et que 2/ j’ai un peu commencé mon apprentissage à l’envers. C’est-à-dire, au lieu de suivre l’évolution classique piste-puis-trail, j’ai plutôt réalisé un rando-puis-trail (en même temps, ça fait presque 15 ans que je pratique la marche plutôt régulièrement, donc rien de bouleversifiant pour mes jambes - voûte plantaire exceptée).
Tête de mule comme je suis et habituée à mes Vibram, je ne suis pas trop tentée par l’idée de tester d’autres chaussures minimalistes, aussi sérieuses soient celles dédiées au trail. Maintenant que mon pied s’est adapté optimalement aux VFF TS… Reste cependant la question en suspens de la pratique de la course-à-pied “nature” en conditions (météo + terrain) dégradées.
Un bon article avec les tips (en commentaires) des uns et des autres sur la pratique du trail minimaliste, donc ça vaut le coup d’oeil.