La pointe gueule terrible époque Elle a dit venez en vulgaire plissé Encore des phalanges écorchées Si appliquées à l’histoire Elle a dit venez – partout elle le suit - Petit renard trempé des limbes Psychose au maître corps d’eau Impayable sur les pavés Pavés de l’île dans l’île Sans direction suave Quais se disputent [...]
Si tu me succédais Si des jours aux jours Tu me dérobais désignée Tu coucherais l’oubli Comme des effilochements opaques Noyés – ils sont profondeurs - Filed under: // De Vétille
Ces mots remplis. Ces mots de tout. Que tu oses. Que tu désosses. Fou de chair. Fou de sang. Toi. C’est la frappe littérale. De ces éraflures, c’est mon coeur. A l’arrêt, stoppé. Filed under: // De Bohème
Avant de brûler, brûler Enfournement de fourrés Textuels aux sexuels Caricatures sur caricatures A papier apparent De l’autre et de soi S’emmagasiner de mots Achevés ensemble. Le Rouge ne saigne plus On ne sait plus De quel lieu Le Feu prenait chair. Celui d’une Évidence A l’intérieur quelques plumes Les impulsions – libérées – Filed [...]
Le ventre, son ventre C’était là, ça eut disparu Enfoui, douleur ombrée Vers aigu, il manque Du reste. Tout dedans comment fut L’appétit réconfortant. Filed under: // De Bohème
De tous les Sons expédiés dans le monde Rien n’a autant de Poids pour moi Que cette vieille cadence dans les Branches Cette Mélodie sans Parole – Que fait le Vent – au travail comme une Main – Dont les doigts peignent le Ciel – Puis choit en vibrant – avec des bribes de chanson – Que seuls les Dieux – et moi – avons le droit d’entendre – C’est pour nous un héritage Art qu’
L’anglais a maintes expressions – Je n’en ai entendu qu’une – Douce comme le rire du Grillon, Assourdissante, comme la Langue du Tonnerre – Elle murmure, comme ces vieux Chœurs de la Caspienne, Quand la Marée est étale – Elle se dit en nouvelles inflexions – Comme un Engoulevent – Elle éclate en Orthographe lumineuse Dans mon sommeil innocent – Lâche le Tonnerre de ses
Tu doutes de Moi ! Pâle Compagnon ! Comment, Dieu, se contenterait-il D’une fraction de la Vie – Que je te verse, sans compter – Moi toute entière – pour toujours – Une Femme peut-elle faire mieux, Réponds vite, que je puisse t’offrir Le dernier Délice en ma possession ! Ce ne peut-être mon esprit – Il t’appartenait, avant – J’ai cédé tout ce que je connaissais de
Le seul Fantôme que j’aie jamais vu Etait vêtu de Mousseline – comme ça – Il ne portait pas de sandale à son pied – Et marchait comme flocons de neige – Son allure silencieuse, comme l’Oiseau – Mais rapide – comme le Chevreuil – Ses façons, fantasques, Mosaïques – Ou peut-être, Druidiques – Rare – sa conversation – Son rire, comme la Brise Qui s’évanouit en
Si ton Nerf te lâche – Dépasse-Le – Il peut s’appuyer sur la Tombe, S’il a peur de dévier – Voici une posture stable – Jamais un pli Soutenu par ces bras de Cuivre – Qui font des Géants – Si ton Âme hésite – Soulève la porte de Chair – La Poltronne a besoin d’Oxygène – Rien de plus –
Mettre de côté mon luth ! Quid de – ma Musique ! Puisque la seule oreille que je voulais charmer – Passive – comme le Granit – lape ma musique – Les Sanglots – conviendront – tout autant que les psaumes ! Ah, si le – Memnon – du Désert Pouvait m’enseigner la mélodie Qui l’a vaincu, Lui – Quand Il – s’est rendu au Soleil levant – Peux-être – ça – les – réveillerait !
Bonne Nuit – Qui a Soufflé la Bougie ? Un Zéphyr jaloux – sans doute – Ah, mon ami, Tu ne savais pas Combien de temps – les Anges – ont travaillé avec assiduité – A cette mèche céleste – Eteinte – maintenant – pour Toi – C’était peut-être l’Etincelle du Phare – Qu’un Marin – ramant dans le Noir – Aurait tout donné pour voir – C’était peut-être la Lampe déclinante Qui
Il flamboie d’Or, se refroidit de Pourpre Bondit comme Léopards dans le Ciel Puis aux pieds du vieil Horizon Couche sa Face Marbrée pour mourir S’abaisse jusqu’à la Fenêtre de la Loutre Touche le Toit et teinte la Grange Son Bonnet effleure le Pré d’un Baiser Et le Jongleur du Jour s’en est allé
Il est un certain Rayon oblique de lumière, Les Après-midi d’Hiver – Qui oppresse, comme le Poids Des Grandes Orgues – Don et Blessure du Ciel – On ne voit pas de cicatrice, Mais une différence interne – Siège des Signifiants – Personne ne peut lui enseigner – C’est le Sceau du Désespoir – Une affliction impériale Que l’Air nous envoie – Quand il vient, le Paysage
De Bronze – de Braise – Le Nord – ce soir – Forme –si adéquate – En si parfaite harmonie avec soi-même – Si loin – de toute alarme – Une Indifférence si souveraine Envers l’Univers, envers moi – Tant infecte mon esprit simple De Relents de Majesté – Que je prends des attitudes de grandeur – Et me pavane sur ma tige – Dédaignant les Hommes, et l’Oxygène,– Du haut
Elle passe ses Balais multicolores Et ça s’effiloche derrière – Ô Ménagère du Couchant – Reviens – et époussète la Mare – Tu y as fait tomber une Pelote Pourpre – Tu as fais tomber un Fil d’Ambre – Et maintenant tu as jonché tout l’Orient De Nippes d’Emeraude – Et encore elle nous offre Son moucheté frugal Et encore la scène prévaut Jusqu’à ce que la Pénombre vienne
La Joie est comme l’envol – On lui correspond, Comme disent les Ecoles – Les lanières de l’Arc-en-ciel – Un Echeveau Qu’on lance, coloré, après la Pluie, Offriraient autant de lumières Sauf si c’est l’envol Qui vous Nourrit « Si ça pouvait durer » Ai-je demandé à l’Orient, Quand cette Trainée Arrondie A frappé mon firmament Enfantin – Et moi, ravie,
Même si je suis perdue – maintenant – Le fait que j’ai été sauvée – Sera toujours pour moi une ineffable joie – Qu’une fois – pour moi – ces Grilles de Jaspe Se soient ouvertes – dans un embrasement soudain – Et que les Anges – aient doucement – scruté – Mon visage emprunté qui les contemplait – Et m’aient touchée de leur toison, Presque comme s’ils se souciant de moi – Je
Expression empruntée à l’héraldique (il y a mise en abyme lorsque la tonalité d’un blason est représentée dans une de ses parties). Il y a mise en abyme (ou abîme) textuelle lorsqu’un texte se prend lui-même pour objet, ou se présente lui-même comme élément du récit (roman dans le roman), de la pièce (théâtre dans le théâtre)… On parle parfois aussi d’«effet de miroir», par analogie avec deux miroirs mis face à face et se reflétant. C’est André Gide qui a fait le succès de l’expression : dans les Faux-monnayeurs (1925) il met ainsi en scène un romancier qui écrit Les faux-monnayeurs.
(en latin, speculum). Genre didactique médiéval, dépourvu de toute unité, dont le contenu peut être soit encyclopédique (Speculum triplex de Vincent de Beauvais), soit moral (les « Miroirs des princes » sont des traités de théories politiques, le Miroir des Dames de Durand de Champagne, fin XIIIe siècle, est un traité d’instruction morale à l’usage des femmes), soit historique (Mirouer historial abrégé de France, au XIVe siècle).
Au Moyen Âge, il existe deux formes littéraires qui portent ce nom en raison de leur contenu (un miracle accompli par un saint) : le miracle narratif (Miracles de Gautier de Coinci, XIIIe siècle) et le miracle par personnages, qui est destiné à la représentation théâtrale (Miracle de Théophile de Rutebeuf, vers 1260, ou les quarante Miracles de Nostre Dame par personnages du manuscrit de Cangé, au XVe siècle). Très souvent, le second n’est que la transposition pour la scène d’un miracle narratif préexistant. Le miracle du saint ou de la Vierge est transposé dans le cadre de la société contemporaine.
(n.m., emprunté au haut allemand « chant d’amour »). Nom donné à la poésie courtoise allemande du Moyen Age, particulièrement florissante en Allemagne du Sud de la fin du XIIe siècle au début du XIV siècle, héritière de la lyrique française d’oc et d’oïl.
Dans les manuscrits médiévaux, petit tableau de dimensions variables, ayant généralement la largeur de la colonne de texte, destiné à illustrer un épisode, un chapitre, un paragraphe. Lorsque la miniature prend des dimensions imposantes (la moitié de la page, voir une page entière), on emploie le terme de peinture.
On nomme ainsi la tentative de rendre compte à l’écrit des spécificités de prononciation et d’intonation de l’oral (accent, débit, défaut de prononciation, par exemple). Balzac peut ainsi transcrire l’accent alsacien du baron de Nucingen : Egoudez ein genzèle t’ami [Ecoutez un conseil d’ami] (La Cousine Bette).
(n.f., emprunté au grec, « imitation »). Dans sa Poétique ( vers 344 av. J.-C), Aristote considère que la mimesis est le fondement de la littérature non lyrique mais une telle représentation du réel (et d’abord des actions des hommes) n’est pas une plate copie. Cette théorie de l’imitation a été un des principes de la poétique de l’âge classique, et de manière générale, selon le critique E. Auerbach (Mimesis, 1946), la représentation du réel serait un des buts fondamentaux de la littérature occidentale.
(n.f.). La métrique étude les systèmes récurrents inhérents aux techniques de la poésie versifiée : structuration interne du vers, rythme, strophes et formes fixes. Comme adjectif, métrique s’applique à tout ce qui concerne le mètre.
(n.m., du grec metron, « mesure »). Mesure indiquée par le nombre de syllabes prononcées et prosodiquement comptées dans le vers. Le mètre est donc le type de vers, structuré ou non, selon sa longueur, par la césure.
(n.f., du grec metonumia, « changements de nom »). Figure de contiguïté qui désigne un objet par le nom d’un autre objet, indépendant du premier mais qui a avec lui un lien nécessaire, d’existence ou de voisinage. La nature de lien définit différents types de métonymies parmi lesquels :
– le contenu pour le contenant, ou l’inverse : « boire une bonne bouteille » ;
– l’effet pour la cause, ou l’inverse : « contempler un Matisse » (un tableau de Matisse ) ;
– le lieu d’origine pour l’objet ou la personne : « du champagne » (du vin de Champagne) ;
– l’abstrait pour le concret, ou l’inverse :
Ce pin où tes honneurs se liront tous les jours
(Ronsard)
(tes honneurs = les mots écrits en ton honneur ) ;
– la matière pour l’objet :
Le fer qui les tua leur donna cette grâce
(Malherbe)
(le fer = l’épée, le poignard).
(n.f., du grec metathesis, « transposition »). Permutation de phonèmes ou de syllabes à l’intérieur d’un mot, très fréquente dans la langue populaire car elle est liée à de fausses étymologies : infractus,, aréoplane, hynoptisme, carapaçon.
(n. f., du grec metaphorein, « transporter »). Figure d’analogie ou de similarité qui, selon Fontanier, consiste « à présenter une idée sous le signe d’une autre idée plus frappante ou plus connue, qui, d’ailleurs, ne tient à la première par aucun autre lien que celui d’une certaine conformité ou analogie ». La métaphore peut avoir un support substantival, adjectival, advervial ou « parler chaleureusement », « réchauffer par des mots ») et occasionnellement prépositionnel.
Quand le comparé et le comparant sont tous deux présents dans la phrase, on parle de métaphore in prasentia. Seules les métaphores substantivales peuvent faire l’objet d’une utilisation in praesentia. Le lien entre les deux peut se présenter syntaxiquement de différentes manières :
– avec un est d’équivalence (Verlaine) :
Votre âme est un paysage choisi
– par une apposition, avec ou sans démonstratif (Baudelaire)
Milles pensers dormaient, chrysalides funèbres
– un rapport de substantif/verbe (Laforgue) :
Un tic-tac froid rit en nos poches
– un rapport de détermination (Laforgue) :
le lait caillé des bons usages
Quand ne figure que le comparant, on parle de métaphore in absentia. C’est ce que l’on trouve au début du « Cimetière marin » de Valéry, le comparé n’étant éclairé que par la suite du poème :
Ce toit tranquille où marchent les colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes.
La métaphore exige d’être reconnue (dans « le vieux chêne est mort », parle-t-on de mon grand-père ou d’un arbre du jardin ?), pour être ensuite construite (on isole un sème qui prend, du coup, une valeur hyperbolique : « Paul est un oiseau » n’a pas le même sens si Paul est à table ou sur une piste de danse).
Quand la logique de la métaphore se poursuit sur plusieurs syntagmes, on parle de métaphores filée, comme dans ces quelques vers de Corneille (Le Cid, II, 8) :
Je vous l’ai déjà dit, je l’ai trouvé sans vie ;
Son flanc était ouvert ; et pour mieux m’émouvoir,
Son sang sur la poussière écrivait mon devoir ;
Ou plutôt sa valeur en cet état réduite.
Me parlait par sa plaie, et hâtait ma poursuite ;
Et pour se faire entendre au plus juste des rois,
Par cette triste bouche elle empruntait ma voix.
L’usage très fréquent de la métaphore fait qu’elle peut facilement se figer (métaphore usée) ou se lexicaliser (catachrèse). Il peut aussi y avoir défigement d’une métaphore usée : par exemple si on dit : « A un moment d’intense fatigue, le fauteuil m’a tendu les bras.»
A la suite de G. Genette, on nomme parfois métalepse le fait qu’un récit s’interrompe pour mettre en scène le narrateur et ou le lecteur. La métalepse peut prendre des formes diverses et avoir les enjeux les plus variés : Nous le laisserons reposer dans sa chambre et verrons dans le suivant chapitre ce qui se passait en celles des comédiens (P. Scarron, Le Roman comique). Aujourd’hui, 22 avril 1963, je corrige ce manuscrit au dixième étage d'une maison neuve (J.-P. Sartre, Les Mots, 1964).
On appelle métalangage tout vocabulaire technique permettant de rendre compte d’une production langagière : les mots narrataire, diégèse… appartiennent par exemple au métalangage narratologique.
On appelle métadiscours tout énoncé qui porte sur le langage en général ou sur la forme particulière d’un autre énoncé, que ce soit de façon technique ou non : Le mot « amour », comme le mot « Dieu », évoque l’absolu, l’infini (N. Sarraute, L’Usage de la parole, 1980).
Cette propriété qu’a le langage articulé de se prendre lui-même pour objet fonde l’une des six fonctions du langage recensées par R. Jakobson et oppose au langage verbal à tous les autres systèmes de signes (signaux animaux, systèmes sémiotiques humains).
Depuis les travaux de J. Authier-Revuz, on nomme méta-énonciation toutes les “boucles “ que fait le discours sur lui-même, quand il se prend pour son propre objet. Cette autoreprésentation de l’énonciation dans l’énoncé peut prendre diverses formes, depuis l’italique ou les guillemets qui permettent au locuteur de marquer une distance par rapport aux mots qu’il emploie, jusqu’au complément très développés.
Dans tous les cas, les commentaires méta-énonciatifs signalent un problème dans la coïncidence entre l’intention du locuteur et les mots qui l’expriment : caractère impropre d’une expression (“ On dit parfois “idéologie dominante”. Cette expression est incongrue”), gêne face à la polysémie (“cette seconde lecture, appliquée (au sens propre)”, emprunt à un discours autre (“la stylistique, la rhétorique, disait Nietzche”, R. Barthes, Le Plaisir du texte,1973).
(n.f.). Au sens étymologique, ce terme signifie “ changement “ ; il s’agit en fait d’un mode d’accumulation, où l’on répète quelque chose sous différentes formes pour le faire sentir avec plus de force ou plus de nuance, en jouant à la fois sur la synonymie et le changement : La Méditerranée, sans une ride, sans un frisson, lisse, semblait une plaque de métal polie et démesurée (Maupassant).
Comme on le voit, cette figure diffère de la synonymie à proprement parler dans la mesure où elle porte sur des syntagmes plutôt que sur des mots. C’est une figure de la variation et de l’amplification, aux effets très sensibles, notamment dans la description.
A la différence du fantastique, qui suppose que le personnage et le lecteur, face à un évènement étrange, hésitent entre une explication naturelle et une explication surnaturelle, le merveilleux repose sur l’acceptation immédiatement donné d’un surnaturel qui ne suscite aucune surprise. Historiquement, le merveilleux traverse la littérature selon des modalités diverses. Le Moyen Age distingue trois types de merveilleux : le miraculosus (merveilleux chrétien : interventions divines, apparitions d’anges, etc.), qui est toujours bénéfique ; le magicus, d’origine diabolique, que peuvent maîtriser les enchanteurs ; le mirabilis (qui suscite l’étonnement), qui désigne à la fois le merveilleux et la merveille (qui ne suppose pas nécessairement le surnaturel).
A côté du merveilleux chrétien qui se rencontre dans tous les types de textes narratifs, le merveilleux celtique envahit dès le XIIe siècle la production romanesque et les lais narratifs.
La Renaissance n’ignore pas le merveilleux, mais on le trouve surtout au XVIIe siècle, où se fait jour un conflit entre ceux qui acceptent qu’on cherche le merveilleux dans la mythologie païenne (Boileau) et ceux qui, à l’inverse, l’écartent au bénéfice du merveilleux chrétien. Mais c’est naturellement le conte de fées, très présent à la fin du siècle, qui représente le plus pur merveilleux. Bien des degrés restent de toute manière possibles dans l’ordre du surnaturel, et la littérature ultérieure, par exemple,fera droit (songeons à Jules Verne) à une sorte de merveilleux scientifiques qui tient moins à l’irrationnel qu’à des lois non encore découvertes, et c’est ce qu’on nomme aujourd'hui science-fiction.
Quant au véritable merveilleux, s’il disparaît très largement d’une littérature, qui n’est pas destinée aux enfants, le surréalisme lui a redonné, ses lettres de noblesse, mais c’est alors surtout sa valeur d’expérience qui importe, comme le montre Nadja (1928) chez Breton.
Au Moyen-Age, la merveille est d’abord ce qui suscite l’étonnement (latin mirabilia, de mirari, « s’étonner »). La merveille joue un rôle important dans la poétique des premières formes romanesques. Il faut distinguer merveille et merveilleux : il existe une catégorie de merveilles sans merveilleux (des créations de l’art humain), c’est-à-dire sans surnaturel, particulièrement cultivée par les romans d’Antiquité du XII siècle (automates, architectures extraordinaires…). Lorsqu’elle est marquée par le surnaturel, la merveille se présente, dans les romans médiévaux, comme une semblance dont la senefiance doit être décryptée par le chevalier errant. La quête de la merveille devient, chez Chrétien de Troyes, l’un des buts de l’errance chevaleresque, en concurrence avec l’aventure.
Au Moyen-Age, ce terme désigne d’abord (XIIe-XIIIe siècle) un professionnel de la musique et de la récitation attaché à un personnage important, entretenu par lui (à la différence du jongleur, indépendant et itinérant) : c’est l’élite de la profession. A partir du XVe siècle, le champ sémantique du terme s’étend vers le bas et il sert souvent à désigner un simple jongleur.
Le mélodrame est un genre littéraire qui apparaît sur les petites scènes parisiennes pendant la décennie de la Révolution française. Le mot avait fugitivement désigné un drame mêlé de musique, le Pygmalion de J.-J. Rousseau, mais ne s’est pas imposé dans ce sens.
C’est le développement simultané du théâtre commercial, du public populaire et du drame noir qui est à l’origine de l’apparition du mélodrame, genre nouveau, avec ses auteurs (Pixerécourt, Caigniez, Ducange), ses décorateurs (Gué, Cicéri), ses théâtres (Gaîté, Ambigu-comique, Porte Saint-Martin, les théâtres du « Boulevard du Crime ») et ses acteurs spécialisés (le célèbre Frédéric Lemaître).
L’âge d’or du mélodrame commence avec Coelina ou l’Enfant du mystère de Pixerécourt en 1800 et s’achève avec L’Auberge des Adrets d’Antier, Saint-Amand et Paulyante en 1823. Le mélodrame ne disparaît pas pour autant comme le prouve le succès des Deux Orphelines d’Adolphe-Philippe d’Ennery en 1875. Au-delà du genre stricto sensu, le mélodrame se rencontre au XXe siècle dans le théâtre de boulevard, au cinéma en France comme aux Etats-Unis, dans les productions de télévision.
Conçu pour le peuple (plutôt que genre populaire), le mélodrame a toujours su toucher toutes les classes sociales. Manichéen et moral, il est toujours fondé sur des structures simples, mises en œuvre dans un intrigue complexe : un drame de famille, des victimes innocentes, un traître châtié à la fin.
On y reconnaît des éléments structurels empruntés à la tragédie (le secret de famille) et à la comédie (la fin heureuse) et des ressorts qui sont ceux du drame (le pathétique). Son succès reposait aussi sur des mises en scène très soignées, avec leur indispensable clou, et des décors réalistes magnifiques.
On appelle ainsi, depuis les travaux de P. Grice, les règles que doit respecter tout locuteur pour que son énoncé soit interprétable ; ces « lois du discours » sont au nombre de six. Trois concernent la formation des énoncés : exhaustivité (l’énoncé doit contenir toutes les informations nécessaires à sa compréhension ) ; modalité (les mots utilisés doivent être compréhensibles pour l’allocutaire) ; informativité (l’énoncé doit avoir un contenu et donc ne pas être tautologique ou redondant).
Les trois autres maximes régissent le statut de l’énoncé dans la communication elle-même : coopération (les interlocuteurs doivent être d’accord sur la nature de l’échange en jeu), sincérité (chacun garantit implicitement que son propos n’est pas trompeur) ; pertinence (tout énoncé doit avoir un rapport avec l’échange en cours).
Le non-respect d’une de ces règles entraîne inévitablement un « échec communicationnel ». Bien des dialogues relevant du « théâtre de l’absurde » montrent ainsi le néant de la communication humaine en multipliant les atteintes aux maximes de Grice : informativité (Le plafond est en haut, le plancher est en bas), modalité (Mouche pas la touche, E. Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950), exhaustivité (– Attendons de voir ce qu’il va nous dire. – Qui?, S. Beckett, En attendant Godot, 1952), etc..
(n.f.). Genre bref qui connut un grand succès au XVIIe siècle en France. Son nom vient du latin maxima sententia, « pensée très importante », et elle fait partie des preuves techniques de l’invention rhétorique, au titre des arguments d’autorité. Apparentée à la sentence, la maxime s’en distingue dans la mesure où elle exprime une pensée de façon particulièrement brillante, grâce à une syntaxe très charpentée (antithèse, parallèle) et par la recherche d’un concetto (pointe surprenante). Cette technique se rattache à une tradition latine issue de Sénèque et de Tacite. Elle est donc particulièrement en situation dans les genres moraux (Maximes de La Rochefoucauld, 1665), où elle sert à illustrer une vérité générale (contrairement à l’exemple, qui est illustration d’un cas singulier).
Du point de vue rhétorique, elle constitue le segment minimal d’une argumentation (enthymème).
1. La tradition du masque au théâtre est aussi ancienne que le théâtre et manifeste son origine anthropologique et religieuse. On le rencontre en Orient, en Afrique, aussi bien qu’en Grèce, à Rome ou dans la commedia dell’arte. Elle a disparu au XIXe siècle avec le développement du théâtre psychologique, dans lequel l’expression du visage est primordiale et a reparu au XXe siècle avec la critique de ce théâtre et le renouvellement des formes d’expression du corps. Dans l’Antiquité, le masque tragique se distinguait du masque comique et avait, entre autres, une fonction de porte-voix. Les masques, qu’ils soient neutres ou marqués, ont eu un rôle essentiel dans la genèse et dans l’histoire du personnage de théâtre.
2. Le masque est aussi un genre dramatique anglais proche du ballet et de l’opéra.
Ce terme désigne un style très figuré et virtuose, avec une connotation péjorative dans certains cas. Il est dérivé du nom de Giambattista Marino (1569-1625, appelé le « cavalier Marin »), qui fut l’un des plus grands poètes italiens de sa génération ; son influence fut décisive dans la France de Louis XIII : il a en effet publié à Paris son grand poème héroïque, l’Adone, en 1623, avec une préface du futur académicien Jean Chapelain.
Les débats autour de cette œuvre un rôle immense dans l’élaboration d’une poétique moderne, et Saint-Amant, comme La Fontaine (Adonis) devaient s’en souvenir. Avec l’avènement du classicisme, cette tendance devint synonyme de style affecté, de mauvais goût : on en trouve la critique chez Boileau (Art poétique, 1674), et chez le père Bouhours (Entretiens d’Ariste et d’Eugène, 1671), qui dénonce les outrances et l’obscurité de ce style, trop figuré et trop fleuri. Pourtant, l’influence réelle de l’esthétique italienne demeura une constante, même au coeur du classicisme, comme en témoigne le succès des opéras de Lully en plein règne de Louis XIV.
(n.m. plur., emprunté au latin, « qui occupe les marges »). Dans les manuscrits médiévaux, éléments décoratifs disposés dans les marges, autour du texte, et sans rapport avec le contenu de la page. La fantaisie du décorateur s’y donne libre cours : feuillages, petits animaux (lapins, oiseaux, etc.), grotesques de toute nature, monstres…Mais le mot désigne aussi des annotations de lecteur. Au sens moderne, les marginalia sont les remarques ou commentaires qu’un écrivain porte en marge d’un texte. L’édition peut les reproduire comme c’est le cas pour l’Introduction à la Méthode de Léonard de Vinci de Paul Valéry dans la réédition de 1931.