Et mauvais enchainements Se démolir la tête A coup de gangsta Je guette l’intérieur Ce tissu de barbarie Des cercles et des hélices Concentriques plus profonds L’équation condense l’infini La tête à coup de gangsta Ce très fort goût Il … Continue reading
Rouge est la couleur Noire est l’heure Quand se heurte Bonheur Malheur Des heurts Pour tout basculer. Filed under: // De Bohème
Ils m’ont enfermée dans la Prose – Comme lorsque petite Fille Ils me mettaient dans le Placard – Parce qu’ils m’aimaient « tranquille » – Tranquille ! S’ils avaient pu regarder par le trou de la serrure – Et voir mon Cerveau – virevolter – Ils auraient pu avec la même sagesse loger un Oiseau A la Fourrière – pour Haute Trahison – Lui n’a qu’à le vouloir Et libre comme une
Un Moucheron qui aurait eu aussi peu – A manger que moi – serait mort de faim – Pourtant, j’étais une enfant vivante – Le besoin de Nourriture Me tenait – comme une Serre – Dont je pouvais pas plus me dégager Que j’aurais pu faire lâcher une Sangsue avec des mots doux – Ou déplacer – un Dragon – Je n’avais pas non plus – comme le Moucheron – Le privilège de m’envoler Pour
Pourrai-je – faire plus – pour Toi – Si Tu étais un Bourdon – Vu que pour la Reine, je n’ai – Rien de plus qu’un Bouquet ?
Je te voix mieux – dans l’Ombre – Je n’ai pas besoin de Lumière – L’Amour de Toi – un Prisme – Qui ne s’arrête pas au Violet – Je te vois mieux grâce aux Années Qui s’empilent entre nous – La Lampe du Mineur – suffit – Pour annuler la Mine – Et c’est dans la Tombe – que je Te vois le mieux – Ses petites Boiseries Brillent – Rougeoyantes – dans la Lumière Que j’ai tenue
Vous vous rendrez compte – quand vous essaierez de mourir – Qu’il est d’autant plus facile de lâcher prise – Qu’on se souvient de ceux qui nous quittèrent – Car, voyez-vous – on ne pouvais se passer d’eux. Et bien qu’en quelque sorte la place qu’ils laissèrent fût remplie – Comme leur nom de Marbre le fut De Mousse – jamais cette lace ne fut assez remplie – Pour que vous
J’avais passe des Années loin de Chez moi Et maintenant devant la Porte Je n’osais entrer, de peur qu’un Visage Jamais vu auparavant Ne me regarde droit dans les yeux Et me demande ce que je venais Faire ici – « Je Venais pour une Vie que j’avais laissée Auriez-vous vu quelque chose lui ressemblant ? » Je m’appuyai sur la Terreur sacrée – M’attardait avec Jadis – Le Seconde
Il était un Poète – C’est Ainsi que Se distille un sens étonnant A partir de Significations Ordinaires – Essences immenses Des espèces familières Péries près de la Porte – On se demande pourquoi Nous-mêmes Ne les avons pas retenues – avant – C’est Lui – le Poète – Qui Dévoile, les Images – Et Nous qui – par Contraste – Héritons – D’une éternelle Pauvreté – Si
J’avais connu la faim, toutes ces Années Mon Midi était Venu – de manger – En tremblant je m’approchai de la Table – Et touchai le Vin Etrange – C’était le même que j’avais vu sur les Tables – Lorsque revenant, affamée, à la Maison Je regardais par les Fenêtres, la Richesse Que je ne pouvais espérer – faire Mienne – Je ne reconnus pas la Miche généreuse – Elle était si
Le Corps pousse vers l’extérieur Mode le plus pratique – Afin que si l’Esprit – a envie de se cacher Son Temple, toujours, soit là, Porte entrouverte – sûr – accueillant – Il n’a jamais trahi L’Âme qui lui a demandé abri Solennellement, honnêtement
J’ai trouvé les mots pour chaque pensée Que j’eus jamais – sauf Une – Et cela – Me défie – Comme une Main qui tenterait l’ébauche du Soleil Pour des Races – élevées dans le Noir – Comment commencerais-tu – la Tienne ? L’Ecarlate peut-il rendre le Flamboiement – L’Outremer – le Midi ?
Ne pas voir son visage en ce Monde – Semble long – jusqu’à ce que je lise Le passage – où l’on dit Qu’il n’est pas rare que l’Alphabet – d’une vie – Non ouvert – rare – Sur l’Etagère – Encore verrouillé – tant pour moi – que pour Lui – Et pourtant – Mon Alphabet me convient si bien Que je ne voudrais pas choisir – un autre Livre Que celui-là – plus doux plus sage – Si
Le voici chose morte – Trouvez-le – Il est Inaudible – Invisible – « Heureux » ? Qui est le plus sage des deux – Vous, ou le Vent ? « Conscient » ? A la Fosse profonde – Vous n’allez quand même pas poser cette question ? « Souffre-t-il du Mal du Pays » ? Beaucoup l’ont rencontré – On n’apprendra rien – Par leur intermédiaire – Muets – eux aussi –
Un Murmure dans les Arbres – perceptible – Pas assez fort – pour être le Vent – Une étoile – pas assez loin pour qu’on la cherche – Pas assez proche – pour qu’on la trouve – Un long – très long trait de Jaune – sur la Pelouse – Un Remue-ménage – comme feraient des pieds – Pas bruyants – comme sont – pour nous les Nôtres – Mais plus pimpants – plus charmants – Des petits Hommes
(n.m., du grec para, « presque » et tonos, « ton »). Mot dont l’accent porte sur l’avant-dernière syllabe.
Mouvement littéraire du tout début du XXe siècle, théorisé par Nicolas Beauduin, qui cherche à définir en poésie un lyrisme moderne qui travaille sur le rythme et le mouvement, l'ordre et le dynamisme.
(n.f.). Cette figure de diction joue sur la ressemblance phonétique des termes dont le sens est différent. Pierre Fontanier (Figures du discours, 1827) donne l’exemple canonique tiré de Montaigne : Je m’instruis mieux par fuite que par suite. Cet usage littéraire de la continuité phonique, qui tient parfois aussi du jeu de mots, peut produire aussi des effets poétiques heureux, comme dans ces vers de Verlaine : Il pleure dans mon coeur / Comme il pleut sur la ville.
La poésie moderne a volontiers tiré parti des effets d’analogie qui sont susceptibles d’être produits par le rapprochement phonétique, ainsi que des jeux sonores parfois proches de l’onomatopée : Les moutons bêlent Qu’elle est belle (Aragon) ; Faux marbre fou d’ambre et d’ombre (Cocteau).
Imitation caricaturale d’un texte , du style, d’un auteur, etc. Dans son Virgile travesti (1648-1653), Scarron réécrivit ainsi l’Enéide en donnant des allures ridicules à la matière épique (Didon est une « dondon »). Le comique vient du décalage entre la parodie et le texte démarqué; la parodie ne fonctionne donc que si lecteur reconnaît ce dernier.
Courant poétique de la seconde moitié du XIXe siècle. A l’origine du Parnasse se situe une opération de librairie lancée par le poète Catulle Mendès et l’éditeur Alphonse Lemerre en vue de publier, sous forme de fascicules réunis ensuite en volumes, un choix des meilleurs poèmes du moment, sous le titre Le Parnasse contemporain, Recueil de vers nouveaux. Le premier volume parut en 1866. En tête figuraient des poèmes de Théophile Gautier, Théodore de Banville, Jos"é-Maria de Heredia, Leconte de Lisle. On y trouvait plus loin seize poèmes de Baudelaire, sept de Verlaine et onze de Mallarmé.
« J’aime […] tous les bons Parnassiens », écrivait Rimbaud à Banville en mai 1870, avec l’espoir d’être publié lui-même « à la dernière série du Parnasse ».
Le deuxième volume (1871), retardé par la guerre franco-prussienne, s’ouvrait sur le Kaïn de Leconte de Lisle, suivi de La Cithare et de Dix Ballades joyeuses de Théodore de Banville. A côté de poèmes de Sully Prudhomme, Victor de Laprade, Albert Glatigny, Albert Mérat, François Coppée, etc., figuraient encore cinq poèmes de Verlaine et le Fragment d’une étude scénique ancienne d’un Poëme de Hérodiade de Mallarmé. Le troisième et dernier volume (1876) rassemblait dans ses 451 pages un grand nombre de poèmes de qualité très inégale. En revanche, les envois de Verlaine, de Mallarmé (L’Après-midi d’un faune), de Charles Cros furent refusés à l’instigation d’Anatole France.
Le Parnasse ne fut donc pas une école groupée autour d’un chef et pourvue d’une doctrine. Il serait abusif d’y voir un mouvement intermédiaire entre le romantisme et le symbolisme, qui ne se situent pas sur le même plan, et dont l’ampleur est bien plus considérable. Cependant, l’adjectif parnassien fut rapidement employé pour qualifier un type de poésie caractérisé par la fidélité aux formes poétiques traditionnelles (retour du rondeau, du dizain, de la ballade et surtout du sonnet), le souci de la perfection formelle, le culte de l’art pour l’art, positions communes à Gautier, Banville, Leconte de Lisle et leurs disciples. Ainsi se perpétua dans le dernier quat du siècle un courant parnassien, illustré notamment par la publication tardive (1893) du recueil de José-Marie de Heredia, Les Trophées.
Ensemble formé par les titre, prière d’insérer, préface, épigraphe, notes, quatrième de couverture…qui accompagnent le texte proprement dit. Ces énoncés d’escorte jouent un rôle considérable dans l’interprétation d’un texte. Il peut arriver que le paratexte soit aussi long que le texte introduit (c’était le cas de l’édition de Madame Edwarda de G. Bataille en1956) ; Alphonse Allais a pu écrire des chapitres de nouvelles qui se réduisaient à leur seul paratexte : Chapitre III. Où nos amis se réconcilient comme je vous souhaite de vous réconcilier souvent, vous qui faites vos malin./ « Hold your tongue, please » (« Un drame bien parisien », A se tordre).
On parle de parataxe lorsque les différentes propositions constituant une phrase complexe ne sont pas organisées entre elles de façon hiérarchisée (par subordination, on dit aussi hypotaxe), mais seulement coordonnées, voire juxtaposées. Le cas extrême de la parataxe est en effet l’asyndète, l’absence de tout connecteur grammatical. Dans ce dernier cas, les rapports logiques entre propositions restent implicites et on peut avoir, selon la terminologie des siècles classiques, un effet de « style coupé » : J’ entends, Monsieur le Comte : trois promotions à la fois; vous, compagnon Ministre ; moi, casse-cou politique, et Suzon, dame du lieu, l’Ambassadrice de poche, et puis fouette courrier ! (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, I, 2).
La paraphrase consiste à répéter en l’expliquant de façon plus longue et plus détaillée ce que dit le texte d’un auteur. En tant que genre littéraire, elle est apparentée à la traduction littéraire et elle concerne le plus souvent, aux XVIe et XVIIe siècles, la littérature religieuse (Paraphrase du Cantique des Cantiques, Paraphrase des Psaumes), où il s’agit de développer le sens des formules parfois très denses afin de les faire mieux comprendre et méditer par le lecteur. Elle est à la base de la structure du sermon, qui part d’un « mot » de l’Ecriture pour nourrir son développement. Avec un sens péjoratif, la paraphrase peut désigner une mauvaise imitation, ou la reprise maladroite d’un thème déjà mieux traité par un autre auteur.
(n.m., du grec para, « à côté de », et logos, « raisonnement »). Cela correspond à une fausse démonstration, soit parce qu’on est parti de principes erronés, soit parce qu’on a sauté une étape dans le raisonnement, sans la démontrer.
Il se distingue toutefois du sophisme en ce que le paralogisme est une erreur volontaire de raisonnement pour induire une conclusion fausse. Dans l’argumentation en général, et dans la polémique en particulier, la recherche et la dénonciation des paralogismes de l’adversaire sont un mode efficace de réfutation.
Terme qu’on préfèrera à celui de « littérature populaire » employé parfois. Forme de littérature de grande diffusion, destinée à la consommation. La paralittérature n’est pas intégrée dans le canon social de la littérature. Il s’agit du roman policier, du roman pornographique, du roman à l’au de rose. On peut ajouter le roman-feuilleton, le roman-photos et le théâtre de boulevard.
Certains auteurs, comme Simenon ou Léo Malet, sont aux marges de la littérature reconnue, cependant de grands auteurs puisent dans des formes (Dostoïevski, Balzac)
(n.f.). Dans un récit, la paralipse consiste à ne pas donner au lecteur certaines informations qu’il serait légitime de lui livrer dès le début. L’identité du narrateur de La Peste de Camus n’est ainsi révélée qu’aux dernières pages de l’ouvrage.
(n.m., du grec para, « presque », et gramma, « lettre »). Emploi d’une lettre pour une autre, coquille volontaire. C’est le cas par exemple dans le titre du recueil de Desnos L’Aumonyme, qui est à la fois un paragramme (remplacement du ho par un au) et un mot-valise (aumône + homonyme).
Formule qui paraît contenir une contradiction : On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres (La Rochefoucauld, Maximes). Parce qu’il heurte l’intuition, conteste l’évidence, le paradoxe est un instrument rhétorique très apprécié pour donner une formulation particulièrement frappante à une opinion.
La parade est un court spectacle burlesque exécuté sur un balcon extérieur en bois placé au-dessus de l’entrée des « loges » des théâtre de la Foire à Paris, avant le début de la représentation d’une pièce ou d’un ensemble de numéros à l’intérieur de la salle. A l’origine, cette pratique a un but publicitaire. Il s’agit pour les forains de donner au public, amassé devant le balcon, l’envie de pénétrer dans la salle, et de distraire ceux qui font la queue pour entrer.
Entre 1730 et la Révolution, ce genre de pièce connaît une vogue étonnante dans les théâtres privés de l’aristocratie qui aime s’encanailler, mais a aussi un intérêt ethnologique pour un comique grossier que l’évolution de la civilité tend à faire disparaître. Beaumarchais a ainsi écrit des parades comme Jean Bête à la Foire (1760-1765). Le genre est alors plutôt pseudo-populaire que populaire.
Les ressorts de la parade sont une stylisation grotesque fondée sur l’exagération des effets, de multiples plaisanteries et facéties accompagnées souvent de musique, des personnages conventionnels comme Arlequin, Colombine, Cassandre, Pierrot, Gilles, Isabelle et Léandre. Les canevas des parades appartenaient à un fonds ancien de farces, souvent fort obscènes, telles que les avaient pratiquées les comédiens italiens aux origines de la commedia dell’arte ou les farceurs, depuis le Moyen Age. Souvent, on singeait les traits les plus saillants du parler populaire campagnard ou urbain.
La parabole est un récit qui illustre une vérité morale ou mystique sous le couvert d’une anecdote simple. A ce titre, elle est apparentée au fonctionnement de l’allégorie et de la métaphore. Son usage le plus fréquent apparaît dans les textes religieux ou moraux (paraboles du Christ, parabole de l’Enfant prodigue), et nécessite toujours une explication qui en éclaire le sens.
Au sens strictement rhétorique, elle appartient à la catégorie de l’exemple fictif (preuve technique).
Jeu de scène du chœur de la comédie grecque qui s’avançait vers le public pour s’adresser à lui ; d’où cette adresse elle-même, qui comprenait traditionnellement sept parties et était prononcé tantôt par le coryphée, tantôt par le chœur tout entier. En dehors de la comédie grecque, ce terme est utilisé pour des discours du même type adressés au public par un personnage. On a pu parler de parabase à propos du monologue de Figaro dans Le Mariage de Figaro. Le théâtre épique recourt volontiers à la parabase, qui permet un effet de distanciation.
(n.m.). On dit aussi pantoun. Forme fixe d’origine malaise évoquée par Victor Hugo dans une note des Orientales (1829). Le nombre de quatrains (en principe d’octo- ou de décasyllabes) est libre. Le deuxième et le quatrième vers de chaque strophe deviennent respectivement le premier et le troisième vers du quatrain suivant, et le dernier vers du poèmes répète le premier. Sur le plan thématique, deux sujets s’entrecroisent : l’un descriptif, l’autre sentimental. La plupart des pantoums français s’écartent de ce modèle pour l’interpréter librement par des systèmes de reprises avec ou sans variations tels « Harmonie du soir » de Baudelaire (Les Fleurs du Mal) ou encore ce pantoum octosyllabique de Laforgue intitulé « Complainte de la bonne Défunte » :
Elle fuyait par l’avenue,
Je la suivais illuminé,
Ses yeux disaient : « J’ai deviné
Hélas ! que tu m’as reconnue ! »
Je la suivis illuminé !
Yeux désolées, bouche ingénue
Pourquoi l’avais-je reconnue,
Elle, loyal rêve mort-né ?
Yeux trop mûrs, mais bouche ingénue ;
Œillet blanc, d’azur trop veiné ;
Oh ! oui, rien qu’un rêve mort-né
Car, défunte elle est devenue.
Gris, œillet, d’azur trop veiné,
La vie humaine continue
Sans toi, défunte devenue.
– Oh ! je rentrerai sans dîner !
Vrai, je ne l’ai jamais connue.
La pantomine est l’art du jeu théâtral muet, par le seul secours des gestes et l’expression du visage. Le spectacle de pantomine est donc un spectacle entièrement muet.
Il n’en a pas toujours été ainsi.
A Rome, des acteurs nommés pantomines jouaient masqués et muets des pièces qui étaient simultanément chantées par un chœur.
Au XVIIIe siècle, le développement de la comédie italienne et une nouvelle conception du jeu dramatique remirent à la mode la pantomine, qui désignait alors toutes les formes du jeu muet, même intégrées dans un spectacle parlé. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles se développèrent sur les boulevards des spectacles autonomes composés de pantomines, de musique, de danses et d’évolutions diverses, qui prirent le nom générique de pantomines. Plus tard, le cinéma muet a donné à la pantomine un rôle essentiel.
(n.m.) A l’origine, ce mot désigne tout discours prononcé devant une assemblée (du grec panêguris, « assemblée générale du peuple »). En général, il s’agit d’un discours à la gloire d’un homme, d’un pays ou d’une ville, ce qui le rattache au troisième genre de l’éloquence : le démonstratif (qui consiste à louer ou à blâmer). Au XVIIe siècle, le genre se spécialise dans l’éloge des saints.
On connait, à ce titre, les fameux Panégyriques de Bossuet (de saint François d’Assise, 1653, de saint Paul, 1657, etc.). Comme le sermon, le panégyrique s’ouvre sur une citation biblique qui oriente tout le propos, divisé clairement en plusieurs points. Pour l’orateur sacré, ce discours est l’occasion de tirer des leçons exemplaires de la vie du saint, rappelant ainsi à ses auditeurs à une plus grande piété et à une méditation sur la vie chrétienne en ce monde.
Dans une acception plus moderne, panégyrique prend un sens légèrement péjoratif, en définissant un discours où les louanges paraissent un peu exagérées.
Le pamphlet est le genre de la polémique par excellence. Il appartient, du point du vue rhétorique, au genre démonstratif (ou épidictiques), dont le registre joue sur les valeurs axiologiques (morales), c’est-à-dire sur la louange et le blâme. Comme la satire, le pamphlet va recourir de façon paradoxale et par antiphrase.
Son champ de prédilection est donc la doxa, sur laquelle vont jouer ses principaux procédés (couplage notionnel), jeu sur les maximes idéologiques et sur les présupposées implicites du lecteur) et son but essentiel est la réfutation.
L’appel au réel, contre le mauvais usage des mots, et la dénonciation des paralogismes et des sophismes de l’adversaire sont les principaux outils de son argumentation.
(n.m.; du grec palin, « de nouveau », et dromos, « course »). Mot, phrase ou texte qui se lit aussi de bien de gauche à droute que de droite à gauche.
Exemples : Roma / Amor ; élu par cette crapule.
(n.m., du grec oxux, « pointu », et tonos, « ton »). Mot dont l’accent porte sur la syllabe finale.
(n.m., du grec oxus, « pointu », et môros, « émoussé », d’où en rhétorique oxumôron qui désigne une alliance de mots contradictoires).
Syntagme antithétique qui unit deux termes de sens contradictoire, telle la notion de tempête solide qu’utilise Segalen (Stèles, 1912) pour évoquer le relief montagneux :
Porte-moi sur tes vagues dures, mer figée, mer sans reflux ; tempête solide enfermant le vol des nues et mes espoirs.
Et que je fixe en de justes caractères, Montagnes, toute la hauteur de ta beauté.
L’Ouvroir de Littérature Potentielle (d’abord appelé Séminaire de Littérature Expérimentale) fut crée en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et Raymond Queneau. Il regroupa d’abord des écrivains et des mathématiciens : Noël Arnaud, Jacques Bens, Claude Berge, André Blavier, Jacques Duchateau, Latis, Jean Lescure, Jean Queval et Albert-Marie Schmidt, auxquels s’adjoindront plus tard François Caradec, Italo Calvino, Michèle Métail, Georges Perec, Jacques Roubaud, etc.
L’OuLiPo n’est pas un mouvement littéraire mais un groupe de travail (car la recherche est collective) dont les membres tout à la fois analysent et appliquent les contraintes en littérature, qu’elles soient anciennes (anagramme, palindrome, etc.) ou nouvelles. Même si l’OuLiPo a moins pour but l’achèvement de l’œuvre que la recherche de formes et de structures liées à des contraintes, on peut citer deux réalisation célèbres : dans Cent mille milliards de poèmes (bien que le livre paraisse en 1960, avant la création du groupe), Raymond Queneau propose dix sonnets de rimes identiques superposés, dont chaque vers est inscrit sur une languette qui peut être soulevée ; on peut ainsi associer successivement tous les vers et obtenir cent mille milliards de poème.
Quelques années plus tard, Georges Perec a pratiqué le lipogramme, c’est-à-dire le renoncement à une lettre de l’alphabet, en écrivant La Disparition (1969), roman où ne figure aucun e.
Terme de rhétorique concernant l’elocutio (style) qui désigne à l’origine tout ce qui rend le style élégant (le terme latin qui désigne cette qualité est ornatus). Selon Quintilien, c’est tout ce qui s’ajoute au simple mérite de l’invention, que tout le monde avec un peu de bon sens et de méthode, peut partager : en revanche, avec l’art de l’ornement, on entre dans l’évaluation esthétique, qui vise le « jugement des connaisseurs » (judicium doctuorum).
L’élégance doit être recherchée au moyen des figures, du choix des mots, et elle doit mettre en jeu toutes les « vertus du style » (virtutes dicendi) : son but est de susciter l’admiration chez l’auditeur ; c’est dire à quel point l’éloquence fait ici cause commune avec la poésie (dont le but ultime, selon Aristote, est de susciter l’admiration).
On voit combien la notion d’ornement, d’origine rhétorique, définit une stylistique au sens littéraire du terme, qui va bien au-delà de la simple justesse des termes et de la clarté grammaticale. Le style orné par excellence est le style moyen (style fleuri, où il faut utiliser les tropes, et notamment les métaphores et les métonymies), mais les effets puissants du style élevé, qui convient au mieux pour émouvoir les passions, sont aussi du domaine de l’ornement.