ROMAIN VERGER

Romain Verger a 39 ans. Il est l'auteur de trois romans parus chez Quidam éditeur. Docteur en littérature française et Professeur de Lettres, il anime aussi des ateliers d'écriture. De nombreux textes (poèmes, nouvelles, microfictions et articles critiques) ont paru en revues. 


FORÊTS NOIRES | QUIDAM ÉDITEUR | 2010
GRANDE OURSE  | QUIDAM ÉDITEUR | 2007
ZONES SENSIBLES  | QUIDAM ÉDITEUR | 2006

ONIROCOSMOS | P. S. N. | 2005
PREMIERS DONS DE LA PIERRE | L'IMPROVISTE | 2003

SOL POUR L'ENFONCEMENT | CONTRE-ALLÉES | 2005
BLANCHE PAR-DESSUS LA MER | CONTRE-ALLÉES | 2002

LE SITE

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October 30, 07:15 AM

Très pratique ! Voilà qui me permet de rassembler mes morceaux.

October 30, 06:15 AM

Tous les travaux du site ont déménagé et sont regroupés sur une unique page. La sélection a été réduite.

October 29, 07:15 AM

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2011, je gagnais une heure sur vous. Je ne l’ai pas pas laissé filer, et c’est à lire dans Jamais, le volume collectif qui paraît ce mois d’octobre aux éditions Brugger. Les auteurs : Emmanuel Adely, Robert Amutio, David Bessis, Bonhomme Daniel, Frederic Bourgeois, Antoine Boute, Nicolas Bouyssi, Véronique Daine, Charly Delwart, Rémy Disdero, Frederic Dumond, Tristan Garcia, Benoît Grimalt, Pierre Guéry, Hôtel Rustique, Jacques Josse, Caroline Lamarche, Jean-Michel Leclercq, Pascal Leclercq, Kathleen Lor, Mathieu Magerotte, Xabi Molia, Jean-Pierre Ostende, Bertrand Pérignon, Jérôme Poloczek, Frédéric Saenen, Vincent Tholomé, Jean-Philippe Toussaint, Claudine Vachon, Michaël Vandebril, et Romain Verger.

October 28, 07:15 AM

Plusieurs photos ont paru dans Black Herald Magazine #2.

June 15, 07:15 AM

Lundi 20 juin, de 16h à 18h, je suis invité par la MEL (Maison des Ecrivains et de la Littérature). J'y lirai notamment une nouvelle inédite. Les autres auteurs invités sont Frédéric Werst (Seuil), Jakuta Alikavazovic (L'Olivier) et Sébastien Rongier (Flammarion). MEL : 67 bd de Montmorency / Paris 16e (métro Jasmin ou Porte d'Auteuil). Réservation souhaitée au 01 55 74 60 98 ou m.herve@maison-des-ecrivains.asso.fr

March 10, 06:15 AM

Retrouvez-moi sur France Culture le 10 mars vers 23h50 dans "Du jour au lendemain", en compagnie d'Alain Veinstein. Et à retrouver en podcast après la diffusion.

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BLOG EN SOMMEIL / À BIENTÔT !

SAMI SAHLI / LES ENFANTS SONT DES CRUCHES / PRESQUE LUNE / 2011

Après Cent grammes de suicide et L’entonnoir des saisons, Sami Sahli publie son troisième recueil aux éditions Presque Lune. Comme il l’indique en postface, l’écriture des Enfants sont des cruches fut pour lui une “tentative de consolation, de renaissance”. Le pessimisme et la noirceur qui hantaient ses précédents livres trouvent ici en partie leur remède dans l’humour qui traverse presque d’un bout à l’autre ces brèves proses. Mais en partie seulement tant il est grinçant.

Il est particulièrement savoureux de voir Monsieur se charger de l’éducation de son fils, ou plutôt le “bousiller” comme le lui reproche vertement sa femme. Ainsi n’éprouve-t-il aucun scrupule — après tout, n’est-ce pas le devoir d’un père que de dire la vérité ? — à lui présenter la vie sous son jour le plus sombre et le plus cru. Lassé par l’humanité, le père devient poule et anti papa-poule pour dispenser quelques leçons philosophiques sur les affres de l’existence. Qu’est l’amour, sinon le fruit d’un accouplement du mensonge fait homme et de la vérité faite femme ? Quant aux enfants, ils sont tôt ou tard appelés à dévorer leurs parents, c’est d’ailleurs l’un des thèmes récurrents du recueil. Fables et contes de l’enfance sont détournés ou revisités, passés au crible du fatalisme. Ainsi du Petit Poucet dont les cailloux semés se révèlent être des os ou de La Chèvre de Monsieur Seguin dont la morale nous enseigne que “vivre c’est être mangé par la vie”.

Comme dans ses précédents recueils, Sami Sahli recourt à un imaginaire débridé, tire et déroule ses fils narratifs d’hypothèses les plus folles, parce que vivre dans la réalité est “tout aussi crétin que de vivre dans un vêtement trop grand ou trop étriqué pour soi.” Ses textes ont des allures d’anamorphoses poétiques et oniriques : ils déforment la réalité pour la redresser soudain devant nos yeux, en quelques lignes incisives. Ce sont les relations familiales qui sont le plus souvent questionnées, relation parentale ou de couple, l’interversion des rôles induite par la succession des générations qui tend à faire de l’existence une sorte d’éternel et absurde recommencement.

C’est aussi l’occasion pour l’auteur de plonger aux racines de l’enfance, de retrouver le fils qu’on a été et que ravive la figure de père qu’on est soi-même devenu, et de réinventer son commencement comme dans ce beau texte où Monsieur s’imagine né de la mer, du sperme de son père mêlé aux vagues : “Bien avant ma naissance, se souvient-il”, le soleil brillait, la mer scintillait, mais soudain je me suis réveillé en sursaut : la marée était haute et la mort me léchait les pieds!”

Un ensemble qui m’a semblé plus inégal que les deux précédents recueils mais dont l’imaginaire toujours aussi singulier mérite amplement qu’on s’y intéresse.

Romain Verger

Sami Sahli / Les enfants sont des cruches / éd. Presque Lune / 2011.

Stefano de Luigi / Blanco

Nosfell & Pierre Le Bourgeois / “Luminiz Kade” / Octopus / 2011.

Si, maintenant, je me suis décidé à écrire, c’est uniquement pour me faire connaître de mon ombre — mon ombre qui se penche sur le mur, et qui semble dévorer les lignes que je trace. C’est pour elle que je veux tenter cette expérience, pour voir si nous pouvons mieux nous connaître l’un l’autre.
Sadegh Hedayat / La chouette aveugle / Corti / 1953 / Trad. : Roger Lescot

 #1-2 : Atacama Desert / Chile / #3 : Parada 4 / Brava Beach / Punta del Este / Uruguay / Source

PASCAL QUIGNARD / LES SOLIDARITÉS MYSTÉRIEUSES / GALLIMARD / 2011

Traductrice polyglote, Claire Methuen quitte Versailles pour assister au mariage de Mireille à Dinard. Elle y retrouve ceux qu’elle a côtoyés dans son enfance. C’est le prélude au retour définitif au pays natal, qui réveille les blessures de son histoire, de son adoption, de Simon Quelen qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Devenu maire du village, il ne se résout pas à laisser sa femme élever seule leur enfant handicapé. Alors leur amour se construit en pointillés, dans la douleur et la frustration partagées.

Claire est à l’image de cette côte bretonne qu’elle sillonne dans de longues marches solitaires, sauvage et impénétrable comme le granite. Elle aime les faines et les tourteaux, parce que derrière écorce ou carapace s’ouvre un monde mystérieux et clos qui lui ressemble. Fille des pluies et des tempêtes, elle appartient davantage aux lieux qu’aux gens. Car elle échappe à tous, ou presque. Des lieux avec lesquels elle finit par se confondre, peut-être parce qu’ils perpétuent la mémoire du dieu ancien et violent qui a forgé les hommes et leurs drames : “Buissons, falaises, criques, roches, grottes, îles, barques… Bien sûr c’étaient toujours des stations qui avaient concerné Simon Quelen, mais la présence de Simon n’y était plus nécessaire. Les signes si beaux de son attachement, au-delà de leur beauté, traçaient dans l’espace une espèce de route.”

Un roman construit en mosaïque qui dépeint l’histoire complexe d’une famille et en tire les fils un par un, en faisant alterner les points de vue. Ce sont les solidarités mystérieuses tissées entre les êtres qui s’éclairent peu à peu, ces attaches tacites nés des deuils, secrets et blessures de la vie. Des liens en tous sens, amoureux d’abord comme entre Claire et Simon, Paul et le Père Jean. Mais c’est aussi l’étrange couple, aussi soudé que distant, formé par Claire et son frère, ou bien encore les liens indéfectibles de Claire avec Madame Ladon, une sorte de seconde mère d’adoption, après la tante Guite.

Un roman qui parvient brillamment et très subtilement à capter la richesse et la complexité des relations humaines, à intercepter et traduire leurs mouvements et courants souterrains, à partir d’une seule et unique famille placée sous le microscope d’un Quignard talentueux et inspiré.

Romain Verger

Pascal Quignard / Les solidarités mystérieuses / Gallimard / 2011.
Illustrations : Janne Laine / In The Half Light

Le tourteau, sa tante Guite, autrefois, l’appelait un houvet.
Elle déplace son verre de vin blanc sur la nappe blanche.
C’est l’extase du houvet.
Elle rompt les pinces. Elle cherche à l’ouvrir en deux, elle le déchire bruyamment, elle entre à l’intérieur du tourteau, imagine la vie sous l’eau, périlleuse dans les fissures, profonde dans l’obscurité, sous les algues, dans la nuit bruyante et mouvementée de la mer. Elle est heureuse. Elle-même a le front bombé des houvets. Butée, la tête en avant, elle pousse sa carapace bombée sous les algues, elle tend ses pinces vers les petits poissons qui filent, les pelouses qui glissent, les hippocampes qui montent.
Quand elle décortique un tourteau on n’entend plus le son de sa voix.
Elle n’est plus de ce monde tant elle est heureuse à l’intérieur de son crabe.
Pascal Quignard / Les solidarités mystérieuses / Gallimard / 2011.

John Lee Hooker & Carlos Santana / “The Healer” / 1989.

ARNOLD SCHMIDT / 111 / HARPO & / 2007

Croyant avoir acheté hier un livre d’Arno Schmidt, je découvre de retour à la maison qu’il s’agissait d’un recueil d’Arnold Schmidt. Pris dans la cohue de Noël et abusé par la proximité des noms — Ah! l’empressement, la distraction ! — je me trouve plus encore confondu lorsqu’ouvrant ce recueil, je lis en première page : “Je suis tous les Arnold, et aussi Mme Arnold.” Reprenant à mon compte l’aphorisme de Michaux “Qui cache son fou meurt sans voix”, je me suis donc laissé bercer par les textes brefs et déconcertants de ce patient schizophrène de l’hôpital Gugging où il vit encore aujourd’hui.

Né en 1959 en Autriche, Arnold Schmidt suit un traitement psychiatrique depuis sa jeunesse. En raison de ses talents artistiques, il fut invité en 1986 à la “Maison des artistes” de cet institut. Ces textes datent du milieu des années 80, Arnold les a dictés à Otmar Schmid qui animait une sorte de café culturel.

De son “lit fissuré”, Arnold décline de page en page sa propre schize identitaire qui le pousse à endosser tour à tour les rôles de son père ou de Bruce Lee, lorsqu’il ne se prend pas pour son propre médecin. Des confusion constantes entre la veille et le sommeil, la raison et le délire. Il parle de son corps fracturé, de cette vie double qui le hante : “Mon deuxième corps roule en mobylette. Le corps conscient est à Gugging, l’autre roule en Mobylette. ” “Que se passerait-il si l’autre était ici également ? ” “C’est impossible, ce serait un accident, un accident, ce serait.” Et les pulsions assassines prennent tantôt le dessus :  “Les homicides, je les ai tous déjà commis. Personne ne m’a attrapé. Aujourd’hui nouvel homicide à l’entreprise. Je vais manger, je fais la pause et je retourne assassiner comme il me plaît.”

Et puis, comme souvent chez les fous, surgissent des foudres poétiques : “Les jours, la nuit bleue et la nuit noire, le jour et le jour blanc, le dimanche noir. / Le dimanche, les jours d’école, la sainte menthe.”

“Le premier baiser, pour une femme, a le goût d’une balle dans la tête.”

“Maintenant je dors, la nuit je suis réveillé, maintenant je dors. Je n’ai peur que de moi-même, parce que je suis moi-même le loup-garou, parce que je me déchire moi-même.”

Romain Verger

Arnold Schmidt / 111 / Harpo & / 2007 / Trad. : Hugo Hengl
Photographie : Otto Muehl / Grimuid / 1967.

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  • Fee Reega / “Dorian”
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November 12, 05:25 AM
© 2011 Romain Verger / Prises de vues et vidéo de l'exposition Rafael Lozano-Hemmer / Trackers / Gaité lyrique / Paris
November 03, 06:20 PM
© 2009 Romain Verger
October 29, 05:46 PM
© 2011 / Romain Verger / Série
October 24, 10:41 AM

© 2009 | Romain Verger / Autres cailloux

October 24, 10:41 AM

© 2009 | Romain Verger / Autres cailloux

October 22, 12:19 PM
© 2011 Romain Verger
October 18, 12:38 PM
© 2010 Romain Verger
October 18, 12:22 PM
© 2010 Romain Verger
October 18, 12:16 PM

© 2011 | Romain Verger / Installation de Sun Yuan & Peng Yu / Old Persons Home / 2007 / Lille

October 18, 11:56 AM

© 2010 | Romain Verger / Exposition Morellet / Musée Georges Pompidou / 2011

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November 05, 01:02 PM

Après s’être occupés des cochons, nous passons une heure ou deux au bord de la rivière à quelques fermes de l’abattoir. Nous y lavons nos mains empuanties et nos affaires gorgées de sang, ce qui excite toutes sortes de poissons à affluer et frétiller dans nos jambes. Parmi eux, il en est de belle taille qu’il me prend l’envie d’assommer d’un caillou bien placé.  Pourquoi nous fuiraient-ils ? Le poisson est un met ignoré des gens de la colline, voire méprisé ou interdit. Après quoi, nous suspendons le linge à quelque branche d’arbre et nous nous allongeons dans l’herbe fraîche, pieds baignant dans l’eau glacée, en attendant que la lessive sèche. Puis Graut — c’est ainsi qu’elle s’appelle et que j’ai pris la liberté d’orthographier son nom — se tourne vers le soleil, tirant fièrement sur la peau de son ventre pour que je voie ce qu’elle couve pour nous. Toutes les femmes d’ici sont-elles comme la mienne, taiseuses, d’une peau élastique et d’un ventre aquarium ? Sans doute, car elle fait les choses avec un naturel désarmant, sans la moindre hésitation ni reprise. Il faut pourtant donner à l’épiderme la tension idoine et plus encore la maintenir sans bouger le moins du monde pour que la transparence opère, d’un léger flou qui ne compromette pas la vision. Un tour de main dont je suis encore bien incapable. À quelques semaines seulement, l’on remue là-dedans d’une vigueur qui fait plaisir à voir et à sentir. Il arrive que le petit se colle à la peau et suive d’une traque obstinée la course de mon doigt le long du périnée, comme s’il cherchait à le gober. À moins que je ne prenne pour la tête — dont je consacre déjà les moues à toutes sortes de ressemblances familiales, extrafamiliales et plurigénérationnelles — une autre partie de son corps trouée d’orifices évocateurs d’yeux et de bouche. Soudain (est-ce parce que le frottement de mon doigt aurait déclenché d’effrayantes vibrations ?), l’enfant se dérobe dans l’obscurité organique en arrachant un cri et quelques larmes à sa mère. Je me retiens alors de déchirer la membrane de mon ongle pour aller le débusquer et le corriger d’avoir blessée ma Graut.

September 06, 04:41 PM

Ils ont une église. J’y vais tous les soirs, la nuit tombée, seul, tandis que le ventre de ma femme grossit. À cette heure-là, le prêtre, un homme qui porte un surplis noir sur une robe blanche, est toujours auprès de quelque mourant, homme ou porc. Il n’y a plus que des vieilles qui me regardent en clignant de l’œil. Elles feignent d’arranger des fleurs de montagne — gros lis aux pétales gras d’un rouge qui rappelle encore trop la langue de leurs animaux — et parlent entre elles. L’une mime, la main sur son estomac, la maternité, l’autre glisse la main sous son jupon et ricane en tendant vers moi un doigt couvert de sang. 

August 09, 09:52 AM

Ne valait-il pas mieux être enterré vivant que marié de force à cette jeunette qui n’est même pas formée ? Pardonne-moi, Vera. L’on m’a beaucoup fait boire. Un breuvage aigre, épais et chaud. Du lait de truie macéré et distillé sans doute, mêlé d’herbes à perdre la tête, et qui me fait amèrement regretter celui de tigresse qui en comparaison valait nos meilleurs Riesling. Qu’ont-ils d’autre à offrir ici ?  Leur supprimer les porcs et c’est les condamner. J’en rêve toutes les nuits, vois-tu. Qu’au réveil ils aient tous disparu, à commencer par la petite. Mon lit vide, un village fantôme et nos collines à l’horizon. Porville, Porcheville, Cochonneville, Truiville, Goretville, Nourrainville, il n’est pas de nom assez laid pour te parler d’ici. Avec le temps, ils se sont confondus avec eux. Et leurs allures de bipèdes ne trompent que les idiots dans mon genre. Dire qu’il y a quelques jours encore, je m’enorgueillissais de posséder leur langue ! Leur langue grasseyante par laquelle je me voyais déjà intronisé ! Peut-on seulement la comprendre… “suuer” signifie roi tout autant qu’époux. J’en ai fait les frais. Mais n’apprendrai-je pas demain qu’il veut dire mille autres choses… Il ne me reste que quelques bribes de cette affreuse nuit. Et combien de choses dois-je me réjouir d’avoir oubliées dans l’alcool ? Je les revois, le père, la mère, leurs filles, et tous les villageois me jeter à chaque bolée une gerbe de fleurs aux pieds. Et combien de porcs aux sabots plus délicatement ornés les uns que les autres éventrés pour saluer notre union. Le sang a coulé toute la nuit, et tandis que les hommes abattaient à tour de bras, les femmes entonnaient en chœur des chants lancinants. Puis elle se sont succédé en file indienne, traçant de leurs doigts d’étranges figures de sang sur nos cuisses et nos mollets. Je garde au nez cette odeur de viscères et d’urine, le regard fixe et aviné de la petite. Dieu sait s’ils l’ont fait boire elle aussi ! “Aruaa’r mor suuer… aruaa’r mor suuer” me répétait-elle inlassablement. Tu es mon roi, croyais-je alors…

July 20, 05:26 PM

On me réveille en pleine nuit alors qu’entre mes porcs j’avais trouvé le sommeil. Je ne rêvais ni de Vera ni de la vie que j’eus autrefois et dont les détails depuis longtemps se sont effacés, mais d’un cheval né sans tête dans la province de Vestraa (dont je ne sais rien). Homme sans esprit, je chevauchai cet acéphale aux quatre pattes sur une route riante. C’est l’enfant de mes hôtes qui vient me chercher. Nous partons au village ; elle me parle. J’ai fini par comprendre quelques mots de leur langue, si bien que je sais avant d’arriver à l’église (kuruk) que nous allons enterrer (maermate) un roi (suuer) mort (sueen). Je ne sais pas comment lui demander, à cette enfant qui pour l’occasion s’est coiffée d’une couronne de trèfles et d’herbe-aux-porcs, la raison pour laquelle on m’a trouvé digne d’assister à pareille cérémonie. En chemin, nous rejoignons des villageois hilares qui portent des lanternes et d’autres fillettes aux cheveux fleuris. Il y a de la bonté dans leurs sourires et leurs regards, mais me voilà en proie aux pires appréhensions. On va me pousser dans la tombe après m’avoir enfoncé sur le front un cercle d’épine — je suis ce roi. Pire encore, deux ou trois de ces innocentes me donneront le coup de grâce. Ou bien elles seront livrées à je ne sais quel monstre dont je n’ai pas encore entendu parler.

March 20, 04:03 PM

Je ne me déferai pas de l’animalité. Mon petit compagnon tout juste disparu, me voilà attendri par les truies, goûtant leurs larmes et maudissant ma mère de ne m’avoir tendu dans mon premier âge d’aussi douces mamelles. La cadette de la famille m’a pris en affection. Aux heures creuses du matin, elle m’exhorte de la main à battre la prairie. Va doucement, lui dis-je. Moins vite ! Mais ne comprenant rien, elle n’en fait qu’à sa tête, me tirant hors d’haleine jusqu’en des fermes reculées. Alors elle guette et tend l’oreille, me tire pour s’approcher d’un vantail inconnu. Là, elle me martèle le ventre de ses minuscules poings, me mordille les doigts et geint, comme agacée de mon étonnement quotidien, puis elle sort de ses lourdes poches deux poignées de dents et quelques osselets — de porc je présume — qu’elle aligne tout contre la porte avant de fuir. Ainsi nous passons ces heures matinales à courir de ferme en ferme.

March 12, 01:26 PM

Je te dirais cette chose, Véra. Mon univers désormais se limite aux flancs rose-brun des porcs. Le soir, je dors avec eux, tête contre groin. Je leur parle : “Amis porcs ! Amies truies ! Nous ne sommes pas nés semblable et cependant bien peu de choses en ces collines nous séparent ! j’ai péché autrefois et mangé de votre chair, je l’avoue ; j’ai en moi de votre rude vitalité. Je ne vous demanderai jamais pardon : vos frères, vos sœurs étaient délectables !” Concert joyeux des porcs. Je crois, Véra, qu’ils ont de leur destin une vision si lucide que les larmes me viennent aux yeux. Véra, as-tu jamais vu un porc pleurer ? Larmes claires sur cils pâles. Parfois, le soir, je me couche près du cochon qu’ils vont, au village, sacrifier. “Cochon de mon cœur, c’est demain que le prêtre t’ouvrira la poitrine, c’est demain que tu pousseras ton dernier hurlement.” Et délicatement je lèche sur ces paupières roses les gouttes salées que dans son angoisse l’animal secrète. 

January 19, 09:29 AM

Qu’aurait-on dit de moi si j’étais venu là, flanqué de mon compagnon ? M’aurait-on seulement hébergé, sur cette colline où l’homme se dispute l’existence avec le porc ? Depuis mon arrivée, je n’ai croisé ni chien ni chat. Le ciel même est vide d’oiseaux. Et l’on s’en accommode fort bien semble-t-il. Ces gens sont les plus heureux qu’il m’ait été donné de fréquenter sur les collines. Mais je n’ose imaginer ce que donnerait ici un soulèvement porcin digne de Orwell… Eux n’en ont sans doute aucune idée : la lecture leur est inconnue.

Une famille m’a rapidement offert l’hospitalité en échange de quelques services qui occupent une à deux heures de mes soirées. Le plus souvent, j’aide leurs six fillettes à décorer les sabots des cochettes. Par décalcomanie, on applique sur la corne une feuille de plastique préalablement peinte par les petites. On entoure le tout quelques secondes d’un linge humide et brûlant, puis l’on découpe la feuille au niveau de la fente de l’ongle pour en rabattre les bords sous le sabot. Certains jours, il me faut percer des groins à la chaîne pour y passer de grands anneaux d’argent ouvragés et je supporte mal le braillement des bêtes qui résonne jusque dans mes rêves.  Mais ce que j’ai pris en horreur par-dessus tout, c’est le repas du soir qu’ils me servent invariablement : une demi-tête de porc qu’il me faut fouiller à la curette, accompagnée d’un bouillon clair. Pour partager leurs morceaux, il me faudrait mettre la main à la bourse — et je n’ai plus rien — ou à la pâte, et les seconder dans leurs travaux nocturnes.

January 12, 04:01 PM

J’ai couché mon petit compagnon dans un fossé où les fourmis n’ont pas tardé à le recouvrir, ayant senti de loin l’odeur de sang qu’il dégageait. J’étais couché près de lui, souhaitant peut-être qu’elles me croquent, moi aussi, mais je suis bien trop sec. Les bras en croix, je regardais le ciel, y cherchais des yeux des étoiles connues, ne voyais que paquets blancs, poignées de riz sur un sol de boue. Je me suis retourné et j’ai pleuré, me suis endormi la morve au nez me suis retrouvé bientôt à flotter sur la mer de mes larmes. Dans mes songes je voulais retrouver la porte de la montagne de chair, le chemin de l’idole et m’offrir, pour partie ou tout entier, en expiation de mon infanticide. Cet enfant, idole, c’est le nôtre, bien sûr ! L’idole ricanait et me crachait au visage. Pauvre imbécile que tu es, pauvre idiot que n’intéressent que ses tourments infantiles, va, lève-toi, retrouve tes villes, tes foules, tes pauvres désirs d’aventure, tes fauves domestiques ! Le lendemain, j’ai vu, sur le bord du chemin, un homme en veste noire qui poussait devant lui six ou sept cochons.

October 16, 04:33 PM

Toi comme moi Vera nous refusons de voir ce qu’il y a tout là-haut. Souviens-toi des crêtes hérissées des épicéas qui se détachaient dans le froid sec du haut Schwarzwald, le double clocher de St. Johannes et les monts enneigés du Lauterbrunnental, nous ne craignions pas d’en imaginer de toujours plus hauts, se surpassant à l’infini : c’était autant de temps gagné passé ensemble, à marcher, de ce temps arraché aux montagnes, aux monolithes, et qui nous éloignait de la vallée. Combien d’histoires nous sommes-nous inventées… tu avais ce don d’imaginer les chutes! Et là, c’était tout l’inverse : chaque pas qui me rapprochait de ce nouveau sommet me faisait craindre le pire. La bête s’était soudée à moi, son abdomen moulé sur mon épaule. Il n’y avait guère que ma peau pour la retenir de se vider. J’ai bien pensé à en finir plus vite, à ramasser une pierre sur le bord du chemin et lui fracasser la tête d’un coup sec. Mais je savais qu’en la détachant de moi je la tuerais avant d’avoir atteint le sol.

J’ai fait cela Vera, en homme lâche, la soulevant à bout de bras — ça a si peu tiré — et fixant le sommet, aveuglé de lumière, pour ne pas voir :

un bruit de bassine qu’on déverse, des matières chaudes plein le torse, et la nausée qui vient de se retrouver seul.

October 10, 10:25 PM

que le jour est rouge derrière mes paupières

que le pas de l’homme est rapide sur le chemin

que sa pensée m’échappe

que ma peur est grande

qu’il m’a enfanté au temps de sa détresse

que son sang est un chaud manteau

qu’il a honte de mon aspect et de mon existence

qu’il me tuera avant la ville dont il ne me parle pas

qu’il m’enterrera sous un arbre 

qu’il est doux de l’avoir aimé

July 21, 08:57 AM

C’est arrivé. D’un coup, sans douleur. Comme une dent morte extirpée d’une gencive blette. À chaque pas, la membrane gluante qui nous enveloppe se lézarde au coude et au genou, se déchire et tombe au sol en lambeaux.
Corps aimé j’étais, devenu étranger, rejeté et abandonné au jour cru, à pied d’œuvre : l’impressionnante ascension qui m’attend! Droit devant, mais jusqu’où ? C’est une cascade inversée de pâturages et de frisons ponctuée d’enrochements d’une blancheur d’os ou de meringue. Et ça monte vers la lumière, se répétant à l’infini. Un sol étagé, hérissé de séracs curieusement souples, qui appesantissent le pas. Et l’écorchée qui pèse, enroulée autour de mon cou, la tête engoncée dans ma peau pour fuir la lumière. Quand je détache le regard du sol, j’ai bien les yeux qui brûlent encore un peu — depuis quand n’ai-je plus vu le jour ? — mais elle… l’a-t-elle seulement connu ? Exposée au soleil, sa chair cramoisie ruisselle dans mon cou, d’un sang mêlé d’humeurs. Elle sue ou saigne, quelle différence ? Une caresse, une simple torsion de ma tête et la bête se liquéfie. Alors je sens ses griffes et crocs s’enfoncer dans ma peau, y fouiller pour retrouver le noir d’où nous venons.
Je monte. Je monte ébloui. La colline étincelle. Au loin, certains rochers ont des allures de villes suspendues. On y grouille et le lait de tigresse coule en abondance. Allez petite ! Accroche-toi !

May 27, 04:36 PM


Vera ta voix me revient sans cesse je prépare notre sortie crois moi j’y travaille avec le labeur de ces chairs qui ne travaillent autour de moi que pour me préparer à toi je sais que je vais te retrouver ou te trouver telle que jamais je ne t’ai connue mon amour perdu dans ces collines autrement verdoyantes ne dis rien attends moi j’ai d’ici quelques signes qui me le laissent croire je marcherai sur toi de mes paumes de coton je ferai de toi la troisième colline

May 10, 05:46 PM

Il me vient l’idée que je suis, enfant à naître, prisonnier d’un utérus immense. Ce jour-là, de mes ongles, à présent longs et forts, j’écorche les murs et maudis ma fausse mère avec une telle rage qu’elle devrait m’expulser, ce qu’elle ne fait pas. Je me couche dans le sang et laisse la petite bête me lécher le visage et les mains. Ou bien souvenir errant dans une cervelle de géant ? Je pars à la recherche de mes semblables, l’écorché sur les talons. Partout et seulement la nuit déserte et rouge du labyrinthe ; et ne rencontrant que les chairs molles des parois, je finis par comprendre que c’est Vera qui m’aimante, Vera prisonnière comme moi de l’idole. “Va, trouve”, dis-je à la bête, mais je n’ai rien à lui donner qui puisse la mettre sur la piste. La voix de Vera, le visage de Vera, ses mains, la forme de ses doigts, de ses seins, de son ventre un peu rond : tout disparaît quand la mémoire approche. L’écorché se couche à mes pieds. Une illumination : c’est en Vera que je suis, parasite de ses intestins. Tandis que je caresse leurs muqueuses d’une main incrédule, ongles rentrés, Vera mange, dort, pleure, vit, m’oublie, bien que je sois en elle. 

April 30, 10:21 AM


April 11, 05:32 PM

Nous avons le temps. Tout le temps. Nous le décomposons l’un contre l’autre. Elle me réchauffe, je la nourris, elle me nourrit, je l’emmitoufle dans ma peau. Lorsqu’elle s’éloigne — pour chasser ou uriner contre l’idole — , je m’inquiète aussitôt et ressens cruellement son absence. Je m’affole, craignant de me retrouver seul à nouveau. Mais elle n’est jamais loin : lorsque j’ouvre un œil, je la retrouve couchée tout contre moi, pattes en l’air et tête renversée, tout offerte aux caresses. Je ne me lasse pas de l’observer. J’ai appris à lire ses humeurs à même ses muscles, à leur coloration, à leur brillance, au rythme de son pouls, palpable de partout. Je les déchiffre à la façon dont les lobes de son cerveau travaillent, remâchant et digérant les mots que je lui ai appris dans la journée. À la consistance du cortex, qui résiste ou s’enfonce sous le pouce. J’y lis ses rêves d’homme et les fais bêtement miens. Corps ouvert.

April 11, 09:23 AM


March 28, 06:46 PM

Ça vit mais ne parle pas. De ma langue parfois je voudrais lui sucer la cervelle, m’approprier sa bestialité et son absence de souvenir. Me laissera passer, revenir aux viandes vivantes, l’autre, la maîtresse, l’idole, si j’abdique ce qui me reste de raison. Un soir, la bête sur les talons, je me suis frotté le corps à sa charogne, l’ai grattée, frappée, mordue même, en grognant ; l’autre, la petite, dansait de joie. Mais lèvres et yeux fermés, n’est-ce pas, que rien d’elle n’entre en moi. Puis gonflé de rage me suis couché, et la petite m’a léché très soigneusement. 

Je lui parle. Je lui apprends un mot par jour — ou par heure peut-être, par semaine ou par siècle. Beurre. Mort. Mère. Viande. Main. Libre. Aime. Je chasse pour elle autant que pour moi les insectes gras — lucanes, termites, larves — qui grouillent dans la carne. Œil. Monde. Mange. 

March 15, 05:07 PM

Quand les parois enflent, l’air se réchauffe et devient irrespirable. Ça vit. Alors il me faut déguerpir du coin où je suis allongé ; sinon me voilà pris dans l’horrible gencive. J’ai certes à présent cette bestiole à mes côtés, dont je veux penser qu’elle veille sur moi, grognant quand la chair se met à suinter. Elle ne me lâche pas, se love dans mes genoux, sa tête de chat ou de tigre écorché posée sur ma cuisse. De temps à autre, elle ouvre un œil et bondit sur un coléoptère avec lequel elle joue, le poussant de ses pattes, le tournant et le retournant jusqu’à ce que plus rien ne bouge. Ou bien d’un coup de griffe, elle entame le mur et y fourre la gueule pour en mordre les fibres. Puis elle revient s’accoler à moi et s’endort. Faudra-t-il, Véra, pour me sentir moins seul, que je te tire toi aussi de ce dont l’écorchée est née… Pas une nuit, je ne revois l’idole empoigner la paroi, y enfoncer les doigts et fouiller dans la chair pour en tirer cette boule sanguinolente, et de ses ongles y tailler quatre pattes, lui fendre une gueule et lui ouvrir deux yeux, et me la tendre comme on offrirait un chaton à un enfant.

March 15, 04:10 PM

comment te dire Véra le sang qui perle l’humeur des viandes à toute heure qui m’emplit les narines et m’étouffe la nuit surtout comment te dire ce que tu ne verras ni n’entendras jamais ces mots nécrosés qui pourrissent et macèrent dans les murs

je m’oublie des heures des nuits entières dans leur contemplation faisant d’une veine un torrent et d’un paquet de nerfs cette moraine que nous aimions suivre au printemps marchant main dans la main

une trace de doigt sur le muscle et le bleu coule et le rouge s’éclipse et tu m’apparais furtive telle qu’en ce jour où je t’ai laissée

March 15, 02:12 PM


ATELIERS D'ÉCRITURE

EN COURS | 12 CLASSES DE COURBEVOIE (CM2 ET 6e) | CRÉATION D'UN LIVRE NUMÉRIQUE EN MAI 2012.

Un matin de septembre 2011, la presse se fait l’écho d’un étrange phénomène survenu dans la nuit : dans une dizaine de musées, les personnages de différentes œuvres à caractère mythologique se sont volatilisés. À leur place ne subsistent que des halos, des silhouettes floues qui témoignent de leur disparition de la toile. Certaines sculptures sont également concernées, descellées de leur socle. Mais ce n’est pas tout : libraires et bibliothécaires signalent que les reproductions de ces œuvres ont été affectées du même mal et que de nombreux recueils de contes ont perdu leurs héros. Toute référence à leur nom a été effacée. Les livres sont  bourrés de trous et de blancs, devenus illisibles et invendables.

Las d’être écrasés et consignés dans des volumes de papier poussiéreux, d’être accrochés depuis des siècles aux cimaises des musées, tous ces héros fondateurs de notre culture n’ont-ils pas décidé de reprendre leur destin en main et d’intervenir dans notre société contemporaine ?

Du Metropolitan de New-York au Musée d’Orsay, du Musée archéologique de Madrid à la Walker Art Gallery de Liverpool, l’enquête piétine. Sur Internet, un site spécialement dédié à l’affaire a été créé. Ouvert au public, il permet de collecter toutes les informations utiles à l’élucidation de cette énigme. Des enfants férus d’art et de nouvelles technologies, aidés de leurs professeurs, vont se prendre au jeu, tenter de relever le défi et de retrouver la trace de ces héros disparus.


MORPHÉUS, PLANÈTE OUBLIÉE | ROMAN NUMÉRIQUE DE SCIENCE-FICTION | 11 CLASSES DE CM2 | 2010-2011 | COURBEVOIE

Lorsque Arthur découvre qu'il est né sur Morphéus sous le nom d'Arthurius, l'univers lui tombe sur la tête. Et plus encore lorsqu'il s'aperçoit que des centaines d'enfants à travers le monde ont été adoptés par des terriens et partagent son histoire. Quelle est cette planète mystérieuse ? Qu'a-t-il bien pu s'y passer pour qu'elle en soit arrivée à abandonner ses enfants ? Afin d'obtenir des réponses, il faudra se connecter à la Morphéus-sphère et peut-être même entreprendre un incroyable voyage vers Morphéus, la planète oubliée, pour percer les secrets de Spectron, approcher au plus près Rêveurs et Cauchemardeurs...


MISSION GALACTICA | UNE PIÈCE DE THÉÂTRE | 3 CLASSES DE 6E | 2010-2011 | ACHÈRES 3 REPRÉSENTATIONS PUBLIQUES AU SAX D'ACHÈRES


MÉDÉE 2010 | TRAGÉDIE | 2 CLASSES DE 3E ET 1 CLASSE DE 6E | 2009-2010 | 3 REPRÉSENTATIONS AU SAX D'ACHÈRES




MAISON CENTRALE DE POISSY | GROUPE DE 10 DÉTENUS | 2008-2009.

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