oh, une “page tampon” - Série 1,61803399 de Thomas Kraus.
via Square Magazine, numéro spécial 02: Polaroid
Denn Du Träumst Mich, Ich Dich,
Ich Träum Dich, Du Mich,
Wir Träumen Uns Beide Wach.
Einstürzende Neubauten - Stella Maris
Série You Are What You Eat de Mark Menjivar - College Students| Waco, TX | 3-Person Household | Drummer for death metal band
Tour d'horizon des meilleures cartes de 2011 par l'auteur du site anglais de datavisualisation Spatial Analysis. Des connections sur Facebook aux collaborations scientifiques, tout se cartographie !
The evolution and role of API in building influential and essential tools and applications for web users, plus the demographics of public data usage a...
Broke in 6 types, data, information, concept, strategy, metaphor, compound - rollovers popup examples of each type.
iYou [iyou.nu] is an almost-working proof-of-concept developed by Mind Design that visualizes the still relatively unexposed usage data of a typical iPhone, such as historical phone call activity, text message contents, or Facebook communication patterns.
Cheveux poivre et sel coupés à la ‘French Line’ et rasé de près, l’homme à la petite quarantaine porte une chemise à carreaux comme on n’en fait plus - aux tons pastels allant de l’abricot au bleu layette.
Jean droit foncé, asics noires aux pieds et sac à dos Eastpak sur les genoux, il semble déjà complètement absorbé par le livre “Zanuck, Le Dernier Grand Nabab” de Leonard Mosley alors qu’il vient à peine de l’entamer.
On serait en 1992, on lui donnerait 15 ans.
Sans le poivre et le sel.
Ballerines blanches, forcément salies, chacune affublée d’une fleur noire.
Robe légère. Si longue qu’on voit à peine ses fines chevilles. Si ample qu’on distingue à peine ses minces cuisses. Si rétro, le motif fleuri de la robe aurait été très bien pour tapisser les murs de la chambre de ma grand-mère.
Veste bleu marine, col rond, à gros boutons nacrés. Sac Lancel de couleur prune, posé sur les genoux.
La dame semble avoir vidé sa boîte à bijoux avant de partir ce matin.
A la main gauche, deux grosses bagues ; à la main droite, une troisième du même calibre accompagne un solitaire.
Autour du cou, une fine chaîne parée d’un pendentif. Une seconde chaîne, à maille anglaise. Puis, un collier de grosses perles plates.
Aux oreilles, dépassant d’un carré négligé et un peu crépu, deux épaisses créoles viennent achever l’ornement.
Un peu comme une étoile viendrait sublimer un sapin de Noël.
9h32
Les mocassins en nubuck gris à surpiqûres blanches. Le jean usé, ourlé seulement à droite.
L’Équipe entre les mains, le jeune homme a l’air totalement absorbé. Et il manque sans arrêt de basculer.
Les cheveux en bataille, on dirait que sa tête n’est soutenue que grâce au casque audio qu’il a gardé autour du cou. Et il pique sans arrêt du nez.
Sous une veste en velours bleu foncé, sa chemise, froissée et tâchée de-ci de-là, laisse entrevoir un ventre bien tendu dont je ne désignerais aucun autre responsable que la bonne vie.
Bensimon aux pieds : à gauche, roses à lacets ; à droite, mauves à élastique.
Le sac à dos Eastpak par terre calé entre les jambes : à gauche, prune ; à droite, tendant vers le rose.
Le slim : à gauche, gris clair ; à droite, bleu un peu usé.
Le gilet zippé à capuche blanc : à gauche, ouvert par dessus un t-shirt à rayures bleues ciel ; à droite, fermé par-dessus un t-shirt mauve.
Les cheveux : à gauche, bruns, lâchés, simplement tenus sur le haut par une barrette ; à droite, châtains tirés en arrière.
L’attitude désabusée : à gauche, inanimée, l’iPod à la main et les écouteurs aux oreilles ; à droite, la main gauche soutenant la tête et le regard dans le vide.
Assises l’une à côté de l’autre sur les strapontins, les deux lycéennes descendent à la même station.
Certainement copines, elles ne se sont pas adressé un regard de tout leur trajet.
Ni même un seul mot.
Les mules à talons fins, orange.
La robe en lin arrivant mi-mollet, orange.
La veste, le sac Longchamp, l’étole, la monture des lunettes, les boucles d’oreilles, la bague affublée de petites boules en plastique…, orange.
Pour compléter la monochromie, la housse de Nintendo DS et son stylet, orange !
Les cheveux roux, virant sans doute volontairement sur le orange, la dame approche la soixantaine.
Je n’ose imaginer si demain, elle était d’humeur verte…
Cernée, le teint pâle, les yeux bleus encerclés de noir, la demoiselle lit “Une éducation libertine” de Jean-Baptiste Del Amo.
A l’autre bout de la rame, deux usagers se disputent à coups d’incivilités mal placées quelques centimètres d’espace vital.
Elle reste imperturbable.
A l’arrêt, certains la bousculent pour pouvoir passer et sortir de la rame.
Elle bouge, un peu, mais ne se laisse pas distraire.
A aucun moment, elle ne lève les yeux.
Pantalon en velours côtelé bleu électrique retroussé sur bottines en cuir marron usé, blouson bleu foncé avec bandes rouge et blanche au niveau de la poitrine, le jeune homme est entré dans la rame en pleine conversation iPhonique.
Ses cheveux roux un peu hirsutes dépassent d’un bonnet à motifs rouge et blanc.
Le jeune homme a l’air tout droit sorti de ‘Les Bronzés font du ski’.
Seul retour vers le présent, l’iPhone.
Les lunettes à monture argentée sur le bout du nez, la dame aux cheveux passés - on y voit ses racines blanches - feuillette rapidement, le Direct Matin du jour.
Une petite broche hexagonale vient ponctuer le col V noir qu’elle porte par-dessus un sous-pull bleu canard. Un rhinocéros en métal dépasse de la poche de sa parka grise ; elle a dû y ranger ses clés sans faire attention.
Et maintenant, un monstre des savanes se balance doucement sur sa poitrine.
Comme s’il voulait s’échapper.
Violette, la virgule sur les sneakers. Violets et blancs, les gros carreaux vichy de l’écharpe en coton. Violette encore, la casquette à surpiqûre dorée “Super Friends”.
Le jeune homme au baggy noir et au sac Las Vegas Airways écourte sa conversation téléphonique en prétextant que le métro n’est plus aérien.
3 stations plus tard, alors que le métro est toujours aérien, il descend le casque Wesc à motifs dorés sur la tête.
Carré raide pas coiffé, enfin pas trop. Petite barrette pour les ranger sur le côté.
Tout au long de son trajet, la demoiselle se délecte du café de sa thermos. Quand elle ne la tend pas à sa bouche, elle la tient précieusement des deux mains.
Ses yeux bleus, camouflés derrière des lunettes à monture noire et épaisse, semblent de plus en plus éveillés.
Comme si chaque gorgée avait ses vertus immédiates.
Assis. La main gauche posée sur sa serviette rigide en simili cuir posée elle-même sur ses genoux, le jeune homme lit, très concentré, “Juste un regard” de Harlan Coben.
Ça m’a tout l’air d’être un polar, c’est sans doute pour cela qu’il est tout sérieux : au fur et à mesure qu’il parcourt les pages, il essaie de démêler l’intrigue .
L’auteur doit avoir suffisamment de talent pour maintenir la pression, car le jeune homme n’arrête pas de se frotter les doigts et remue la jambe.
A peu près toutes les cinq secondes et demie.
Des paillettes dorées sous les faux ongles… Du blanc, ok, mais des paillettes…
Raccord : le fard à paupières doré, lui aussi, qui fait ressortir ses grands yeux noirs.
Remarque, dans le style, ça va plutôt bien avec des collants à tâches de girafe.
Les bottes et le col roulé noirs, étonnamment dénués de toute fantaisie.
Le bas est tellement court que son sac posé sur ses genoux m’empêche de le distinguer : est-ce une jupe, un short ?
Ou alors, c’est son sac qui est énorme.
Passé en coup de vent entre les 2 rangées de sièges, me bousculant l’épaule l’air de rien, la cinquantaine et les cheveux poivre et sel, monsieur le simili Bill Murray est très pop.
Casque audio Sennheiser sur la tête, Ray Ban sur le nez, gabardine noire, écharpe à grosses rayures grises et noires. Bien-sûr le jean cigarette noir. Et les bottines style ranger en plus élégantes.
Touche finale, le sac en bandoulière avec un gros “HELP!” orange sur le rabat.
Les Beatles sont passés par là.
Depuis 12 stations maintenant, les bras croisés sur son Eastpak en bandoulière, le jeune homme au crâne un peu dégarni est complètement recroquevillé sur lui-même.
Il dort.
Il sourit en dormant.
Et parti comme ça, il va aller jusqu’au bout de la ligne. Et faire demi-tour.
Et parti comme ça, quelle que soit la façon dont finit son trajet, il va se réveiller avec un bon torticolis.
« Reach: how (potentially) successful? » : ça a l’air intéressant, lu comme ça.
Les cheveux bien rangés derrière les oreilles, armée d’un surligneur et d’un feutre rouge, la demoiselle lit attentivement ses sorties papier, agrafées.
Sa tête ne pourrait être plus penchée. Son doigt suit ce qu’elle lit. Et sa bouche, parfois, énonce à voix basse ce que les yeux lisent.
Comme si ça l’aidait à mieux comprendre.
Dans des boots bien larges en daim bleu, les mollets de la demoiselle, recouverts d’un collant noir à losanges paraissent encore plus fins qu’ils ne le sont.
Bleus, comme ses boots toutes neuves : le petit sac à main et l’écharpe, longue et épaisse, enfin surtout longue.
Rouge : la robe légère, à motifs.
Noir : le petit gilet, ample.
La demoiselle doit faire partie de celles qui font plus attention à leur look qu’à leur confort… Si bien qu’avec les premiers frimas de l’automne, elle va passer sa journée à trembloter.
Et surtout à essayer de faire comme si de rien n’était.
Les cheveux châtains clairs méchés de blond et à peine peignés, le col du manteau noir relevé jusqu’au-dessus des oreilles, la demoiselle se tient à la barre métallique en lisant Direct Matin.
Mâchoire contractée, sourcils froncés, son expression contrariée nous laisse entrevoir plusieurs solutions :
Incident technique.
Le métro est plein à craquer. Mais, enfin, la demoiselle impatiente a pu s’asseoir.
Aussitôt, elle sort de son sac un boîtier de blush. Elle relève ses pommettes, et à coups de pinceaux, se fait une bonne mine en se regardant de près dans le petit miroir. La dernière touche, une pointe de rose-rouge sur les lèvres. Les yeux de biche étaient déjà faits, ouf.
La question : si elle n’avait pas pu s’asseoir, aurait-elle passé une mauvaise journée ?
Vendredi soir, environ 20h30, il n’y a qu’à voir ses yeux vides marqués de cernes et son port d’épaules pour deviner la fatigue de la semaine qui vient de s’écouler.
Costume anthracite, chemise blanche et cravate rouge à motifs « tapisserie », il travaille, peut-être, dans la banque ou la finance.
Il doit simplement avoir hâte de rentrer chez lui, pour enfiler jean, pull et baskets.
Et ressortir fêter le week-end.
Tout de noir vêtue, un foulard marron clair à pois blanc noué autour du cou, Mademoiselle ou Madame – je ne saurais lui donner d’âge, si l’on peut considérer que c’est selon – mâchouille le cordon de son Ipod Shuffle vert.
Le cordon, noir – elle a donc déjà dû en changer, à force – pend de chacune des commissures de ses lèvres. Avec toutes les petites grimaces qu’elle offre à voir, on dirait qu’elle le promène dans sa bouche.
Comme un chien le ferait avec un os.