Pèbre :
substantif masculin, emprunté à l'Occitan et qui, à ma connaissance, ne vit en Français que dans deux occurrences.
Définition (ou plutôt
traduction): poivre (
lou pèbre = le poivre).
Mais quand donc rencontre-t-on pèbre en Français?Occurrences :
* Avez-vous déjà goûté au vin au
pèbre d'aï? Ou bien avez-vous régalé vos convives d'agneau rôti à la broche, aubergine et socca, jus au
pèbre d'aï? Il ne s'agit pas de recettes au "poivre d'ail", non non! Le
pèbre d'aï s'écrit d'ailleurs dans certaines régions
pèbre d'âse, où l'on devine encore mieux l'étymologie... Il s'agit en effet de "poivre d'âne" (asinus en latin), c'est-à-dire de sarriette. Remarquez, c'est aussi un fromage à pâte molle (enrobé de sarriette?), et il ne faudrait pas se tromper...
* Mais peut-être vous souvenez-vous de
l'an pèbre? Non? Ça ne m'étonne pas, ça ne date pas d'hier ... En effet, "ça remonte à l'
an pèbre" veut dire que cela a eu lieu il y a fort longtemps. Exemple : "La mer m'allège, je flotte. Je retrouve des sensations que je n'avais pas éprouvées depuis l'
an pèbre", écrit G. Del Pappas dans
Massilia dreams (2000). Et c'est bien à Marseille et en Provence que l'on emploie beaucoup cette expression (cf. par exemple
Zou, Boulégan! - Expressions familières de Marseille et de Provence, Philippe Blanchet).
D'où viendrait cette locution nominale particulière? A dire vrai, personne ne semble savoir, mais peut-être n'est-elle pas sans rapport avec la pébrine, cette "maladie épidémique des vers à soie caractérisée par l'apparition de taches semblables à des grains de poivre" (
TLFi) qui a ravagé les élevages de vers à soie du Midi de la France au 19e siècle, et que Louis Pasteur contribua à éradiquer.