Becoming a néo terrien ...
2010 trend book about digital living
#ux #service #design #community #mobility #city #farming
From his previous work experience, Marc has become an anthropologist with an operational mind set. Marc has been a key contributor in mobile phone, car and other transportation companies' projects. He has been able to provide well balanced and thorough solutions, with great empathetic ability for the user.
Marc has a background in leading service design conception and anthropological researches. His general interests lie in the ability to design and merge services and terminals to assure a continuum in end users' on-the-move experiences. Some examples are: service providers in mobile, web, car or on fixed terminals.
Marc is fluent in English and has been involved in international research for quite some time. Before joining the Axance team, he completed his M.A. in service and identity design from the Design Academy of Eidhoven. He has also worked for several years in an innovation agency based on anthropological research combined with user centered design. He has a good knowledge of video gaming from personal experience and also research done with players.
For 6 months, I'll travel the world, visiting the BRICs, meeting start up people and social entrepreneurs and, more important, checking if the Earth is as round as we were taught at school. I want to see it with my own eyes.
From scratch, we built Super-Marmite with Olivier and Cyril. At first, we wanted to release our online service ; and doing so, we enjoy ourselves pretty much. I became in charge of the marketing, communication, community management, user feedbacks, ... stuffs. To make it sharper, I was in charge of the communication (up & down) with our users.
Observe, analyse and design, in order to create with user innovative web and mobile services and interfaces.
Axance is a Partner in a network of 24
user experience and user research companies from around the world working together to make global research easy : www.uxalliance.com
First design a process to create anonymous advertisement campaign, then work on the field with youngsters from the parisian suburb to realize each one's own billboard. The field work lasted for 4 months, in several locations defined by the Saint Denis city government.
Research and organize the RATP service design grammar. During my internship, I benchmarked best practices by other service and retail companies in Paris area, then analyze and design the tools of the service design grammar.
SCRIPT (updated) : I remember walking the streets, in Europe, Asia or South America, and being touched by human scale hand-writings ; hand written boards, façade fully covered with signs, A4 home made photocopies, finger traces in the snow, all of them were some kinds of anonymous scriptures. Those are not grafiti or art expression, they are shop signs.
The mess of these advertisements, or the un-clean-ness of it, were to grab my attention. More than a proper commercial. Suddenly, other stores happened to be clean “concept driven places”, designed and builded up from scratch, “true-history-less” spaces. On the contrary, these hand written signs were bringing back the life of real people. Those were traces of workers. Workers are authors of their work again.
When signature becomes autonomous branding.
GLASS : I remember, wherever I’ve been, being amazed by imaginary landscapes created by bumpy or frosted glass. It sound silly, but coming from a post-modern world where transparency is a goddess, translucence was to avoid.
Thanks to matter, texture or pattern, the surface suddenly transform a simple image into a fractal world, or into a myriad of globes, or into a sensitive universe. The interactive screens surrounding us are touchable, but are lacking sensitiveness.
ELDERLY : I remember looking at old people all over the globe and having as a first thought “They’re dead”. Macabre, isn’t it? I remember thinking that I’ll pass away one day myself too. Even more macabre. And I remember this cute 5 years old girl in Antwerp, she was her mom’s clone. And looking at her, I thought that she wasn’t dead yet, but soon she would. We all will. Life is just passing by, so nothing ever matter. Nothing. It is even more than a pure romantic idea, remembering that “we shall all die, we are mortal”, it is crude reality.
Moreover, remember the old saying “an old man dying is a burning library” ? His/her knowledge will be vanished. Today we have Wikipedia and many other online databases to store, save and share all our knowledge. Sure. But what happen to our know-how ? Looking at all these elderly people, I thought about their skills, their stories, their experiences, their lives that are not to be saved, but that are to be carryed on. So do carry on.
“Partir vérifier si la Terre est bien ronde et en revenir. Ou pas.” Un récit de mes rencontres autour du monde, avec le Temps, les Terriens et moi-même.
Après deux mois et demi, je me sentais vétéran des bus locaux, médaillé du train de nuit, anobli par la bouffe de rue, vainqueur des épices et grand timonier du chaï. Au bout d’un an autour du monde, 365 jours ici et là, 90 000 kilomètres, des tonnes de poussières et des colliers de sourires. 8 carnets de route, 17 stylos épuisés, 3 paires de godasses vidées, et quelques jolies images dans tout ça, j’ai le sentiment d’être diplômé d’un Master Pro de la vie, et de tout un tas d’autres titres honorifiques. Dont Grand Chamberlain de l’Echappée Belle.
Depuis que je suis rentré, je sens bien que je fais parfois office de doux illuminé ; n’étant pas pressé de gagner des sous ou de payer un loyer, je suis le rêveur chevelu à qui il faut laisser le temps d’atterrir. C’est qu’il y a une crise ici, bordel de m***e. Il faut être aveugle ou sourd pour ne pas voir et entendre ce que les médias ressassent. Ou bien il suffit de faire l’idiot et se demander comment reprendre à zéro. Alors après mon diplôme auto-décerné, j’ai écrit ce mémoire. Histoire de valider mes acquis.
Ce travail m’a permis de réaliser doucement le chemin parcouru, mais aussi et surtout, de voir que mon regard s’est ouvert progressivement, et de me rappeler ainsi que dans quelques mois, je verrai le monde encore différemment. Rien n’est pérenne ; c’est peut-être pour ça aussi qu’on passe nos vies à se consolider les routines, histoires que nos châteaux de sables ne s’en aillent pas avec la marée.
Ce mémoire donc, c’est un peu l’histoire d’un corsaire, qui raconte son périple intérieur, au creux des paysages de questions et voguant de rencontre en rencontre. Il explique qu’il voulait simplement partir pour vérifier que la Terre était bien ronde, et puis en revenir. Mais voilà, il voit bien qu’aujourd’hui qu’il n’en reviendra pas. Pas dans le même état en tout cas.
C’est dimanche. Les quais silencieux du canal St Martin retentissent des cris d’enfants. La rue est rendue aux piétons une fois par semaine. La police montée ramène même une touche de bestiaux sur le bitume. Parqués en bordure de l’eau, les cerisiers et les badauds rosissent.
Ça va faire bientôt deux mois que je suis de retour à Paris et j’ai le sentiment que les jours s’enchaînent à nouveau. jours de semaine puis week-end, ils rentrent dans le rang. Les rendez-vous et les projets viennent butiner mon calendrier et je le retrouve fleuri jusqu’à la mi-mai. Quelques semaines à Paris donc, et le milieu enivrant de la capitale m’entraîne, bon gré mal gré, vers les sujets dits “capitaux” - qui pour moi ne le sont pas encore redevenus.
Par exemple la semaine dernière, lors d’une réunion au sujet des espaces de travail collaboratifs en mobilité, revenait cette notion du “travail”. Autour de la table, échangeaient des consultants, des chercheurs, des entrepreneurs et designers, qui tous partageaient une compréhension commune de l’aspect capital du travail : à savoir un travail contractualisé et rémunéré, dont le but est de générer de l’argent pour payer son loyer, et plus largement générer de la valeur pour financer le système confortable dans lequel nous évoluons. Mais si je vous parle de mon confort, il ne se situe plus là ; il réside dans la possibilité de faire ce qui me chante demain, de me lancer dans des projets collectifs, d’aller apprendre à cultiver en faisant du wwoofing, ou encore de m’arrêter quand je veux.
Ainsi, si je comprends très bien ces vues sur le travail, je perçois désormais qu’il existe aussi des choses comme le labeur, l’œuvre, l’ouvrage, l’activité, qu’il existe des constructions sociales non contractuelles et non rémunérées sur lesquelles on peut tout autant bâtir un vivre ensemble. Et si cette idée est partagée ailleurs là où elle m’a interpellé, elle ne va pas de soit ici dans mon milieu de travail. Me voici entre deux mondes parallèles ; d’un côté mon souvenir qu’il est possible de construire une société différemment et qui nourrit mon envie de l’approfondir ici ; de l’autre le TGV du quotidien qui nous empêche de tout remettre en question et nous pousse à s’appuyer sur ce que l’on connait déjà, le travail par exemple.
Et il en va de même avec d’autres sujets, quand par exemple on me propose (et c’est adorable) de partir au ski une semaine, quand on me demande dans quel pays je pars faire du wwoofing (je pars dans le 77), quand on parle d’évasion le temps d’un week-end ou d’une expo, … S’il y a “évasion le temps de”, ça signifie qu’on reprend après là où on en était resté avant. Mais comme ce n’est plus vraiment mon envie, je n’éprouve plus non plus de besoin de m’exiler physiquement là-bas ; j’arrive encore à m’arrêter ici, sans avoir pour autant besoin de “vacances”.
Souvent, je comprends ce dont on me parle ici, ce qui est “important”, et en même temps je perçois le fait que cette importance est ancrée localement et historiquement. Qu’elle a quelque chose d’anecdotique. Dans les récits de Touiavii à propos du Papalagui - mon post précédent - c’est cet anecdotique qui m’apparaît en lisant ces propos d’un chef Samoan qui raconte le quotidien des Européens il y a cent ans. Le temps manquait déjà à nos aïeux, comme eux nous vivons toujours emmurés, l’argent est toujours notre dieu, nous pensons pouvoir tout créer, …
Avant de partir dans ce tour du monde, avant de couper les courants, le discours du chef Touiavii m’aurait amusé ; aujourd’hui il m’éclaire. Il me révèle que ces lieux “alternatifs”, dont je vous narrais mes visites en Asie, en Amérique du Sud ou en Europe, ont ceci d’alternatif qu’ils sont conscients de leur limite (faire avec ce qu’ils ont), quand nous ne pouvons plus penser autrement qu’en terme d’illimité (avoir tout, tout de suite). Être conscient de ses limites nous apparaît comme “alternatif” (et ainsi relayé à un fait anecdotique) alors qu’une limite n’est pas en soi alternative. Elle est. La dépasser est ce qui est attendu de nous, la respecter est alternatif.
Notre vision du monde construit sur l’illimité des capacités humaines est une douce chimère qui nous permet de piller consciemment les sols pour financer notre confort. Touiavii a sûrement une espérance de vie plus courte que le Papalagui (l’Européen), en revanche, le monde qu’il lègue à sa descendance offre à celle-ci bien plus de pérennité qu’à la nôtre.
Cette distance symbolique, qui s’est installée durant cette année entre le monde tel que l’on m’a enseigné et le monde tel que je l’ai éprouvé, est ce que je tente de partager dans “Partir vérifier si la Terre est bien ronde et en revenir - ou pas” (en relecture en ce moment). Le plan général est le suivant :
1. comment la pratique du voyage (et de la déconnexion qui en découle) affecte mes représentations symboliques du monde ;
2. comment en approfondissant le socle de cette représentation symbolique je comprends sa non-universalité de cette vision occidentale pourtant véhiculée comme globale et universelle ;
3. et enfin, comment cette représentation symbolique rénovée affecte mes pratiques quotidiennes une fois rentré à Paris.
En deux mois, j’aurai écrit ce retour d’expérience. J’aurai aussi revu pas mal d’amis, dont beaucoup m’ont confié leur envie d’un nouveau départ, leur envie de penser à eux. Je me serai aussi doté d’un statut d’indépendant pour participer aux projets que l’on me propose, pour lesquels je me fais rémunérer aujourd’hui, faute de mieux.
En deux mois, j’ai aussi commencé à rencontrer un nombre incroyable de personnes intéressantes, au sein de OuiShare, de la Mutinerie, de la Nouvelle Fabrique, du Groupe Chronos, des Mauvaises Herbes, et j’en passe… Ces rencontres me donnent entre autre envie de clore ce blog de voyage et d’en entamer un autre, dédié aux envies en gestation et à leur incubation.
Ce post sera sans doute le dernier, je vous donne bientôt la nouvelle adresse de mes aventures !
J’ai découvert grace à une amie Le Papalgui, de Erich Scheurmann. Et je recommande chaudement!
Début du XXe siècle, Touiavii, chef du tribu d’une île de Samoa se rend en Europe pendant plusieurs mois. À son retour parmi les siens, il raconte la façon dont vivent les Européens (le papalagui) et sa vision est souvent d’une finesse et d’une justesse époustouflante!
Pour partager un petit florilège, Touiavii dit par exemple à ses condisciples “parlez à un Européen du Dieu de l’Amour, il fait la moue et sourit. Il sourit de la naïveté de ta pensée. Mais tends-lui un morceau de métal rond et brillant ou un grand papier pesant, aussitôt ses yeux s’éclairent et beaucoup de salive se pose sur ses lèvres. L’argent est son amour.”
À propos des villes européennes, il explique que “le papalagui habite comme les fruits de mer dans une coquille dure. Il vit entre des pierres comme le scolopendre entre les fentes de lave. Les pierres sont tout autour de lui, à côté de lui, au dessous de lui. Sa hutte ressemble à un coffre de pierre debout. Un coffre plein de cases et de trous.” Et il continue en racontant qu’on met tout dans des coffres, eux-mêmes dans des coffres, et ce indéfiniment.
Il parle aussi de la vie factice (le cinéma) et des milles papiers (les journaux), en partageant l’ivresse que ces médias proposent. Il dit à propos du journal que “ce n’est pas que le journal nous raconte ce qui se passe qui fait si mal à notre âme, mais c’est qu’il nous dise aussi ce que nous de nos penser de ceci ou cela, de nos chefs de tribu, des chefs d’autres pays, de tous les événements et de tous les agissements des hommes. Le journal lutte contre ma propre tête et mes propres pensées. Il voudrait faire toutes les têtes des hommes sur le même modèle : sa tête à lui. Et il réussit. Si le matin tu lis les milles papiers, tu sais à midi ce que chaque papalagui trimbale dans sa tête et ce qu’il pense.”
Touiavii continue comme ça à propos des habits, du travail, de l’argent, du temps qui manque au papalagui, du rapport à la propriété ou du rêve des Européens de remplacer Dieu… Son discours est extrêmement touchant et lucide, une merveille que nous rapporte Erich Scheurmann dans les années suivant la première guerre mondiale. À lire absolument!
Un an. Je me sens rajeuni. Je suis parti mi-mars 2012, j’avais 32 ans. J’ai 1 an aujourd’hui. C’était hier, je posais le pied à Mumbai pour la première fois, à 9h du matin, retrait de roupies, taxi prépayé, et 45 minutes de trafic les fenêtres ouvertes pour arriver chez Anjali. Thé, chapatti et sambhar, présentations et premières histoires de l’Inde. Avant midi je prenais un taxi qui lui m’a pris pour un touriste, m’a lâché à Dadar Station en me disant que c’était le même prix que pour la Central Station. J’étais en jean’s et basket, et c’est vers 11h30 que j’ai commencé à transpirer. Ça ne s’arrêterait que vers la fin de juin.
Ok, je suis parti.
J’ai été un enfant post-moderne bien élevé, batracien dans le flux, brossant mes réseaux dans le sens du poil. L’inertie a été ma nourrice et mon premier amour fut la vie hors-sol en milieu urbain. Pour moi, “habiter”, c’était “laisser sa trace dans le paysage”.
Et puis je suis parti, voir si la Terre était aussi ronde que ce que mes professeurs m’en avaient toujours dit. Désormais je peux le confirmer par l’expérience, la Terre est bien ronde. Et elle est finie surtout.
Nicolas Bouvier l’écrivait, “on pense faire un voyage, alors que c’est le voyage qui nous fait, ou nous défait”. C’est par la pratique que je suis retombé nez-à-nez avec cette pensée ronde comme la Terre.
Ce tour du monde, prolongé par un tour d’Europe, aura été un tour des amis, de la famille, de ce que je pensais savoir et surtout de ce que je ne connaissais pas encore. En d’autres mots, il aura été un tour de moi-même.
En chemin, je me suis senti me défaire de mon bagage d’hyper-mobile pressé qui se sent spectateur du monde pour, petit à petit, faire face à cette vision qui s’est imposée à moi, celle d’un “néo-terrien” patient qui se veut responsable du monde qui est.
Au cours de ces 329 jours, il me sera arrivé tout un tas de choses plus ou moins évidentes, des rencontres, des expériences, des lectures, des échanges, des impressions, des sensations, tout un tas de choses parfois difficilement partageables, tout un tas de choses qui ont sérieusement altéré mon rapport au monde.
Et en particulier mon “rôle”. Je reconnais que je n’envisageais que mon “job”, j’appréhende aujourd’hui mon rôle; ni designer ni écrivain, mais “activiste”, au sens de participer activement à l’élaboration de mon habitat.
Les fondations de cet habitat sont une prise de responsabilité vis-à-vis des mondes que nous habitons, le naturel, l’urbain ou le numérique. Il m’a fallu reconnaître qu’ils ne nous appartiennent pas, il m’a fallu admettre que tout disparaîtra, que nous disparaîtrons tous, tout comme la vie.
C’en est presque libérateur de se dire que rien n’est important au final, que la vie ne fait que passer, et nous avec.
Alors!? Et après?
Après, c’est le début. Le commencement du réel, le printemps de mes envies, la découverte du respect de la vie qui me précède, celle qui existe au delà de notre ontologie “naturaliste” qui oppose nature et culture. C’est le moment de faire les choses pleinement, d’arrêter de se mentir et de ne plus laisser la peur nous contraindre. Il s’agit de prendre le temps nécessaire pour s’écouter et apprendre à se faire confiance, à soi et aux autres. C’est l’heure de se donner les moyens d’élaborer un habitat qui nous libère plus qu’il ne nous astreint, d’expérimenter des modes de vie qui minimisent notre empreinte et assurent ainsi notre indépendance vis-à-vis d’un futur chaotique, de concevoir un lieu de production locale d’autarcie partagée. Après le mythe du mobile home, du electronic cottage, puis de la cabane légère, voici celui de la ferme, un lieu de production et de transformation.
Avant de signifier l’isolement, l’autarcie est synonyme de frugalité et de sobriété. Elle permet de gagner en indépendance tout en renforçant le collaboratif. Elle n’existe ni à l’échelle individuelle, ni à l’échelle globale ; elle est multiple et est viable à l’échelle réticulaire.
L’enjeu de cette autarcie en réseau consiste à prendre conscience de son rôle au sein de chacun des réseaux où nous sommes inscrits, comme notre famille, nos amis, notre voisinage, notre nation, notre travail, notre consommation, nos déplacements, nos réseaux sociaux, … puis d’œuvrer à ce que ces réseaux deviennent vecteur d’autarcie.
Voilà le rôle que je désire aujourd’hui, je le nomme “néo-terrien” ; “terrien” est le terme qu’emploient le marin ou le nomade pour parler de celui qui habite là. Et voilà ma mission pour mon retour à Paris, élaborer un habitat de ce type que je nomme une “ferme”, un lieu de production locale d’autarcie.
Ik ben een Rotterdamer.
Je suis un gars de Rotterdam. La preuve en est que je redouble de créativité pour composer mes sandwichs de petit-déjeuner ; les meilleurs combo étaient : concombre, pomme, jong belegen, madame Jeannette, épaule fumée entre deux tranches de pain complet et salade d’œuf, poulet fumé, ruccola et pincée de poivre, entre deux tranches de pain au tournesol.
Je me suis aussi senti Rotterdamer en bravant les giboulées incessantes et en me perdant dans Container City. Ici les bourrasques me tiraient par le bras, et faisaient siffler la ville et claquer les battants. Et une banlieue de containers entreposés, bringuebalés de remorque en navire et vice et versa. De l’autre côté du port, entre les pieds d’autres grues et à l’emplacement d’anciennes voies de chemin de fer, poussent désormais tout ce qu’un fermier réussi à faire croître sur ces terres polluées. La ferme donne sur un restaurant, où ils font leur pain et tout le reste aussi. Il y a de la paille, il y a de la bière, c’est Rotterdam.
Et toujours plus Rotterdamer en allant discuter avec le gars qui a eu l’idée de lancer Grannys’ Finest ; des grands-mères mises en reseau et sollicitées pour tricoter. Plus de 100 se réunissent désormais toutes les semaines et leur production est très cotée! Ou encore en face du Lucht Singel, un pont entièrement auto financé par les riverains ; chaque donateur a son nom sur le pont. Ils sont fiers d’être de Rotterdam.
Ou encore les autres jours où j’ai passé mon temps studieux à la bibliothèque du Nerderland Architectuur Institut, à fouiller dans leur collection de livres impressionnante. Ou bien quand je me suis rendu au Berlage Institut à Delft pour une conférence, et que j’en suis revenu à pied en suivant tout simplement le Rotterdamweg (la voie de Rottedam).
Ou encore en rentrant à la maison en passant par Delfthaven, et tomber en admiration devant un moulin qui tourne et qui moud depuis 300 ans. Il faisait calme sur ce chenal, un des rares qui n’ait pas été bombardé en 45, quand j’ai entendu le murmure des pâles qui couraient en rond à vive allure. Ce moulin fendait l’air de ses 4 bras et transformait l’invisible en visible, le vent en mouvement. Avec ses poulies, ses bardages et des cordages, je croyais me trouver en face d’un navire de brique et de bois, une machine amarrée sur sa jetée, le museau toujours collé au vent.
Rien n’enlèvera le fait que j’ai merdé aux yeux des Rotterdamers je crois, en n’allant pas à l’International Film Festival de Rotterdam. Il paraît que c’est la seule occasion pour laquelle les Amsterdamois daignent se rendre à Rotterdam. C’est dire que la sélection du festival se doit d’être raffinée! Car sans ça, Amsterdam l’authentique et l’historique ne veut pas entendre parler de Rotterdam l’éclectique et la post-moderne. Le territoire de cette ville s’avère être un tissu aussi hétéroclite que celui de Berlin aujourd’hui.
Dans le train qui m’emmène de Rotterdam au Zeeland, j’oublie le macadam et je reste épaté un moment par cette campagne tirée au cordeau. D’ordinaire, ce sont les pilonnes de la caténaire qui donnent le rythme du voyage. Ici, les champs, les clôtures, les canaux battent aussi la mesure. Les plantations, les serres, les vergers aussi battent la mesure. Même les moutons et les cheveux au pré semblent un instant entre aussi bien élevés que la Nature hollandaise, se plier à la cadence et occuper efficacement l’espace disponible.
Dehors vélos piétons voitures scooters se font des politesses. Depuis presque deux semaines, il fait -10° chaque nuit. Les Hollandais que je croisent ont tous, dans un coin de leur tête, une paire de patins à glace de prête. Tous attendent impatiemment que les canaux soient gelés. À la télé, il y eut même cet expert qui donnait son point de vue l’état de la glace, et sous les regards attentifs, le voilà qui passa à travers la glace encore trop fine et finit dans l’eau! Il est devenu une icône dans la minute. Tout comme ce maire ingénieux, qui, dans un petit village du Nord, a loué un hélicoptère pour voler bas au dessus des canaux et souffler d’un seul coup toute la neige accumulée sur la glace. Rien ne les arrête.
En ville, aux pieds des façades centenaires, je déambule entre patinoire et gadoue. Autour, il y a des corps contrits au galop, et le temps qui passe avec les yeux fermés. Dans ce pays tout plat, dés qu’il y a un talus ou un remblais, il y a des luges qui tirent le maximum de ce bout de pente. Et dés qu’il y a une marre ou un bassin gelé, il y a des gamins en patin qui griffent la glace avec plaisir. Des vélos quadrillent l’espace, un tram bouscule le chaos. Ma bière me réchauffe ce soir. Le jour a pris le large. La nuit est à marée basse. Les mollusques rentrent chez eux.
Puis, arriva ce matin, un soleil qui s’étire et voilà la neige qui se retire. Cette limace de givre laisse une bave déglacée. Apparaît alors un vert cramoisi et labouré, gorgé d’eau et de printemps bientôt.
Ces derniers jours, entre Rotterdam, Amsterdam et Almere, j’ai rendu visite à des amis. En les suivant, j’ai découvert leurs vies de famille et leur vie de studios, dans leurs “creative factories”. Il y a là l’inventivité et le savoir-faire de designers inspirés, il y a aussi les questions honnêtes que se posent les familles ouvertes. J’ai été aussi marqué en retrouvant le regard perçant de certains Hollandais, celui de ceux qui tentent de mettre à jour leur interlocuteur, car celui-ci n’a rien à cacher. Dans la culture protestante, c’est une des qualités attendues de la vie commune: “tout mettre sur la table et en discuter”. Cette injonction est parfois déconcertante, mais reste un gage d’efficacité pour trouver des solutions innovantes.
Au cours de mes rencontres ces derniers mois, je réalise aussi que certaines personnes ne sont pas fascinées par mon aventure - et c’est bien normal - quand d’autres a contrario sont tout bonnement subjuguées. Certaines fois, comme lors de cette soirée au studio Marcel Wanders où j’étais entouré d’un fan club de 3 nanas qui buvaient mes paroles, c’en est presque mystique. L’une d’entre elle, une Polonaise, alla par exemple jusqu’à me dire qu’elle percevait, émanant de moi, quelque chose comme une aura de sagesse! … Elle devait parler de ma touffe de cheveux, je ne vois que ça…
N’empêche, j’avais bien l’impression de vivre quelque chose comme une catharsis, une dont je me retrouverais l’acteur principal malgré moi. Les personnes avec qui j’ai ressentie ça se sentent toutes un peu emmaillotées dans les mailles de leur professionnelle ou personnelle, coincées et fantasmant un nouveau départ. J’imagine que je représente pour elles cette possibilité d’une île.
Quand je bossais sur Super-Marmite à côté d’Axance, je me souviens être alors heureux de trimmer comme un âne. 5 mois de 8h à 2h du mat’, semaine et week-end, c’était intense, je produisais et j’apprenais en même temps. Je me souviens d’un lundi, arriver chez Axance et mon ordi qui ne démarre plus ; j’avais encore des milliards de trucs à faire évidemment. Mon patron pris mon ordi, le clôna, m’installa un ordi neuf et zou, y’avait plus qu’à attendre. Pendant ce temps, je me mis sur autre ordi et travailla à partir de mes fichiers stockés en ligne. Je me souviens d’être en flux tendu, pas une seconde à moi, un emploi du temps optimisé au maximum pour pouvoir tout délivrer à temps. Je me souviens surtout du moment, où mon patron vint me voir pour me rassurer et me dire que mon nouvel ordi serait prêt dans peu de temps, parce qu’à ce moment-là, quand il était venu me dire ça gentiment, j’ai vécu cette information complémentaire comme une goutte d’eau qui ferait déborder un vase: moi. Je me rappelle le regarder, lui sourire pour le remercier, tout en étant incapable de lui parler parce qu’à j’avais un gros sanglot coincé en travers et les larmes aux coins des yeux. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait ; à l’écrire maintenant, je crois que j’étais proche de ce qu’on appelle un “burn-out”…
C’était début 2011, ni Axance ni Super-Marmite n’étaient fautifs, je m’étais mis dans cette situation tout seul. Partir autour du monde début 2012, prendre ce temps pour moi, n’a pas été une décision facile à l’époque, mais je ne la regrette pas, évidemment. Je suis bien content d’avoir réussi à m’extraire un moment de tout ça, “ça” n’étant pas les projets, les collègues, le boulot, etc, “ça” étant cette obligation que je me mettais à réussir du premier coup. Non, je crois que je n’ai plus besoin de réussir du premier coup et qu’en revanche, j’ai des envies à suivre histoire de voir ce que je peux en faire.
Un an. Je me sens rajeuni. Je suis parti mi-mars 2012, j’avais 32 ans. J’ai un an aujourd’hui. Il y a un an hier, je posais le pied à Mumbai pour la première fois, à 9h du matin, retrait de roupies, taxi prépayé, et 45 minutes de trafic les fenêtres ouvertes pour arriver chez Anjali. Thé, chapatti et sambhar, présentations et premières histoires de l’Inde. Avant midi je prenais un taxi qui m’a pris pour un touriste, m’a lâché à Dadar Station en me disant que c’était le même prix que pour la Central Station. J’étais en jean’s et basket, et c’est vers 11h30 que j’ai commencé à transpirer. Ça s’est arrêté 3 mois plus tard.
Depuis un mois maintenant, chose étrange, je vois toujours la même vue à mon réveil ; un carré de ciel parisien, blanc ou parfois bleu, accroché 3,5m au dessus de ma tête ; les palmes graciles d’un palmier de Belleville ; devant moi, c’est-à-dire sous mes pieds quand je suis encore allongé, un mur en béton, devant lequel se détachent trois branches faméliques, et au-delà duquel se dressent une antenne télé et le profil d’une tour d’habitation. Au bout de ce mur qui se termine en corniche, au milieu de ce ciel coupé en deux squattent là un clan de pigeons ; ils se réveillent, se toilettent et contemplent le bitume au pied du béton. Je suis un pigeon voyageur en escale à Paris.Ici, j’ai revu des amis, je n’ai pas réussi à les voir tous encore. Je continue ma tournée à pied et j’aime bien ça. Marcher et regarder. Mais même si je sors, je rencontre moins de monde ; c’est qu’ici, n’ayant plus l’habit anonyme du voyageur, j’ai perdu avec lui le sourire plein de providence. Un peu malgré moi aussi, je retrouve mes habitudes de chargé de projet ; objectif à valider, périmètre d’intervention, échéancier des étapes, planning d’équipe, compte-rendu de réunion et suivi de tout ça. C’est que je glisse comme un gant dans cette position laissée vacante, là où je suis attendu.À l’heure où j’écris ces lignes, dans l’aquarium vide de la ville, c’est l’heure des piafs de primaire. Quartier libre pour gambader et piailler tant qu’ils le peuvent. Ils ont une permission de 15 minutes, après, retour à la règle.Un an. Un peu plus de 6 mois autour du monde, 1 petit mois de passage à Paris, 3 mois et demi de rab en Europe, et de nouveau 1 mois à Paris. 365 jours ici et là, 90 000 kilomètres, des tonnes de poussières et des colliers de sourires. 8 carnets de route, 17 stylos épuisés, 3 paires de godasses vidées, et quelques jolies images dans tout ça. J’écris un peu moins régulièrement ; je crois que ce n’est pas dû aux matins pareils, plutôt au fait de voir des amis, et d’avoir ainsi des occasions de raconter mon ressenti, sans avoir à le coucher par écrit. Quand je vois tout ce que j’ai appris en 12 mois, j’ai l’impression d’avoir fait un Master Pro de la vie. Mais même avec ce diplôme, je ne sais pas encore très bien comment m’y prendre pour marier “voyage” et “sédentarité” ; je vois juste que le résultat n’est pas “mobilité”. Peut-être davantage un “nid”…Parfois aussi, je sens bien que je fais office de doux illuminé ; n’étant pas pressé de gagner des sous ou de payer un loyer, je suis le rêveur chevelu à qui il faut laisser le temps d’atterrir. C’est qu’il y a une crise ici, bordel de merde. Il faut être aveugle ou sourd pour ne pas voir et entendre ce que les médias ressassent. Ou bien il suffit de faire l’idiot et se demander comment reprendre à zéro. Après mon diplôme auto-décerné, je suis en train d’écrire mon mémoire. C’est histoire de valider mes acquis. Ce travail me permet de réaliser doucement le chemin parcouru, mais aussi et surtout, de voir que mon regard s’est ouvert progressivement, de me rappeler ainsi que dans quelques mois, je verrai le monde encore différemment. Rien n’est pérenne ; c’est peut-être pour ça aussi qu’on passe nos vies à se consolider les routines, histoires que nos châteaux de sables ne s’en aillent pas avec la marée.Ce mémoire doc, c’est un peu l’histoire d’un corsaire, qui raconte son périple intérieur, au creux des paysages de questions et voguant de rencontre en rencontre. Il explique qu’il voulait simplement partir pour vérifier que la Terre était bien ronde, et puis en revenir. Mais voilà, il voit bien qu’aujourd’hui qu’il n’en revient toujours pas. Pas dans le même état en tout cas.Il repense à certaines personnes qu’il a connues durant cette épopée microscopique, celles avec qui il partageait cette sensation d’un avant et d’un après, d’une claque de la vie, d’une prise de considération vis-à-vis de soi-même. La différence est que ces personnes avaient traversé des épreuves difficiles, comme un décès, un divorce ou une maladie ; pour lui, ça avait été une savoureuse révolution terrestre. Cette petite différence fait qu’à ces personnes il est convenu d’accorder de la déférence ; “c’est clair qu’un événement aussi lourd, ça te change, ça ne sera plus la même personne”. Au cours de mes retrouvailles parisiennes, cette déférence ne m’a que rarement été accordée, juste un soupçon d’amusement, “il n’a pas encore repris pied dans la réalité celui-là”. C’est sûr qu’un voyage est plus commun qu’un divorce, on en fait 3 par an en moyenne ; mais mon voyage n’en est plus un, c’est un deuil, une rupture, une convalescence, un nouveau départ.Rien de grave, je vous rassure, juste des envies de me faire un habitat, qui ne soit pas qu’un simple pavillon imbriqué dans les réseaux de consommation ; télé, supermarché, voiture, frigo, poubelle et tout à l’égout. Avant après? Aucune idée. Non, j’aimerais bien m’inscrire dans un terreau de réseaux locaux et cultiver ce terroir pour monter quelque chose comme une ferme, un lieu d’habitation imbriqué dans les réseaux de production ; ordinateur (calcul, calendrier, …), générateur, machines, préparation et stockage, recyclage et compost. Ni veau, ni vache, ni cochon, je laisse ça à Pérette.Avec Agathe par exemple, on expérimente côté cuisine ; après 30 ans de céréales, on se réinvente un petit déjeuner local et de saison ; on s’est fait une semaine de compost, un semaine tient dans un sac de course ; on se pose des questions des éléments de l’habitat sur lesquels jouer, d’autres stockages que le frigo, des espaces de transformation. Samedi dernier, j’ai participé aussi à la préparation d’un potager sur les toits, bientôt on se fait les semis ; mon père hier m’expliquais comment garnir un balcon histoire d’accueillir la faune urbaine (ça me rappelle un projet de diplôme de l’ENSCI) ; je me documente, et je continue de me lier avec OuiShare et les acteurs de l’économie collaborative ; le nombre colossal d’initiatives me facilite le travail. Le résumé sera dans ce “mémoire de Corsaire”, et il est bientôt prêt.La ménagerie d’à côté retentit de son horrible sonnerie, la rigolade c’est fini. Il est temps de rentrer dans le rang et ouvrir son bec à la bouillie académique. Il paraît qu’il n’y a que ça de vrai pour grandir.
The German government is carrying out a rapid expansion of renewable energies like wind, solar and biogas, yet the process is taking a toll on nature conservation. The issue is causing a rift in the environmental movement, pitting “green energy” supporters against ecologists.
Ou comment l’on trouve aujourd’hui les traces de nos croisements entre les différentes espèces humaines. Il ne reste aujourd’hui qu’Homo Sapiens, mais certains Homo Sapiens portent au cœur de leur ADN des bouts d’autres espèces d’hominidés.
How was it to be 9 years old in 1900… Still so impressive to see these people playing and jumping from the “Moving Boardwalk” in Paris expo 1900. Driving & Walking Around the Cities in the Beginning of 20th Century (Videos) « Curious Eggs Curious Eggs)
Ce matin, je publiais à la va-vite sur ce blog deux commentaires issus d’un article du NewYorkTimes qui relatait la décision de Yahoo! de mettre fin à la possibilité de travailler depuis son domicile.
Jackie Reses, director of human resources at Yahoo:
“Some of the best decisions and insights come from hallway and cafeteria discussions, meeting new people and impromptu team meetings. Speed and quality are often sacrificed when we work from home.”
Et Colin Gillis, an analyst at BGC Partners:
“Marissa’s trying to increase the energy and output and change the culture of the company,” he said. “She brings all the Google lessons to the table, and Google is very focused on having your life revolve around their campus so you can spend a significantly larger chunk of time at work.”
PS : je pense davantage à la question des “Home Factories” de Jérémie Rifkin dans The Third Industrial Revolution que le “Electronic Cottage” de Alvin Toffler dans The Third Wave.
“Some of the best decisions and insights come from hallway and cafeteria discussions, meeting new people and impromptu team meetings. Speed and quality are often sacrificed when we work from home.”
“Marissa’s trying to increase the energy and output and change the culture of the company,” he said. “She brings all the Google lessons to the table, and Google is very focused on having your life revolve around their campus so you can spend a significantly larger chunk of time at work.”
there are obvious problems with applying the traditional library model to ebooks; but there are also very good reasons for retaining libraries. They are not just places to read books, they are public spaces providing a range of services. These are essential to people on lower incomes, beneficial to all, and they are adjusting to different roles. Amsterdam’s Central Library, a magnificent building, the largest of its kind in Europe, opened in 2007, and emphasises the library as a space to work, think and connect. Books, while plentiful, could be secondary here: as much work is done by visitors online – spread across floor after floor of well-lit and well-connected desks and comfortable chairs – as with the collection.
Le géant du commerce en ligne Amazon introduira une monnaie virtuelle pour acheter des applications et des jeux sur sa tablette Kindle Fire à partir du mois de mai. Ce nouveau dispositif vise à concurrencer le Playstore d’Android et l’Appstore d’Apple. L’entreprise de commerce électronique américaine Amazon annonce, mercredi 6 février, la création d’une monnaie virtuelle pour sa tablette Kindle Fire à partir du mois de mai 2013. Dans un premier temps, les pièces Amazon ne seront disponibles qu’aux Etats-Unis. Utilisées pour acheter des jeux, des applications ou encore des services et objets à l’intérieur de ces logiciels, la monnaie d’Amazon est facile à convertir : un dollar équivaut à 100 pièces Amazon. Conçue pour donner un moyen facile de dépenser de l’argent aux utilisateurs du Kindle Fire, cette nouveauté va permettre aux développeurs d’applications de monétiser davantage leurs produits, explique le groupe de distribution en ligne. Pour promouvoir sa monnaie et encourager les développeurs, Amazon a promis des dizaines de millions de dollars de monnaie virtuelle à ses clients. Au moment du lancement, seules les applications approuvées par le magasin en ligne du groupe d’ici le 25 avril pourront être téléchargées. Elena Bizzotto (via Amazon lance sa monnaie virtuelle en mai)
Ok, je suis parti.
J’ai été un enfant post-moderne bien élevé, batracien dans le flux, brossant mes réseaux dans le sens du poil. L’inertie a été ma nourrice et mon premier amour fut la vie hors-sol en milieu urbain. Pour moi, “habiter”, c’était “laisser sa trace dans le paysage”.Et puis je suis parti, voir si la Terre était aussi ronde que ce que mes professeurs m’en avaient toujours dit. Désormais je peux le confirmer par l’expérience, la Terre est bien ronde. Et elle est finie surtout.
Nicolas Bouvier l’écrivait, “on pense faire un voyage, alors que c’est le voyage qui nous fait, ou nous défait”. C’est par la pratique que je suis retombé nez-à-nez avec cette pensée ronde comme la Terre.
Ce tour du monde, prolongé par un tour d’Europe, aura été un tour des amis, de la famille, de ce que je pensais savoir et surtout de ce que je ne connaissais pas encore. En d’autres mots, il aura été un tour de moi-même.En chemin, je me suis senti me défaire de mon bagage d’hyper-mobile pressé qui se sent spectateur du monde pour, petit à petit, faire face à cette vision qui s’est imposée à moi, celle d’un “néo-terrien” patient qui se veut responsable du monde qui est.
Au cours de ces 329 jours, il me sera arrivé tout un tas de choses plus ou moins évidentes, des rencontres, des expériences, des lectures, des échanges, des impressions, des sensations, tout un tas de choses parfois difficilement partageables, tout un tas de choses qui ont sérieusement altéré mon rapport au monde.Et en particulier mon “rôle”. Je reconnais que je n’envisageais que mon “job”, j’appréhende aujourd’hui mon rôle; ni designer ni écrivain, mais “activiste”, au sens de participer activement à l’élaboration de mon habitat.
Les fondations de cet habitat sont une prise de responsabilité vis-à-vis des mondes que nous habitons, le naturel, l’urbain ou le numérique. Il m’a fallu reconnaître qu’ils ne nous appartiennent pas, il m’a fallu admettre que tout disparaîtra, que nous disparaîtrons tous, tout comme la vie.
C’en est presque libérateur de se dire que rien n’est important au final, que la vie ne fait que passer, et nous avec.Alors!? Et après?
Après, c’est le début. Le commencement du réel, le printemps de mes envies, la découverte du respect de la vie qui me précède, celle qui existe au delà de notre ontologie “naturaliste” qui oppose nature et culture. C’est le moment de faire les choses pleinement, d’arrêter de se mentir et de ne plus laisser la peur nous contraindre. Il s’agit de prendre le temps nécessaire pour s’écouter et apprendre à se faire confiance, à soi et aux autres. C’est l’heure de se donner les moyens d’élaborer un habitat qui nous libère plus qu’il ne nous astreint, d’expérimenter des modes de vie qui minimisent notre empreinte et assurent ainsi notre indépendance vis-à-vis d’un futur chaotique, de concevoir un lieu de production locale d’autarcie partagée. Après le mythe du mobile home, du electronic cottage, puis de la cabane légère, voici celui de la ferme, un lieu de production et de transformation.
Avant de signifier l’isolement, l’autarcie est synonyme de frugalité et de sobriété. Elle permet de gagner en indépendance tout en renforçant le collaboratif. Elle n’existe ni à l’échelle individuelle, ni à l’échelle globale ; elle est multiple et est viable à l’échelle réticulaire.
L’enjeu de cette autarcie en réseau consiste à prendre conscience de son rôle au sein de chacun des réseaux où nous sommes inscrits, comme notre famille, nos amis, notre voisinage, notre nation, notre travail, notre consommation, nos déplacements, nos réseaux sociaux, … puis d’œuvrer à ce que ces réseaux deviennent vecteur d’autarcie.Voilà le rôle que je désire aujourd’hui, je le nomme “néo-terrien” ; “terrien” est le terme qu’emploient le marin ou le nomade pour parler de celui qui habite là. Et voilà ma mission pour mon retour à Paris, élaborer un habitat de ce type que je nomme une “ferme”, un lieu de production locale d’autarcie.
Mais sa formation de philosophe et de psychanalyste l’amenait à poser les problèmes relatifs à l’autonomie d’un point de vue simultanément politique, historique et psychologique. Ce ne sont pas seulement des conditions socio-économiques mais aussi l’avènement d’une nouvelle mentalité, « d’une nouvelle structure socio-psychique » qui sont « les conditions nécessaires à la production d’une société nouvelle »22.
« L’imaginaire institué » a donc toujours pour fonction d’introduire des valeurs et interdits –correspondant à ce que Freud appelait, dans « Malaise dans la civilisation » le « surmoi » collectif. Castoriadis le distingue d’un « imaginaire instituant », correspondant à une vie fantasmatique, individuelle et collective, -apparaissant lors de crises historiques et politiques, voulant mettre en question les institutions et mœurs estimés sclérosés du passé.
L’autonomie rêvée en ce début de XXI siècle apparaît être fonction d’une remise en cause d’institutions ; cherche-t-on juste à gagner en autonomie face à ces institutions qui ont perdu en crédibilité?
Il ne peut exister de société constituée sans un imaginaire collectif, sans ce que Castoriadis appelle « les significations imaginaires sociales »2 ; ce sont elles « qui tiennent une société ensemble », telles que « le tabou, le totem, Dieu, la polis (la cité), la nation, le parti, la citoyenneté, la vertu, ou la vie éternelle »3. Dans toutes les sociétés, quels que soient leurs niveaux d’autonomie et d’hétéronomie, en fonction de l’exigence d’intégration des individus dans le collectif, il y a nécessité d’intériorisation de valeurs et d’interdits communs, pour donner sens aux institutions et aux moeurs. De toutes façons, l’unité exige que soit affirmé « un bien commun quelconque ». « Ces significations sont essentiellement imaginaires, -et, non pas rationnelles, fonctionnelles, ou reflets de la réalité,-… elles ne peuvent être effectives et effectivement vivantes qu’aussi longtemps qu’elles sont fortement investies et vécues par des êtres humains »4. Et elles ont pour fonction de dompter, de maîtriser l’imagination radicale qui, dans la vie psychique, tend toujours à transgresser les normes communes. Les significations imaginaires sociales sont des formations se référant à des idéaux transcendants, et elles sont l’un des fondements les plus puissants du sentiment d’identité.
Castoriadis et les Commons.
L’homme, selon Castoriadis, est un être « social-historique », étroitement dépendant de son milieu toujours conditionné par ce qu’il nomme « l’infra-institué » (il n’a choisi ni la date ni le lieu de sa naissance, ni sa famille). Mais il possède aussi une capacité d’auto-altération du moi, en relation avec les transformations de la collectivité : c’est affirmer que sa volonté d’autonomie est fonction de l’évolution, de l’histoire de la collectivité à laquelle il appartient, et aussi de son aptitude à s’auto-altérer lui-même, à se transformer en devenant un sujet actif, -particulièrement lors des crises et mutations historiques. Alors que pour la philosophie classique, et Kant, l’autonomie est conçue comme un rapport de l’individu avec lui-même ; c’est une affaire intérieure. D’autre part, selon Kant, l’autonomie est considérée d’un point de vue intemporel, et suppose que tous les hommes soient doués de raison et surtout que le sujet, comme il le souligne dans « Qu’est-ce que les Lumières » ait le courage de se servir de son propre entendement et de son jugement. Castoriadis récuse l’idée selon laquelle c’est exclusivement la raison qui soit le pôle central de l’autonomie.
l’apparition, en Occident du moins, d’une civilisation qui est désaffiliée, délocalisée, mondialisée. La civilisation n’est plus pensée en référence au sol. Elle est déterritorialisée. Le temps n’est plus où le laboureur pouvait transmettre en héritage à ses enfants la terre des ancêtres. Désormais, le sol ne fait plus autorité. Le sol n’est plus un sol reçu et imposé. Il sera un sol choisi. Et voici le « rurbain » ou l’individualiste contemporain animé d’une quête effrénée de racines et d’un sol retrouvé. Telle est la fièvre généalogique. La question « D’où es-tu ? » ne serait donc pas alors désuète, mais formulée autrement : « D’où revendiques-tu d’être, d’où veux-tu être ? » Le rapport au sol revendiquera donc d’être individuel, et non plus communautaire.
Le rapport au sol engendre donc différentes manières de s’y penser et de s’y vivre. La première ligne de fracture sépare les civilisations de la trace et les civilisations du passage. Les premières investissent le sol pour y demeurer ; les secondes vivent le sol comme un itinéraire. Les premières seront agricoles ou industrieuses ; les secondes seront pastorales et voyageuses. Les premières seront obnubilées par la mémoire, manifestant un goût pour les antiques ; les secondes seront travaillées par la géographie, le vagabondage et l’errance. De ces dernières — pensant aux Gitans ou à ceux que l’on désigne aujourd’hui comme des Roms —, Gilles Deleuze a pu dire : « Ils ont une géographie mais pas d’histoire. » Les premières, au contraire, ont fait de l’histoire leur grand mythe. Le sol encourage ainsi un culte du souvenir, un amour du patrimoine (patrie, terre propre).
Sergey Brin testing (or promoting) the usage of Google Glasses in the NYC Subway, spotted by Noah Zerkin
La beauté de la pensée de Pierre Rabhi sauvera le monde.
TEDxParis 2011 - Pierre Rabhi - Y a-t-il une vie avant la mort ? (by TEDxTalks)
Et voilà le second tome, mon carnet de bord entre Hongkong, la Chine du Sud Ouest, Tokyo et la Corée du Sud. Il est gratuit en ce moment, alors profitez-en ! Ou faites-en profiter vos amis chanceux propriétaires d’iPad !
(et n’hésitez pas à laisser vos avis et commentaires, positifs ou négatifs, je prends tout)
Bonne lecture!
Ancienne ministre de l’environnement du président Lula et ex-membre du Parti des travailleurs (PT), Marina Silva a lancé à Brasilia, samedi 16 février, un nouveau parti politique appelé “Réseau durable”.
Devant plusieurs centaines de militants, celle qui avait obtenu, contre toute attente, 20 millions de voix au premier tour de la présidentielle de 2010 après avoir rejoint le petit Parti Vert (PV), a affirmé vouloir faire de la politique “autrement”, utilisant notamment les réseaux sociaux.
A 55 ans, l’ancienne sénatrice n’a toutefois pas annoncé si elle allait être à nouveau candidate en 2014. Née dans une famille très pauvre de l’Etat amazonien d’Acre, Marina Silva s’est battue pour la préservation de l’Amazonie aux côtés de Chico Mendes, défenseur de l’Amazonie assassiné en 1988.
Professeure d’histoire, proche des milieux marxistes à l’université, elle a milité contre la dictature militaire. Conseillère municipale, puis membre de l’assemblée législative locale, elle est devenue à 35 ans la plus jeune sénatrice de l’histoire du Brésil.
GRANDE RECTITUDE MORALE
Ministre, elle parvient à réduire le rythme du déboisement de l’Amazonie. En revanche, face à l’agrobusiness, elle n’arrive pas à s’imposer contre l’expansion du soja transgénique. Estimant que Luiz Inacio Lula da Silva ne la soutient suffisamment pas sur plusieurs dossiers, comme les barrages hydroélectriques et les agrocarburants, Marina Silva claque la porte du gouvernement le 13 mai 2008. Elle est remplacée le lendemain par le géographe et environnementaliste Carlos Minc. L’année suivante, elle quitte la formation du président.
Personnalité autant complexe qu’attachante, elle est une des rares personnalités afro-brésiliennes de la scène politique. Socialement conservatrice et politiquement progressiste, elle renvoie l’image d’une militante infatigable de la cause écologique, guidée par une grande rectitude morale.
Arrivée troisième, avec près de 20% des voix, à l’élection présidentielle de 2010, Marina Silva n’avait pas donné de consigne de vote pour le deuxième tour, remporté par Dilma Rousseff. A la mi-janvier, elle a affirmé que les dirigeants du PT n’étaient pas “imbattables”.
Hello amis lecteurs,
entre mon retour du Brésil et avant mon re-départ vers la côté Ouest (celle de France), j’ai pris le temps de compiler des textes de ce blogs et d’y ajouter des photos, des vidéos et des conseils pratiques pour produire ce premier tome sur l’Inde. À venir, la suite à propos des autres pays d’Asie par lesquels je suis passé et ceux d’Amérique du Sud.
Bonne lecture !
Marc
(via iTunes - Books - Inde by Marc Chataigner & Myriam Magra)
Two fascinating projects by Joe Malia and aimed at exploring design for the “computer obsessive”: a “computer hood” and a “scarf/Playstation tunnel”, to “facilitate an amplified engagement between user and the computer, secluding them in a digital enclosure where the outside world is a memory and attention undivided”.
msg:
World map of the most visited websites
If you are wondering why Facebook owns a big part of Africa its prob because of the partnership with carriers which provided free access to facebook in 2010 called Facebook Zero . Which provides consumers free usage to facebook with no need to pay for data usage to carriers.
found via @timoreilly
“We must shift America from a needs- to a desires-culture. People must be trained to desire, to want new things, even before the old have been entirely consumed. […] Man’s desires must overshadow his needs.” — Paul Mazur (Lehman Bros, ca.1930)
Samedi dernier, je me suis rendu à la conférence On Off Mix - SHARE, à propos de l’économie du partage vue depuis Séoul. C’était la première du genre organisée par Seokwon Yang (@ejang), fondateur de l’espace de co-working Co-op à Seoul. (et malheureusement je n’aurais pas l’occasion de passer les…
Bruce Sterling, auteur de science fiction et analyste fin de l’impact des TIC sur notre monde en a résumé l’impact en deux phrase prononcées à Belgrade (et que vous pouvez voir dans cette fabuleuse vidéo). Une simple constatation d’abord : “Il y a plus de téléphones mobiles dans le monde que de gens qui ont des brosses à dents.” Suivie de tout un programme : “C’est une industrie pour les jeunes, c’est une industrie pour les pauvres. Elle donne du pouvoir aux jeunes et aux pauvres et c’est pour ça que cette décennie ne ressemble à rien d’autre.
À lire et relire des articles sur ce mouvement émergent, ou à écouter des interviews ou des reportages, toujours reviennent inlassablement les “3 arguments” phares pour expliquer ce en quoi cette nouvelle économie du partage a un avenir radieux. Pour les résumer, ces trois explications sont:
1….
Kochi, Kerala
Rencontré Sijo George, un self made man qui a monté avec des amis du collège un boîte de digital design Mob M E. Ils conçoivent et développent des applications sur toutes les plate-formes. À la suite de ça, il est reparti faire un MBA pendant 2 ans et a bossé chez Deloitte, où il a commencé à appréhender les négociations et les discussions avec les grandes firmes tout autant qu’avec les gouvernements locaux. Et surtout apprendre à faire en sorte que les uns communiquent avec les autres même s’ils ne parlent pas le même langage.
Sijo cherche à faire un autre MBA, si possible à l’étranger, pour continuer à tisser un réseau international. Selon lui, un entrepreneur ne doit pas faire de MBA, car on y apprend la diversité alors qu’un engreneur, pour sortir son idée, doit se concentrer, voire jusqu’à sortir de la réalité pour en créer une nouvelle. Lui, de son côté, ne se conçoit pas comme un entrepreneur, mais plutôt un professionnel qui œuvre à mettre en place et développer les eco-systèmes propices à l’émergence et à la croissance des startups. Et pour lui, un MBA est tout à fait approprié.
Pour que son MBA soit porteur, il me dit qu’il faut partir en se disant que le MBA ne lui apportera rien. Et en partant de ce principe, il ira assister au maximum de cours, pour chercher quelque chose qui l’intéresse, et se faisant, il aura l’occasion de réfléchir ou penser en dehors de ses schémas habituels, ceux que l’on se construit par l’expérience et qui sont autant un tremplin pour avancer qu’un carcan qui nous empêche de voir de façon nouvelle. La diversité des profils et la diversité des expertises sont selon lui clé pour voir fleurir des projets innovants.
Pour monter le Startup Village, c’est Mob ME qui a tenté d’intéresser le gouvernement de l’état du Kerala en 2004, pour que celui-ci en 2009, à la suite le prise de position du gouvernement central à propos de l’innovation, a commencé à s’intéresser de prêt au sujet. Un recteur d’université avait des idées assez claires là dessus, et à partir de 2010, le projet public privé était cofinancé par les deux entités. Les deux dernières années ont été allouées pour trouver les locaux, trouver des investisseurs, monter le programme d’incubateur, trouver des mentors, …
Et hier, à l’inauguration officielle, il y avait entre autre Kris Gopalakrishnan, CEO d’infosys, une puissance entreprise indienne d’informatique. Sijo m’explique que le plus dur est d’être “introduit” ; pour réussir à parler ou rencontrer la paonne que l’on souhaite, il faut être présenté par un intermédiaire qui se porte garant de notre sérieux. Ensuite le travail de conviction reste à faire, mais la première introduction est clé. Et à cela il faut ajouter de la persévérance évidemment, pour se rapprocher petit à petit des personnes qui nous intéressent.
Pour faire tourner un incubateur, 5 à 6 personnes sont suffisantes selon Sijo. Le plus important est d’avoir des mentors qui n’apportent pas qu’un gros chèque de départ, mais qui aient du temps à consacrer aux startups. Les conseils et l’écoute de professionnels - ou tout du moins d’ainés qui ont vécus des étapes similaires dans leur développement - sont là où réside la vraie valeur d’un incubateur. Et Sijo a réussi à intéresser et motiver de grands noms de l’informatique indienne et internationale pour passer du temps à aiguiller les jeunes pousses.
Bengalore, Karnathaka
Anoj n’a pas été facile à rencontrer ; j’ai envoyé plusieurs mais, passé par plusieurs intermédiaires pour être mis en relation, cité les références que je pouvait … Et finalement, c’est en envoyant un tweet à propos d’une opération de Milaap que j’ai vu le/la Community manager me répondre et de tweet en aiguille, je me suis invité dans leur nouveaux locaux. Anoj était en plein bouclage des budgets et déclarations fiscales, mais il m’a tout de même accordé 30 minutes de son précieux temps.
Anoj et ses compères se sont rencontrés durant leurs études en Inde et Malaisie, ou durant leurs premières années de travail dans des ONG dédiées au micro-prêt pour financer l’installation de panneaux solaires. Chacun des trois avait des compétences à apporter et se sont naturellement répartis les tâches, entre le produit (le site), le financement (administratif et légal) et la communauté (et marketing). Ensemble ils fondent Milaap il y a 3 ans, Milaap signifiant en langue locale “la rencontre entre deux personnes”. Il existe d’autres services concurrents, comme Kiva ou Babyloan, mais ils n’ont pas en Inde trouvé la bonne approche de la législation, ou comme Kickstarter, qui est plus orienté sur des projets créatifs. Milaap met en relation les projets d’Indiens avec des financeurs potentiels issus des pays développés.
L’intérêt de ceux qui prêtent sur Milaap n’est pas un intérêt financier, car il n’y a pas d’intérêts sur le prêt à la clé, mais une gratification. Ils ont aujourd’hui 250 milles utilisateurs et visent 2 millions pour 2013. Aujourd’hui, ils ont davantage d’indiens proposant des projets que d’étrangers apportant des fonds à ces projets ; c’est là que se concentrent leurs principaux objectifs de développement, intéresser des brand advocate et des évangélistes. Ils ont opté pour leurs premières campagnes marketing en ligne ; jusqu’à présent, en 3 ans ils n’avaient jamais eu recours à des campagnes en ligne.
Pour les 3 co-fondateurs, le principal challenge était de recruter les premières personnes de l’équipe. Après leur premier tour de table, ils ont été obligés de recruter et de déléguer les tâches qu’ils s’étaient jusqu’à présent partagées. Chacun de ces deux aspects était problématique, tant pour trouver les bonnes compétences qui comprennent comment une Startup fonctionne, que pour apprendre à faire confiance et déléguer des tâches à une équipe. Pour cette étape clé qui est arrivée récemment dans leur développement, dans le 3ème année d’existence, le challenge était de garder le cap sans perdre si casser la dynamique et les habitudes mises en place par les 3 co-fondateurs.
Les utilisateurs que Anoj cherche à intéresse en Europe et aux USA sont principalement des femmes, jeunes actives. La quasi majorité des personnes qui ont réalisé un premier prêt l’ont réinvesti une fois le prêt remboursé. Ils ont aujourd’hui près de 3000 prêteurs et ils se donnent comme objectif de la quadrupler d’ici la fin de l’année. Les 3 avantages que propose Milaap sont qu’il ne s’agit pas d’un don, l’argent nous est rendu, que tout prêt est remboursé à terme et que celui qui prête de l’argent a une transparence complète sur ce qui est fait de cette somme. Pour se faire connaître en france par exemple, je leur proposais de monter un blog en français, pour parler du produit mais surtout des actualités du secteur, de monter des micro-events pour recruter de nouveaux prêteurs et enfin de me rapprocher de OuiShare Money pour connaître quels sont les cercles existants à Paris et en France autour de la micro-finance.
Mumbai, Maharastra
UnLtd India et le Bombay Hub - désormais renommé Bombay Connect - ne font qu’un. À l’origine sont deux personnes, un couple formé d’un anglais programmeur qui est passé de IBM à UnLtd UK avant de venir ici fonder la branche indienne, et sa compagne indienne qui s’était déjà très impliquée dans les projets à caractère social. Preeti, une anglaise de parents indiens qui m’explique l’origine du projet, m’avoue être parfois fatiguée de voir les projets avancer tout doucement en Inde, mais reste super motivée par la tournure que prennent les événements.
Ici, la petite équipe accueille et accompagne les entrepreneurs durant 3 ans, depuis l’étape de l’idée, pour passer en développement puis en scalabilité. Chaque étape courant grosse modo sur une année. UnLtd India choisit exclusivement des entrepreneurs qui ont un projet avec un fort impact potentiel et présentant une approche innovante. “impact driven & innovation driven” me résume-t-elle. Les heureux élus ont tous des projets à caractère social - éducation, slums, sida, santé, sexual abuse… - et pas forcément web ou digitaux.
Le première priorité de UnLtd India était de combler pour les entrepreneurs sociaux un gap, celui de trouver les premiers fonds, entre 50k$ et 250k$. Car ici à Bombay, un entrepreneur doit se développer seul tout au long de ces différentes étapes pour espérer aller intéresser des gros investisseurs et faire un premier tour de table à plus de 250k$. Entre le début de l’aventure et cette possible levée de fond, l’entrepreneur est seul et se finance en empruntant auprès d’amis, de proches et de la famille. UnLtd India est là pour offrir un parcours alternatif et moins périlleux, en d’autres mots, pour partager les risques.
Le Bombay Hub est la plateforme créée pour accueillir, héberger et rencontrer les entrepreneurs. L’espace de co-working permet d’être en interaction directe avec les entrepreneurs, permet d’organiser des sessions d’initiation Aayu marketing, au web, etc., ou permet aussi d’accueillir des événements avec des entrepreneurs inspirants. En 5 ans d’existence, le lieu à déjà hébergé 55 projets. L’objectif est d’atteindre les 80 projets. Parmi les projets en cours, il y a “Under The Mango Tree” ou un projet pour former des conducteurs de rickshaw.
La difficulté et le travail de Preeti est de finir des metrics précis pour suivre le développement des projets et les aider au mieux. Parmi les metrics, elle me cite par exemple en premier niveau le nombre d’emplois créés, le montant de dons additionnels que l’entrepreneur à réussi à lever, en second niveau le ressenti des porteurs de projet, le ressenti des utilisateurs ou clients, et en troisième et dernier niveau, une évaluation annuelle pour revoir les objectifs qu’ils s’étaient conjointement fixés, voir ceux qui sont atteints, ceux qui ne le sont pas et pourquoi.
Pour répondre à me demande, Preeti me donne comme conseil “know your customers”. C’est pour elle une des clés majeures pour réussir à développer un projet et le faire évoluer. Connaître ses utilisateurs/clients signifie aussi identifier quels sont les utilisateurs/clients clés, les suivre dans le temps, recueillir leurs feedbacks tout autant que leurs usages et habitudes, ou leur contexte d’usage du service. C’est un processus qui prend du temps à mettre en place, surtout quand au début d’un projet, tout porteur de projet est submergé d’informations diverses, de conseils ou de guide lines à suivre…
A look at how the panelists are connected at SXSW.
Quand MTV marie contenu et réseaux sociaux, ça donne Under the Thumb, une application lancée en mars dans sept pays européens, dont la France.
L’app développée par l’agence AKQA a été présentée au Mobile World Congress de Barcelone fin février. Elle est censée booster l’activité de téléphonie mobile du géant américain de la musique, concentrée dans sa division Mobile Brand Licensing (MBL), limitée à 2,5 millions d’utilisateurs sur le vieux continent. Disponible dans le mois sur App Store et Android Market, Under the Thumb connecte le cœur de métier de MTV -le contenu musical et vidéo- avec son activité de téléphonie. Le pont est-il solide? Il est en tout cas esthétique et bien pensé.
Le public adolescent que MTV veut séduire est bien spécifique. Le portrait robot est dressé par Ben Jones, directeur de la technologie chez AKQA dans le Guardian: «le jeune qui vit au rythme du digital, qui a besoin de contenu où qu’il soit sur n’importe quel support. Il ne regarde quasi plus la TV et consomme la majorité de son contenu visuel sur son téléphone, son ordinateur ou sa tablette».
Pour draguer ce «d’jeune» digitalisé, MTV a opté pour une application présentée comme une plateforme du futur dont le contenu reste le coeur. Avec Under the Thumb, qui présente aussi les caractéristiques d’un réseau social, l’utilisateur peut regarder des programmes à la demande. En les commentant sur le chat de l’application, il peut même le faire simultanément avec ses amis, invités à l’avance via un lien envoyé sur leur page Facebook.
Trois niveaux d’accès sont proposés. L’offre basique supportée par la publicité, baptisée «Tiny Thumb» propose des highlights de MTV, des informations sur des stars et un nombre limité d’épisodes des shows diffusés par les chaînes du groupe. La deuxième offre pour 2,99 euros par mois ou 40,34 euros à l’année, le «Super Thumb», propose plus de programmes exclusifs produits par MTV. Enfin, le dernier niveau, all access, le «Ultra Thumb Level» est uniquement destiné aux utilisateurs MBL. Il garantit la mise à disposition de tous les programmes.
Dans l’immédiat aucune sortie de Under the Thumb n’est prévue aux Etats-Unis, où MTV a déjà lancé l’application WatchWith, un modèle moins élaboré. Et ce n’est même pas dans les plans à court terme. Pauvres Américains. Pour une fois que l’Europe est en avance…
Co-Sharing Is Changing The Social Economy [Need To Know: SXSWi] @PSFK
As we all begin to look forward to the Interactive section of South By South West in March, PSFK has identified five key trends that readers should be monitoring during the festival. One of these trends we have coined ‘Co-Sharing.’ Today, a growing number of people are trading items and favors between each other. Digital technology allows anyone to find an object or service they need, when they want it, where they want it. Rather than finding these products and services at retailers or from large corporations, these items are often found in the hands of other people—sometimes neighbors, sometimes like minds a great distance away. To explore this idea further, we spoke with Daniel Hengeveld, the technical co-founder of NeighborGoods. Everything and anything today is being lent and traded. The product-service economy is growing to a level where a significant number of people are maximizing the use of their possessions by lending them out to other people through disintermediated channels. What do you think is driving this trend of ‘co-sharing’? The growth in ‘co-sharing’ is driven by obvious economic factors and and perhaps less-obvious social factors. Airbnb is an obvious example of success driven by economic factors. People love the idea that they can simply take a high-value item of theirs, like an apartment, and turn it into money. There’s another aspect to the growth in this kind of behavior beyond the financial transaction, however. This is the social transaction, and services that focus on social transactions are a fairly new development…. but what do I mean by “social transaction?” Think about the things in your home. What do you have that you would want to rent to another person, possibly someone you’ve never met? Maybe there are a few items, big-ticket things like cars — but would you rent a video game, a book, a kitchen tool? To take an example from my own life, I keep a small stable of bicycles. I can only ride one at a time, and visitors to Los Angeles often want to ride around the neighborhood, or join in on a group bike ride with friends. I wouldn’t feel comfortable charging someone rent for my inexpertly-maintained 1980s bicycles, but I’m happy to lend them out in exchange for the social capital that I earn. In other words, I *want* people to ride them because I like being the guy that helps you out with your bike problem. It makes me feel good and in a practical sense means that someone in my extended social circle is more likely to lend me something I need in the future. So, to circle back around and answer the question directly, I think that the underlying force behind the growth in “co-sharing” is this desire to exchange social capital, more so than the desire to make money. Peer to Peer Exchange raises the overall value of the entire community of members by offering more choice, experience and opportunities that meet an ever changing set of expectations and needs. In your opinion, what are the next areas we could see big change in through peer-to-peer collaboration? Not surprisingly, I think the social transactions I mentioned in the last question are the key here. Services that encourage that behavior will be the ones to spearhead the next wave of peer-to-peer collaboration. At NeighborGoods we’re big believers in this — as a matter of fact the next version of our service (currently in closed alpha) is heavily informed by both the concept of the social transaction and the belief that it can be used to encourage people to collaborate more effectively. Another key point, and one that is underrepresented in peer-to-peer collaboration services (probably because it’s quite hard to get right!) is that there’s a lot of unrealized value in transactions between people that already know each other, or are separated by only one or two degrees. Earlier I asked you to think of the items in your home, and compare what you would rent versus what you would lend. Now think of everyone you’re friends with on Facebook. You might rent your apartment or car to just about anyone that seemed reliable, but what about your cousin, or your significant other’s friend from college? Does it seem right to make every sharing transaction about money, even if you’re socially connected in some way to your partner in the exchange? At NeighborGoods, we’re convinced that the first services that really convince people that social capital has real value and get goods moving between people with loose social ties will be at the core of the next wave of growth in this area. What talks and events should PSFK readers be looking out for in Austin to continue following this trend of ‘Co-Sharing’? Here are some SXSWi panels and talks that I think will be interesting and relevant: What Makes Asset Sharing Platforms Thrive? Panel consisting of extremely knowledgeable people in this space. Reading between the lines of this session will provide the answer to “why is co-sharing growing and what’s next?” Credits Coins Cash: Social Currency & Finance 2.0 Collaborative consumption and alternative currency go hand-in-hand, as they are both alternatives to mainstream consumer culture. Free Coffee, Bad Apples & the Future of Currency The man behind “Jonathan’s Card” — the shared Starbucks gift card that was in the news in 2011. Again, I think alternative currency is a big deal.
via PSFK: http://www.psfk.com/2012/02/daniel-hengeveld-sxswi.html#ixzz1ngFRwuU5
Facebook is testing “Facebook Offers”. A new product that you can’t miss because it absolutely dominates the newsfeed with three big link buttons to redeem an offer or share it. Facebook has played around with deals before but they didn’t get it right and the concept was killed in 2011… or apparently shelved and reinvented now.
A few things worth noting: offers are redeemable in-store (not online – at least not this one) and the offers are emailed to your non-Facebook email address (the one you use to log into Facebook – not Facebook mail). It appears Facebook’s walled garden is relying on some tools from outside of Facebook to complete the transaction.
This is the first version I’ve seen. Facebook Offers are being tested in partnership with select brands… Macy’s has over 20K offers claimed and a few hundred shares. It will be very interesting to see what the redemption rate is with an offer like this valid for only three days. Additionally it will be interesting to see what kind of response “Facebook Offers” gets from Facebook users seeing ads and now offers in the newsfeed.
Facebook has received some criticism lately as major brands are dropping the platform as a place to do commerce. Social commerce or “F commerce” as it’s being called, doesn’t pay off (on Facebook) for most brands. I’m sure Facebook wouldn’t mind a successful “offers” product taking off as the company goes public.
“Blue Dots is a new social currency being used to reward people for doing good things such as volunteering, donating or liking non-profits on Facebook with exclusive celebrity products and work experiences; and all the good you do adds-up on a shareable ‘good CV’.”
I love the idea of having a…
@Shareable: Collaborative Funding Skyrocketed In 2011. Will 2012 Top It?
Mainstream media is taking a lot more notice of the sharing economy lately (see recent ABC interview with Shareable’s publisher Neal Gorenflo), and true to form they want the hard facts on how big sharing really is. In a society obsessed with money and posessions, it’s no surprise that a common question from reporters is “how much is the industry worth?” Most collaborative consumption enthusiasts are well aware that money is only one way to value the trend, but still, these are valid questions from those looking to report on or invest in the growing movement. So we decided to investigate. What follows is an overview of the venture investments in in collaborative consumption during 2011. It’s not exhaustive, but it shows that investments in the space skyrocketed in 2011. What’s will happen in 2012? Investment has continued including Zipcar’s investment in college-focused P2P car sharing company Wheelz. However, it may be an uphill climb to match 2011 levels as Airbnb’s massive $112 million round makes up nearly half of 2011 collaborative venture investments. It begs the question - is a funding that size possible this year? Collaborative Consumption Fundings Skyrocket in 2011 When the recession hit in late 2007, many experts predicted that citizens would change their consumption habits. And they were right. One response to financial pressure was to resurrect centuries old practices of swapping, bartering, renting, and sharing. Internet startups already set up to help facilitate such transactions rode the trend. And many entrepreneurs established new online platforms to make sharing safe and easy. The success of the pioneers like Airbnb piqued investors’ interest and sparked a slow but steady trend of funding for P2P and collaborative consumption services. Then in 2011, investment in the space skyrocketed seeing noteworthy investments across many types of collaborative services. Below is an overview of some of the more notable investments, though not exhaustive. P2P Travel In early March 2011, OneFineStay announced $3.7 million in Series A fundingfrom venture capital firm Index Ventures. In June, Berlin-basedWimdu raised $90 million from European investors. And in July, apartment-sharing startup Airbnb received $112 million in Series B financing, bringing the company’s total funding to $119.8 million. And in a surprising move,nonprofit Couchsurfing turned into a for-profit B-corporation and raised $7.6 million. Online Swap & Rental In May 2011, ThredUP, the popular kids’ clothing exchange site, raised $7 million in Series B funding from Redpoint Ventures, Trinity Ventures and Brian Swette; and TurningArt, a startup that aims bring a Netflix-like model to the art world, secured $750,000 in seed funding led by NextView Ventures. In August, Rental eCommerce company, Rentcycle landed its first $1.4 million round of funding. And further demonstrating that sharing concepts have mass appeal, Toygaroo, a fledgling online toy rental service, received $200,000 in seed funding from the moguls on ABC’s Shark Tank in March 2011. Lending & Learning P2P lending continued to flex its muscles as an industry with Lending Clubannouncing $25 million in Series D round of financing from Union Square Ventures and existing investors, in August 2011. The Lending Club announcement came fast on the heels of Prosper’s announcement of a $17 million round by Eric Schmidt and DFJ, bringing its total investments to $75 million. And on the learning front, Skillshare announced $3.1 million in a Series A round of venture financing in August 2011 Car & Ride Sharing Industry-leader Zipcar raised $174 million in April 2011 through it’s initial public offering (IPO), surpassing its original target of $75 million. While not a venture funding, Zipcar’s IPO along with that of HomeAway’s in June 2011likely helped heat up the space. Despite Zipcar’s market dominance, there is still plenty of room for other car and ride sharing ventures to carve out their own niches. In September 2011,Getaround announced a $3.4 million seed round, with participation from Netflix founder Marc Randolph and WordPress’ Matt Mullenweg. Also in September, Zimride, a ridesharing service, raised a $6 million Series A funding round led by Mayfield Fund, bringing its total funding to around $7.2 million. By October 2011, RelayRides, a P2P car-sharing service that lets you rent (or rent out) cars by the hour raised $13 million in Series A funding. Etc… Gigwalk, a coworking-friendly app that allows companies to hire mobile workforce for location-based assignments, raised $1.7 million in September. Just before the close of the year, Taskrabbit raised $17.8 million from LightSpeed Ventures, Allen & Co., and Tornante Co. (former Disney CEO Michael Eisner’s venture firm). Although the bulk of the investment dollars are shared by relatively small number of companies and likely represent only a small percentage of overall venture investment, startups in this space are reinventing an industry worth billions (depending on how you define it) and growing: As Entrepreneur.com reported in late 2011, the product-rental market (Rentcycle, AnyHire) is now valued at $85 billion; the vacation-rental space (Airbnb, CouchSurfing) at $80 billion; the ride-sharing industry (Zimride, liftshare) at $117 billion. In addition, the North American car-sharing market (Zipcar, Getaround) is projected to grow to 1.4 million members in 2012, up from 600,000 in 2011; and research firm Gartner has estimated that in 2013, there will be $5 billion in outstanding peer-to-peer loans (Zopa, Prosper), not to mention the billions invested on crowdfunding sites like Kickstarter and IndieGoGo. Encouraged by the initial success of companies like Airbnb, LendingClub, Zipcar, and TaskRabbit, collaborative consumption businesses and applications have begun to spring up all over the world. Slowly but surely, venture capitalists as well as traditional investors have rallied behind these fast-moving endeavors helping make assets of all kinds more accessible to citizens. Can Collaborative Consumption’s Impact Be Measured In Dollars? The short answer is no. While the amount of investment is a great way to measure the market’s confidence in collaborative consumption, it by no means quantifies the positive impact this industry has on local economies, the enviroment and individual lives. In order to comprehend the full impact of the sharing economy, one must also consider solid waste eliminated, money saved, carbon emissions reduced, relationships forged, and increased citizen access to resources, to name just a few factors. Nevertheless, dollar amounts are what alerts the market that a shift has occured, which in turn prompts governments and other powerful economic entities to investigate, and hopefully support, the change. When these entities realize that it’s in their best interest to participate in the paradigm shift, rather than resist it, the shift can accelerate. Where Will Collaborative Consumption Go From Here? In late 2011, Ron Conway, legendary angel investor, called collaborative consumption a “mega-trend,” comparing it in size and scope to social networking (Facebook) and real-time data (Twitter). Entrepreneur magazine followed suit by naming collaborative commerce the “second hottest sector” for start-ups in 2012. Since then Shasta, Menlo, Redpoint and other prominent VCs have started investing in these themes as well. Investors seem confident that the sharing economy is here to stay, and in a time when many are unsure about putting their money at risk, funding collaborative ventures seems to be considered a good bet. To get a better handle on which genres of collaborative consumption are poised for greatness in 2012 and beyond, Shareable caught up with Craig Shapiro, Founder & CEO of the Collaborative Fund. According to Shapiro, the rapid expansion of businesses like Airbnb, Kickstarter, and TaskRabbit is a big indicator that “people feel compelled to work together,” and they will gravitate toward services that let them do that more efficiently. “Ownership won’t go away, but attitudes toward ownership are shifting,” said Shapiro. People have become more concerned with experiencing things, rather than being able to put them on a shelf. This will give way to what Shapiro calls a trend toward collaborative thinking in 2012. “Big data will be extremely important in 2012, and I’m eager to see the growth in startups finding connections between online and offline lives,” said Shapiro. “While enterprises strive to draw insight from ever-increasing mountains of information, I see the average consumer striving to make sense of the noise from their composite online presence. “But it works both ways,” he continued. “Online communities can help augment our offline lives. One example is BankSimple (now: Simple). Our banking and finances (traditionally relegated to brick and mortar venues) can translate to an exquisite user experience online, helping us to understand our daily purchasing habits and avoid fees associated with user experience traps inherent to the way big banks profit.” When it comes to determining what attracts investors to sharing businesses, Shapiro says that its more than just a big user base and a familiar model. Those who recognize that the market is moving in a new direction are looking for companies that display the core values of collaboration: creativity, transparency, responsibility, and accountability to their community and stakeholders. “These values are changing the ways employers work with employees, businesses work with customers, and individuals work with one another,” Shapiro said. Because the essence of the sharing economy is about strengthening these people-to-people connections, it’s important that companies can demonstrate how their brand will create and sustain those connections. Rather than focusing on market size or market potential, or even the idea itself, the Collaborative Fund looks first and foremost at the company’s team. “We consider each startup opportunity by asking ourselves two questions: 1) Can we add value to the startup from our team plus our group of extraordinary investors (i.e. Nicholas Negroponte - founder of MIT Media Lab, Brendan Synnot - founder of Bear Naked, Chuck Templeton - founder of OpenTable), and 2) If this company is wildly successful, will the world be better off for it?” For sharing advocates, this focus on both the tangible and intangible value of collaborative consumption companies is a comforting safeguard. Purpose-driven investors like the Collaborative Fund can help keep the industry from slipping into the same profit-hungry rut from which the economy is struggling to recover. Funding graphs via Jeremy Barton, Founder and CEO of Legit.
people. planet. profit. passion. Social Enterprise London is a world-leading provider of training, research, networking and consultancy for social enterprise - good business for a better world
Dans le cadre du tiers-lieux, il y a évidemment la question de la ville, du quartier et de la répartition des temps. Et puis je me suis demandé, pourquoi on parle toujours de travail quand on parle de tiers-lieux ? Pourquoi les business qui s’y intéressent sont-ils quasiment toujours des lieux de…
Nicolas Nova wrote: People who played with location-based recommendation systems may have been confronted to a common issue: when you start using the application, you do not necessarily have a “location history” (no list of past “check-in” if we translate this in the Foursquare idiom), hence it’s difficult to get relevant recommendations. This phenomenon has been called “the mobile cold-start problem” in this paper. This academic article written by Quercia et al. for the IEEE ICDM 2010 conference addresses this problem in the context of mobile recommendation systems, apps that can identify patterns in people’s movements in order to recommend events and services. The researchers investigated how social events can be recommended to a cold-start user based only on his home location. They conducted a quantitative study to investigate the relationship between preferences for social events and geography. They tested a different set of algorithms for recommending social events and evaluated their effectiveness. Some excerpts of the results that caught my attention: “In a situation of cold start (user preferences are unknown), recommending geographically close events produces the least effective recommendations, while the most effective recommendations are produced by recommending social events popular among residents of a specific area. And this bit about the data themselves is relevant too: “To infer attendance at social events, one needs large sets of data of location estimations. Often such sets of data are not made available to the research community, mainly for privacy concerns. Such fears are not misplaced, but they gloss over the benefits of sharing data. That is why our research agenda has been focusing on situations in which people benefit from making part of their private, aggregate data available. This paper put forward the idea that, by sharing attendance at social events, people are able to receive quality recommendations of future events.“ Why do I blog this? Working on the user experience of location-based services, I’ve always been curious about recommender systems and the problem designers face developing them. What’s so fascinating is that they are based on basic and somewhat intuitive ideas about the way city-dwellers behave. Studies about their usage often reveal the complexity such systems.
(…)
Interestingly, there are geographic areas that are more predictable than others, and this does not depend on the number of residents we consider in each area. We are trying to obtain sociodemographic data for Greater Boston to test whether sociodemographic factors such as income and inequality would explain those differences. If that would be the case, to produce effective recommendations, one would then need to complement real-time mobile data with historical sociodemographic data.”“
Speaking on a mobile alone on the street used to be seen as “spooky”. Will soon this “like” pelvic movement be seen as common? :-) via @PSFK
A few Saturdays ago, I was walking around Greenwich in southeast London when I decided to peruse the local bookshop. Drawn to a display titled “Utopias and Dystopias,” I noticed the book A Brave New Worldsitting beside George Orwell’s 1984, which I had read and remembered enjoying. Curious about the association between the two, I picked up A Brave New World and glanced over the back cover. I then pulled out my phone and searched Google to see what others were saying about the book and noted that it is often considered one of the top-100 novels of all time. My mind was settled: I wanted to read this book. But rather than walking, book in hand, to the checkout counter, I instead used my phone to navigate to Amazon’s Kindle Store, where I typed in the name of the book and used their 1-click ordering to purchase the book. Leaving the bookshop empty handed, I caught the next bus home. On the way home, I pulled out my tablet device and started reading page 1 of A Brave New World. Figure 1 shows some of the devices on which Amazon Kindle applications run. Figure 1—Amazon Kindle eReader and Kindle applications Books, newspapers, and magazines have not only gone digital, they’ve gone ubiquitous, contextual, and formless. The message is now abstracted from the medium, and the book is a channel-independent experience—whether held in its physical form, heard as the spoken word, or read on an eReader, mobile phone, or desktop computer. The invention of the printing press transformed the physical object that is a book from the output of human transcription to that of mass production, ushering in the era of information as a physical object. More recently, mass adoption of the World Wide Web and a plethora of Internet-connected devices has brought us into the digital era of information. But we are on the cusp of yet another technological sea change. The pendulum that swung from physical to digital is now swinging back to the real world. However, this time information has become formless, contextual, and ubiquitous. In the words of Andrea Resmini and Luca Rosati, “[Information] is bleeding out of the Internet and out of personal computers, and it is being embedded into the real world.” [1] Welcome to the new cross-channel, multiplatform, transmedia information age. As goes the book, so goes every product and service under the sun. Seamless, cross-channel experiences are the way of the future, as technology fades into the background and the personal, physical, and social context determine the methods we use to interact with information. But this isn’t a problem for the distant future; designing effective cross-channel experiences is a problem that we must address here and now. Most brick-and-mortar retailers mail out the occasional print catalog, provide phone service, and have online stores, with the more adventurous offering smartphone-friendly Web sites or applications, as in the example shown in Figure 2. Figure 2—Outdoor retailer REI’s iPhone app, Web site, print catalog, kiosk, and flagship store However, these channels aren’t isolated from one another; increasingly, they overlap. Forrester’s Patti Freeman Evans found that 70% of consumers research online, then buy offline. [2] A 2010 report by NCR Corporation [3] found that According to this report: “87% want a similar way to access products and services … whether online, in the store, on their mobile phone, or using a self-service device.” Traveling by plane is a quintessentially multichannel experience. Once you know where you want to go, there is the messy business of booking the flight—perhaps using your laptop; checking in 24 hours before your flight on your smartphone; traveling to the correct airport terminal, then using the kiosk to print your boarding pass; interacting with a customer service person to check in your luggage; running the security gauntlet, where you present either your paper boarding pass or an electronic version on your phone; and finally, sitting down in your seat on the aircraft, where you browse the movie selections on the entertainment console. A 2011 report on the usability of travel Web sites by Webcredible [4]—in addition to placing Virgin Atlantic’s Web site at the top of its list, shown in Figure 3—emphasized the importance of providing consumers with a seamless cross-channel experience: “As consumers become more and more demanding in the digital space, the travel industry will need to be more dedicated to the usability and user experience across all of their channels to gain customers and build loyalty.” Figure 3—Virgin Atlantic’s check-in kiosk, iPhone application, Web site, and in-flight entertainment console Managing your money often results in a dynamic interplay between channels, as Figure 4 shows. But while you could likely achieve many tasks at your local bank branch, a nearby ATM, over the phone, on your home computer, or on your smartphone, each channel is likely convenient in some situations, but a hassle in others. Your mobile phone is well suited to quickly checking your account balance on the go. However, you might find it easier to use online banking on your laptop to pay the monthly bills. Figure 4—Bank of America’s ATM, online banking, iPhone application, and a store branch Ernst & Young’s 2011 report on global consumer banking [5] found that, while 66% of respondents were dissatisfied with their existing mobile banking, competition among banks to provide a seamless experience across channels will be fierce: “Practical innovations across channels that leverage technology to deliver a more seamless and personalized experience will therefore be a major competitive battleground in all retail banking markets.” Unfortunately, we’re a long way off from realizing this vision of seamless interactivity across channels. Touchpoints often lack awareness of one another. While a retailer’s catalog indicates the SKU for every product, the same retailer’s Web search doesn’t understand SKUs. While a mobile app might be simple to use, its corresponding Web site may be complicated and frustrating. How can we do better? Above all else, cross-discipline collaboration is the answer. A 2010 survey by Econsultancy and Foviance [6] found that, while 90% of companies consider the multichannel experience to be important, organizational structure is the most significant barrier to success. Business units often lack the incentive to work together and sometimes even compete against other business units in the same organization for market share. Effective cross-channel experiences demand strategic leadership and multidisciplinary cooperation. Figure 5 shows the responses to the question, “What are the three greatest barriers preventing your organization from improving the multichannel customer experience?” from this survey. Figure 5—Barriers preventing organizations from improving multichannel customer experiences Service design pioneer G. Lynn Shostack described one useful tool for defining multichannel experiences: service blueprints. These maps of interactions center on a customer’s actions, paying close attention to the channel—or more broadly, the “physical evidence”—through which each action occurs. The service blueprint outlines not only visible interactions with a customer, but also the behind-the-scenes steps that must take place to facilitate a smooth process for the customer. Shostack describes these as onstage, backstage, and support processes, respectively. When infused with actual ethnography, the service blueprint can be a potent tool with which to synchronize a company’s cross-channel efforts. Figure 6—A service blueprint created by Brandon Schauer [8] Alongside strategic leadership and collaboration, there is a handful of design principles that provide a shining light to lead us through this new maze of interconnectivity. Peter Morville has elucidated six facets to what he calls the “Cross-channel Crystal,” [9] but here we’ll focus on just three elements. A successful cross-channel experience is: In a word, it’s all about context. In the coming post-desktop era, we must reach across disciplines and think more holistically to produce not just a single, self-sufficient user interface, but to deliver context-aware search experiences across multiple channels. No one is saying it will be easy—only that the reward will be well worth the effort. [1] Resmini, Andrea, and Luca Rosati. Pervasive Information Architecture: Designing Cross-Channel User Experiences. Burlington, MA: Morgan Kaufmann, 2011. [2] Evans, Patti Freeman. “Profiling the Multi-Channel Consumer.” [3] NCR. “NCR 2010 Global Consumer Research.” [4] Webcredible (2011). “Flights Online: Ensuring Your Site Takes Off.” [5] Ernst & Young. “Global Consumer Banking Survey 2011.” [6] Econsultancy and Foviance. “Multichannel Customer Experience Report.” [7] Shostack, G. Lynn. “How to Design a Service.” European Journal of Marketing, Volume 16, Issue 1, 1982. [8] Image [9] Morville, Peter. “Cross-channel Strategy.” [10] Bell, Pete. “Search As a Multi-channel Experience.” Topic: UX Strategy
A Sign of What’s to Come
“Seamless, cross-channel experiences are the way of the future, as technology fades into the background and the personal, physical, and social context determine the methods we use to interact with information.”
Retail

Travel
“Traveling by plane is a quintessentially multichannel experience.”

Banking
“Each channel is likely convenient in some situations, but a hassle in others.”

Cross-Discipline Collaboration
“Effective cross-channel experiences demand strategic leadership and multidisciplinary cooperation.”


Cross-Channel Design Principles
“In the coming post-desktop era, we must reach across disciplines and think more holistically to produce not just a single, self-sufficient user interface, but to deliver context-aware search experiences across multiple channels.”
![]()
References
Forrester Research, 2009. Retrieved October 15, 2011.![]()
NCR, 2010. Retrieved October 15, 2011.
Webcredible, 2011. Retrieved October 15, 2011.![]()
Ernst & Young, 2011. Retrieved October 15, 2011.
Econsultancy, 2010. Retrieved October 15, 2011.
by Brandon Schauer.
SlideShare, 2011. Retrieved October 15, 2011.
UIE, 2011. Retrieved October 15, 2011.
En fin de vidéo, la démo de l’application Kwarter, “et la télé devient enfin sociale” (vraiment sociale).
(via [San Francisco] Le lancement de l’application iPad et iPhone de Kwarter | FrenchWeb.fr)
Naomi Klein On Occupy Wall Street & Unfettered Greed (by UpTakeVideo)
Occupy Wall Street has some of its roots in the march against the Seattle global economic summits in 1999. What’s the difference between the two? Naomi Klein says Occupy Wall Street has picked a better target. Summits are transient by nature. The times are different as well. In 1999 we were in an economic boom and it was hard to talk about the problems with capitalism. Back then, “the main stream media was drunk on dot-com money, stock options” says Klein. Today is different. “The facts of the situation are not in dispute. Everybody understands that we are facing a mass economic crisis and also an ecological crisis and they are the same crisis. Their roots are in unfettered greed.” But the stakes today are higher says Klein. “We feel the clock ticking and we need to win this time.”
In the US, iPhone app sends real-time offers to shoppers in-store | Springwise
Being asked to share personal details, contact and credit card information can often be the barrier that stops customers from opting-in to offers, news and updates from brands. New app Brouha may have found a solution to this, with an anonymous presence-based mobile messaging platform, that allows stores and hotels to send real-time information to a customer’s phone as soon as they enter the premises. To activate the free app, users first need a Brouha card, which they can pick up from participating stores and locate using the Brouha app. Once the user has registered this RFID card to their iPhone, it is then able to receive automated messages from the store regarding exclusive deals, new products, in-store events and other relevant, time-sensitive information which it can send to the user’s phone. Customers benefit from an enhanced shopping experience, with branded mobile content and rewards sent directly to their phone, without having to reveal their name, email address, phone number or credit card data. Businesses benefit from presence on customers’ phones, and the ability to communicate with them on-the-spot in real-time with incentives. If the customer participates in polls and quizzes via the app, businesses can even send them response-based deals. Brouha has been live for just over a month, and according to them they “have on average three times as many active members per store than stores have fans on Facebook”. With statistics like this, a model worth exploring outside the US? Website: www.brouha.me Spotted by: Erik Karff
Contact: questions@brouha.me
(via FRAMED* — A Platform for New Art Forms)
Art Store Directly From The Art Piece Frame … and interacting with your iPhone. #AmazingFuture
music producers, artists, DJs, listeners, … so many different user types in the music experience.
We live in a world today where people often make things far more complicated than they need be. Each month we explore the world using the lens of Uncommon Sense by looking at people, places, products, brands and stories.
In Summary :
There are good clients and bad clients, but for the most part your clients aren’t stupid. They don’t know what you know, and they don’t think about the work the way you think about it. Fundamentally, the constantly teaching approach expands the role of the designer and demands a more transparent method to client services. Designers who embrace this approach will find themselves frequently in difficult situations with clients, in conversations that require quick thinking, and in heated discussions regarding topics of finances, schedule, approach, process, technique, and value. These types of conversations are usually “handled” by a creative director, and mid- and junior-level designers will have little or no training in these types of interactions. Given the opportunity, they’ll fail—likely more than once—and the failure can have large repercussions. But for those who are allowed to practice the approach with mentorship and guidance will soon find they’ve formed relationships with clients, and they’ll begin to understand why clients do and say the things they do. These designers will be empowered to reach out directly to clients, and as they are constantly teaching, they’ll gain an unprecedented level of meta-awareness and confidence regarding their own process and decisions.
What does it mean to design public services?
Design thinking and techniques can help create radical innovations needed to meet the challenges facing local communities and services, says Philip Colligan
Read more What does it mean to design public services on Public Leaders Network | Guardian Professional
Evernote + NFC = Touchanote - Bring your Evernote content to life
Touchanote brings the note storage and organization capabilities of Evernote together with the convenience of NFC one-touch technology. Store shortcuts to your notes on NFC tags to be able to access your content when and where you need it with the touch of your mobile phone.
A community about to build or rehab a school often creates checklists of best practices, looks for furniture that matches its mascot, and orders shiny new lockers to line its corridors. These are all fine steps, but the process of planning and designing a new school requires both looking outward (to the future, to the community, to innovative corporate powerhouses) as well as inward (to the playfulness and creativity that are at the core of learning).
In many ways, what makes the Googles of the world exceptional begins in the childhood classroom — an embrace of creativity, play, and collaboration. It was just one year ago that 1,500 CEOs identified creativity as the number-one leadership competency in our complex global marketplace. We can no longer afford to teach our kids or design their schoolhouses the way we used to if we’re to maintain a competitive edge. In looking at various exemplary workplaces such as IDEO, Google, and Pixar, we can glean valuable lessons about effective educational approaches and the spaces that support them.
Read more on http://www.fastcodesign.com/1664735/what-schools-can-learn-from-google-ideo-and-pixar
HOW TO USE PROTOTYPING TO DEVELOP BETTER PUBLIC SERVICES.
A GUIDE TO PROTOTYPING NEW IDEAS
here is a tribe in Africa where the birth date of a child is counted not from when they were born, nor from when they are conceived but from the day that the child was a thought in its mother’s mind. And when a woman decides that she will have a child, she goes off and sits under a tree, by herself, and she listens until she can hear the song of the child that wants to come. And after she’s heard the song of this child, she comes back to the man who will be the child’s father, and teaches it to him. And then, when they make love to physically conceive the child, some of that time they sing the song of the child, as a way to invite it.
And then, when the mother is pregnant, the mother teaches that child’s song to the midwives and the old women of the village, so that when the child is born, the old women and the people around her sing the child’s song to welcome it. And then, as the child grows up, the other villagers are taught the child’s song. If the child falls, or hurts its knee, someone picks it up and sings its song to it. Or perhaps the child does something wonderful, or goes through the rites of puberty, then as a way of honoring this person, the people of the village sing his or her song.
In the African tribe there is one other occasion upon which the villagers sing to the child. If at any time during his or her life, the person commits a crime or aberrant social act, the individual is called to the center of the village and the people in the community form a circle around them. Then they sing their song to them.
The tribe recognizes that the correction for antisocial behavior is not punishment; it is love and the remembrance of identity. When you recognize your own song, you have no desire or need to do anything that would hurt another.
And it goes this way through their life. In marriage, the songs are sung, together. And finally, when this child is lying in bed, ready to die, all the villagers know his or her song, and they sing—for the last time—the song to that person.
You may not have grown up in an African tribe that sings your song to you at crucial life transitions, but life is always reminding you when you are in tune with yourself and when you are not. When you feel good, what you are doing matches your song, and when you feel awful, it doesn’t. In the end, we shall all recognize our song and sing it well. You may feel a little warbly at the moment, but so have all the great singers. Just keep singing and you’ll find your way home.
This is so sweet.
You can also download this kit in English and French.
Since we know many of your are coming to OuiShare Fest from all over the world, it is our priority to support you in finding the most affordable, environmentally friendly and fun travel options to get to Paris. Here’s some advice on how to plan your trip.
You are Japanese or you’re not. :-) (via Latest Japanese Schoolgirl Trend: Fake Dragon Ball Attacks)
Il n’y a qu’entre 27 et 44 qu’on a du mal à dire son âge. Avant et au delà, on se marre … . (via 100 (from 0 to 100 years in 150 seconds))
“The concept is simple. Take a blank sheet with nothing but the basic outline of a pinup girl and illustrate a unique scene around her.”
Le visage de l’Adversité
Un jour, il me faudra tourner un film “Tokyo aishiteru “, comme il existe “Paris je t’aime” ou “NewYork I love you”. À peine arrivé, la romance recommençait comme au premier jour. Et à chaque seconde renouvelée. Rafraîchissante. Palpitante. M’entraînant de recoins cachés en soirées électriques, de dîners en tête à tête en rassemblements gigantesques, …Il y a bientôt deux semaines, je m’évadai de Lugu lake au Yunnan un samedi matin, et j’avais enchainé sans respirer les bus, bus de nuit, train, train de nuit, pour arriver presque frais le lundi en fin de journée à Hong Kong. 57 heures plus tard donc, je prenais une douche - un régal - et je filais dare-dare honoré ma réservation chez le coiffeur attitré de mes hôtes à HongKong. La coupe fraîche, j’étais prêt pour ma dernière soirée en territoire chinois avant de voler de toutes mes ailes vers Tokyo la magnifique. Du lac Lugu, je me souviens aujourd’hui des 136 bleus : en altitude, suivant les lumières changeantes, se laissaient admirer le bleu pétrole des ombres, le bleu fauve des cimes lointaines, le bleu chardon de la végétation, le bleu bonté d’un trou de ciel, le bleu tendre du suivant, un bleu irisé à la surface du lac, un bleu aquatique de ses entrailles, le bleu électrique des embarcations, le bleu frisson d’une brise soudaine, le bleu caresse du rayon de soleil qui la suit, le bleu délavé de certains drapeaux de prière, le bleu schiste des falaises derrière le village, … Et ce qui est étonnant, c’est que durant les 57 h de voyages qui ont suivi ces quelques jours, depuis les tranchées de la voie ferrée ou les viaducs de goudron, la Chine m’apparaissait rouge, verte et grise. Pas une pointe de bleu. Comme si le lac avait tout absorbé. Ou comme si mes yeux avaient perdu leur capacité à discerner cette teinte à force de la voir plus haut.
Cette semaine passée à Tokyo, j’ai souri de plaisir en quasi permanence. La propreté délicate de tout ce qui m’entourait. La taille colossale de cette bête de bitume. Les mille et unes saveurs qui courent dans les ruelles à tout bout de champ. Les silhouettes de papier, fines et découpées. Le profil photogénique de la ville dans la lumière du soir. Le fourmillement de l’activité humaine. Leur engoncement dans la pléthore de lois et de règles. Parfois expliquées en manga. Le foisonnement de leur production raffinée. L’ascétisme de l’artisanat de Tohoku. La rigueur et la détermination dont font preuve les Japonais. Leur façon de se plier en 32 pour ne pas dire “non”. Leur obédience m’obsède. Tout est un régal ici. J’ai les sens en feu. Comme ce n’est pas la première fois que je déambule à Tokyo, je ne saurais vous faire part de mes “premières impressions” ; à l’inverse, je tourne à Naka-Meguro dans les bouibouis que je connais, ou derrière les voies de la Yamanote à Shibuya pour écouter les conversations dans les bistro de 4m2. Plus tard, en suivant les conseils de Naoko, je couvre les quartiers replets de Shimokitasawa et Kichijoji dans la banlieue ouest de Tokyo. Tout y est un poil plus détendu, l’urbanisme moins dense, le rythme plus coulant. En me laissant porter par Mao, je me retrouve sans des vernissages de lieux collaboratifs, au TEDxTokyo ou encore au fin fond des soirées électroniques de la capitale.
Durant les dîners et les cafés que nous avons passé ensemble, le tremblement de terre de mars 2011 est souvent revenu dans les discours de Mao et Naoko. Il a marqué le pays et particulièrement la région de Tokyo et du Sendai. Ils le nomment 3.11, un acronyme volontairement proche de 9.11, car dans l’inconscient collectif des Japonais il s’est avéré être d’une ampleur similaire. Mao et Naoko se rappellent avec des sueurs froides ce mois de mars, les secousses à répétition, le grondement du raz-de-marée, les immeubles qui dansent, suivis par les black-out, le désastre de Fuku-chan (comme ils le surnomment avec dédain), les cafouillages de Tepco et du gouvernement, et les restrictions d’énergie qui ont été imposées. Il faut imaginer, précisent-elles, Tokyo sans néon, la clim remontée à 25 au lieu de 19, la crainte de manger des aliments radioactifs, ou encore l’aménagement des horaires de travail la nuit et le week-end pour aplanir les dépenses d’énergie. Toutes les centrales du pays avaient été alors arrêtées, pour des révisions selon les textes officiels. Et ce samedi 29 juin était le jour de la remise en route du premier réacteur depuis plus d’un an. C’était la raison pour laquelle un peu partout dans le pays, les japonais étaient descendus dans la rue scander joyeusement “saïkado hantaï!”. Après un an sans production d’énergie nucléaire, ils sont nombreux à penser qu’il n’y a pas de raison de reprendre là où ils en étaient.
Mais depuis septembre, les néons sont revenus petit à petit. Au même moment où de nombreux business fermaient leurs portes. Ce qui fait toujours défaut en revanche, c’est la confiance dans le gouvernement ou dans l’avenir. Depuis l’Europe, j’avoue que je n’avais pas perçu l’impact de cette secousse au delà de la seule question du nucléaire. Quand ils sont sortis de leur état de choc, le 3.11 a été synonyme de prise de décisions importantes ; comme beaucoup Mao a divorcé, Naoko déménagé, comme de nombreux autres se sont décidés à faire un enfant, ou d’autres encore à changer de métier, … Le 3.11 a révélé la population à elle-même. Si voir des japonais dans la rue est rare, voir des manifestations organisées non par des syndicats mais par des citoyens eux-mêmes ou des associations est encore plus rare. Mais c’est bien cette “civil voice” qui se manifeste en ce moment au Japon. Le sujet ici est quasi uniquement lié à la question de l’énergie nucléaire, mais cette voix pose déjà les questions de la réduction de consommation d’énergie, voire d’un changement de mode consommation vers des modes plus partagés et collaboratifs. Co-Lab.jp en est par exemple à son 6ème espace de co-working dans la capitale. Cette voix des salary-men, des familles, des enfants, des jeunes alternatifs, se veut aussi indignée que celle de Occupy Walstreet ou des Indignados de Madrid. Dans la capitale, de nombreuses expos fleurissent sur la dissidence, sur les mouvements contestataires en Europe, en Amérique du Nord, au Japon ou en Russie. L’Adversité a le visage de la jeunesse, elle a les cheveux rebelles et l’habit en bataille. Elle sent le funk, là où elle se rassemble s’assemblent les sueurs. Elle ose hurler si nécessaire. Ce qui la caractérise le plus peut-être, c’est qu’elle a l’appétit des premières fois.
Dans cette partie du monde comme chez nous, l’adversité envoûte les foules. Et je me rappelle avec plaisir l’optimisme bonhomme des Indiens. Depuis Tokyo je suis reparti voir de quoi il en retourne dans le sud de la Corée ; d’ici 10 jours, je devrais être à Séoul pour assister à des conférences sur l’économie du partage. Je me demande quel visage elle a ici.
J’ai croisé le temps, il file vers l’Est.
Bon, au final, je m’étais trompé: le lac Lugu n’était pas à 3500m mais à 2600m. Neuf cents mètres de différences qui sont à peu près autant de dénivelée dans mon appréciation de l’arrière pays chinois… Mes premières rencontres s’étaient avérées excellentes mais, au final, le bulldozer de l’industrie touristique chinoise aura eu raison de mon enthousiasme… (À celles et à ceux qui veulent un jour découvrir la Chine ancestrale, un seul conseil, dépêchez-vous avant qu’il ne soit trop tard) Alors cette semaine, pour ne pas me laisser aller à dauber complaisamment sur les crachats et autres éructations qui m’ont un peu gâché le paysage, je me suis laissé porter par les longues heures de train qui m’ont ramené à Hong Kong… Une petite digression sur le temps. Pour ceux qui auront le courage de lire jusqu’au bout, ils retrouveront sûrement des bouts déjà postés précédemment sur ce blog.
Cette histoire est assise dans un train, tout comme les passagers 1 et 2.
1 Oh! Regarde, un papillon!
2 Oh oui, tiens. D’où est-ce qu’il vient?
1 Il est beau hein?
2 Oui, très.
1 Combien de temps ça vit un papillon?
2 Je ne sais pas. Mais pas très longtemps en tout cas. Je me demande vraiment d’où il peut bien venir…
1 On s’en fiche de savoir d’où il vient. Il est là, non? C’est ça qui compte. Mais pour combien de temps, c’est ça la question.
2 Oui, tu as sans doute raison de voir les choses comme ça. Et pour combien de temps, je ne sais pas combien de temps ça vit un papillon… Peut être un mois? … Je n’en ai aucune idée en fait.
1 Regarde ses ailes… Elles sont belles. … Un mois, ce n’est pas très long…
2 Pour toi peut-être. Pour lui, un mois c’est un vie. Ça peut lui paraître long…
1 En un mois, on n’a le temps de rien faire.
2 Oui, à notre échelle d’humain peut-être. Mais mets toi à son échelle ; si ta vie dure un mois, tu trouverais peut-être ce mois long, non?
1 Ou peut-être l’inverse! J’arrêterais tous les trucs qui sont une perte de temps! Comme l’école, les devoirs et tout ça.
2 Le papillon n’a pas le temps d’aller à l’école. S’il vivait plus longtemps, tu ne penses pas qu’il aimerait prendre le temps d’apprendre des choses?
1 Apprendre peut-être. Mais pas à l’école. Il est libre. Pourquoi est-ce qu’il s’enfermait pour apprendre? Oh! Tiens, il s’en va. Comme si parler de l’école l’ennuyait!
2 Peut-être… Tu es un peu dur sur l’école ; certains n’y ont pas accès. Tu ne connais pas ta chance.
1 Tu dis tout le temps ça. Je dis juste que les examens c’est barbant.
2 Oui. Tout le monde y passe en même temps.
1 Comme si c’était une excuse au fait que ça soit barbant.
2 Ne t’emporte pas. En quelques années à l’école, tu apprends beaucoup plus intensément que si tu apprenais seul par toi même. Ça te laisse plus de temps pour en profiter plus tard.
1 Oui, mais ce temps, je le veux maintenant. Pourquoi attendre?
2 Ne te fâche pas. J’ai l’impression que tu n’es pas content de nos vacances ensemble.
1 Si, si, les vacances étaient bien. C’est juste qu’on n’a pas la même vision du temps je crois. Tu es plus vieux, le temps passe plus doucement pour toi.
2 Détrompe toi. Je suis plus vieux, ça tu as entièrement raison. Mais en prenant de l’âge, j’ai plutôt l’impression que les jours sont des heures, les mois de simples journées et les années passent en un claquement de doigt. Le temps file à une vitesse… comme jamais je ne l’avais ressenti. Et ça ne va pas en s’améliorant…
1 Ah bon? Mince alors. Ça me déprime encore plus. Moi qui avait déjà l’impression que le temps filait à toute vitesse… Qu’est-ce que ça doit être en fait!…
2 Et oui… Et c’est l’expérience qui parle…
1 Mmhh… À parler du temps, ça me fait penser aux temps en musique. J’ai toujours été fasciné les mots qu’en musique on donne aux silences de différentes durées : soupirs, respirations, … Demi soupirs.
2 Nommer les choses pour les voir passer. Comme ton papillon tout à l’heure.
1 Demi soupir, pause, respiration, … Demi pause…
2 C’est vrai que c’est poétique, d’une certaine manière.
1 Et quand tu disais que le temps file en vieillissant, c’est que tu ne sais plus compter les soupirs et les respirations? Ou plutôt qu’il y en a moins qu’avant? Parce que d’un point de vue théorique, une respiration reste toujours la même et un soupir toujours un quart de temps…
2 Bonne question. Comme quoi l’école a du bon… Je dirais qu’avec l’âge on se sait plus compter ; quand on a déjà vécu 10 000 soupirs, qu’est-ce qu’un soupir de plus? Insignifiant, non?
1 Alors que pour le papillon, 10 respirations, c’est une vie, c’est ça?
2 Et oui, c’est à peu près ça.
1 Mais alors, le temps n’est pas le même pour tout le monde?
2 On dirait bien que non.
1 Alors à quoi servent les pendules? Les montres? Et tout ça?
2 Ah! Bonne question! À quoi servent les pendules si le temps n’est pas le même pour tout le monde? Très bonne question ça! Il me faut le temps de la réflexion…
1 Je t’accorde un soupir.
2 Ah ah. Très drôle. Très fin. Tu tiens ce sens de l’ironie de ta mère… À quoi servent les pendules alors? Et bien je dirais à mettre tout le monde d’accord! Car si on a tous des vues différentes sur le temps, on ne s’en sortirait pas! Impossible de caler un rendez-vous, ni de prendre un train ou même de se faire un œuf à la coque! Oui, ça doit être ça, c’est pour pouvoir vivre ensemble plus efficacement.
1 Efficacement. Toujours ce même mot… Je ne sais pas. Tu as sans doute raison. Sans pendules on ne s’y retrouverait pas. Mais en t’écoutant, c’est u peu comme si le temps était une idée communiste. Allez hop! Tout le monde sera logé à la même enseigne! Que ça plaise ou non! Et que ça roule!
2 C’est un peu ça. Côté temps, on est un peu tous logés à la même enseigne, non? On en a, et puis un jour, on y passera tous. C’est peut-être une idée communiste, mais c’est un fait qui existait avant l’idée communiste.
1 Oui, vu comme ça, c’est un anachronisme.
2 Wouah. Anachronisme. Je commence à me dire que l’école a du bon!
1 Qui te dit que je l’ai appris à l’école? Anachronisme. Je l’ai peut-être appris avec Google ou Wikipédia…
2 Ne t’emporte pas. Je te taquine, c’est tout.
1 Oui, ben moi, je continue de penser que c’est un truc de communiste.
2 Si tu veux…
1 C’est une restriction, une atteinte aux libertés individuelles que d’imposer à tous la même notion de la seconde!
2 Mais oui, sûrement…
1 Je suis sûr qu’on ne nous dit pas tout! Je suis sûr qu’il doit même y avoir des prisonniers politiques quelque part, parce qu’ils ont osé penser la seconde différemment! Parce qu’ils ont osé dire que le temps n’était pas uniforme!
2 Tu vas un peu loin là quand même…
1 Non, je ne pense pas. Prouve moi le contraire alors!
2 Ouhla, je m’en garderai bien. C’est comme celui qui affirme que Dieu existe et demande à tout détracteur de lui “prouver” le contraire. C’est perdu d’avance. Non, dis-moi plutôt pourquoi tout à l’heure tu te disais fasciné par les soupirs, pauses et respirations? Ne serait-ce pas parce qu’ils permettent à tous les musiciens de jouer ensemble? En symphonie?
1 Je ne sais pas trop… Oui, peut-être, admettons.
2 Et la vie n’est-elle pas une joyeuse symphonie qui peut rapidement tourner en cacophonie quand tout le monde ne joue pas sur le même temps?
1 Oui, aussi… Mais les soupirs et respirations ne touchent que ceux qui jouent de la musique. Les autres peuvent aller à leur vitesse. Les pendules, elles, touchent tout le monde. C’est ça qui est flippant!
2 Les pendules sont nos chefs d’orchestre.
1 Vision terrifiante s’il en est…
2 Oui, je te l’accorde… C’est moins poétique que tes silences, soupirs et respirations…
1 D’ailleurs, d’où vient le temps?
2 Encore une question pertinente. De mémoire, ce sont les savants au moyen âge qui, pour mesurer leurs expériences, ont eu besoin d’unités de temps. Et ils ont créé des clepsydres et autres sabliers, ancêtres de nos pendules.
1 Et avant le moyen âge, il n’y avait pas de temps?
2 Si si, il y avait les cadrans solaires, le temps des saisons, le calendrier lunaire… Le rythme agricole. Il n’y avait pas encore de secondes et de millisecondes. C’est une invention de nos parents modernes ça…
1 Oui, mais je voulais dire “d’où vient le temps?” Je ne parle pas des outils pour le mesurer mais du temps lui-même. D’où est-ce qu’il vient? Et où va-t-il?
2 Que de bonnes questions encore une fois. On monte dans les sphères de la philosophie. Il faudrait aller voir du côté de Hursell et de la phénoménologie… D’un point de vue scientifique, je me souviens avoir appris que la première loi de la thermodynamique, c’est celle de l’entropie : “toute dépense d’énergie pour passer d’un état A à un état B ne peut être appliquée à l’exact opposé pour retrouver l’état A.” Ou un truc dans le genre. Par exemple, quand une tasse se brise, si tu appliques l’énergie - produite au moment où la tasse se brise - aux morceaux de tasses, tu n’obtiendras jamais une tasse d’origine. De là découle le fait que le temps a un sens. Ou qu’on ne peut pas remonter le temps en tout cas.
1 Toujours des sciences… et ce ne serait pas plutôt parce que le temps a un sens qu’une telle loi peut exister?
2 Oh! Le train s’arrête. On entre en gare.
1 Tu ne t’en sortiras pas aussi facilement.
2 Tu as vu, il n’y a pas beaucoup de voyageurs. C’est un peu paumé ici.
1 J’attends une réponse…
2 Il n’y a qu’une seule personne qui monte dans notre wagon. Un “backpacker”. Tu ne trouves pas ce terme anglais un peu étrange d’ailleurs? Quand on y pense, ça veut dire “sac-à-dos-eur”. Ou “sac-à-dos-iste”. Bizarre non?
1 Mais encore?…
2 Il s’approche, je parie que ça va être notre voisin.
(…)
3 Bonsoir
2 Bonsoir
3 J’ai le numéro 3
2 C’est ici
3 Merci.
(…)
1 (bas à 2) J’attends toujours une réponse tu sais?
2 Oui…
(…)
1 (bas à 2) Alors?
2 Je réfléchis…
(…)
2 Ça va être l’heure de dîner, j’ai une petite faim. Je vais sortir le saucisson qu’on a ramené.
1 (soupir) Tsss… l’esquive…
2 Regarde moi ça, il sent bon, bien sec. (à 3) Oh, ça ne vous dérange pas au moins?
3 Non, non, allez y.
2 Non, parce qu’il sent un peu fort quand même aussi. (à 1) Tu as vu cette couleur? Et cette texture… Bien sec. Mmhhh… Tiens. (à 3) Vous voulez goûter?
3 Merci, non?
2 À pardon, vous êtes peut-être végétarien… Excusez-moi.
3 Non, allez, vous avez raison, je vous en prends une tranche pour goûter.
2 Ah! Vous me faites plaisir.
3 Délicieux. Très bon. Ça faisait longtemps que je n’en avais pas mangé d’aussi bon.
2 Vous me flattez. Il vient de chez mon père. Il en a toujours de derrière les fagots. Pour moi, ce sont simplement les meilleurs. Vous venez d’où?
3 D’un petit patelin. À quelques heures de la gare où je suis monté.
2 C’etait un patelin paumé ça, hein? Et vous allez où?
3 Jusqu’au terminus, après j’aviserai.
2 Vous voyagez depuis longtemps?
3 Un an et demi. Ça va faire un an et demi ce soir d’ailleurs.
2 Félicitations! Joyeux anniversaire! Enfin, je ne sais pas ce qu’on dit dans ces cas-là… Un an et six mois, c’est long. Vous avez fait beaucoup de route?
3 Oui, c’est long… Je suis allé en Afrique, en Inde, en Chine, un peu partout et maintenant je suis là…
2 C’est bien. C’est bien de prendre son temps.
3 J’avoue que c’est un luxe énorme de prendre 2 ans comme ça. Je ne sais pas trop quand je rentrerai pour l’instant. Et sur la route, j’ai rencontré pas mal de gens. Beaucoup d’histoires et beaucoup de sourires.
2 Et ben, c’est bien. C’est courageux de partir comme ça.
3 Je ne sais pas ; c’était un tout petit peu compliqué de m’organiser pour partir, régler toute l’administration, la paperasse et tout ça. Mais une fois tiut ça réglé, une fois pour toute, c’est la liberté. Je me sens léger. Juste un sac à dos et le temps avec moi.
1 Vous croyez à la dictature des pendules vous?
2 Enfin! N’embête pas monsieur avec tes questions compliquées… (à 3) Excusez-le, c’etait un peu le sujet de notre discussion avant que vous ne montiez dans ce train.
3 Non, pas de souci, ne vous inquiétez pas. Je pense que les pendules ne font pas avancer les choses.
1 (à 2) Ah, tu vois ! (à 3) C’est ce que je lui disais aussi : le temps est une idée communiste. On est tous forcés de suivre la même cadence, le même rythme, alors qu’on perçoit tous le temps différemment. Et ça, ce n’est pas normal!
2 (à 1) Écoute…
3 C’est une jolie image “le temps est une idée communiste”. Mais je pourrais répondre que le temps est tout autant une idée capitaliste : “le temps, c’est de l’argent”, “travailler plus pour gagner plus”, les pointeuses des usines, …
2 (à 1) Et toc!
3 Mais en fait, je crois que ce n’est ni l’un ni l’autre. Le Temps est le fils de l’Opportunité (si ce n’est de sa sœur la Liberté). Le Temps est ce que vous en faites.
1 (à 2) Et toc!
3 Ça fait un petit moment que je suis parti. J’ai vu des pays. Le plus dur, c’était au début, savoir quoi faire avec tout ce temps. Parce qu’une fois qu’on arrête de courir après, je peux vous dire qu’on a limite trop de temps! C’en est presque vertigineux. Tellement de temps sur les bras qu’on ne sait plus quoi en faire. Mais en temps normal, on travaille, on va à l’école, on mange, on prend des trains et on a toujours l’impression de manquer de temps, non? Et il paraît que c’est de pire en pire en vieillissant…
(1 et 2 acquiescent et se regardent)
3 Mais en fait, dés que j’ai arrêté de courir, après je ne sais pas quoi d’ailleurs, là c’était fou! Putain! Du temps comme jamais! Incroyable. C’était presque effrayant ; qu’est-ce que j’allais en faire de ce trésor?! Au début, je faisais comme on m’avait appris, je décomposais mes journées en tâches à acomplir, en lieux à visiter, etc. Mais là, c’était dur aussi au début d’apprendre à décider pour soi. Ça prend du temps mine de rien. Et du temps, ça tombe bien, j’en avais. Ça m’a pris un peu plus de trois mois à commencer à être à l’aise avec le fait de décider pour moi. Sans plus personne pour décider à ma place. Vous savez, votre patron, votre prof, vos amis, votre famille, … Tous, “si j’étais toi…”, “aujourd’hui on ne fait plus ça…”, “avec la conjoncture, le mieux pour toi serait…”, etc. Non, plus personne pour décider à ma place. Et ça m’a pris encore plus de temps, six mois peut-être, pour arrêter vraiment de courir après ce quelque chose. C’était en Afrique, au Kenya. J’étais là depuis un mois ou un truc comme ça, et j’allucinais quand je voyais tous les mecs qui ne font rien. Rien à part sourire. Et je me suis dit, eux, ils ont tout compris! Pourquoi on court? Pourquoi on travaille? Pourquoi on donne notre journée à notre patron comme dit Prévert? Qu’il soit communiste ou capitaliste d’ailleurs, c’est la même chose au final. Dés que j’ai arrêté de courir, Wouah, c’était génial! Et depuis je fais ce qui me plaît, et avec ça je vis. Et je ne parle pas de salaire ou de truc comme ça, je parle de vivre. Le truc en entier, vous voyez?
2 Et beh! C’est grisant de vous écouter! Mais comment vous gagnez de l’argent? Pour continuer de voyager je veux dire.
3 Je vends un peu de temps de temps à autre. J’en ai tellement, je suis riche comme crésus en fait vous savez.
1 C’est chouette de vous écouter. Ça donne envie votre histoire… Mais quand vous parlez de temps, peut-être que vous vous connaîtrez la réponse à la question que je lui posais tout à l’heure : d’où est-ce qu’il vient le temps? Et où va-t-il? Vous avez une réponse à ça?
3 Pas sur l’origine ou sur la destination. Le temps est un backpacker. Il voyage léger et ne laisse derrière lui que des histoires à raconter. C’est un touriste si vous voulez, il ne fait que passer. Et il n’a pas besoin de patron pour passer ; il le fait sans qu’on ait à le lui demander. C’est tout ce dont vous pouvez être sûrs. Juste un battement d’aile de papillon…
Le train entre soudain dans un tunnel et les derniers mots du backpacker s’évanouissent derrière le sifflement assourdissant du train. Les néons se mettent à clignoter et au bout de quelques instants se coordonnent enfin. C’est alors que 1 et 2 se rendent compte que 3 s’est volatilisé!
1 Au moins, on pourra dire qu’il nous aura remis les pendules à l’heure!
“le temps est une idée communiste” - petite pièce montée pour voyageurs
“J’ai l’impression que ça fait un moment qu’il rumine ces propos. — Vous parlez d’un climat doux mais sans dictature ? Si ça arrive, il faudra fermer la porte aux affamés. — Ce devrait être le contraire… Vous avez un appétit de vivre qui manque ici. — Tant qu’on ne peut pas mettre un prix dessus, on le laissera aux pauvres.”
- Highlighted by Marc Chataigner in Chronique de la dérive douce (Littérature Française) (French Edition)
Japanese Virtual Pop Idol More Popular Than Live Ones @PSFK
Digital diva Hatsune Miku has sold out her four shows in Tokyo, totalling more than 10,000 eager ticket buyers. She’s a program developed by Crypton Future Media, but is received by fans as enthusiastically as human musicians. Fans that were not at the actual event packed some 24 cinemas to watch a live feed of the concert.
The computer generated, voice-synthesized, virtual singer merges the performances of over 20 people into one soundtrack. As we reported last year, Crypton records voice actors, then runs the vocal tracks through Yamaha’s Vocaloid software to create Hatsune Miku’s voice.
It should be noted that Crypton’s program can be purchased and programmed by users to have her perform any song on their computer. So while Crypton creates the motion graphics and does the development work, fans are the ones co-creating the music Hatsune Miku performs. With this tight community around the virtual superstar, we can expect more music apps and cutting edge opportunities for partners.
via PSFK: http://www.psfk.com/2012/03/virtual-pop-star.html#ixzz1otwnYDCE