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Montreal, Habitat 67, January 2010. Cold, cold air, bright sunny day. Caught a bus to reach the harbor, crossed the bridge, saw bits of grass and funny houses.
Calexico @ Studio Babelsberg
Last night, Calexico was playing and recording tracks with an orchestra in Studio Babelsberg, a “Mittelstadt” between Berlin and Potsdam. This place is famous for its cinema studios, it’s where Metropolis was shot.
11 tracks were played with the full band and the Babelsberg Filmorchester, a performance streamed live on german radio Radio Eins and later to be used as bonus material.
Though it took some time to get used to the presence of the orchestra (the room was separated in two areas, Calexico on the left, orchester on the right), it was a really powerful experience. Joey Burns introduced every song, putting them into context. On Minas de Cobre : “This was the first song with wich we knew we would have liked to be an orchester. Somehow this dream has come true today.” Then Jairo’s horn and the orchestra’s brass section turned the studio’s surroundings into South America. The heat inside the studio helped, too. The setlist included beautiful Black Heart, Two Silver Trees really well sung by Joey, and new tracks Para, Epic and The Vanishing Mind which will be featured on their new album Algiers, out in september. The new songs Epic and Fortune Teller needed more work, but after only one day of rehearsal, the result was already pretty damn good !
Setlist : Frontera / Trigger - Epic - The News About William - Black Heart - Minas de Cobre - Inspiracion - Two Silver Trees - Para - Quattro - Crystal Frontier - The Vanishing Mind - Fortune Teller
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Il y avait du beau monde à la Maroquinerie en ce lundi de mai pour le 1er concert public d’Arman Méliès depuis la sortie de son nouvel album, sobrement intitulé IV : Julien Doré, Florent Marchet, AV, ou encore Benjamin de Lilly Wood And The Prick s’y étaient donné rendez-vous ; peut-être même Joseph d’Anvers, Albin de la Simone, La Fiancée ou encore Melissa de Granville qui auraient été aperçus dans le public. Il faut dire que la soirée avait de quoi faire se déplacer les foules, et ce malgré la concurrence d’Alex Beaupain au même moment sur la scène de l’Olympia.
Avant le début de la première partie, la Maroquinerie a l’excellente idée de diffuser High Violet de The National dont on a eu la chance d’écouter le successeur, Trouble Will Find Me à ne pas manquer lors de sa sortie le 20 mai prochain.
Robi, qui ouvre pour Arman Méliès, bluffe l’assemblée. Si, comme son nom ne l’indique pas, Robi est une femme, elle ne cherche jamais à séduire autrement qu’à travers sa musique qu’elle envoie en pleine gueule. Paradoxalement habitée et en même temps, toute en retenue, sa pop sombre en français fascine, assénée d’une voix – une grande voix – aussi sobre qu’impressionnante. Les deux reprises qu’elle a choisi d’interpréter (Lolita nie en bloc de Noir Désir et Il se noie de Trisomie 21), en plus des titres de son premier album L’hiver et la joie, sorti en février dernier, en disent long sur ce qu’elle a dans les tripes. Grosse découverte.
La salle est chauffée à blanc lorsqu’Arman Méliès fait son entrée. Sur un temps qui paraîtra trop court à tous ceux qui avaient patienté longtemps avant de le voir à nouveau sur scène, ce n’est pas un show promo mais un set beaucoup plus varié qu’il offrira à ses soutiens les plus fidèles. Au rang des nouveautés, quatre extraits de IV sont livrés dans un habillage qui fait presque oublier à quel point le synthé est prépondérant sur le disque. Outre les grands talents de guitariste d’Arman Méliès – qui n’a jamais l’ai plus heureux que lorsqu’il s’éloigne du micro pour des solos mémorables –,
Loïc, son batteur historique qui officie également avec M83, est tout bonnement exceptionnel. Si la version live de Mon plus bel incendie a visiblement besoin de se roder davantage, Dans la cendrée et plus encore Rose poussière sont proprement enthousiasmants tandis que Silvaplana fait l’effet d’un tsunami avec une fin crescendo trippante à souhait et une batterie qu’on n’aurait jamais cru pouvoir être exécutée aussi parfaitement en concert. Une véritable épopée fantastique, du genre à vous faire décoller et à vous donner des frissons partout.
Pour le reste, Arman Méliès a poursuivi la démonstration évidente de l’étendue de son talent entre morceaux acoustiques qui permettent à la beauté mélancolique de son chant de s’exprimer pleinement et réarrangements très réussis de titres plus anciens. Au rang des highlights, on a été transportés par une très belle version de Casino mais surtout par une étonnante et magnifique version de Fuir. Démarrant par des beats électro inattendus sur ce titre, le morceau lent et planant sur Les Tortues Volontaires se transforme en tube hyper rythmé façon Kids in America (Kim Wild) ponctué par une batterie (toujours elle) d’une classe et d’une efficacité redoutable avant de laisser la place à un Arman Méliès qui emportera sa guitare vers des sommets jouissifs, pour un final emballé qui laisse sans voix.
Un set forcément trop court encore une fois pour un artiste qui apparaît plus complet que jamais et dispose aujourd’hui d’un répertoire si riche qu’il ne pourra plus désormais engendrer que d’immenses frustrations.
Si on avait quelques menues réticences à propos du disque, cette Maroquinerie aura tout balayé d’un bloc.
A voir en concert absolument.
Deluxe, c’est une drôle d’histoire. Il y a ceux qui râlaient de voir encore un groupe surfant sur la vague electro/jazzy (terriblement à la mode depuis quelques années il faut le reconnaître), et ceux qui y croyaient vraiment. D’abord suivi par le label marseillais Chinese Man Records puis lancé dans le grand bain des premières parties des shows endiablés de Chinese Man,Deluxe, toujours sans le moindre LP, se débrouille désormais tout seul. Leur présence aux Solidays ou autre Dour cet été ne fait que confirmer la maturité grandissante qu’est en train d’acquérir le groupe au fil de ces derniers mois.
Forcément, l’arrivée de leur second EP « Daniel » nous pousse à jeter, à nouveau, une oreille attentive à leurs performances. A noter que « Daniel » est le maxi extrait de leur tout premier album qui doit paraître en septembre 2013. En aucun cas les morceaux de « Polishing Peanuts » ne paraîtront parmi la setlist du futur opus ! Les aficionados de l’incontournableSuperman devront s’en contenter…
Inutile de cacher qu’il y a un peu d’excitation au moment de presser le bouton play du lecteur de la fameuse première écoute. Un frisson parcourt l’échine, même si une première déception vient frapper l’auditoire : seulement 4 morceaux sont présents sur le maxi, dont un remix réalisé par Chinese Man. Un peu court pour 1 an et demi d’attente ! Cette sensation à part, les bonnes vibrations sont vites retrouvées : ça swingue à s’en rompre les genoux sur l’excellent track d’ouverture, Daniel, embarqué par un synthé à la sauce western qui donne le ton au MC Youthstar que nous avons déjà aperçu aux côtés de l’homme chinois. Un track qui connote parfaitement avec l’état d’esprit festif de Deluxe, mixant astucieusement jazz, electro et hip hop en mode sur-vitaminés.
Mais de là à croire que Deluxe tomberait dans la facilité de l’explosivité, c’est se faire de fausses idées. Bleed On, un cran d’intensité en moins, est nettement plus jazzy mais n’en conserve pas moins des attraits groovy. Cela serait presque trop facile pour Lilliboy qui, au chant, régale toujours autant dans ses vocalises. Avec encore plus de légèreté, aux frontières du trip hop, Pretty Flaws risque à la fois de surprendre et de faire succomber les amateurs deDeluxe. La mélodie est contenue, exit les cuivres, place à une instru teintée de soupçons de basse, de batterie effleurée, d’un synthé léché et d’un violoncelle intimiste. Sincèrement planant et franchement touchant, Pretty Flaws renferme un joyau musical jusque là bien caché dans l’univers d’un groupe qui est loin d’avoir dévoilé toutes ses facettes.
Extrait « Pretty flaws » :
Ce qui est incontestable, c’est que ce « Daniel » surprend. Dès les premières notes, on retrouve bien cette marque de fabrique jazzy de Deluxe et pourtant, à la fin du maxi, on sent bien que le groupe a de la réserve. Comme une envie d’explorer différentes sonorités, d’éviter la facilité. Pire, on sent déjà une certaine forme de maturité s’installer. Alors, vent de fraîcheur en septembre prochain ? A voir.
En tout cas, la moustache de « Daniel » est bien taillée et ça lui donne un côté délicieusement raffinée.
Clip »Daniel » :
Une découverte tout d’abord avec le groupe officiant en première partie : The Bosnian Rainbows formé par Rodriguez-Lopez, Deantoni Parks (deux ex-Mars Volta), Teri Gender Bender (charismatique également dans le groupe Les Butcherettes), et Nicci Kasper. Une belle introduction pour l’explosion qui suivra avec les Yeah Yeah Yeahs. Atmosphère sombre voire tribale, danse et chant halluciné de la belle Terry, la salle est subjuguée.
Quand les Yeah Yeah Yeahs se profilent sur la scène, l’Olympia explose véritablement. Le groupe attendu sur scène depuis des années ne ratera pas ce rendez vous unique. Quatre ans après It’s Blitz!, l’attente était en effet grande de retrouver Karen O et sa bande qui présentaient ce soir leur nouvel album Mosquito. Si la pochette de l’album ne laissera pas un souvenir impérissable, les nouveaux morceaux, eux, révèlent toute leur puissance sur la scène de l’Olympia… La suite en images.
Crédit photos: © Mauro Melis
Remerciements: Label Mercury , Radical Productions.
Le nom est atypique : « Portail Coucou ». En feuilletant les agendas du secteur géographique au fil des mois, nous étions déjà tombés sur cette structure où nous n’avions encore jamais mis les pieds. Salon de Provence reste une petite ville du nord des Bouches du Rhône (43 000 habitants) et l’occasion de s’y rendre ne s’était encore jamais manifestée. Après quelques recherches et échanges, il s’avère que le Portail Coucou est une structure associative gérée par l’O.J.L. (Oeuvre de la Jeunesse Laïque) de la commune, créée en 1996. Sa programmation est variée, allant du simple concert à des représentations théâtrales et événementielles, d’expositions à des lieux de rencontres, ou tout simplement d’encadrement professionnel avec leurs studios de répétition. Mieux, le Portail Coucou est titulaire du label S.M.A.C. (Scène de Musiques ACtuelles).
En ce mercredi 8 mai, en passant les portes du Portail Coucou, on croyait sur le coup rentrer dans une ancienne école reconfigurée. Pourtant, le café-musique du Portail Coucou renferme tout ce qu’il y a de plus accueillant et dépaysant lorsque nous allons dans ce type de tanière. Le cadre est franchement réussi sous ces allures rock’n'roll ; les tables et banquettes sont disposées autour d’une première scène qui permet au petit groupe de lancer la soirée. Ce soir, c’est DJ Grounchoo qui s’est chargé de proposer un set festif et explosif, mixant musiques balkanes, rock, electro, hip hop et jazz pour rester dans le thème.
Le bar est à proximité, les prix sont vraiment corrects et les spectateurs commencent à se trémousser doucement. Nous pouvons aussi profiter d’une partie de concert de l’étage qui surplombe cette salle annexe qui devient, autour d’un verre, le lieu de vie, d’échange et de discussion principal. Entre temps, les couloirs permettent de découvrir une exposition temporaire de Laberry qui, à travers une série d’œuvres assez torturées et dénonciatrices, fleurit les allées. Une fois ce beau monde prêt pour aller danser, La Caravane Passe retentit dans la grande salle du Portail Coucou et rameute les foules.
Il y a les connaisseurs, aux premiers rangs, puis ceux qui sont venus pour découvrir ces drôles de gypsys qui arrivent, comme d’habitude, sous des accoutrements délirants. S’il est clair que, pour avoir vu La Caravane Passe à plusieurs reprises, on est très de loin de la folie générale des Passagers du Zinc d’Avignon le soir de la fin du monde, la mayonnaise a bien pris du côté de Salon. Pas de pogos au programme ni même d’euphorie incommensurable, mais les sourires ont été sur toutes les têtes, vraiment !
L’intro est authentique, toujours aussi révélatrice du monde frappé des habitants de Plechti, et elle débute sur Cybermarkovic. Synthé, cuivres, mise en place du contexte, le puzzle prend rapidement forme. Entre les sonorités gitanes et un appel à la rumba, les choses ne tardent pas à se décanter : « tout un passé remplit de personnalité, il ne faut pas raser la virilité ! », les hommes aux moustaches prennent les commandes du Coucou ! Gypsy un jour, gypsy toujours ! En acoustique, Gypsy For One Day garde toute sa fraîcheur à coup d’un triangle entraînant (banjo, guitare, trombone) et rallie le public à sa cause. D’autant plus qu’un énorme combo déboule : dans le même registre, l’improbable et déjanté Salade, Tomate, Oignon (« qu’est ce que tu mets dans ton kebab ? ») voit s’enchaîner un autre hit incontournable, le western incontrôlé de Zinzin Moretto.
Si l’humour est en première ligne des paroles de la Caravane, le message est toujours porteur, avec malice : « tu cherchais une terre d’accueil ? Et partout on t’appelle l’étranger ? Je comprends ton fardeau, je portais le même, mais j’ai changé de peau. J’ai pris la Caravane, je suis devenu un Zinzin Moretto ! ». Le clan poursuit sa course, »si toutes les routes mènent à Rome », la Caravane Passe ne veut pas finir comme un Rom à Babylon et réussit à faire jumper le Portail Coucou… La température à point, les échanges avec le public se multiplient : rien de vaut un petit cours d’air guitare pour se répèter que T’as la Touche Manouche ou se lancer dans de grandes farondoles sur Balkanski Bal !
Avec un show par moment porté sous la ceinture, on ne peut que se délecter d’un Strip Tease Burlesque bien en cher qui est subitement rappé, « hip hop aux dames », la Caravane Passe prend pourtant conscience que très bientôt, les femmes seront au pouvoir, de quoi enchaîner admirablement bien avec Like a Sextoy en mode electro/balkanique ! En poussant le vice un peu plus loin, séquence découverte avec un nouveau morceau, I’m a Witch, noir, aux synthés, où les deux chanteurs commencent à se gesticuler langoureusement… Des coïncidences étranges qui ne sont pas sans rappeler un certan I’m a Bitch de Discobitch qui s’enchaîne étonnement avec l’excellent I Wanna Be Your Slave (clin d’oeil à Britney avec I’m a Slave for You ?).
Un final de feu synonyme de rappel, les balkans des temps modernes ne tarderont pas à revenir : il était attendu, il a bien sûr été interprété ! Shouf la Chapka, entre ruskoff/hip hop attitude et une parodie de Voilà l’été des Négresses Vertes n’a fait qu’une bouchée du public avant qu’un immense Bulibasha n’embrase une dernière fois le Portail Coucou ! Après avoir gueulé une énième fois le refrain et gardé cette mélodie en tête, une petite parade en mode fanfare dans les travées pour se quitter dans les meilleures conditions possibles, la Caravane Passe a encore décroché le coeur de la cible. Comme à chaque fois nous direz-vous.
Crédits photos : Cédric Oberlin (concert de La Caravane Passe à Avignon, 21/12/2012)
Concert de La Caravane Passe + DJ Grounchoo au café musique Portail Coucou à Salon de Provence le mercredi 8 mai 2013.
Tandis que les portes s’ouvrent dès 20h, il commence déjà à y avoir un peu de monde à Secret Place, salle de concert de la TAF située à Saint-Jean-de-Védas (Z.I. de Montpellier). Placée sous le signe punk, les premières notes retentissent sur le groupe local En Un Seul Maux. Jamais à l’heure, nous ratons cette première performance pour débarquer sur la seconde, celle des aixois de Lunch. Groupe punk musicalement très simpliste, nous retiendrons malheureusement en premier lieu le son, cruellement fort, qui gâcha le concert. Un constat qui ne sera plus de mise dès Brutal Chérie, groupe punk qui nous vient du Québec, à l’humour bien pendu, qui s’est éclaté à travers un set bien pensé et terriblement efficace. A noter que les Brutal Chérie accompagnent Guerilla Poubelle tout au long de leur nouvelle tournée. Au fur et à mesure des morceaux, la salle s’est laissée embarquer par le punk rock très second degré de Brutal Chérie. Même sur un coup de Cafard, on a sincèrement envie de rire… et de partager leur délire. Avec trois premières parties qui ont fait monter la température à point nommé juste avant d’attaquer le plat de résistance, les quelques 150 personnes en ont eu pour leur argent (7€ la soirée).
En tous cas, pour ceux qui auraient laissé les Guerilla au tout début de leur existence, vous risqueriez d’être surpris… Le line up est désormais à trois, il ne reste que Till, au chant, comme rescapé de la première heure, et adieu surtout l’excellentissime Jokoko qui s’agitait du marqueur durant les concerts. Et même si le groupe s’est fait clairement plus discret (seul deux véritables albums version longue, »Il faut repeindre le monde en noir », 2005 et « Punk=Existentialisme », 2007), c’est du côté des maxis et des EP’s que le groupe a étoffé son panel musical. Pour ne citer que les expériences avec le groupe jap’ Coquettish (2006), Sons of Buddha (2007), Justin(e) et Dolores Riposte (2007), Charly Fiasco (2009), les GxP ont également enregistré deux EP’s en 2009 (« Pas de Bonnes Raisons ») et en 2013 (« C’est pas comme si c’était la fin du monde »).
Et ce soir, il ne fallait pas s’attendre à un skeud ciblé en particulier : les Guerilla Poubelle ont ratissé large, de tous bords et n’ont pas oublié leurs bonnes habitudes : à la fois proche de son public et toujours aussi vanneur, Till s’est lancé dans sa traditionnelle traque de la personne qui s’est faite remarquer pour rien (la palme est décernée à celui qui portait un t-shirt Fuck… en faisant des Fuck !).
Musicalement, les Guerilla ont choisi de conserver quelques classiques de leurs débuts : que ce soit l’hurlant Si Jamais ou la vague de pogos Sur Le Trottoir, les GxP continuent de beugler « c’est la révolution… la révolution pour les lâches ! ». Même en déséquilibre sur un Tapis Roulant, Till a su garder cette patate qu’il avait déjà quelques années auparavant : sur la petite scène d’angle de Secret Place, il s’est une nouvelle fois jeté dans la foule à la mi-concert… en gardant sa guitare au cou !
Mais la grande nouveauté de ces Guerilla Poubelle version 2013 est véritablement le coup de polish de leur setlist : une grosse séquence a été consacrée aux nouveaux morceaux, ceux des EP’s ou maxis sortis après « Punk=Existentialisme ». D’abord, nous avons eu droit à « Pas de Bonne Raison » sorti en 2009 (Pas de Bonne Raison, Mort et Invisible) où, en écoutant les sonorités, la place des chœurs pendant les refrains est davantage présente. Les Guerilla nous la joueraient-ils à l’ancienne ? Avec un EP 3 titres qui a déboulé dans les bacs en janvier 2013 (« Ce n’est pas comme si c’était la fin du monde… »), les parisiens s’en sont donnés à cœur joie : ou comment, Sans Dieu Ni Maire, ils ont lâché une immense bombe dans Secret Place.
Enfin, les splits avec leurs potes n’ont pas été oubliés : notamment l’excellent Vivement la Guerre (avec Charly Fiasco) ou le très US Le bénéfice du Doute… Avec des guitares affûtées pour groupe surexcité, Till s’est lancé dans un improbable pierre/papier/ciseaux avec un spectateur… La mise ? Une bière, bien entendu, mais aussi le droit de prendre quelques secondes pour ré-accorder sa guitare. D’abord battu, la seconde sentence a été sans appel : c’est Till qui rafle la mise !
Si le set n’a pas été finalement très long, les Guerilla Poubelle s’en sont bien sorties à Secret Place. Le seul reproche que l’on peut leur faire, c’est d’avoir réorienté leur tournée un peu trop sur des nouveautés, frustrant les fans que nous sommes de la première heure. A de nombreuses reprises, de vieux morceaux ont été quémandés par des agités du bocal dans la salle, Till leur a lancé un amical « hey les gars, si vous voulez choisir les morceaux de la setlist, montez un groupe ! ». Nul doute que Montpellier se soit lâché sur le concert, mais le rappel a été tout simplement démoniaque, une puissance x100 qui ne demandait qu’à s’exprimer depuis le début : le fameux Être une Femme pour commencer (« tous les hommes sont des cons ! ») avant un tant attendu Demain Il Pleut, c’est bon, nous pouvons partir tranquilles…
Crédits photos : PhotoLive30
Concert des Guerilla Poubelle, Brutal Chérie, Lunch, En Un Seul Maux à Secret Place (Saint Jean de Védas, 34), le samedi 4 mai 2013.
Impossible de ne pas remarquer cette vague qui traverse notre paysage musical depuis deux ou trois ans et tend à s’accélérer ces derniers mois : qu’elle soit sombre ou lumineuse, la pop chantée en français n’a jamais eu autant d’adeptes. Du côté pop noire, Lescop, Robi, ou (à venir) AV parviennent à faire remarquer leurs textes sur fond de délicieuse déprime tandis qu’en face Granville, Pendentif, ou (à venir) Bengale soufflent un vent de fraîcheur qui vient tempérer leurs petits camarades (on laissera Fauve et La Femme hors catégorie).
Ponctuées de lalala (Danse, danse) de claps et ouhouhouh (Rien), de petits sons de flûte (Et toi t’es drôle, où l’on retrouve l’espièglerie d’une Mai Lan) ou de bouts de clavier joyeux chipés aux Keane (Un instant), les chansons du duo Elephant cultivent le genre naïf et la pureté d’une enfance où l’on se tenait par la main en trottinant et chantonnant. Avec cette musique-là tout semble ludique et simple, d’une gaîté contagieuse qui invite à prendre la route dans une mustang vintage pour un road trip de vacances qu’on n’oublierait pas. Pas étonnant que le disque se retrouve plus souvent qu’à son tour sur la platine comme la bande-son idéale d’une soirée d’été, fruitée, mais surtout discrète, le genre de disque qui fait du bien sans qu’on n’ait réellement besoin d’écouter pour entendre.
Pourtant, rester en surface sans prêter davantage attention aux chansons serait une erreur. Car sur ce premier album d’Elephant, l’impression de légèreté est d’autant plus remarquable que les arrangements sont riches (des cordes, des cuivres !) autant que subtils, via un mix et des arrangements assez parfaits. À le décortiquer davantage, c’est même au perfectionnisme d’un Florent Marchet que l’on pense – c’est dire l’exploit.
Il faut alors tendre mieux l’oreille pour découvrir sous cette apparente insouciance des morceaux pas si légers que ça comme la touchante Oui peut-être non, sur laquelle la voix claire de Lisa fait merveille, ou encore Au fond c’est beau et son refrain à méditer (« Au fond c’est beau, j’grandis de mes défauts »).
Ciselé comme de la dentelle précieuse, ce Collective Mon Amour a la classe des albums qui réussissent ce qu’il y a pourtant de plus difficile : faire oublier le travail qui le sous-tend de bout en bout pour n’aboutir qu’à la grâce de chansons dont la finesse est de plus en plus enthousiasmante à mesure qu’on les écoute.
Du lourd.
Fort de son succès à la Comédie des Trois Bornes, la pièce de Franck Duarte, « Y’a de l’otage dans l’air », s’installe désormais sur les planches du théâtre le Temple. Une comédie déjantée au rythme effréné, qui ne laissera personne indifférent.
Cyrielle, fêtarde accomplie – enceinte de surcroît – est la colocataire d’Alex, un jeune avocat promis à une belle carrière, qui doit effectuer sa première plaidoirie aujourd’hui. Tout semble bien se passer pour eux, jusqu’à l’arrivée d’Yvan, frère d’Alex, comédien raté, mais sûr de son talent. Il vient de se séparer de sa copine et décide de s’installer chez eux. Yvan, en bon avocat, le convainc de retourner la voir pour lui déclarer sa flamme… Grand mal lui en prit. Quelques minutes plus tard, Yvan revient, paniqué, la police aux trousses… Dès lors, une avalanche de catastrophes et de quiproquos ne cessera de s’abattre sur ces trois protagonistes. Les gags fusent et le public n’a pas une seconde de répit. Bienvenue à la première prise d’otage entre amis!
La qualité première de ce spectacle vient donc de son rythme effréné. Tout s’enchaine à une vitesse folle, ce qui maintient une tension tout au long du spectacle. Et si parfois les situations semblent irréalistes, le spectateur ne peut s’empêcher de se demander « et maintenant, que va-t-il se passer? Comment vont-ils s’en sortir? ».
Côté décor, on se trouve dans un salon classique d’appartement, avec canapé, bar et ordinateur. Le fait d’avoir une seule pièce renforce le côté huit-clos de la prise d’otage. Sans trop en dire, on sent que les issues se referment petit à petit sur les personnages, qui se retrouvent coincés dans ce salon en haut d’un immeuble.
La mise en scène, astucieuse, utilise ce peu d’accessoire à bon escient : l’ordinateur permet de communiquer avec l’extérieur, la fenêtre d’apercevoir ce qu’il se passe en bas de l’immeuble, etc.
Il faut également souligner la qualité de jeu des acteurs, qui donnent vraiment vie au spectacle en maintenant durant plus d’une heure ce rythme intense. Ils se démènent sur scène, passant par toutes les émotions. Ce trio fonctionne bien, les trois personnages se complétant, chacun avec son propre caractère bien trempé.
« Y a de l’otage dans l’air » est donc une bonne comédie, moderne, drôle, qui ne se prend pas la tête. Une recette qui marche. L’assurance de passer un moment agréable et de ressortir avec le sourire.
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En savoir plus :
À partir du samedi 11 mai, au Théâtre le Temple
18, rue du Faubourg du Temple
75011 Paris
Métro : République
Le lundi et mardi à 20h
Le samedi et dimanche à 18h30
Texte et mise en scène : Franck Duarte Avec Sophie Baudin ou Agathe Jolivet ou Alix Valroff, Franck Duarte ou Matteo Fortin ou Cédric Maunier, Pierre-Louis Jozan ou Julien Kirsche
Retour sur son premier album, deux ans plus tôt, Will the guns come out. Une guitare et une batterie, du rock et du blues dans toute leur simplicité, une voix rocailleuse et un look vintage pour rendre hommage au rock garage des 60′s. Sans oublier la gomina de rigueur. L’album avait été salué presque unanimement pour sa cohérence, du son au look d’Hanni en passant par la pochette (photo d’un accident de voitures des années 60), tout était à sa place. Et lui est bogosse pour ne rien gâcher. Mais un bogosse qui connaît ses classiques et l’importance de l’image, lui qui est directeur artistique du label Innovative Leisure (le sien) et ancien designer dans le milieu du skateboard.
Qu’en est-il de la crasse du premier garage dans lequel il s’était enfermé ? Avec l’aide de Dan Auerbach, ils ont passé la serpillère et enlevé les toiles d’araignées pour garder l’essentiel. Sur les onze titres que compte l’album, exit la guitare acoustique et place à l’électrique, la batterie et l’orgue Hammond. Enregistré en moins de 15 jours à Nashville, l’album s’en tire avec les hommages. Rock toujours bien sûr, mais pas seulement. Le premier titre donne son nom à l’album et le ton. Les sixties ne sont pas mortes. L’énergie est toujours là. Les amateurs des Black Keys ne seront pas dépaysés. Les riffs de guitare , les rythmes de la batterie sont bien là, comme sur le titre Skinny Little Girl ou bien Sinking in the Sand, morceau plus rageur aux accents punk, mais punk propre quand même. Sur le titre Family, on frappe dans ses mains aux rythmes de Jerry Lee Lewis. Nobody Move et Low lorgnent du côté des rythmes reggae et même indiens. Après tout, les beatniks sont aussi nés dans les années 50…Hanni El Khatib ne sait donc pas faire que du rock. Il ose même un détour très pop avec le titre Penny.
Hanni El Khatib a du talent et Dan Auerbach ne s’y est pas trompé. Celui de nous emmener aux racines du rock, dans un territoire qui semble familier à la première écoute. Head in the dirt ? Pas vraiment. La Chevrolet brille, le sol du garage aussi. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir les mains dans le cambouis et d’être crasseux pour faire du rock, et encore moins pour l’aimer. Un disque qui ne sonne pas comme une révolution mais qui figure en bonne place parmi les basiques du rock.
Hanni El Khatib, Head in the Dirt (Innovative Leisure / Because Music), sortie le 29 avril 2013.
Projet solo de Sebastien Blanc, fondateur du groupe Tapenga, I am Pooh Loves Pretty Sybilline nous livre ici son deuxième album, sorte de capharnaüm génial entre electro, pop, synthwave et indie rock. Oeuvre d’un homme-orchestre touche-à-tout, qui dynamite les styles en les confrontant dans un salad bowl géant d’influences contradictoires, cet album sonne tour à tour 70s (pour les basslines groovy), 80s (pour les mélodies glacées), et 90s (pour son côté pop-rock). « The 1980s were so good for me » entonne-t-il dans 1980 : on ne doute pas une seule seconde que ces années riches en apparitions d’instruments et de crossover de genres soit une référence pour le bonhomme.
Album en écoute sur Bandcamp.
Sunshine bright on tree by I Am Pooh
Nouvelle sortie du parisien Fourmi après son LP Glottal Stop en 2012, Plexiglas est un concentré d’ « electro-bizarro-fuckcore » comme l’appelle lui-même son créateur : un EP de six titres dont 2 remixes, qui parle autant aux jambes qu’au cerveau, donne sévèrement la bougeotte tout en hypnotisant l’esprit. Avec ses caisses claires au son hyper 90s, ses synthés à la Rephlex, ses voix robotiques, ses basses rondes et ses mélodies trancey, il livre une sorte d’electro old school entre acid techno et rave music à l’anglaise, toute en montées progressives. Définitivement jouissif.
EPs en écoute sur Soundcloud.
Saliva Dribble by Fourmi
Trio lyonnais à la formation atypique (violon – basse – batterie), Nickel Pressing se passe volontiers de la sacro-sainte guitare pour créer une sorte de math-pop survitaminée et hyper originale. Grâce à une forte présence de sons électroniques, son absence leur permet de s’affranchir des codes de la pop et de cultiver le break à toute épreuve : syncopes rythmiques, changements brusques de mélodies ou d’ambiances musicales, confrontations de sons… Chaque moment de cet EP est comme un virage qui surprend, attire, et finalement emporte l’oreille dans un nouveau mouvement. Curieux, enivrant, efficace : un sans-faute.
EP en écoute sur nickelpressing.com.
Cinquième opus d’une série initiée par Le Turc Mécanique et consistant à réaliser extrêmement rapidement deux morceaux et une vidéo, cet EP d’AVGVST devrait ravir les amateurs. Déjà chroniqués dans ces pages pour leur précédent EP, AVGVST manient toujours aussi bien les brouillards de sons et nappes sans fins. Sur ces deux titres, ils créent une musique terriblement visuelle, comme la bande originale d’un film rêvé, qu’on imagine urbain, nocturne et glacé, quelque part entre Heat et Drive : malgré sa froideur apparente, cet EP dégage une émotion toute cinématographique, une chaleur qui s’insinue dans le nuage sonore et éveille les sens.
EP en écoute sur Soundcloud.
Avgvst – 1 – We Have Cancer by AVGVST
Pour nous soumettre vos productions, vous pouvez envoyer vos EPs ou albums à cette adresse : benjamin.dierstein@discordance.fr.
Ton nouvel album Drones personnels a des sonorités plus rock et psychédéliques que sur tes précédents disques. C’était une envie de ta part ou ça s’est construit au fil de la composition du disque ?
À chaque fois que j’aborde un album, que ce soit pour moi au quelqu’un d’autre, je me pose la question de quelle identité il va avoir et de ce que je vais pouvoir faire. Faut que je puisse m’amuser et me passionner. Quand tu planches pendant un an et demi sur un truc, il faut bien que tu trouves quelque chose qui t’obnubile assez. Donc là je voulais prendre le contre-pied de mon précédent album, et même des autres disques que j’avais réalisés et qui étaient assez acoustiques avec des arrangements de cordes et de cuivres. J’étais un peu allé au bout de ce son-là que. Pour prendre le yang de cette sonorité, j’ai voulu essayer d’être plus électrique et de travailler sur la matière de l’électricité et de l’électro. Mais sans être électro d’ailleurs. Je n’ai pas une grosse culture électro en fait. Je voulais juste injecter des sons qui soient plus synthétiques. Je voulais faire évoluer le langage, les outils, la palette des choses tout en gardant mon identité. Je bricole toujours, mais avec des nouveaux jouets !
Comment s’est passée la composition de ce troisième album ?
Je l’avais déjà bien en tête avant. J’avais le titre avant d’avoir les chansons. Une fois que j’ai tout ça dans la tête, c’est un peu comme une grande image à l’intérieur de laquelle il faut zoomer. En fait, j’ai écrit pas mal de chansons. Toutes les chansons qui correspondaient pour moi à ce que j’entendais dans l’idée de « drones personnels », je les gardais et je creusais. Il y a des chansons que j’aimais beaucoup, mais que je n’ai pas gardées parce qu’elles n’étaient pas de ce son-là. J’essaye de trouver une cohérence.
Trois ans séparent tes deux derniers albums. Tu aimes prendre ton temps ?
C’est surtout que j’ai énormément travaillé pour les autres, notamment pour Camélia Jordana ou L. Et j’ai fait d’autres projets qui n’ont rien à voir à côté. En fait, tout prend énormément de temps quand tu t’investis vraiment. J’ai mis un an, voire un an et demi, pour écrire ce disque. Entre la fin de la précédente tournée et le début de cet album, il n’y a pas vraiment trois ans. Mais j’admire ceux qui sont capables de sortir un disque tous les ans. J’en serais incapable. Les Beatles ont fait ça, mais ça a tenu six ans !
Tu attaches beaucoup d’importance à tes textes.
J’essaie de faire de la musique tout court. Les mots sont un instrument parmi d’autres. Tu ne le manies pas de la même manière, mais,quelque part, c’est pour arriver au même but. La musique est différente des mots dans la mesure où il n’y a pas de sens déterminé derrière. Justement ce que j’aimerais bien avec mes mots, c’est d’arriver à créer les mêmes sensations que parvient à faire la musique sans qu’on ait besoin de réfléchir au sens trop concret du mot.
C’est vraiment Léo Ferré qui t’a donné envie d’écrire ?
Oui, quand j’étais jeune ! À vrai dire quand j’étais ado, j’adorais le hip-hop. Dans l’écriture,
C’est le rap qui m’intéressait le plus. Je trouvais que la chanson c’était très « plamplan » et assez bourgeois. Le hip-hop c’était le seul truc qui pour moi dégageait une vraie énergie, une vraie essence et qui travaillait vraiment sur le langage. Quand j’ai entendu Ferré, j’ai entendu la même chose : une manière de scander, de remplir du papier, comme le font les rappeurs. Les rappeurs ils envoient du bois ! Et Ferré c’était pareil. À cette époque, j’écoutais aussi énormément de free jazz qui selon moi dégageait la même liberté.
Sur ton album on peut entendre la voix de camélia Jordana. Qu’est-ce qui te plaît tant chez elle ?
Tout ! C’est une des personnes les plus merveilleuses qui existe. Humainement d’abord, mais aussi en tant que chanteuse. Il y en a une comme elle tous les cinquante ans ! C’est une interprète incroyable. Tu lui donnes le bottin téléphonique, t’auras l’impression d’avoir écrit un chef-d’oeuvre ! Il y a un truc super qui se passe quand on chante tous les deux. C’est une pote super. Je n’arrive pas encore à trouver le truc qui m’emmerde, vraiment ! Peut-être qu’avec les années ça viendra, mais pour l’instant elle a tout bon !
Quels sont les autres artistes avec qui tu aimerais collaborer ?
En duo, pas tant que ça. Je ne suis pas vraiment fan des duos. Mais, il y a un tas d’artistes avec qui j’aimerais travailler. Pas que dans la musique d’ailleurs. La danse, la mise en scène, le cinéma m’intéressent aussi beaucoup. J’adorerais un jour travailler avec Brigitte Fontaine ! Conan Mocassin aussi. Ce sont des gens avec qui je ressens des affinités artistiques.
La chanson Tchador Woman revient sur l’histoire de Mana Al-Sharif, femme saoudienne, qui avait marqué l’actualité en 2011 en se filmant en conduisant. Qu’est-ce qui t’a motivé à lui consacrer un morceau ?
Tout ce qui se passe dans le monde m’intéresse. Mais, les gros titres des journaux, je m’en fous un peu. Ce n’est pas ça qui me fait réagir. Par contre je suis très curieux et jamais rassasié d’essayer de comprendre ce qui se passe. Là-dedans il y a des événements qui sont des symboles au moment même où ils se passent et qui pour moi sont très forts. Vu qu’on est submergé par un flux d’actualité constant, on n’a jamais vraiment le temps de s’arrêter sur ce que signifient ces choses-là et en quoi ça résonne sur notre inconscient à nous. Cet album je l’ai écrit au moment où avait lieu le Printemps Arabe, même les Printemps Arabes, et je pense que ça m’a beaucoup influencé, que ce soit dans ma manière d’écrire ou la musique qu’il y a derrière. Mon truc ce n’est pas de lire le journal et de commenter l’actualité en disant ça c’est bien ou pas. Je ne me sens pas du tout être un chanteur « engagé ». Pour moi, cette femme qui a pris le volant, c’était symboliquement un geste très fort par rapport à la lutte des femmes et à la liberté.
Sur cette chanson, on a beaucoup évoqué Bashung. C’est quelqu’un à qui tu pensais quand tu l’as écrite ?
Non, justement, j’essaie de ne pas ressembler à Bashung ! (rires) Déjà quand j’y pense pas ça y ressemble, alors si je pensais à lui ce serait encore pire ! D’ailleurs je pense qu’en lisant le texte séparément, on ne pense pas à Bashung mis à part qu’il y a les mots « rêve » et « madame » dans le morceau. Or, tu ne peux plus associer ces deux mots sans que ce soit référencé à Bashung. Perso, à la base, je pensais plus à une musique à la Sonic Youth avec des guitares super crados et une mécanique un peu rouillée derrière. Pour la voix, j’avais envie d’un truc qui sonnait comme le chanteur de LCD Soundsystem. Une voix pêchue, sans trop de réverb et assez funky. En fait, tout ça mis ensemble a fait que ça ressemble à du Bashung ! Et ça fait chier ! (rires) Non, Bashung est une très belle référence. Il a marqué la musique d’un truc dont on est tous plus ou moins héritiers.
Tu as grandi dans une famille d’artistes. C’était logique pour toi de devenir chanteur ?
Oui ! Je crois que je n’ai jamais vraiment voulu faire autre chose ! Tout petit déjà je voulais faire un métier artistique. Le métier en question a changé au fil des périodes, mais l’envie a toujours été là. Je n’ai jamais eu le moindre doute par rapport à ça. Quand j’étais petit, je croyais que les musiciens avaient des pouvoirs magiques. Donc je me disais que c’était cool !
En savoir +
www.babx-music.fr
Interview réalisée avec Sabine Swann Bouchoul de Rock n’ Fool : http://rocknfool.net/2013/04/13/babx-en-interview-les-mots-sont-des-instruments-comme-les-autres/
Crédits photo : Sabine Swann Bouchoul
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