Simon DECREUZE

Curiosité, appétence, sensibilité sensitive, branchouilleries, sérendipité et musiques nouvelles

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May 16, 06:00 AM

Le 7 Mai dernier, le trafic internet en Syrie a disparu pendant près de 24h...Huit jours plus tard, rebelote. A l'autre bout du Monde, un groupe d'activistes connectés tente à distance de désenclaver le pays, mais aussi de permettre la communication à l'intérieur, son nom Telecomix.

Nous avions reçu Kheops (de Telecomix) en 2011, alors que le mot Anonymous était sur toutes les lèvres. Nous avions rencontré un jeune homme calme, vif d'esprit, pour sûr engagé. A l'époque, le groupe Telecomix venait de lancer #OpSyria, une redirection de tous les internautes Syriens vers une liste d'instructions à suivre, un mode d'emploi pour contourner la censure. Puis sont sortis les "Syrians censorship logs", la révélation, le "leak" des journaux de connections censurées, autrement dit des preuves accablantes que l'internet Syrien était, et est toujours, filtré pornographiquement, mais surtout politiquement. Deux ans plus tard, les hacktivistes n'ont pas abandonné les Syriens.

 

Telecomix is a sociocyphernetic telecommunist feminist cluster of internet and data loving bots and people, always striving to protect and improve the internet and defend the free flow of data. Telecomix, just like the Internet, knows no borders technological or territorial.


On le sait, il est très compliqué pour les journalistes de couvrir la zone. On se souvient de l'assassinat de Marie Colvin et de Rémy Ochlik, mais la liste est en fait plus longue, pas moins de 21 journalistes tués depuis le début de la révolte, dont une majorité de Syriens.

Les informations ont donc du mal à sortir de manière traditionnelle du pays et c'est dans cet interstice que les hackers comme Telecomix trouvent leur utilité, combler le vide entre politique, journalisme et entraide autour d'un pays qu'on essaye de mettre sous cloche.

 

Voila donc l’activité publique de TelecomixSyria, si on regarde ces différents tweets le groupe lance l'alerte d'une coupure du réseau Internet, teste les lignes téléphoniques et propose des moyens alternatifs pour se connecter en cas d'urgence...Un rôle qu'ils occupent de façon autonome, spontané, par engagement, conviction, comme chacun de nous peut le faire sur les réseaux sociaux.

Quel État pourrait bien se vanter d'avoir fait de même?

Trop compliqué diplomatiquement, pas d'ingérence, les motifs sont nombreux...Autrefois, les ONGs jouaient seules ce rôle discret de pacificateur de terrain, d'aide aux populations en danger, Ils ont désormais un allié en ligne, multiple, décentralisé et citoyen. On a vu récemment RSF travailler main dans la main avec Telecomix pour une récolte de Modems, et c'est l'Unicef cette semaine qui a énoncé clairement un appel à une décision politique en ce qui concerne la crise en Syrie.


Revenons-en à TelecomixSyria. Remonter leur fil d'actualité est à la fois fascinant et effrayant. Coupures des lignes téléphoniques pour empêcher la coordination des rebelles, coupures nationales d'internet pour les mêmes raisons, mais aussi pour empêcher les informations de sortir comme d'entrer dans le pays. S'ajoute à cela une lutte perpétuelle pour identifier les services webs surveillés par le régime (oubliez Facebook, Twitter ou encore Skype) et enfin déceler les pages contaminées par les hackers pro-régime comme la page de Syrian-martyrs.com. Alertes et propositions d'alternatives constituent le quotidien de ce fil d'informations.


"Tout le monde parle de Cyber-guerre,
mais personne ne parle de Cyber-Paix"

Julien Assange

 

Cette phrase de Julian Assange (le fondateur de Wikileaks) est tirée de l'un des évènements les plus réjouissant que j'ai pu voir à la télé cette année. Comme une piqûre de rappel de ce qu'est Internet, que dis-je un vaccin contre l'internetphobie et c'était sur Arte. Une contre-histoire des internets, c'est le nom référencé et modeste choisi par Jean-Marc Manach et Julien Goetz pour leur documentaire participatif incroyable, j'adore vraiment ce nom et je vouis dit plus longuement pourquoi dasn la séquence audio au-dessus.

Ce documentaire encore visible dans sa forme classique pour quelques temps (dépechez-vous) et consultable en ligne, pour l'éternité, on l'espère. Pendant une heure et demie, se succèdent des témoignages d'acteurs du web, passionnés, programmeurs, entrepreneurs, le tout rythmé par des créations fournis par la foule. A saluer, les licences Creative Commons utilisées pour mettre en ligne un documentaire d'utilité publique.


Plus qu'un simple documentaire historique, c'est bien un documentaire idéologique au sens noble du terme. On apprend ou redécouvre qu'Internet est né de l'envie de chercheurs de mettre la culture en commun à un moment de l'histoire mondiale (la fin des années 60) où les mentalités se déridaient, une empreinte à jamais (croisons les doigts) inscrite dans le génome d'internet. Ne passez surtout pas à côté du site dédié au documentaire, un site comme les rues d'un souk, ou il vous faut un peu de curiosité pour dénicher les pépites que les internautes y ont posté et ou j'espère vous ajouterez les vôtres.

May 04, 09:30 AM

"The money is better on the top layers..." Par zcopley

On parle beaucoup d'innovation sur l'atelier des médias, innovations sociales, culturelles,  entrepreneuriales, mais on entend assez peu parler d'innovation en matière économique. C'est en voyant à plusieurs reprises le mot "BitCoin"  sur Twitter que j'ai décidé de m'y intéresser.

 


Vous  pouvez à l'heure actuelle déjà effectuer des  paiements en Bitcoin sur Wordpress, la plateforme de  blog, sur Wikileaks, ou même acheter de l'or...Il se  dit même que le géant Ebay est actuellement en train  de se pencher sur l'utilisation de cette monnaie sur son site via son service de paiement en ligne Paypal. Vous l'aurez compris, le Bitcoin est un moyen de paiement, c'est ce qu'on appelle une monnaie complémentaire, une alternative monétaire utilisée depuis les années 80. D'ailleurs, sans le savoir  vous utilisez régulièrement des monnaies  complémentaires, vous cumulez des miles si vous  prenez l'avion, vous gagnez des points avec votre  forfait de téléphone et ces miles, ces points se transforment pourtant bel et bien en billet d'avion  ou en téléphone portable rutilant, à savoir des  objets qui ont une valeur monétaire traditionnel.

 

Une Monnaie opensource, peer-to-peer et cryptographiée

 

Alternative ou complémentaire, en opposition aux  monnaies traditionnelles, l'euro, le  dollar...OpenSource, parce que le code informatique qui régit les fluctuations de cette monnaie est visible de tous, en toute transparence, peer-to-peer  parce que c'est la mise en réseau d'ordinateurs  distants qui en permet un contrôle non-centralisé,  et enfin cryptographié, cela veux dire que ses connexions sont codées et donc sécurisées.

"Celui qui contrôle l'argent de la nation contrôle la nation". Thomas Jefferson

 

Sécurisée ne veut pas dire que cette monnaie réglerai tout les défauts de l'ancienne,  elle ne fait que corriger certains de ses travers. Ainsi l'existence même du Bitcoin a impliqué une  nouvelle pratique, le "Bitcoin Mining", comme on irait  chercher des pépites d'or dans les mines. Une  pratique qui consiste à brancher son ordinateur et a  le dédier, le spécialiser, dans le calcul  d'informations liées à cette monnaie, en échange le  système vous récompense en monnaie locale des bitcoins...Certains y ont vu même un moyen de  s'enrichir, mais la concurrence des uns et des  autres a naturellement forcé les machines a être de  plus en plus puissantes pour pouvoir espérer faire  des bénéfices, d'autant plus que si l'on considère  l'électricité utilisée par ces machines extrêmement  gourmandes, vous pourriez bien vous ruiner à vouloir  gagner de l'argent.

 

Il y a peu, le Bitcoin a vu sa valeur passer de 4 euros 15 en février 2011 à 200 Euros le 9 avril pour finalement descendre à 109 euros 79 le 24 avril dernier. Voila donc une monnaie sur laquelle certains spéculent, elle aurait même servi de "valeur refuge" lors de la crise financière de Chypre. Dernièrement, on a découvert qu'un fabriquant de jeu vidéo utilisait les machines de ses clients pour générer des bitcoins à l'insu de ses utilisateurs. Vous le voyez, le bitcoin s'installe peu à peu dans le paysage économique contemporain, l'essor de cette monnaie est a rapprocher directement avec la défiance actuelle que connaissent les institutions financières, elle n'est certes pas LA solution mais a le mérite de montrer qu'un autre système est possible, non centralisé, transparent, mais le comble de l'histoire, c'est qu'on ne connait même pas l'identité exacte de son inventeur un certain Satoshi Nakamoto.



bitcoin-fr par cpunker

J'ai eu l'occasion de rencontrer Jean-Michel Cornu, un des papas de InnovAfrica et spécialiste des monnaies alternatives, un de ses livres intitulé "De l'innovation  monétaire aux monnaies de l'innovation" est en partie consultable en ligne. Il m'avait raconté une histoire assez explicite. L'histoire d'une ville au Brésil qui avait deux problèmes, celui du  ramassage des déchets et celui de la non-utilisation des transports en commun, causant bouchons et  pagaille. La mairie de cette ville dans sa quête a donc décidé de  mettre en place une monnaie permettant, en échange  du ramassage des détritus qui jonchent la route, de  prendre les transports en commun...Cette ville a  ainsi pu, en un temps record, résoudre deux de  ses problèmes les plus importants, le tout seulement en instaurant une monnaie complémentaire.


Son nouveau livre "Tirer bénéficie du don, pour soi, pour la société, pour l'économie"  parle lui de la Donnaie en analogie à la monnaie, un échange qui ne serait plus basé sur l'échange, mais sur le don  "désintéressé", c'est lui qui le dit, c'est à dire  un don spontané, sans rapport de force. Que celui qui n'a jamais négocié le prix d'une coiurse avec un chauffeur de taxi me jette la première pierre !


J'ai recroisé plus tard Jean-Michel alors qu'il écrivait son dernier livre et ne peux résister à vous en divulguer une partie. C'est une anecdote qui concerne un musée qui a voulu tester  l'économie du don...pendant une semaine ce musée fait payer l'entrée 1 euros, puis la semaine d'après  il demande aux gens de donner ce qu'ils veulent à  l'entrée...En fin de semaine, la moyenne des dons  était aux alentours de 2 euros, le double. La  semaine d'après, le musée dit à ses visiteurs,  rentrez, vous donnerez ce que vous voudrez en  sortant...La moyenne des dons c'est élevé à trois euros.

Tout ça pour vous dire qu'une économie du don, sans  rapport de force est, relativisons,  dans certains cas, capable de produire trois fois plus de  richesse...Alors, si cette piste économique, que  vous jugerez à loisir utopiste, impossible ou enthousiasmante existe, je crois qu'elle vaut la peine d'être testée, mise à l'épreuve, surtout après ces déjà 6 années de crise des subprimes que nous  venons de vivre.


Enfin, j'aimerai rejoindre ces questions économiques  aux questions culturelles qui m’intéressent plus  particulièrement. La dématérialisation de la musique, par exemple, l'a rendue accessible à tous. De façon  légale comme illégale. La dématérialisation a aussi  permis de réduire les coûts de fabrication et de distribution à tel point que les auteurs d’œuvres  sont désormais à même de pouvoir être totalement indépendants. De Spotify sous abonnement, à Youtube ou la musique est gratuite, nous avons désormais la possibilité d'écouter sans jamais avoir nécessairement besoin de posséder, d'acheter, un phénomène appelé "l'age de l'accès" développé amplement par Rifkin.

Du coup, les plus généreux d'entre nous avons mis en place ou conservé certains réflexes pour rétribuer ces créateurs d’œuvres. Nous continuons à acheter des CDs, sans s'en servir, à acheter des morceaux sur Itunes en les écoutant sur Deezer, un paradoxe.

Ne serait-il alors pas plus simple et plus juste de systématiser le don comme rétribution d'une oeuvre de l'esprit ?

November 22, 04:54 AM

On est à N'Djamena...Avec une connexion camerounaise tchadienne ;-) La salle de l'IUSTA est comble.


Nous faisons une démonstration en publiant un article devant les étudiants et les confrères.
Merci de commenter,

June 13, 11:00 AM

En Français :


En anglais :

June 05, 10:30 AM

En français :

En anglais :

BONUS :

May 25, 11:00 AM

Bonjour à tous, deuxième revue de tweets.
Merci à Grace et à Danielle pour leurs contributions sur la première revue, je tiens donc compte de vos conseils et vais regrouper par thématique et par langue les différents tweets qui ont attiré notre attention.
Bon week-end et bonne lecture.

Liens en anglais :

May 22, 11:30 AM

C'est devenu tellement facile d'insérer un tweet dans un article que du coup je me suis dit que ce serait pas désagréable de vous faire une revue de Tweets. C'est pas très original, mais ça à le mérite de permettre de partager des liens indispensables avec ceux qui ne veulent pas passer leur journée devant le réseau social à l'oiseau bleu. Dites moi ce que vous en pensez dans les commentaires ça m'encouragera à en faire un rendez-vous régulier.

April 02, 08:30 PM

Sur le moment, je me suis dit belle récompense! Et puis j'ai compris que seule la moitié du chemin était parcourue. Mondoblog, ce projet d'échange qui vise à permettre à chacun de s'emparer des outils du web pour prendre la parole,  Mondoblog, dont on vous parle chaque semaine, est sélectionné parmi les finalistes du concours de blogs le plus prestigieux au niveau européen, les BOBs.


La joie est d'autant plus grande que ce n'est pas uniquement notre plateforme qui est sélectionnée.
 Florian Ngimbis (qui vit au Cameroun) est également finaliste dans la catégorie "meilleur blog en français",  Boukary Konaté  est nommé pour sa part dans la catégorie "Prix spécial éducation et Culture".

La plateforme Mondoblog  est, quant à elle, sélectionnée dans la catégorie la plus importante, celle du "meilleur blog de l'année".

Donc je dis Bravo Mondoblog !!!

Mondoblog est un beau projet d'échange culturel des connaissances, d'entraide sans intérêt et certainement le projet qui nous tient le plus à cœur... Mais nous avons besoin de votre soutien. Un peu de votre temps pour encourager ces vaillants blogueurs qui, malgré des conditions de connexion pas toujours à la hauteur de leur inspiration, continuent de se creuser la tête pour trouver des sujets sur mesure pour leurs lecteurs.


Mobilisez toute votre famille, vos amis, vos proches et demandez leur de voter.

C'est simple, cliquez sur les liens ci-dessous, connectez-vous avec votre compte Facebook, Twitter ou autre et sélectionnez votre favori pour chaque catégorie

N'oubliez pas de partager cet article pour que l'on soit plus nombreux !

 

Merci d'avance à ceux qui soutiennent cette initiative généreuse et à très vite !


March 27, 11:30 AM

Francis nous raconte cette semaine le forum Netexplo qui avait lieu à Paris les 15 et 16 mars derniers. Netexplo est une occasion en or pour se pencher sur l'innovation numérique et les nouveaux usages.

Il revient dans cette chronique sur les lauréats du palmarès de cette édition 2012, une sélection des dix startups les plus méritantes à travers le Monde. Une canne connectée et géolocalisée pour aveugle, traduction en réalité augmentée et application pour rendre transparents les relations des médecins avec les labos pharmaceutiques, voici quelques unes des innovations dont il parle. Suite à sa rencontre avec le sociologue Bernard Cathelat, il décrit également l'ensemble des conditions favorables à l'innovation.


Écoutez la chronique (12 min. et 01 sec.)


Netexplorateur 2011 (VF) par netxplorateur

Chaque semaine, Francis Pisani chronique les évolutions et révolutions de la société numérique dans l'Atelier des médias. Il effectue en ce moment un voyage autour du monde que vous pouvez suivre ici et sur son blog Winch5 et son compte twitter

March 27, 10:30 AM

Cette semaine Marie-Catherine Beuth fait dans l'anticipation et se demande comment les médias pourraient s'adapter pour mieux diffuser l'information.  Géolocalisation, identité culturelle en ligne, autant de nouveaux outils à disposition des sites médias pour diffuser  l'information au plus juste.

Écoutez la chronique (3 min. et 38 sec.)


Marie-Catherine Beuth est journaliste, spécialiste des nouveaux médias au Figaro. Elle est l'auteure du blog Étreintes digitales. Chaque semaine, dans l'Atelier des médias, elle s'arrête sur l'un des aspects de la r/évolution des médias actuellement en cours.

March 17, 06:00 AM

Le 5 mars dernier, l'ONG "Invisible Children" publiait une vidéo, un documentaire de 30 minutes, pour sensibiliser les gens au personnage de Joseph Kony ( chef des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur en Ouganda). Une campagne humanitaire au succès fulgurant qui va droit aux donateurs sans passer par les médias...Mais derrière l'enthousiasme, quelques critiques fusent.
Alors Kony2012, bonne conscience ou prise de conscience?


(Voici un lien vers une version mal sous-titrée en français)

Plus de 100 millions de vues en 6 jours, un score incroyable qui fait de cette vidéo la vidéo la plus virale de l'histoire du web. Pour info, le podium de la vidéo la plus virale était tenu jusqu'alors par Susan Boyle (cette femme si laide, qui Oh surprise avait une si belle voix), en deuxième position le clip "Bad romance" de Lady Gaga, et enfin le clip pré-pubère de la jeune Rebecca Black dont on pourrait résumé le message par "Vendredi, c'est vendredi, c'est le week-end, on va faire la fête". Car ce qui est bien surprenant avec Kony2012 et sa viralité, c'est le message ainsi que son format.

Que nous dit cette vidéo en préambule ?

"Rien n'est plus puissant qu'une idée qui a fait son chemin."

"Il y a plus de gens sur Facebook qu'il n'y en avait dans le Monde il y a 200 ans."

"Le plus grand désir de l'Humanité c'est de se sentir Un et connecté."


Beaucoup de phrases accrocheuses qui ont très certainement beaucoup joué dans l'adoption du message par la jeunesse américaine traditionnellement peu sensible aux causes internationales. L'image est léchée, "indie" diront certains, la narration oscille efficacement, les ficelles sont un peu grossières, mais elles fonctionnent. La stratégie est, elle, redoutable, lobbies, soutiens de stars, kits à partager et bracelets numérotés pour accès privatif en ligne, tout a été minutieusement pensé.

La première séquence, une introduction de neuf minutes mélange habilement vidéos émouvantes devenues virales, images des printemps arabes et accouchement d'une femme. Cette femme est en fait la femme du réalisateur du film, Jason Russel, en train de donner naissance à leur fils.S'ensuit une mise en scène où on voit le jeune homme avec son fils, sa famille, sa passion pour les films, son engagement lors de meeting et son amis Jacob qui vit en Ouganda et avec qui il reste en contact via Facebook. Soudain, c'est la rupture, le contraste, on passe des sentiments beaux et naïfs vers une réalité ougandaise sèche et rude, celle de l'atrocité des kidnappings d'enfants, de l'embrigadement de ces derniers et de la mort comme seule réponse à leur résistance.

Le choc est terrible !

Cette séquence, je vous laisserais la découvrir ainsi que la suite du documentaire. Ce n'est qu'au bout de neuf minutes qu'apparait un générique, le réalisateur nous explique que nous n'avons que jusqu'à la fin de l'année 2012 pour agir, qu'il faut renverser la LRA et Joseph Kony, mais surtout qu'il va nous expliquer comment et pourquoi. On est là dans l'empowerment, ou l’autonomisation, un mot à la mode pour désigner la capacité de chacun à devenir autonome au sein de la communauté pour agir de façon groupé. Un mot qui résonne avec les réseaux sociaux, la capacité de pouvoir interagir avec le reste du Monde et de partager les connaissances. Du début à la fin, le documentaire est en phase avec l'air du temps, la communication est huilée, notamment lorsque les premières critiques sur Invisble Children commencent à fuser.

Pour rappel, Invisible Children, c'est une bande de trois jeunes réalisateurs américains qui, débarquant en 2003 en Ouganda, découvrent avec stupeur les longues files d'enfants migrant le long des routes, fuyant les combats. je vous en avait d'ailleurs parlé il y a quelques temps quand la blogothèque décidait de rejoindre l'équipe pour le tournage d'un Film.
Cette ONG est donc en croisade contre la LRA (l'armée de résistance du seigneur) et axe ces actions en trois points, documenter les actes barbares de la LRA, faire connaitre au plus grand nombre ses agissements et enfin mettre en place des programmes de protection, d'assistance et de réhabilitation dans les zones affectées par la LRA.
Alors lorsqu'on les attaque, ils répondent du tac-au-tac, jouent la transparence et publient les chiffres de leur financement ainsi que la répartition de leurs dépenses (image ci-dessous).


Devant l'ampleur de la mobilisation positive que cette vidéo suscite, j'ai même pensé à volontairement éluder les reproches qui lui sont fait. A lire tous ces papiers verbeux, aigris, de posture, ils semblerait que les journalistes trouvent toujours à redire, même quand parfois il suffit de relativiser, voir de se taire. Un effort de critique qu'on eu aimé aussi pugnace à l'encontre de Joseph Kony plutôt que sur ces trois jeunes idéalistes maladroits mais futés.
Voici les différents reproches lus, vus et entendus pour lesquels je me ferais le plaisir d'être l'avocat du diable

  • Message simpliste, naïf :
    Soit, mais message efficace et arrivé à bon port dans la tête des gens.
    Joseph Kony est désormais célèbre et classé dans les vilains (c'est simple je sais).
  • Approximation et Désinformation :
    Faites un cours d'histoire sur la LRA, on verra le nombre de personne que cela touche.
  • Décrédibilisation de l'aide humanitaire :
    Sérieusement, il faut que je réponde à cette question ?
  • Néocolonialisme ou ingérence :
    voir aide humanitaire

Plus sérieusement, si je devais retenir deux papier polémiques, ce serait celui du Foreign Policy, ça chipote mais sur des faits, ainsi que celui d'une blogueuse outrée d'entendre les africains parler d'ingérence, c'est en anglais et comme tout débat on n'oublie pas les commentaires.

Et si Kony était arrêté en 2012 ?


Finalement, une des questions qui me parait essentielle et que je n'ai pas rencontré au court des différentes analyses, c'est la question de "Et si ça marchait ? Si Kony était arrêté en 2012 ?

Si l'efficacité de la campagne était telle que l'Union Africaine décidait de mettre les moyens pour capturer Joseph Kony, qu'en déduirions-nous ?. Est-ce que cela aurait le même impact si c'était l'administration Obama qui lui réglait son compte ? Combien d'articles jusqu'ici ont été écrit sans que cela ne change rien à la traque de cet homme ?


Cette histoire finalement me réjouit et me fait penser au livre de Jeremy Rifkin "Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Civilisation de l'empathie" sorti en 2011, un autre récit jugé naïf, optimiste. Nous sommes en transition entre la société du spectacle, celle critiquée par Debord, celle de la spectacularisation de la société et de la politique, de l'omniprésence des objets dans notre vie, à la société de l'empathie, décrite par Rifkin, celle qui remet en cause le principe établissant que la loi du plus fort est toujours la meilleurs, qui constate le passage du droit à la propriété au droit à l'accès et le  développement d'une conscience mondiale. Depuis que nous sommes interconnectés, les cultures ont tendance à s'ajouter plus qu'à se distinguer et on peut finalement se sentir plus proche de quelqu'un à l'autre bout du Monde que de son voisin. L'empathie est, où que l'on soit dans le Monde et malgré les poncifs, certainement plus quotidiennement moteur que la volonté de domination que l'on nous renvoie à tour de bras.

Qui est le plus brillant tribun ?
Quelle entreprise fait le plus de bénéfice ?
Quel produit est le plus enrichi en vitamine C ?

Cela répond-il à nos besoins...Pas sûr !
Ce qu'il y a dans l'idée de Rifkin, et un peu dans Kony2012, c'est l'idée que nous pouvons agir collectivement pour montrer que nos intentions sont finalement plus nobles que celles qu'on veut bien nous prêter.

Qui est l'Homme politique le plus sincère ?
Quelle est l'entreprise la plus respectueuse de ses salariés ?
Ce fruit a-t-il été produit en respectant la nature ?
Pourquoi cet homme n'est toujours pas derrière les barreaux ?


En attendant, le prochain rendez-vous avec Invisible Children est prévu pour le 20 avril. Date à laquelle sont invités les spectateurs du documentaire à aller placarder le visage de Jospeh Kony dans toutes les rues. Espérons que d'ici là, les classes politiciennes mondiales prennent acte des mouvements fédérateurs spontanés qui secouent le Globe pour se décider à mettre en place des démocraties plus participatives.

 

February 22, 03:30 PM

Pendant une semaine, l'atelier des médias s'est délocalise à Dakar en s'associant aux Observateurs de France 24 pour un site spécial, celui du premier tour de l'élection présidentielle.

La rédaction par Médoune Fall

Retrouvez sur ce site les textes, photos et vidéos de citoyens sénégalais sélectionnés par des journalistes. Un projet de journalisme participatif mené  en partenariat avec CFI.

Vous pouvez écouter dans le player ci-dessous la version audio du bilan de cette opération 


Écoutez la chronique (6 min. et 59 sec.)

February 17, 12:55 PM
January 04, 11:00 AM


Bonjour et meilleurs voeux à toutes et à tous,


Le 10 février prochain, nous fêtons à La Cantine à  Paris les quatre ans de l’Atelier. Nous en profitons aussi pour célébrer nos plus de 10000 membres et la première année de Mondoblog.org, notre plateforme de blogueurs francophones.Si vous êtes à Paris vous êtes les bienvenus.

Nous vous proposons de participer à cette célébration. Une photo de vous surfant sur notre site, seul, en famille, entre amis, un texte, un son, une vidéo de vous à destination des autres membres...toutes les idées et initiatives sont les bienvenues. Alors à vos claviers, à vos agendas, vos appareils photos, vos téléphones ou caméras, postez tout cela dans les commentaires de ce billet ou envoyez les à l’adresse suivante atelier@rfi.fr (objet: contribution anniversaire) ou tweetez avec le hashtag #adm4ans.

 

Si vous souhaitez, comme Abel MBULA à Kisangani, organiser votre propre fête délocalisée, informez-nous, nous le relaierons.

 

Vous êtes déjà nombreux à nous avoir fait des suggestions pour cet événement et nous allons bien sûr nous en inspirer. Si vous avez d’autres idées, nous sommes preneurs.

 

A très vite ;-)

 

Ziad et Simon

- Ziad, onze membres de l'Atelier des Médias et Moi.-

December 09, 03:30 AM

Malgré une pléthore d'outils dédiés au montage audio, certaines entreprises continuent d'innover en la matière. Celle dont je vais vous parler aujourd'hui est née d'une envie de démocratiser une technique pas forcément simple d'accès pour tout le monde.

 

L'autre jour Sara est passée me dire qu'elle recevait la visite des gens de Hindenburg systems, un logiciel de montage qui automatise et simplifie le traitement du son, une partie du travail rarement maîtrisée par les journalistes et les amateurs. Ayant testé le logiciel (compatible MAC, PC et IOS) quelques jours auparavant, je me suis dit que ce serait pas idiot de leur mettre le grappin dessus. Ce que je pressentais comme un projet intéressant s'est avéré  passionnant, un bon exemple de ce que les usages des pays du Sud peuvent engendrer dans les pays du Nord. 
J'ai donc rencontré Nick Dunkerley, ingénieur du son et co-fondateur de Hindenburg Systems, à qui j'ai tout d'abord demandé, honte à moi, pourquoi faire référence à la catastrophe du Hindenburg survenue en 1937?

 






Écoutez Nick Dunkerley (5 min. et 25 sec.)

"Oh the Humanity"


Je vous mets donc en bonus le fameux son de Herbert Morisson lors de la catastrophe du Hindenburg dont parle Nick Dunkerley dasn l'entretien. C'est donc le plus vieil enregistrement sonore jamais enregistré de façon mobile. Un son trouvé sur la version anglaise de Wikipedia (la plus belle invention du monde moderne on vous dit) puisque ce son est tombé dans le domaine public.

Écoutez Herbert Morisson (1 min. et 20 sec.)

 

Pour en revenir au logiciel, et comme vous avez pu l'entendre, cet outil a été fait sur mesure pour les radios communautaires mais s'avère être un outil très fiable et très agréable même pour les professionnels. Ce que dit Nick, c'est qu'il n'aurait jamais imaginé qu'un logiciel taillé sur mesure pour un usage "amateur" et s'adressant à des gens peu lettrés puisse un jour séduire des professionnels comme ses anciens collègues de la Radio Nationale Danoise. Comme le "mobile banking", voilà un usage du Sud qui passe au Nord.

J'ai quand même tické quand j'ai vu le prix de l'application Hindenburg pour Iphone (presque 30 euros, mais une version utilisable gratuitement pendant 30 jours est disponible), réponse des intéressés, "l'Iphone n'est pas une réalité sur le continent Africain, le système ne permet pas une trop grande flexibilité, cette application est donc essentiellement destinée aux professionnels des pays du Nord". Mais la vraie réalité, c'est que l'entreprise a trois ans, qu'elle développe depuis lors des solutions modernes mais souvent à destination d’organisations peu fortunées et que les trois compères cherchent encore l'équilibre financier. En tout cas, pour avoir échangé à ce sujet avec Marc Mentré, journaliste-formateur de l'EMI-CFD (l'école des métiers de l'information) qui teste tous les nouveaux outils d'un journalisme moderne et embarqué, l'application est sans pareille, d'autant plus si on ajoute à cela le fait qu'elle est disponible pour Mac et PC.

 

 

En continuant la conversation après l'entretien, Nick m'a avoué avoir participé au projet Hyper-audio (dans le cadre de sa collaboration avec Mozilla). Une interface qui permet de rendre visuel un flux audio et cela par différents moyens.
Une interface ouverte (pas de codecs propriétaires) moderne (HTML5) et s'appuyant sur Soundcloud (un des meilleurs service de stockage audio en ligne). Si vous voulez voir un très bon exemple de ce que cela peut donner, cliquez sur le lien plus haut. Cela a été fait pour l'émission Radiolab, mon émission préférée de la radio NewYorkaise WNYC.

 

Sans entrer trop dans les détails techniques, voilà comment ça fonctionne.
Lorsque Radiolab insère un lien vers une photo dans les commentaires de son podcast (je le répète hébergé sur Soundcloud) cela fait afficher cette photo pour l'auditeur au moment souhaité de la conversation. Ensuite, il y a la transcription automatique des propos (très à la mode en ce moment avec Siri) qui vous permet de naviguer dans l'audio à partir des mots prononcés...Et pourquoi pas rajouter des liens hypertextes sur certains moments de la transcription ?

 

 

Voila donc une démarche qui s'inscrit totalement dans la culture web, une culture du partage, de l'accessibilité à tous et qui laisse présager de ce que pourrait être le futur des nouveaux standards audio sur le web.

November 04, 09:00 AM

Le 23 Juin dernier le site OWNI, le webzine SiliconManiacs et l'atelier des médias enregistraient une émission expérimentale et en public appelée "A quoi ça sert le Futur ?".

 

Cette semaine nous diffusons donc quelques extraits de cet évènement, mais vous, bande de veinards, vous avez l'intégralité de la soirée :

    OWNI Atelier des Médias Ça sert à quoi le futur ? by Silicon Maniacs

 

Présents sur le plateau : 

 

- Joseph Courbage, chercheur à l’institut national d’études démographiques
- Pierre Cattan, producteur audiovisuel en pointe sur les sujets Post-humains
- Christophe Galfard, physicien
- Jean Louis Frechin, responsable de l’agence NoDesign
- Jean François Lelouet, président de l’agence NellyRody

 

Mais aussi avec les participations de certains blogueurs de Mondoblog, comme SuyAlimou, Lalah, Florian ou encore Guénolé

 

Un grand Merci à Vinvin, Stéphane Lagarde, Romain Saillet, Adriano Farano, à toute l'équipe de la cantine et à tous ceux qui ont, comme eux, participé activement à cette "folle" aventure.

 

Enfin, si il vous reste encore un peu de temps de cerveau disponible, allez jeter un oeil sur le travail d'Alexandre Léchenet "Le futur selon Google".



November 03, 07:30 AM

10% de la population mondiale vit, ou plutôt survit, dans des bidonvilles.

Survivants des villes vous fait voyager dans cinq des vingt bidonvilles où Médecins sans frontières intervient - à Dacca, Karachi, Johannesburg, Port-au-Prince et Nairobi - et vous aide à mieux comprendre la vie quotidienne de leurs habitants et les enjeux humanitaires auxquels ils font face.

 

Réalisé par l’agence photos NOOR (Stanley Greene, Pep Bonet, Francesco Zizola…) et Les Productions DARJEELING pour Médecins Sans Frontières, « Survivants des villes » est un webdocumentaire qui attire l’attention sur la crise humanitaire qui sévit dans de nombreux bidonvilles du monde. Il est diffusé en exclusivité sur www.rfi.fr depuis le 2 novembre 2011.

 

Voici quelques captures d'écrans des différents chapitres :

 

 

 

 

October 18, 04:00 AM

Mercredi, l'atelier des médias passera la journée aux rencontres Radio 2.0 Paris
L'occasion de faire un point sur ce qui se fait en matière d'innovation radiophonique et de monétisation :

Les professionnels de la radio et d’internet se réunissent pour se concerter sur le futur de la radio en ligne, à l’occasion de la première édition en France des « RENCONTRES RADIO 2.0 Paris », le 19 Octobre 2011.

Ces rencontres seront l’occasion pour tous les professionnels du secteur - éditeurs, agences médias, régies, partenaires technologiques, institutionnels et annonceurs - de débattre ensemble sur deux thèmes clés : Innovation et Monétisation.

La radio en ligne constitue un potentiel de monétisation encore inexploité.
« L’écoute de la radio 2.0 (radios en ligne, webradios, smartradios, plateformes de streaming) s’est considérablement accélérée au cours des derniers mois (+30% sessions radios en ligne en 1 an / source Médiamétrie-eStat août 2011). Aujourd’hui, l'audience des sites web de la radio 2.0 concerne en France plus de 14 millions de visiteurs uniques par mois, soit 1 internaute sur 3(estimation Médiamétrie//NetRatings juin 2011). Cette audience constitue un potentiel de monétisation important, alors qu’en regard, les investissements publicitaires dans le format audio instream représentent moins de 1% du total des dépenses annonceurs sur Internet en France (hors search / Source IREP – France Pub 2010) »

La radio en ligne est une source d’innovations constantes.

L’évolution de la radio sur Internet a permis d’établir un nouveau rapport avec le public et d’accompagner de nouvelles habitudes de consommation : l’apparition de l’image et des métadonnées, l’interactivité, la multiplication des contenus et des supports, la délinéarisation, la création de programmes thématiques, la personnalisation de l’écoute, le partage, la mobilité, etc. sont autant d’opportunités pour développer de nouvelles expériences et monétiser de nouveaux services.

Ces évolutions offrent de nouvelles possibilités aux annonceurs tant en termes de communication que de monétisation, notamment autour de la publicité audio in-stream, format innovant et efficace déjà populaire aux Etats-Unis, en Angleterre et en Espagne.
La forte audience des acteurs de la radio 2.0, conjuguée aux qualités des nouveaux formats audio instream
(mémorisation des marques, engagement du consommateur, adéquation avec les supports radio/musique, interactivité avec un display synchronisé, efficacité du ciblage…) invitent chaque partenaire à revisiter le potentiel publicitaire de ce media, dans l’univers particulièrement concurrentiel d’Internet.
 

L’objectif de ces Rencontres est donc de présenter librement toutes les opportunités offertes par la radio 2.0, tant en termes d’innovation, de communication que de monétisation.

Ainsi, les professionnels sont invités à participer aux premières « Rencontres Radio 2.0 Paris », organisées par deux experts du secteur (Xavier FILLIOL, directeur des Editions de l’Octet et président de la commission musique en ligne du GESTE & Nicolas MOULARD, directeur de la société espagnole ACTUONDA) et CAP DIGITAL, avec le soutien du GESTE, SYROL, Club des Annonceurs, AACC, IAB France, Club Galilée, IMDA, DLNA, salon LE RADIO, et Offre Media . De nombreuses entreprises innovantes du secteur sont également partenaires de l’événement : ADSWIZZ, RADIONOMY, FLUMOTION, NETIA, Orange, Sofrecom, Moustic, JFC...

Basées sur un partage d’expérience entre l’ensemble des acteurs, ces rencontres s’articulent autour de 3 tables rondes :


1. Nouveaux programmes, nouveaux services, nouvelles interfaces
2. Evolutions du format publicitaire audio et créations
3. Opportunités de communication et de monétisation offerts par la radio 2.0


A cette occasion, les premiers chiffres clés de la radio 2.0 seront présentés par Médiamétrie(évolution de l’audience et des comportements d’écoute).

Plusieurs interventions d’experts internationaux sont également au programme (USA, UK, Espagne).

 

 

Facebook : Radio 2.0 Paris
Twitter : Radio_20
LinkedIn : Radio 2.0

 

September 15, 06:00 AM

Un Album sous forme d'applications, 24 heures de création audio-vidéo offertes gracieusement aux fans et un documentaire classieux sur  la création à l'heure d'internet...Petit rattrapage des évènements qui ont eu lieu cet été dans le Monde de l'innovation musicale.

"Listen, Learn and Create"

Début juillet, Björk, véritable nymphe islandaise de la pop mondiale, a pris de vitesse une industrie du disque en manque d'inspiration en annonçant la sortie de son nouvel album Biophilia. Pas un simple album mais une constellation d'applications réservée pour l'instant exclusivement aux possesseurs d'Iphone ou d'Ipad. La sortie physique vient tout juste d'être officiellement retardée


 


Avant de parler de cette petite bombe d'innovations, j'aimerai faire un léger détour sur notre rapport à la musique. Car voila, ce que la dématérialisation des biens culturels a fait disparaitre, c'est ce fameux rapport que l'on pouvait avoir avec l'objet. Une galette de vinyle, un boitier en plastique, un dessin, une photo. Il faut avouer qu'acheter de la musique en mp3 procure à notre génération de transition comme une étrange et inexplicable sensation, mais c'est peut-être personnel après tout. Ce que propose Björk c'est de recréer ce lien disparu entre l'œuvre et son support.
Lorsqu'on achète un morceau de l'album, on achète en fait une application unique dans sa forme, une application se voulant être une sorte de sublimation du morceau. Une fois l'application ouverte, on a accès aux paroles (souvent avec la version instrumentale), à une animation interactive ou non, à des bonus ou même à un jeu permettant via nos manipulations de modifier la structure du morceau.
Comme ici pour le titre "Moon" :



Chaque morceau est donc l'occasion de découvrir un univers, mais est aussi une création issue de la 
collaboration avec différents apprentis sorciers des applications IOS. Parmi eux, et pour l'instant, 
Scott Snibe, inventeur de Oscilliscoop, ainsi qu'un jeune génie de 19 ans nommé Max Weisel, remarqué 
pour son application Soundrop qui devrait plaire à ceux qui aiment le balafon :


 

"Je ne suis pas censée dire ça, sans doute, mais je suis persuadée que les hackers ne vont pas rester les bras croisés"


Évidemment, cette sortie dédiée aux utilisateurs Apple est regrettable (autant pour nous que pour elle d'ailleurs) mais la chanteuse a clairement fait un appel de pied à tous les développeurs/hackers des autres plateformes pour adapter son album pour d'autre terminaux, à la pirater en somme. Au sujet des possibles conflits avec le fabricant à la pomme, elle dit être une sorte de Kofi Anan, chargée de faire la paix entre les hackers et Apple et espère une très rapide démocratisation des tablettes en Afrique.

 

Dans un registre beaucoup moins sérieux mais tout aussi novateur, les deux musicens belges (et frères) de Soulwax ont eux aussi sorti leur application. Une approche différente et moins couteuse. L'application vous propose d'écouter et de voir pas moins de 24h de mix audio-vidéo qui sont en fait 24 mixes thématiques d'une heure, le tout distillés semaine après semaine à la manière d'un podcast régulier et écoutable en streaming à la manière d'une radio. 
Une offre généreuse et déjantée qui joue graphiquement avec les codes de la culture web, remixes, 
détournements, collages, gifs, 8bit. On est ici dans une sorte d'hommage à une époque révolue, puisque les pochettes des morceaux joués (souvent détournées) deviennent le support visuel de l'écoute.


"Nous avons grandi entourés de la large collection de disques de notre père, et beaucoup de nos premiers souvenirs sont des pochettes de disques, il est donc logique que nous ayons fait cet hommage à cette forme d'art oublié"

L'application, elle, est disponible gratuitement en ligne.



Enfin pour tous ceux qui parlent comme moi quelques mots d'anglais mais qui s'intéressent beaucoup à la musique, lundi 19 septembre sera la sortie officielle de la version interactive du documentaire PressPausePlay.

Un documentaire pour se questionner sur les effets de la démocratisation de la culture.

Disponible depuis la semaine dernière sur Itune, ce documentaire qui tourne de festivals en festivals depuis le début de l'année va enfin pouvoir devenir accessible à tout le monde et dans une durée deux fois plus longue. Des interviews de Moby, Seth Godin, Anthony Volodkin, le tout dans une réalisation léchée, percutante.



July 23, 10:00 AM

Peut-on tout dire sur internet ?


C'est avec cette question qu'on pourrait illustrer cette semaine de l'actu du monde de la musique. Mardi dernier le label anglais Ninja Tune, un label indépendant, publie un billet à propos de la diffusion de deux de leurs futurs albums trouvés en ligne avant leurs sorties officielles, ce qu'on appelle un Leak. On parle souvent de pirates pour parler des gens qui diffusent des oeuvres illégalement, mais lorsqu'on pense à Pirate, on pense souvent à de jeunes adolescents qui n'ont rien dans la tête, à une organisation mafieuse transnationale, là c'est un journaliste.


Pour votre gouverne, les journalistes reçoivent, encore, des CDs de la part des labels pour leur faire écouter en exclusivité la musique de demain. Mais ces CDs sont désormais Watermarkés, ils contiennent en eux un code qui identifie chaque CD (une technique pas infaillible au passage). Il a donc été facile pour le label de savoir qui était l'auteur du méfait.Mais revenons en à ma question...Peut-on tout dire sur internet ! 

Ninja Tune ne s'est pas contenté de grogner contre cette pratique, elle clairement balancé le nom du journaliste en ligne, ainsi que le nom du site pour lequel il travaille en annonçant qu'ils ne recevrons plus jamais aucune promo de leur part et concluant :

"Les gens qui mettent en ligne de la musique des mois avant leur commercialisation ne font une faveur à personne"

Pensez-vous qu'il faille dénoncer nominativement les gens quant la preuve est irréfutable ? (Vous pouvez répondre dans les commentaires)

Mais il y a un autre exemple de libre expression "tendancieuse" cette semaine.

 

C'est l'intervention de Trent Reznor, leader de Nine Inch Nails et icone de la musqiue indus...Voici le tweet qu'il a envoyé la semaine dernière :


"Fans de Nine Inch Nails, ne perdez pas votre argent en achetant la nouvelle version de mon désormais célèbre album PHM"

 

 

Un artiste qui recommande de ne pas acheter son album c'est peu banal. Il s'agit en fait d'une ré-édition de son tout premier album sorti en 1989, une ré-édition qu'il dénonce comme n'ayant fait l'objet d'aucun remastering ou d'aucun ajout, un simple repackaging...Un message pas si anodin puisque Trent Reznor est suivi par 930 000 fans sur Twitter.


Peut-on continuer à cracher sur le label (avec lequel on s'est faché) mais qui est à l'origine du début de sa carrière ?


 

 

 

Enfin puisque ces sujets sont un poil polémiques, je vous en prie, lorsque vous vous exprimez sur internet, n'oubliez jamais que vous vous adressez à un être humain, parlez lui comme si vous débatiez face à face avec un proche.
Une règle d'or d'internet pour ne pas blesser les gens inutilement.
Une règle appliquée naturellement par les membres de l'atelier et je les en remercie tous !

July 12, 05:00 PM

Depuis des années déjà, faire de la veille en ligne c'est trier une somme gigantesque d'articles. L'arrivée des blogs et des réseaux sociaux (facebook et twitter surtout) a rendu cette tâche encore plus chronophage. Mais depuis quelques temps, des services comme Summify ou Refynr ont fait une apparition discrète malgré le gain de temps immense qu'ils représentent. Conseils, idées et modes d'emploi.
 

Si on devait faire un historique de la manière dont on trie l'information depuis l'arrivée d'internet, sans doute que l'on rendrait hommage au flux RSS, puis aux agrégateurs...Pourtant à l'heure actuelle, beaucoup d'entre nous avouent ne plus trop s'en servir, certains prédisent même la mort de l'agrégateur, pas assez grand public, pas assez interactif. En même temps, je suis toujours étonné de voir la mine satisfaite des gens à qui on explique et montre comment fonctionne un agrégateur. Si certains agrégateurs sont plus difficiles à apprivoiser que d'autres, il ne faut jamais longtemps au apprentis pour comprendre à quoi cela pourra leur servir.
A mon sens la meilleure combinaison reste Google Reader + Feedly : Possibilité de lire les articles en fonction de leur dates de publications (du plus frais au plus anciens), possibilité de chercher une information à l'intérieur de ses abonnements (et non pas sur le World Wide Web), possibilité de découvrir facilement d'autres sources d'informations et bien sûre le tout en restant sur une seule et même page. Bien entendu, il existe pléthore d'autres agrégateurs et comme toujours à chacun de trouver l'outil qui lui convient.
L'arrivée des réseaux sociaux a clairement modifié nos habitudes sans qu'on s'en rende compte. Les canaux sont devenus multiples et l'information n'est plus forcément passée par une actualité, mais par les découvertes des uns et des autres. Entre le temps accordé à chaque type de média et la démultiplication des recommandations, la veille s'est faite touffue.

(Cliquez sur le graphique et vous comprendrez la différence de volume d'information
entre actu, blogs et réseaux sociaux.)

La faute aux réseaux sociaux ?

Soyons claire, les producteurs de contenus à valeur ajoutée sont quasiment restés les mêmes (depuis l'arrivée des blogs), ce qui a changé, c'est le surnombre des prescripteurs. Mais il faut avouer que les réseaux sociaux ont largement bousculé le circuit de l'information, voici quelques exemples. Avant vous vous abonniez à l'intégralité des publications d'un site (c'est le flux RSS), maintenant vous pouvez directement suivre l'auteur du contenu sans être obligé de lire ses collègues les moins pertinents. De même le système des fan pages est un moyen astucieux de remplacer le flux RSS de façon complètement transparente pour l'utilisateur. Tout cela en permettant au producteur d'information de rentrer en contact avec son lectorat, ça fait beaucoup...Ceci étant, même en ne suivant que des personnes restreintes, la masse d'info produite et partagée peut vite devenir vertigineuse. Comment faire alors pour dérusher ces infos relayées par votre réseaux alors que les journées n'ont que 24 heures et qu'une somme astronomique de contenus, parfois redondants, parfois hors-sujet, parfois tout simplement "dispensables" sont publiés chaque jour. C'est là qu'interviennent mes deux chouchous :  Refynr et Summify.

 

Summify a débarqué sur le web de façon ambitieuse et habile pour finalement se résumer à l'essentiel, une newsletter. Je vais faire mon nostalgique, mais lorsque le site n'en était qu'à ses balbutiements, l'interface était un peu lourde avec une efficacité bluffante.

La première fonction de ce service, c'est de vous permettre de rassembler vos flux Google Reader, Facebook et Twitter en un seul et unique flux. Après, s'offraient à vous deux manières de surveiller votre "Super-Flux". Il y avait  le mode "temps réel", comme sur Twitter si ce n'est que ce n'est pas le tweet qui était mis en avant mais le titre de l'article contenu dans le tweet (ça parait pas grand chose mais ça évite de perdre du temps sur certaines blagues).
Le deuxième mode, et c'est là que ça devient intéressant, ne vous affiche que les articles qui commencent à être populaires sur votre réseau. Exemple, tel article a déjà reçu 15 "like" et a été tweeté 10 fois. On est là clairement dans le principe même du filtrage collaboratif et de la recommandation sociale.
Il y a trois mois, les développeurs du site décident (en même temps qu'une levée de fond) de ne pas refaire un énième "agrégateur de vie sociale" mais d'offrir à ses utilisateurs la possibilité de recevoir trois fois par jour une sélection des dix liens les plus en phase avec leur réseau. C'est à ce moment là que Summify est devenu une newsletter personnalisée et pertinente.

Enfin, une application Summify pour Iphone vient de sortir et elle s'avère rapidement indispensable.

 

Astuce : les newsletters summify peuvent être rendues publiques vous pouvez donc voir le web comme un autre le voit.

Vous n'êtes pas convaincu par Summify...
Soit vous n'avez pas essayé :-O
Soit vous êtes snob :-P
Dans tous les cas, je veux bien que vous m'expliquiez pourquoi...

 

 

 

Le second outil, devenu pour moi désormais indispensable, s’appelle Refynr et n'est pas basé sur la recommandation, sa force c'est de filtrer Twitter et Facebook.

Si vous savez un peu ce que vous cherchez sur internet, vous êtes alors capable d'énumérer quelques mots-clés de votre veille. Ces mots, vous allez vous en servir pour trier l'info de vos réseaux sociaux en créant des filtres. Les filtres se règlent de façon très simple, on peut définir jusqu’à 20 mots, hashtags ou noms d'utilisateurs à inclure dans votre flux et 20 autres mots à exclure de votre flux. On peut donc créer plusieurs filtres, personnellement j'en ai un dédié à l'actu média et un autre à l'actu musicale. La première plus value, c'est tout simplement de ne plus être obligé d’être constamment sur Twitter. Une simple incursion sur le site vous permet d'aller à l'essentiel, de voir vos Mentions et vos RTs, les contenus en liens avec ce qui vous concerne et, petite coquetterie, Refynr vous permet d'exclure également tous les messages liés à Foursquare ou Gowalla, voir même quelques éléments sémantiques (en anglais) liés à la discussion comme : How, where, who?

 

Après plusieurs semaines de test et de personnalisation des filtres, je peux vous assurer que je ne me sers plus de mes listes Twitter (ce qui m'empêchait de voir ceux que je ne savais pas ranger dans une case) et que j'ai donc retrouvé du temps pour Google Reader, Tumblr, Reddit et bien sûr Scoopit, un bel outil de veille dont je vous ai déjà parlé ici


Astuce : Sachez que vous recevez chaque jour un mail des tweets triés et archivés, conservez les, cela vous permettra de faire des recherches directement dans votre boite mail plutôt que dans Google et que vous pouvez bien entendu chercher dans vos archives directement sur le site.

 

Si auparavant il fallait connaitre les bons sites et manier quelques outils austères pour faire de la veille, il est désormais évident qu'une bonne veille c'est avant tout des comptes sur les réseaux sociaux (facebook, twitter...) bien soignés. Il s'agit donc de choisir astucieusement ses amis et ses abonnements. L'arrivée d'outils plus sémantiques est une aubaine pour l'ère de l'information via les réseaux sociaux. Si "Paper.li" et "TwitterTim.es" ne m'ont absolument pas convaincu, Summify et Refynr sont, j'espère, les premiers d'un longue série d'outils permettant à chacun d'accéder plus facilement à une information de qualité.

 

Et comme chaque billet en entraîne un autre, j'ai envie de vous parler un peu de la manière dont nous surfons sur internet. Si Summify, par exemple, laisse place à une sérendipité "encadrée", un outil comme Refynr a tendance à exclure ce qui peut rendre charmant les réseaux sociaux, à savoir les blagues, les conversations gratuites...A vous donc de choisir, en fonction de votre emploi du temps ou de vos envies.
Promis, lors de mon prochain billet j’essaierai de trouver la formule secrète de la sérendipité non-chronophage comme mode unique de consommation du web (date de parution non contractuelle ;-)

 

"The more connected data you have,
The more powerful they are"

 

Bonus : Au moment ou j'écris ce post, je viens de retrouver une conférence de Tim Bernes Lee sur les données,  les méta-données et donc sur le web sémantique. Une idée veille de 17 ans mais qui commence tout juste à devenir concrète grâce, notamment , aux outils dont il est question dans ce billet .


Tim Berners-Lee: The next Web of open, linked data par Cyno 

April 20, 07:00 AM

Il y a quelques jours Ziad, Cédric et moi sommes partis à Dakar pour une formation à l'intention des Mondoblogueurs. Six mois de conversations et d'échanges à distance via les réseaux sociaux enfin finalisés par une rencontre "éloignéé du clavier" ( AFK ).

 

Mondoblog a maintenant plus de six mois d’existence et ce projet n'en est même pas au stade de son adolescence...A mon avis, La fougue reste à venir.
Six mois et plus de 700 articles mis en avant, des articles que nous avons parfois retouché mais très peu, 700 articles qui nous semblaient intéressant, bien écrits et instructifs. On le savait dès le départ, mais quand vous créez 100 blogs d'un seul coup, vous ne pouvez avoir 100 personnes avec les mêmes motivations, le même niveau d'instruction ou la même ténacité, c'est pourquoi nous avons sélectionné 30 des plus méritants pour se rejoindre une partie à Dakar et une partie à Yaoundé.

En tout 16 Mondoblogueurs ont voyagé jusqu'à Dakar, au CESTI, une des plus réputées école de journalisme de toute l'Afrique de l'Ouest. Certains n'avaient jamais pris l'avion, d'autres n'étaient jamais sortis de leur pays et la grande majorité ne connaissait pas cette ville au bord de la mer à l'extrême ouest du continent, d'ailleurs ce fut l'occasion d'aller sur l'Ile tristement mythique de Gorée avec les premiers arrivant. Imaginez la tête que vous feriez si vous lisiez et commentiez plusieurs personnes pendant plus de 6 mois et que vous finissiez par les rencontrer et vous saurez exactement ce que chacun d'entre nous a ressenti.

 

Une école de journalisme pour des blogueurs, voilà une histoire peu banale. Après tout, si les journalistes sont hostiles aux blogueurs alors que les blogueurs fassent leur preuve et on en rediscutera...Parmi les regrets de notre périple, l'absence de Suy Kahofi, blogueur ivoirien et courageux, qui vous l'imaginez a eu quelques problèmes pour quitter le territoire, ou encore Nelson Deshommes, blogueur Haïtien, pour lequel l'ambassade de France n'a même pas daigné lui donner un visa de transit, drôle d'époque !

 

 

Au bout de quelques jours et quelques longues discussions parfois enflammées (la religion, le sexe, la politique, les classiques quoi), je me suis dit que cette réunion de Malgaches, de Tchadiens, de Guinéens, de Sénégalais, de Maliens, de Burkinabés et de Camerounais (j'espère en oublier aucun ;-) pouvait donner un aperçu de l'Union Africaine, pas l'officielle qui n'a pas plus d'union que la fameuse Union Economique Européenne...Mais l'Union Africaine au sens propre du terme avec chacun sa propre culture, mais dans le respect de l'autre et pour l'intérêt général.

 

Pour en revenir à la formation, il nous avait semblé intelligent de faire un mélange entre enseignement rigoureux du journalisme à l'ancienne, exercices pratiques de l'écriture et du blogging et enfin coup de main donné en tête à tête pour s'adapter aux attentes de chacun. J'me rappelle que quand Philippe Couve, initiateur du projet avec Cédric Kalonji, me parlait de l'aspect formation de Mondoblog, c'était en gardant un assez mauvais souvenir des formations institutionnelles. Difficile de former quelqu'un présent contre son gré, d'autant plus quand elle peut ramener des Per-Diems plus importants que son salaire de journaliste sans forcement travailler. Opération réussi donc, puisque nous ne nous sommes que très rarement couché avant 2h00 du matin tant tout le monde avait soif d'apprendre, de progresser.

 

Nous avons alors sorti notre batterie d'outils pour blogueurs avec leurs limites. Si nous étions excités comme des puces de faire découvrir le "Cloud computing", il ne nous a pas fallu longtemps pour nous rendre compte que même la connexion dakaroise (une des meilleures connexions d'Afrique de l'Ouest) ne suffisait pas à travailler sereinement en ligne...Retour au bon vieux Word...Copié-collé une fois connecté au cyber. Même constat personnel pour la vidéo, si vous avez un bon quart d'heure devant vous pour regarder Rémi Gaillard pendant deux minutes vous êtes dans la norme.

Tout au long du séjour, la question de l'organisation d'un Barcamp (une tradition de l'atelier en voyage) nous a taraudé. Comme nous voulions nous concentrer sur la formation, nous avons finalement improvisé une réunion grâce au Centre Culturel Français sans pouvoir réellement rencontrer la blogosphère...Ce sera pour une autre fois !
Nous avons alors enregistré une émission spéciale où chacun des mondoblogueurs nous a aidé à refaire l'habillage, une franche rigolade pour nous et j'espère une agréable écoute pour vous.



PS : Jetez un oeil aux différents portraits croisés écrits lors de la formation :

Alimou Sow 
Ameth Dia
Christelle Bitner

Assaaz le GeekduSud

Shilo MM

Abdou Amadou Cissokho

Basile Niane

Arouna Ba

Alou Diawara

Ariniaina

Fodé Sanikayi Kouyaté

Ousmane Gueye


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April 20, 05:30 AM

Nous ne saurons jamais quelles sont les stars qui ont refusé de participer aux soirées de la famille Gadhafi. Par contre, nous connaissons désormais une bonne partie de ceux qui l'ont fait et, au fur et à mesure des jours, la liste s'allonge :
Mariah Carey, Beyonce, Jay-Z, Nelly Furtado, Usher, Lionel Ricthie, Lindsay Lohan, Miranda Kerr et même  la bimbo de la roue de la fortune, Victoria Silvstedt...Bizarrement, les stars se sentent plus sales depuis que la révolution libyenne a commencée, attendez...Non,  depuis que Wikileaks les a balancées.

 

Si j'étais intéressé par l'argent en écrivant sur le web (et donc intéressé par le trafic, le référencement) j'aurais écrit ce papier bien avant. En effet, qui n'aurait pas rêvé de mettre dans les mots-clés de son article "People", "Politique", "argent sale", "Kadhafi", "musique", "débauche", "embrouille familiale" et "humanitaire" au moment même ou la situation libyenne est en pleine crise...J'entends déjà l'excitation les râles des accros du S.E.O. poindre à mes oreilles !
Impossible que cela vous ai échappé, depuis que Wikileaks a balancé des câbles de l'ambassade américaine en Libye sur les agissements des enfants Kadhafi, c'est l'effet domino chez les stars de la pop américaine. Ce qu'on leur reproche, avoir été grassement payé par l'argent douteux du président libyen pour chanter quelques chansons lors de soirée de luxe et de débauche.


Nelly furtado a été la première de ces artistes a avoir cherché a expier sa faute, lors d'un tweet dans lequel elle annonçait, le 28 février, vouloir reverser les 1 millions de dollars touchés pour sa prestation de 45minutes à l'intention d'oeuvres de charité. Le lendemain Beyonce, qui s'était elle fait épinglée par la presse people il y a déjà un an, annonce donc par opportunisme qu'elle fera de même. En fait, à l'heure où je vous parle, seul Usher a déjà reversé de l'argent à Amnesty International, quant à Mariah Carey, que l'on sait fauchée, elle a annoncé utiliser une partie des bénéfices de son prochain single (dont la date de sortie est inconnue) à des oeuvres également...On attend de voir.

 

Ces informations, c'est encore une fois un coup de Wikileaks, Ça fait partie des "US Cables"

Ces informations viennent de l'ambassadeur américaine à Tripoli...Ce qui est marrant c'est que les enfants Kadhafi nient en bloc ces affirmations, puisque au fil de la lecture on en apprend plus sur la guerre qui sévit à l'intérieur de la fratrie  que sur les agissements du père. Personnellement, en ce qui concerne la présence des célébrités, je crois que leurs déclarations vaut comme validation de l'existence de ces faits.





Toutes les stars n'ont pas validé l'intégralité de leurs agissements, par exemple Beyonce dit qu'elle ne savait pas qu'elle était en représentation pour la famille Kadhafi ce soir-là, pourtant le même soir son manager la prenait en photo en tweetant "nous sommes à la Kadhafi Party"

 






Encore une fois Wikileaks montre sa capacité à faire le ménage dans l'ordre établi, la diplomatie, la politique internationale et maintenant l'industrie musicale... Les dégâts sont plus que collatéraux et on voit bien à quel point ces stars qui sont pourtant les mieux payés du Monde sont prêtes à tout pour faire pour faire grossir leur magot. Vous remarquerez également les nombreuses traces laissées sur le net via les réseaux sociaux, écrites par des attachés de presse ou non, enfin bon dans le milieu People comme en politique la communication n'a plus peur du ridicule.

 

PS : pour faire cet article j'ai d'abord tous regroupé sur une seul page grâce à un outil de curating qui s'appelle Bundlr, allez jeter un oeil!

 

April 01, 01:21 PM

Encore une semaine chargée dans le domaine de la musique en ligne.

La plus grosse actualité, c'est l'annonce de l'Amazon Cloud Player, un service de stockage en ligne (de votre musique) proposé par l'un des plus gros vendeur de mp3s dans le Monde "Amazon". Le géant de la vente culturelle en ligne s'attaque donc au "music locker" au stockage des œuvres en ligne ouvrant le bal avant Google Music et le futur service d'Apple.

Pas sûre que Deezer et Spotify, ces services de musique en ligne qui négocient chaque jour avec les ayants droits, voient cela d'un très bon œil. D'ailleurs Sony a déjà menacé de porté plainte contre Amazon

A vrai dire et pour l'instant, ces services sont encore un peu lourd pour la 3G donc vivement la 4G !
Toute cette mouvance du stockage en ligne c'est bien sûre pour une consultation embarquée, sur son téléphone par exemple, et une des tendances qui semble ce développer à toute vitesse en ce moment c'est le domaine de la musique géolocalisée. Oui géolocalisée, un terme qu'on répète à tour de bras depuis l'arrivée des smartphone.
La géolocalisation, vous vous en êtes certainement servi sans le savoir. Si vous avez un GPS par exemple, la géoloc (pour les intimes) c'est le fait de donner sa position sur le globe en utilisant les données de latitude et de longitude.

On a déjà parlé ici de Foursquare, Dis-moi-où ou encore Gowalla et les services de musique géolocalisé s'appuie sur ces derniers, c'est ce qu'on appelle un Mashup. Dans le domaine du logiciel, Un Mashup c'est un nouveau service qui s'appuie sur un service existant. Par exemple il existe 562 563 564 mashups de Twitter.
Si je prend le cas de l'un d'eux : Twittervision, Twittervision combine Twitter avec Googlemaps, la fameuse carte de Google, c'est donc de la géolocalistaion mélangée à un réseau social temps réel...Vous avez résolu l'équation Twittervision vous permet de voir en temps réel les tweets du monde entier placé à l'endroit d'ou ils sont émis.


Et puis en fait, j'voulais vous parler de service de musique géolocalisée ?
Pour moi le plus prometteur c'est l'association de Soundcloud avec Foursquare, deux services efficaces, bien conçu et avec chacun de grosses communautés d'utilisateur. Même si on ne sait pas encore comment Foursquare compte intégrer l'audio sur sa plateforme, ça n'en est pas moins excitant.
Mais il existe d'autres applications qui mélangent musique et géolocalisation, comme Soundtracking qui vous permet d'échanger de la musique liée à un lieu, Loudie qui permet de trouver un concert à côté de votre position et d'échanger avec les gens qui y sont présent ou même Roqbot qui permet de choisir la musique qui passe dans tel ou tel bar.

Mathieu, qui travaille avec nous, a même rencontré des jeunes français qui ont crée Clameurs, une application qui vous incite à découvrir la ville pour découvrir des sons...On vous en reparle très prochainement !

February 14, 09:00 AM


Ça fait un petit moment que je lis des articles sur la "curation" (issue du mot anglais et non du sens français comme le faisait remarquer Titiou Lecoq dans son billet).
Le sujet déchaîne les passions numériques. On se demande si le curator est un veilleur, si c'est un "bullsh** marketing" ou si le curator va  résoudre les problèmes d'infobésité. Le mot agace et les débats autour de cette fonction ressemblent souvent à de longues logorrhées ou à des panégyriques
sans vraiment s'intéresser aux outils. Prenons donc de la distance et de la hauteur pour parler de ces petites inventions bien pratiques qui, faute de changer la face du web, rendent service à des utilisateurs avertis.
 

Pour ceux qui auraient la fainéantise de cliquer sur le premier lien (ci-dessus), sachez qu'on parle de curator pour désigner une personne qui sélectionne et compile des contenus pour, en général, les rassembler en un seul et même endroit. Les plateformes de curation les plus connues sont StorifyCurated.byKeepstreamResearch.ly ou encore Scoop.it. J'en ai testé quelques-unes  mais puisqu'on ne peut parler de curator sans râler, je vais râler aussi (mais différemment).

Tout d'abord, si certains attaquent le fait de donner un nom barbare à un acte qui "serait vieux de plusieurs années", je précise que la curation n'est pas censée être aussi large qu'une sélection de liens que l'on ferait dans un blog, à moins que cette sélection soit restreinte à une seule thématique. Certains, comme Eric Scherer ou Alex Gamela, le font très bien en ce qui concerne le métier de journaliste par exemple.
Le véritable intérêt de la curation réside justement dans sa capacité à concentrer en un seul endroit toutes l'actualité d'une thématique précise, comme la 4G, les pirates ou la société collaborative... Rares sont les blogueurs suffisamment obsessionnels pour tenir une ligne éditoriale aussi restreinte sans jamais dévier.

Tumblr et Pearltrees des outils de curation avant l'heure

 

Tumblr c'est une plateforme de micro-blogging, souvent associé aux teenagers, à la génération skins, mais l'un des exercices de prédilection de ses utilisateurs, c'est bel et bien de créer des espaces web monomaniaques. Tapez Fuck Yeah + le nom de votre artiste préféré, pour un peu qu'il soit mainstream, sachez qu'une page lui est déjà dédiée, Lady Gaga, Justin Bieber, il y a même un site pour savoir si un FuckYeah de votre star existe. Je parlais de monomanie, si vous avez du temps à perdre et un besoin de Lol à combler, il y a les monomanies créatives comme SelleckWaterfallSandwich ou encore DianaRainbowCheese, mais là je digresse ;)


Sans tirer de grandes conclusions, je dirais que ces nombreux exemples d'utilisation naturelle de l'outil Tumblr pour sélectionner un seul type de contenus montrent bien que l'acte de curation est un acte qui s'est imposé comme un usage naturel du web, puisque le problème du web c'est son immensité.
L'activité de collectionneur aurait donc survécu à la dématérialisation, se transformant peu à peu en collectionneur multimédia en ligne.

 

Quant à Pearltrees, on a longtemps comparé cet outil à l'avenir du bookmarking sans jamais vraiment comprendre comment l'utiliser. Sur Pearltrees, chaque bookmark, chaque lien est visualisé sous forme de perle, vous pouvez alors créer des "perles racines" (comme on créerait un dossier pour ranger plusieurs documents sur son bureau) dans lesquelles vous allez ainsi organiser vos favoris en un seul lieu thématique.
La force de ce site c'est de permettre de lier des favoris entre eux, de leur donner une arborescence. Si, par exemple, des faits d'actualité découlent les uns des autres, alors plutôt que de mettre ces liens au même niveau (sous un même mot-clé), vous allez pouvoir créer une branche de liens découlant visuellement les uns des autres. 

Pearltrees a bel et bien de l'avance sur tout le monde, et sûrement trop pour être adopté facilement, cela dit je prends le parie que les tablettes tactiles devraient permettre à ce site de prendre de l'ampleur tant l'interface web a été pensée (où pas) pour toucher, manipuler ces perles. Cette architecture de branches n'existe sur aucun des sites officiellement dits "de curating" et c'est là souvent leur faiblesse. Keepstream n'est pas très sexy, Storify a lui fait ses preuves pour être embeddé dans un article, mais celui qui me parait le plus intéressant puisqu'il permet de créer une page très lisible, c'est Scoop.it.

Mon expérience de Scoop.it
Je le redis, si une chose est bien claire dès le début sur Scoop.it, c'est que le site vous incite clairement à vous spécialiser sur une thématique, quitte à créer d'autres pages sur chacune des thématiques sur lesquelles vous faites de la veille. 


Moi-même en m'inscrivant, je n'avais pas anticipé ce qu'un outil de curation pouvait impliquer. Alors que les autres sites récupèrent vos favoris ou vous proposent de rechercher des éléments pour étoffer votre article, Scoop.it met à disposition une page par thème en vous proposant une interface de veille...Vous pouvez agréger vos sources d'informations par le biais de recherche de mots-clés, de compte ou de liste Twitter et de flux RSS. Si je compare avec mon agrégateur de flux, j'ai ici une information bien plus ciblée et bien plus large (grâce au fait de mélanger RSS et twitter) que dans mon Google Reader qui est pourtant bien rangé. Ce dispositif donne donc un outil de veille plutôt pratique tout en permettant de rajouter des articles hors de cette veille (Via un bookmarklet).
Rajoutez à cela la possibilité donnée à n'importe qui de vous proposer un article en rapport avec votre thématique et vous avez un outil collaboratif, relié aux réseaux sociaux (Facebook et Twitter) et plutôt efficace (quoi qu'à perfectionner).
La petite surprise est venue après m'être abonné à certaines thématiques "curatées" par d'autres. On reçoit chaque jour un récapitulatif des mises à jour thème par thème et c'est là tout l'enjeu de la curation: avoir des infos très ciblées sans même les chercher.

 

Tout le monde s'accorde sur le caractère chronophage de la veille mais, désormais, certains sites permettent de faire le tri dans nos flux et d'identifier plus rapidement les contenus qui commencent à faire du bruit. C'est le cas de Summify ou Cascaad. La curation s'inscrit également dans cette démarche (gagner du temps) mais elle ne repose pas sur un algorithme.  Ce qui fait la curation c'est l'humain (comme l'a intelligemment anticipé Aaaliens) et aussi la spécialité (ce que les services basés sur des algorithmes ne proposent pas encore). 

Et si la "curation" permettait, à l'avenir, à tous veilleurs d'avoir plus de temps pour produire des articles? Le mot n'est pas très beau, j'en conviens, c'est peut-être un mal pour un bien...

 

BONUS : De la curation sur... la curation ;)

 

Content : An illustrated history par Philip Shelldrake

January 14, 09:00 AM

Le site Hypemachine, qui agrège la grosse majorité des blogs musicaux du monde, vient de publier cette semaine son Zeitgeist 2010, comprenez les morceaux reflétant le mieux l'année passée. L'occasion de rappeler ce qu'est la Hypemachine. 

 

Vous connaissez les blogs, ce moyen simple de s'exprimer en ligne, sachez que certaines personnes s'en servent pour échanger autour de la musique. Mais comme la musique n'est jamais aussi bonne que lorsqu'on l'écoute, ces blogueurs mettent à disposition de l'internaute les morceaux dont ils parlent (souvent avec des fichiers mp3). Cela parait évident aujourd'hui, mais ce sont ces blogueurs qui ont popularisé la pratique.

A l'époque tout le monde ouvrait son blog en ayant peur d'être forcé de fermer dans la foulée (et ça a été le cas pour nombre d'entre eux). Au même moments les sites d'actualité musicale devaient batailler ferme avec les labels pour récupérer ne serait-ce qu'un extrait utilisable légalement en ligne...Le nombre de blogs a, entre temps, explosé. La partage d'mp3 s'est banalisé et les labels ont bien compris que cette armée de blogueurs bénévoles était une force de communication incroyable pour leurs productions.


Revenons à la hypemachine. En 2005, Anthony Volokin, un étudiant en université, se rend compte du potentiel des blogs musicaux et décide de créer une sorte d'annuaire qui permettrait d'écouter l'ensemble des morceaux mis en ligne facilement. Il ajouteà tout cela une couche sociale qui permet de savoir ce qu'écoutent ses amis, de traquer certains blogs, certains artistes ou certains mot clés. Un service essentiel qui fait office également d'archive incroyable pour une partie de la production musicale mondiale. Hypemachine c'est + de 100 000 visites par jour.

 

Et donc ce site vient de publier un classement des artistes, albums et morceaux les plus populaires sur sa plateforme. Au risque de vous surprendre, l'actualité mondiale de la musique en ligne n'a rien à voir avec la programmation des radios et encore moins des chaines musicales. L'artiste le plus blogué cette année c'est Yeasayer, un groupe de rock atypique que je n'affectionne pas particulièrement, avec des sonorités typées années 80. L'album que les utilisateurs ont le plus apprécié cette année, c'est celui d'Arcade Fire appelé "the Suburbs", si vous ne l'avez pas encore écouté, allez-y cela ne peux pas vous faire de mal. Enfin, et c'est assez bizarre le classement du meilleur titre n'en est pas un, c'est en fait une sélection exhaustive des titres qui ont été "likés" par les utilisateurs dont vous pouvez retrouver la liste ici.

 

Ce classement, vous l'aurez remarqué, met clairement en avant les productions d'Amérique du Nord, mais puisqu'il est le résultat des gens actifs sur la toile, il ne tient qu'à vous, amis de Francophonie, de mettre en avant la musique qui vous plait !

 

January 07, 06:00 AM
Peut-être n'avez vous pas remarqué, mais il devient de plus en plus difficile de partager une musique que l'on apprécie avec ses amis sur internet.

 
Cette semaine, par exemple, j'ai voulu tester un logiciel de screencast gratuit et en ligne qui s'apelle Screenr (que je vous conseille vivement). Dans cette capture vidéo de l'écran j'en ai profité pour faire la démonstration d'un très bon plugin qui s'apelle Apture si vous êtes blogueur, installez le de suite, c'est un bénéfice pour le producteur comme pour le consommateur d'information. 
Voici le résultat :


 

Voila donc une minute de vidéo accompagnée d'un morceau trouvé sur le web.
Sachez au passage, lecteurs allemands, que vous ne pourrez pas voir cette vidéo puisque dans la minute qui suivait la mise en ligne je recevais ce mail 
"Votre vidéo comporte peut-être du contenu sous licence ou appartenant à Sony Music Entertainment "
 
Ce qui est frappant, c'est la rapidité avec laquelle Youtube identifie des contenus sonores, pas sûr au passage qu'il en soit de même pour la vidéo.

L'Allemagne serait donc le seul pays dans le Monde où Sony ait trouvé un accord avec Youtube m'interdisant d'utiliser "leur musique", mais ce qui est étonnant dans cette histoire c'est que le morceau utilisé dans cette vidéo n'appartient en fait à aucun cataogue officiel...C'est un Mashup !
Un mashup, c'est ce procédé  fruit de la culture remix, inhérente au web, dont j'ai déjà parlé ici. Il consiste à mélanger au moins deux morceaux qui n'ont à priori rien à voir pour en créer un nouveau. Rien de légal à l'heure actuelle dans ces créations (puisque les droits ne sont pas négocié en amont), mais on trouve de véritables pépites qui donnent une seconde vie à des morceaux parfois oubliés, démodés voire obscurs.
A mon humble avis, les maisons de disques seraient bien inspirées de négocier avec certains de ces producteurs de mashups tant les réactions des gens à l'écoute de ces remix sont enthousiastes.
J'en veux pour preuve ce morceau déniché sur Soundcloud.
.

Soundcloud, c'est un service qui permet aux artistes de stocker et diffuser facilement leur musique en ligne, sans se faire pirater et c'est aussi un endroits où on trouve beaucoup de mashups sur le web. Mais voila, comme souvent, il n'a pas fallu longtemps pour que l'utilisation du site soit dévoyée et de nombreux morceaux soient mis en ligne sans l'autorisation des ayants droit.
Soundcloud a donc annoncé cette semaine que l'identification automatique des morceaux (vous savez, le procédé dont je vous ai parlé pour youtube) allait être mis en place sur leur plateforme et si j'en crois l'expérience que je viens de vivre cela veux dire fini les bootlegs (autre nom donné improprement aux mashups) sur ce site.
 
Il est a parié que certains utilisateurs risquent de fermer leurs comptes, pas seulement les créateurs de mashups, mais aussi les blogueurs musicaux. Une attitude que je trouve courageuse et droite de la part de Soundcloud, un service que j'apprécie particulièrement, qui a eu l'intelligence d'incorporer le creative commons dans son mode de publication (mais pour combien de temps ?). N'aurait-il pas été envisageable de négocier avec les labels pour simplement interdire le téléchargement de contenus illégaux ?
Voila une situation qui rappelle que cet "age d'or" du web, où partage et commerce n'étaient pas incompatibles, est voie de disparition. 
PS: du Mashup sur Souncloud et du Creativecommons
December 10, 05:30 AM

Ziad et moi, on a été faire un tour à LeWeb 2010.
LeWeb, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la plus grosse conférence européenne en matière d'internet et nouvelles technologies et comme le faisait remarquer Ziad, le seul endroit où les Français font semblant de ne pas parler français.

Vous devez vous dire qu'on a plein de choses à vous raconter...Mais finalement pas tant que ça.
Si l'atelier s'intéresse aux nouvelles technologies, c'est bien souvent dans ce qu'elles permettent de faire évoluer au niveau de l'accès à l'information et de l'évolution du métier de journaliste et Leweb c'est avant tout l'occasion pour les investisseurs, les dirigeants de grosses sociétés de se rencontrer, d'investir dans des projets et de se tenir au courant de l'évolution des tendances de consommation via internet.

Ne crachons pas dans la soupe, si cette conférence est pour nous moins primordiale que les "Assises du journalisme" ou encore le tout nouveau "Obsweb", pour Observatoire du webjournalisme, auquel nous n'avons malheureusement pas pu assister, LeWeb reste un endroit où il fait bon sentir l'ambiance globale du milieu dans lequel nous évoluons.


Parmi les choses auxquelles nous avons pu assister, il y a les Ignites, des présentations courtes (généralement cinq minutes) ou chacun des intervenants discourent appuyés par une présentation visuelle (powerpoint) pour partager avec l'audience le résultat de son travail. L'avantage de cette discipline, c'est d'avoir en un temps court une présentation de pleins de travaux diverses et variés mais, plutôt que tous vous les décrire, je préfère vous parler de quelques unes d'entre elles.



A commencer par la "Twitter Diplomacy", un travail de Matthias Lufkens du Forum Economique Mondial, qui tend à montrer les relations que les Etats entretiennent les uns avec les autres sur le réseau social Twitter. En introduction il explique bien que même si par exemple le compte de Barrack Obama n'est pas tenu à jour par l'homme lui-même, il n'en va pas moins que chaque phrase partager sur le réseau est le fruit d'une réflexion de son cabinet de communication, un geste diplomatique. Lors de la présentation, on voit Obama accueillir Medvedev qui vient de s'inscrire sur Twitter, Medvedev déconseiller d'acheter tel tablette numérique (et l'impact que cela peut avoir) mais aussi et c'était très drôle, Matthias Lufkens montre que le compte Twitter officielle de l'Elysee ne suit personne, même pas le premier ministre.

Il y avait aussi des choses vraiment pas terrible, ce qui a le plus excité les gens, c'est l'intervention de Ricardo Sousa modestement appelé "les adolescents-entrepreneurs peuvent changer le Monde". Cinq minutes peuvent finalement paraitre très longues lorsque vous avez en face de vous quelqu'un qui vous sort des poncifs, les jeunes n'ont peur ni de prendre des risques ni de faire des erreurs et enfin ils ne font pas les choses pour l'argent (c'est une question de temps et au passage un petit "merci papa, merci maman" n'aurait pas été de trop), Grosse déception également avec Romain Lacombe pour sa non-mise à jour de son discours sur les données gouvernementales ouvertes pendant laquelle il cite à tour de bras le gouvernement américain, ce même gouvernement qui appelle aujourd'hui à la restituion des fuites Wikileaks.

Enfin, ma spécialité c'est la musique et même si Beathe Due était un peu mal à l'aise pendant sa présentation, j'avoue que je vais me pencher un peu plus sur le résultat de son enquête sur l'évolution des modes de consommation de la musique, ainsi que sur le travail de la japonaise Fumi Yamazaki qui sous prétexte de culture geek nous a démontré que pour que quelque chose devienne populaire il faut permettre aux internautes de se l'accaparer.

December 03, 11:00 AM

L'un des grands chantiers de l'évolution de l'industrie culturelle c'est la remise en cause du fonctionnement des droits d'auteurs dans le Monde, au même titre que la propriété intellectuelle sur les plantes ou les vaccins par les labos pharmaceutiques, au passage.
Vous le savez, la réforme des droits d'auteurs c'est une de mes nombreuses lubies, mais je ne vous en parle jamais sans un fond d'actualité.


La première actualité, c'est la chasse aux sites, qui hébergent ou indexent illégalement de la musique ou des films en ligne, lancée cette semaine aux États-Unis. Pas moins de 82 noms de domaines ont été confisqués. Au dire des spécialistes américains, un avant-gout de la loi COICA déposé le 18 novembre dernier qui devrait permettre non plus de supprimer seulement les fichiers incriminés stockés sur un site, mais qui permettrait désormais de supprimer l'intégralité d'un site soupçonné d'enfreindre la loi, sans aucun préavis et donc sans aucun dialogue.
L'Electronic Frontier Foundation, qui défend la liberté sur les territoires digitaux, démontre l'innéficacité de cette démarche puisque que dans les heures qui suivaient l'intervention de l'Etat, les sites étaient de nouveau en ligne sous une nouvelle adresse. Cette fondation alerte également sur le fait que de tels outils, une fois en place, pourrait faciliter à l'avenir la censure sur le net.


L'homme que vous avez en face de vos yeux est lui aussi un odieux criminel. Je vous en ai déjà parlé à l'issu de la sortie du documentaire "Rip a Remix Manifesto", il s'appelle Girltalk et vient juste de sortir son cinquième album à base essentiellement de samples d'autres artistes.Ce jeune canadien pousse, depuis quelques années maintenant, l'art du remix à son paroxysme puisque pour All Day, son nouvel album, ce bidouilleur a utilisé pas moins de 372 samples différents.
Si vous ne comprenez toujours pas ce qu'est un remix et comment ça peux fonctionner, alors allez voir de suite la visualisation faites par Benjamin Rahn de l'album de Girltalk et tous va s'éclaircir.


Non content de rendre enfin compréhensible l'idée du remix (quoique que la vidéo ci-dessous en était déjà une très sympathique ébauche) l'auteur de cette visualisation vient de permettre au gens ayant identifié un sample manquant de le rajouter eux même.

Enfin, et c'est un principe, il faut toujours garder la meilleure histoire pour la fin, c'est celle de Brian Cox, leader du groupe Deerhunter qui vient de mettre en ligne quatre albums, les "Bedroom Databank", d'un seul coup et ce gratuitement.
Là où l'histoire devient ubuesque, c'est quand Sony s'aperçoit que le jeune homme sous l'appelation "Atlas Sound" met de la musique gratuitement en ligne et décide de faire supprimer trois des quatres albums.
Brian Cox, qui n'a rien à voir avec Sony, ironise :

"Apparemment Sony est propriétaire de ma chambre".

Enorme bourde de Sony qui n'a d'ailleurs pas fait supprimer le seul des quatres albums enfreignant la loi (puisque contenant une reprise de Bob Dylan) et qui, dasn un deuxième temps c'estexcusé auprès de l'artiste qui a remis illico les fichiers en ligne.

Vous voyez je vous parlais en début de la répression qui se transforme en censure !
November 26, 05:30 AM

Nicolas Sarkozy le 19/11/10 :
«Il semblerait que vous soyez pédophile»

Il est impossible que vous ayez échappé à cette phrase lâché par Nicolas Sarkozy à l'adresse d'un journaliste qui, pendant le "Off" du sommet de l'Otan à Lisbonne, avait osé poser des questions au chef de l'état sur son implication dans le dossier Karachi. Je ne débatterai pas ici de la diffusion du "Off" ou pas puisque vous le savez j'aime le travail de Pierre Carles.

Cette information, d'abord relayée de façon courte me parraissait d'une violence sans nom puis a finalement pris une autre dimension à mes yeux lorsque Libération a publié l'audio de cette altercation.


Qu'est-ce qu'on y entend ?


Pour ceux qui n'aurait pas entendu l'intégralité de ce quasi-monologue, pas la peine de monter sur vos grands chevaux, lorsque Sarkozy dit que le journaliste en face de lui est pédophile, il ne fait qu'illustrer maladroitement sa pensée qui veux que si on a pas la preuve de ce que l'on dit mieux vaut se taire :

"Soit il y a quelque chose, dans ce cas-là je m’explique bien volontiers. Soit il n’y a rien… Et je m’explique sur quoi ?"


Mais dans cet extrait, on y entend, un président finalement bien mal à l'aise par rapport à ces soupçons, un président qui faute de pouvoir se défendre attaque, fait la morale aux journalistes, leur explique comment faire leur métier et puis dérape en démontrant ses propos par l'absurde.

Impossible également de ne pas déduire que le président de la République mène à l'heure actuelle une sorte de guerre larvée contre les journalistes lorsque l'on a vu sa dernière prestation officielle à la télé française. Il fait un bilan "argumenté" des sujets traités par les journalistes qu'il a en face de lui, leur fait la morale en reprochant aux journalistes de focaliser leur ligne éditoriale sur des sujets minimes qui pourtant son mis en exergue par la politique de son gouvernement, c'est la banale histoire de la poule ou de l'œuf.

Sarkophile ?


Il faut dire que dans cette histoire personne n'est vraiment blanc, je trouve personnellement que la télé à généralement un traitement populiste de l'actualité, panurgique et souvent motivé par la course à l'audience et je crois que Nicolas Sarkozy a trouvé lui aussi un moyen populiste de se défendre en attaquant les journalistes, une profession loin de faire l'unanimité dans les foyers français. Une profession que nous essayons de défendre chaque jour dans l'atelier des médias sans omettre de la remettre en cause.

Le doute, c'est une des forces du métier de journaliste et aussi à certains égards l'un de ses défauts. Vous ne trouverez pas moins corporatiste que cette profession puisque chacun doute du travail de l'autre, on se rappellera au passage comment les sarcasmes sur Laurent Joffrin (directeur de publication de libération) par Nicolas Sarkozy avait fait rire tous ses camarades.


Discutez aussi avec des journalistes politiques et vous verrez qu'ils vous diront qu'ils prennent beaucoup plus de plaisir à suivre Sarkozy aujourd'hui que Chirac à l'époque. Car le journaliste est quelqu'un généralement de cérébral, il aime la joute verbale, les bons mots, le journaliste est finalement un rappeur qui aime s'affronter dans des freestyles avec les hommes politiques, celui qui vanne le mieux est toujours le plus fort...Sarkozy mènent ainsi la profession par le bout du nez, une cour qui le suit dans ses nombreux agissements (son storytelling), qui rigole à ses blagues et n'ose s'affirmer ou se défendre les uns les autres lorsqu'ils sont en difficultés.

Il faut dire que l'activité de l'omniprésident ne laisse que très peu de temps pour vérifier la justesse de ses propos et que ceux qui ont ce qu'on appelle désormais "le luxe" de l'enquête ont bien du mal à transmettre à la plus large audience le résultat de leur travail, quand il dispose encore d'un ordinateur.

Si la liberté de l'information et la justice sont deux piliers de la démocratie et au vue de l'actualité française, demande de révélations des sources, déplacement du jugement de l'affaire Bettencourt d'un tribunal à l'autre, pas sûre que certains pays du sud que l'on appelle ici totalitaire ou despotique ne soit pas actuellement en train de nous rire au nez en voyant tous ce qui se passe dans notre pays, journalistes relevez la tête !

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Mount Kimbie ‘Made To Stray’ 

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“Itchy” is taken from the forthcoming Siriusmo album “Enthusiast” (MONKEYTOWN033) Out June 14

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Submerse - Here’s Looking At You

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  • “Itchy” is taken from the forthcoming Siriusmo album “Enthusiast” (MONKEYTOWN033) Out June 14
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  • https://soundcloud.com/kelpe | http://www.kelpe.co.uk | http://www.facebook.com/pages/Kelpe/58078685775 | http://twitter.com/_kelpe —- http://eepurl.com/rHmPv http://www.facebook.com/badpandarecords http://twitter.com/#!/badpandarecords
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  • Hybride
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  • Girls name “Hypnotic regression” http://soundcloud.com/slumberland-records/girls-names-hypnotic
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  • Phobia “Me and my drummer” (Bretonlab’s remix ) http://soundcloud.com/sinnbus/phobia-bretonlabs-remix
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  • Look what I just found on SoundCloud: http://soundcloud.com/thisisfyfe/st-tropez
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  • Ghostpoet - MSI MUSMID
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  • You can find Ms Park over at http://www.karinpark.com/main.php
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  • Great Wall Of Sound Podcast #001 http://soundcloud.com/edenpresents/thegreatwallofsound-itunespodcast-001
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