Yoann
Copywriter by day, wannabe writer by night. Will write for food.
Posts
Yay bearpants!
Have you heard?
About bearpants?
Not until now.
Tais-toi donc, Grand Jacques, que connais-tu de l’amour? Des yeux bleus, des cheveux fous, tu n’en connais rien du tout…
Je n’ai jamais appris à faire confiance.
Quand la nuit je me réveille la gorge serrée par l’angoisse de l’inconnu, la boule au ventre et les pieds froids (rien à voir), je m’aperçois que la vie ne m’a pas vraiment armé pour ce genre de situation.
En accordant sa confiance sans conditions, on a un peu l’impression de pénétrer dans le Labyrinthe de Dédale. Mais tout ça à poil, sans armes, sans lumière, sans fil d’Ariane et avec un Minotaure au cul. On tâtonne fébrilement le long des parois à la recherche d’un peu de lumière, trop apeuré pour se mettre à courir. On crie, on pleure, on se lamente sur ce sentiment d’avoir perdu ses repères les plus basiques.
Je suis paumé entre deux extrêmes : le vide et l’excès. La peur de tout engagement et le débordement d’amour. Ce trop plein qui aveugle, qui empêche de dormir, qui vous murmure les pires histoires à l’oreille, celui qui allume en vous la jalousie, l’envie, la peur. Je me débats dans une obsession de plus en plus prégnante répétant chaque jour ces mantras de logique froide qui me rappellent à la réalité et me permettent de me défendre.
J’ai confiance. Mais, je ne suis pas solide, je ne suis pas fort, je ne sais pas faire. Je n’ai jamais eu droit aux cahiers de vacances “relations d’adultes”. Il me manque tous ces petits exercices quotidiens, ces années de pratique, ces entraînements sur cobayes en chair et en os, ces échecs, ces déceptions, ces réussites parfois, ce sentiment d’avoir les pieds sur terre. L’entraînement ne sert qu’à ça finalement, vous donner cette impression que malgré la pire des situations, on maîtrise un peu ce qu’on fait.
J’ai toujours eu peur de cet entraînement et aujourd’hui la vie me rattrape et me rappelle que je tire à balles réelles.
Je veux y arriver. J’espère apprendre un jour.
Et dis-toi donc, grand Jacques,dis le toi bien souvent. C’est trop facile… c’est trop facile de faire semblant.
(c’est trop facile de se planquer derrière des idées toutes faites, c’est plus dur de construire quelque chose, mais c’est tellement plus passionnant.)
——-
Un livre dont vous êtes le héros n’a jamais aussi bien porté son titre…
C’est à celui-là que j’aurais du jouer, putain…
+++++
Je change mes titres et mes images quand j’écoute du Brel, si je veux. Merde.
Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent. Toi, tu creuses !
Je me suis toujours fait un devoir d’enfouir mes sentiments au plus profond de moi-même.
C’est ma solution. Un sain mélange d’égoïsme, de timidité et de volonté de se protéger des autres. Ou un beau cercle vicieux, c’est au choix.
Je n’aime pas partager mes sentiments si je ne maîtrise pas la situation, je ne maîtrise jamais la situation parce que j’ai peur de la réaction des autres. Pour ne pas avoir peur de leurs réactions, autant fermer sa gueule et sourire. Jouer les muets a cet avantage qu’on ne prend aucun risque.
Au final, je ne partage vraiment qu’avec un petit groupe de personnes triées sur le volet. Et ça me demande encore une belle dose de motivation. Je suis passif de la vie, je parle assez peu, je me confie encore moins et finalement, je réfléchis beaucoup. Je ressasse mes idées la nuit, je construis mes phrases, je les note, et finalement je les écris et, quand je suis trop lâche pour parler, je communique par lettres interposées.
Mes relations amoureuses étaient toujours construites sur le même schéma : relation courte, pas d’engagement, pas de communication, bonjour, merci, au revoir madame, non on ne se rappellera pas. Un certaine forme de simplicité bestiale et primaire qui n’engage à rien, se construit facilement mais ne laisse qu’une coquille vide et des souvenirs pas très glorieux à éviter comme la peste le lendemain matin. Non j’peux pas rester j’ai besoin d’un rasoir tu vois… faut que je change de chemise … j’dois aller bosser… non.non.non.
Je n’ai jamais su faire que ça. Quand tes relations durent maximum quelques heures, quelques jours parfois, t’as le niveau affectif d’un CE1.
Je vis cette relation au “gut feeling”. Je merde pas mal, mais je dois réussir quelques beaux coups parfois puisqu’elle a la gentillesse de me supporter depuis un an. Je m’ouvre peu à peu, c’est souvent compliqué, c’est parfois douloureux mais j’en arrive parfois à raconter ma journée (chose la plus improbable du monde pour moi, partant du principe que c’est d’un ennui mortel et qu’elle a mieux à faire que de m’écouter raconter comment j’ai pondu un argumentaire ou un discours en quatre thèmes majeurs).
Hier soir, l’un de ceux avec qui j’arrive à discuter tout naturellement me parlait de lui et soulignait le doux bonheur d’être capable de tout partager, même les petits riens du quotidien.
Et, pour une fois, j’ai compris.
J’aime cette présence dans mon dos quand j’écris. J’aime partager ces moments que je pensais ne pouvoir faire que seul.
Mais je déteste toujours autant le téléphone.
In this series of images, people wander through their day, aimless and alone, blind, indifferent and in silence, unaware of their surroundings and unable to communicate original thought. They are the walking undead — their souls washed away along with their agency as consumer. This dystopia seems empty and frightening; the land of a cynic body politic. The spaces in which these characters inhabit are simultaneously familiar and non-descript; emotionally apocalyptic. Mass media consuming the individual has reversed the flow of information, turning civilization into a modernly savage land.
En découvrant cette interview de Fabrice Colin, auteur hautement appréciable mais trop peu apprécié, je continue mon exploration des méthodes d’écriture. Pour lui, c’est un plan aussi maturé que détaillé et une écriture rapide qui en découle. Construction préalable donc, ok.
+++
Plus Paris devient bruyant, plus j’ai tendance à baisser la voix.
En ce moment, je murmure beaucoup. Apparemment, c’est très étonnant pour mes interlocuteurs. Les gens n’ont plus l’habitude de tendre l’oreille et d’écouter, la voix du plus fort règne en maître près des machines à café.
Le trop plein sonore m’exaspère, je n’aspire qu’au calme et à un peu de musique dans les oreilles. Du coup, à de rares exceptions, la radio m’ennuie, la télé m’ennuie (énormément). Même lorsqu’il s’agit de sujets intéressants, je préfère lire qu’écouter les chroniques, les analyses, les histoires (ce qui n’est pas le cas de Mr Colin, d’ailleurs, que j’ai pris plaisir à écouter, mais lui je l’aime bien). Les voix m’irritent et me gâche le plaisir. Je remarque qu’avoir une voix n’est pas une chance distribuée impartialement par dame nature et que j’en suis, pour ma part, totalement dépourvu. Je me tais donc. Beaucoup.
Et, comme je ne suis qu’un gros tas de contradictions, en ce moment j’aime à nouveau aller au cinéma (dans des salles le plus vides possibles tout de même, faut pas pousser).
Un weekend comme je les aime.
Un mélange d’intimité tranquille, de calme et de verres entre amis. Le tout entrecoupé de deux grosses séances d’écriture et d’une douzaine de pages qui viennent s’ajouter au fil de mon histoire.
Face à mon écran, je modèle l’histoire que j’ai envie de raconter. Je ne réfléchis qu’à mon cadre et laisse les personnages avancer d’eux même, posant les obstacles qui me semblent les plus amusants. Le principal moteur de ce travail étant le plaisir que cela m’apporte et l’envie de partager, quand tout cela sera achevé, le résultat de ce moment avec ceux qui me sont chers et peut-être d’autres.
Je n’ai aucune méthode, aucune technique, je laisse s’écouler mes idées sur le papier en croisant les doigts pour que cela éveille en d’autres le plaisir que j’avais, enfant et ado, à dévorer certains livres et à me plonger à corps perdu dans les aventures des héros des autres.
Cette manière de faire, aussi plaisante soit-elle, me laisse aussi un sentiment amer. Et si tout cela n’était qu’une immense imposture ?
Je n’ai strictement aucune idée de la façon “normale” de s’y prendre. J’expérimente, je teste, j’hasarde. Du coup, j’imagine. La pression de mon autre écriture pèse en permanence sur ces moments, où est le cadre ? où est le message ? où est le public cible ? Il n’y en a pas. Il n’y a que moi et ce que je rêve sur papier, loin des dogmes de la pub ou de la com.
Ce projet (je peine à appeler ça un livre tellement rien n’a de forme pour le moment), je ne l’écris pas pour réveiller l’hypothétique public, pour lui ouvrir les yeux, pour lui faire passer un message. Je ne fais qu’écrire ce que j’aime, ce que je voudrais lire, ce que je voudrais que les enfants de ma famille puissent lire. J’essaie de corriger tout ce qui m’irrite dans les romans jeunesse que j’ai pu lire, toutes ces situations qui ne se logent pas dans mon imagination.
Alors, quand l’inspiration se manifeste, j’allume mon petit écran personnel et je décris ce qui s’y passe. D’abord des morceaux de scènes, des personnages, des moments clés, puis je déplace, je modifie, je complète. Un jour, tout cela devrait former une trame.
Si tout va bien.
J’aimerais pouvoir en parler avec ceux qui savent. J’aimerais qu’on me dise, tu vas dans la bonne direction, en sortira ce qui en sortira. Mais, pourtant, je détesterais tout autant qu’on me donne une leçon, qu’on piétine cette absence de méthode qui me libère.
Post largement inspiré par celui de Joann Sfar qui a le don de me rassurer.
♥♥♥♥♥♥♥
Je savais déjà que j’aimais sincèrement le travail de Gaiman et que je pouvais me compter dans les rangs de ses admirateurs anonymes. En regardant Coraline prendre vie sous mes yeux dans un petit cinéma de quartier où des parents merveilleux amènent leurs marmots se confronter à de la version originale (thanks god), j’ai pris une violente claque de motivation. Et puis voir ses yeux s’illuminer dans le noir en découvrant l’histoire m’a juste donné envie d’essayer de la faire rêver un peu par moi-même.
Ce côté doucement délabré, cette solitude, j’ai très envie de l’explorer.
(via dethjunkie)
Assis sur un strapontin, le fessier bien calé, emmitouflé dans des couches de coton et d’acrylique, on peut facilement perdre pied . L’espace d’un instant, on laisse son corps et son cœur s’échapper et s’imaginer un autre lieu, un autre moment jusqu’à en avoir la chaire de poule.
On ne peut que haïr ce moment où une voix, aussi familière qu’elle est synthétique, vous rappelle à l’ordre et à la réalité.
On se lève alors, le regard perdu entre deux mondes, le cœur battant encore la chamade d’un rêve à peine évoqué, pour retrouver le froid et le ciel grisâtre.
Puis, le fil des discussions, le chuintement familier de la machine, l’odeur du café vous emmitouflent à nouveau dans un autre style de rêve, celui du quotidien.
Photo : Winter is coming
5 minutes to understand Kant’s Philosophy on Aesthetics Explained Through Comic Book Art
Impossible de me souvenir du moment où j’ai écrit pour la première fois. Probablement un genre de journal intime. Ce dont je me souviens surtout, c’est des ces histoires racontées sur plusieurs semaines avec mes playmobil.
Elle m’aurait poussé si elle n’avait pas eu un scrupule.
Boitillant au milieu des couloirs de la station Gare de Lyon, je maudis ma maladresse, les pistes d’athlétisme humides et glissantes, les chaussures trop lisses, le froid hivernal, le besoin d’aller courir après le boulot, l’envie d’être prêt en mars prochain pour faire le tour de Paris.
Et quand, au milieu du 5ème tour de piste, tout ralentit et que le sol se rapproche et que la cheville s’étire sur une angle compliqué… on se sent un peu déçu. Qu’à cela ne tienne, 40 minutes plus tard, épuisé, en sueur, la cheville douloureuse, on s’étire finalement puis on boitille vers la ligne 1 à la recherche d’une pharmacie ouverte après 21h.
La lenteur est le pire ennemi du parisien, trop pressé de s’engouffrer dans les gueules béantes des stations, métros et autres bus. En attendant, le parisien pousse, râle, soupire, accélère, déboite, illumine sa journée d’une queue de poisson bien sentie dans l’escalier mais jamais ne vous fixe dans les yeux.
Tel un Robert Hossein mal rasé à la recherche d’une Angélique direction Château de Vincennes, je clopine dignement en observant la masse colérique se donner la chasse. Pour qui sera le premier café ?
En attendant, j’ai beau être matinal…
+++
Voir les murs de votre appartement s’émietter sous les coups de marteau rageurs d’un des maçons les plus ponctuels de France (8h du mat, chapeau bas l’artisan), ça fait un léger choc en sirotant le café matinal. C’est probablement la première fois que les quatre habitants de l’appartement sont aussi réveillés avant de partir au bureau. J’appréhende légèrement le retour ce soir pour constater l’étendu des dégâts.
Un an, depuis quelques jours maintenant.
Un corps contre le mien, des mèches dans lesquelles passer les doigts, un regard dans lequel se perdre, un autre soi, des rires, des encouragements, des cris, des avis, quelques larmes.
Un an qui n’a duré que quelques jours, et encore beaucoup d’autres à venir. Je suis prêt, j’avance doucement.
Elle m’emmène là où j’ai rêvé d’aller.
These depressing life-like sculptures were created by contemporary artist Gilles Barbier, who currently lives and works in Marseille, France.
Pete Docter, who directed both Up and Monsters Inc., appeared on an episode of Jeff Goldsmith’s Creative Screenwriting Magazine Podcast about Pixar’s creative process and how the screenplays change from initial pitch to final product.

Il existe plusieurs niveaux d’intérêt que l’on peut porter à ses propres textes. Du moins, c’est la réflexion que je me faisais hier soir alors qu’elle jetait un œil - juste mais honnête - à trois pages du bouquin que j’essaie de faire germer tant bien que mal.
Mon gagne-pain, c’est d’écrire. Publicités, catalogues, annonces, discours, interviews, scénarios (l’Académie a tranché en ce sens paraît-il), tout y passe. En ce moment même, dans la cafétéria de l’entreprise pour laquelle j’officie, il y a trois textes rédigés avec amour par mes soins qui n’attendent que les yeux du public. Et cela ne me fait ni chaud, ni froid. Quand mon boulot était affiché en 4 par 3 dans le métro et les rues de Paris, j’étais même plutôt satisfait de cet exhibitionnisme littéraire. J’ai même un blog, c’est dire si mon nombrilisme atteint des sommets et que le voyeurisme du lecteur ne me dérange pas outre mesure.
Mais là, c’est différent. Pour une des premières fois, je me sors les tripes sur le papier hors commande et je laisse quelqu’un lire le résultat. Mes mots sous contrat n’ont pas le même impact sur mon égo que ceux qui s’écrivent le soir, dans l’intimité. Ces mots là sont personnels. Ils racontent mon histoire, celle que je veux raconter à d’autres gens que moi. Ce public est différent de celui auquel j’ai l’habitude de parler, il ne veut rien acheter, il ne cherche aucune information. Il aimera peut-être ce que je veux lui dire, il détestera aussi certainement.
Et, cette fois, rien ne m’importe plus que de parvenir à le séduire.
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